Philippe Gardent a récupéré un club sauvé miraculeusement à la dernière journée la saison dernière, en quelques semaines et presque sans préparation il a su construire une équipe fantastique à base d’internationaux français et étrangers mais aussi d’anciens habitués à jouer le maintien. Le résultat est impressionnant, champion dès la première saison avec de grandes chances de réaliser le doublé. Avec lui, le PSG Handball est déjà un candidat crédible à la victoire finale en Ligue des Champions la saison prochaine.

Carlo Ancelotti a récupéré une équipe en tête avec 40 points pris lors des 18 derniers matchs, il a bénéficié de plusieurs renforts, a échoué la première saison, terminant seulement 2e. Lors de la saison suivante il aura réussi à être champion – la moindre des choses – sans parvenir à décrocher le doublé. Pourquoi ? A cause d’un quart de finale de coupe particulièrement cauchemardesque disputé contre Evian-Thonon-Gaillard. Une dizaine de jours plus tard, retour sur les lieux du désastre, en championnat cette fois. On s’attendait à voir des Parisiens particulièrement revanchards, déterminés à laver l’affront, on savait leur entraîneur très remonté, le début de la rencontre s’annonçait tonitruant, la foudre allait s’abattre sur la Savoie…

  • Première période.

En réalité… non. Seule la pluie s’est abattue sur la Savoie. D’ailleurs la première période a longtemps été chiante comme la pluie. Au bout d’un quart d’heure, le terme le plus approprié pour définir le spectacle proposé aux spectateurs et téléspectateurs était… affligeant. A un moment, je me suis demandé si certains joueurs ne cherchaient pas à faire passer un message à leur entraîneur du genre «Tu hésites à partir ? On va t’aider à te décider.» seulement rien n’étayait cette thèse. Par exemple Pastore perdait des ballons mais se battait pour les récupérer. Zlatan Ibrahimovic a touché 3 fois la gonfle entre le coup d’envoi et la 22e minute, seulement il s’agissait de 3 tirs – les 3 seuls de son équipe – dont 2 grosses occasions sauvées par Bertrand Laquait, il cherchait donc manifestement à marquer, il voulait réellement gagner ce match. La première de ses tentatives a été une puissante reprise de volée assez lointaine (5e), la seconde une autre volée mais en suspension et de l’intérieur du droit sur un CF de Maxwell joué en combinaison avec au départ un écran de Thiago Silva pour permettre au Suédois de lâcher son défenseur afin de filer au second poteau sans être suivi (17e). Il s’agissait manifestement d’une combinaison travaillée à l’entraînement, on aurait aimé en voir plus souvent au cours de la saison.

Si ETG a plutôt bien joué au cours du premier quart de la rencontre, donnant par instants la sensation de pouvoir être dangereux, cette impression s’est dissipée quand le PSG a commencé à monter en régime. Finalement, en 45 minutes, la production offensive des locaux s’est limitée à quelques centres peu précis, frappes de loin non cadrées et CF mal exploités dont un à tout fin de la première période (2 faux tireurs pour que Daniel Wass, le 3e, finisse pas envoyer une ogive nettement au-dessus de la barre, c’était ridicule).

En réalité, les Savoyards ont surtout profité des insuffisances parisiennes pour "briller" défensivement, rien d’extraordinaire toutefois, ils étaient juste bien organisés et exerçaient un pressing assez efficace face à des joueurs particulièrement statiques. Le porteur du ballon pouvait facilement être isolé ou contraint de rebrousser chemin car ses coéquipiers ne proposaient que rarement des solutions dans le sens du jeu, il n’y avait donc ni rythme, ni mouvement mais beaucoup de déchet technique.

Quand on a commencé à retrouver de l’intensité et de la mobilité, Pastore a eu beaucoup plus de facilités faire jouer l’équipe dans une position généralement axiale, Jallet faisant office de milieu droit comme Daniel Alvès le fait souvent au Barça. Je l’ai souvent écrit, Pastore est un passeur, or pour faire un passe, encore faut-il une cible ou un destinataire prêt à la recevoir, si personne ne sollicite cette passe, il ne se passe rien, même si Pastore est capable de tours de passe-passe impensables. Selon moi, l’élément déclencher de cette montée en régime a été Ibra. A partir du moment où il a commencé à réellement prendre part au jeu, on a senti une véritable montée en puissance progressive du collectif avec de plus en plus d’initiatives, des transversales, des combinaisons, des prises d’intervalles, les adversaires ont concédé pas mal de CPA dont certains ont presque été dangereuse. On peut illustrer cette situation grâce à une métaphore relative au jeu d’échecs : quand la tour a été déplacée, on a commencé à ouvrir le jeu. En fin de première période, la pression subie par la défense savoyarde était forte, pourtant la seule véritable occasion a résulté d’une contre-attaque : Thiago Silva intercepte devant sa surface, donne à Pastore qui le remonte une partie du terrain puis lance Ibra dans le couloir droit, ce dernier centre au sol pour Lavezzi démarqué de l’autre côté à l’entrée de la surface, l’attaquant argentin contrôle et frappe du gauche… mais croise trop son tir (40e).

La volonté parisienne d’augmenter l’intensité dans le jeu donc aussi dans les duels s’est heurtée à un obstacle de taille, l’arbitrage de M. Thual et de ses assistants. En plus d’erreurs concernant les HJ (en faveur puis en défaveur du PSG), tout le monde a été interpelé par sa façon de siffler des fautes et de distribuer les cartons. A force d’énerver tout le monde y compris les joueurs habituellement calmes comme Maxwell, averti pour une contestation virulente juste avant la mi-temps car excédé par les interventions intempestives de l’arbitre. Au moindre contact, c’était faute, y compris pour des interventions d’une propreté absolue de Thiago Silva, lui-même estomaqué d’être puni pour avoir commis le crime odieux de parfaitement anticiper le geste de son adversaire pour jaillir devant lui en lui piquant le ballon. Ça s’est produit 2 fois en l’espace de quelques minutes au détriment du capitaine rouge et bleu, faisant pester le staff parisiens et les joueurs dont certains ont aussi été victimes du manque de lucidité de M. Thual. La tension palpable ayant par la suite provoqué des incidents est en grande partie née dans ces moments.

Il en sera de nouveau question plus tard concernant les exclusions car l’incohérence de la distribution des cartons – incohérence due aussi aux défauts des lois du jeu, lesquelles ne prévoient que le carton jaune et le carton rouge, autrement dit l’avertissement ou l’exclusion – a clairement eu un impact majeur sur le départ en vrille de cette rencontre. Que Brice Dja Djédjé prenne seulement un jaune pour une semelle hyper violente sur la cheville de Lavezzi, commettant à cette occasion sa 4e faute en… 19 minutes, puis qu’à la 93e Beckham soit sanctionné d’une exclusion directe pour avoir effectué un geste de la jambe d’apparence trop engagé en ayant simplement voulu mettre son corps en opposition, ceci en ne touchant absolument pas son adversaire (l’arbitre était très bien placé, il ne pouvait pas se faire abuser par la simulation de la pseudo victime), je ne pourrai JAMAIS le comprendre. Contester une faute évidemment imaginaire ou risquer de casser une cheville en la taclant en retard violemment, c’est le même tarif !

Résumons très rapidement cette première période : un quart d’heure affligeant, puis une montée en régime progressive en n’étant toutefois pas bien dangereux hormis sur une poignée d’actions gâchées par un cruel manque d’efficacité. En face, ETG a de plus en plus subi en parvenant néanmoins à résister jusqu’à la mi-temps. Le tout agrémenté d’un arbitrage aussi nul que la prestation de Jérémy Ménez, hors du coup. J’ai failli oublier le carton traditionnel de Marco Verratti.

Résumons extrêmement rapidement cette première période : très moyenne, voire médiocre.

  • Seconde période.

Après la mi-temps, il a fallu 4’10 au PSG pour marquer. Excepté un gros coup de pression sur CF quasiment d’entrée de jeu (remise de la tête d’Ibra vers Thiago Silva mais intervention in extremis de Yannick Sagbo devant le Brésilien… mais de toute façon HJ imaginaire signalé contre le Suédois), rien ne laissait présager une ouverture du score si rapide. Moins d’une minute après avoir été sanctionné pour HJ (le 6e et dernier du PSG au cours de la rencontre), Jérémy Ménez est parti du bord de touche côté gauche pour se déplacer vers l’axe et décaler Jallet sur l’autre aile. Au lieu de centrer en première intention comme il semblait parti pour le faire, le latéral international français a opté pour une passe à mi-chemin entre le centre à hauteur et la remise pour mettre le ballon dans la course du magicien, Javier Pastore. Arrivé lancé, l’Argentin a mis à profit son bon déplacement et le décalage créé par ses 2 coéquipiers pour ajuster une frappe du plat du pied en direction du petit filet opposé. Parfait du début à la fin, tant dans la construction que la conclusion avec ce tir précis, bien placé tout en étant assez puissant, doté d’un petit effet lobé pour survoler Ibra, un défenseur et le gardien.

Pastore à Annecy, c’est 3 matchs, 3 buts plus beaux les uns que les autres.

La saison passée pour un nul 2-2 arraché en fin de match.

Il y a moins de 2 semaines pour un nul 1-1 en Coupe de France (élimination aux tirs au but).

Et celui de dimanche qui ressemble pas mal – dans l’esprit – à celui inscrit en Coupe de France.

Après ce but, le récital Pastore ne s’est pas arrêté, au contraire, il a repris de plus belle avec toute une série de passes et de gestes de très grande classe. Ibra – qui a souvent glissé sur la pelouse copieusement arrosée par les cieux – et Ménez ont été maladroits, ce qui a gâché quelques-uns des nombreux décalages et bonnes actions d’un PSG désormais vraiment en contrôle, maîtrisant parfaitement son sujet. Désormais, les Savoyards avaient bien du mal à récupérer le ballon et étaient même poussés à commettre des gestes illicites pour contrecarrer les attaques parisiennes. Ainsi, lancé dans la surface par une super passe du génial "El Flaco", Ibra a été victime d’un énorme tampon, Cédric Mongongu s’est volontairement arrêté en plein milieu de son chemin, il y avait lieu de siffler faute, donc a minima un CF indirect (obstruction), un péno étant possible (obstruction avec contact, ou grosse boîte pour être clair), seulement M. Thual n’a pas réagi (53e). Ce qu’a tenté Mongongu ressemble un peu à une tentative du défenseur de provoquer un passage en force, seulement il s’agit de foot, pas de basket, de surcroît il n’était pas bien sur ses appuis, donc même en basket il y aurait eu faute.

Le point d’orgue de cette supériorité a été atteint un peu après l’heure de jeu avec 2 occasions on ne peut plus franches, d’abord une double de Verratti et Ibra (62e) puis une seconde de Lavezzi (63e), donnant lieu à un tir sur la barre et 2 ratés improbables.

La double est née d’une récupération dans le camp adverse, la contre-attaque a été menée par Verratti, il a très bien décalé Ménez à sa droite, le centre de ce dernier a été intercepté par Mongongu mais en repoussant ce ballon dans l’axe l’ancien défenseur monégasque a servi le jeune Italien à environ 7m de la cage. Ce dernier s’est alors jeté pour tenter une reprise acrobatique assez peu commune, propulsant le ballon sur la barre. Retombée juste devant Ibra seul dans la surface de but, la gonfle a fini au-dessus de sa cible, le Suédois ayant inexplicablement manqué sa volée.

C’est fou, samedi soir a eu lieu un match totalement dingue en playoffs NBA entre les New York Nets et les Chicago Bulls, ces derniers ont gagné chez eux le match 4 de leur série du premier tour en l’emportant après 3 prolongations, un vrai match de mutants. Rendez-vous compte qu’à moins de 4 minutes de la fin du 4e QT, les Nets menaient de 14 points, c’est à cet instant que CJ Watson, encore chicagoan la saison passée, est allé dunker seul en contre-attaque pour plier définitivement un match déjà perdu pour les Bulls… Il a réussi à foirer son dunk (il pouvait se contenter d’un simple layup immanquable), une boulette aux conséquences hallucinantes car grâce notamment – surtout – à un Nate Robinson touché par la grâce, l’écart a été comblé à coups de tirs improbables et de stops défensifs.

Dimanche, Lavezzi nous a fait la même, il a raté l’occasion de tuer les derniers espoirs de l’équipe locale et a ainsi failli coûter la victoire à la sienne car une sorte de basculement psychologique s’est produit par sa faute. De façon assez irrationnelle les Savoyards ont tout d’un coup semblé y croire de nouveau, leurs forces ont paru être soudain décuplées pendant que leurs adversaires perdaient les pédales. Lancé en profondeur pas une énième sublime ouverture de Pastore, cette fois une passe transversale au sol au milieu de la défense, l’attaquant le plus bouilli de Ligue 1 est allé éliminer Laquait, sorti à l’aventure, pour… ne pas essayer de frapper à temps en direction de la cage désertée. Mongongu est revenu, Lavezzi a alors voulu le fixer pour finir par lui tirer dessus au lieu de servir Ibra, complètement seul un peu en retrait. Hallucinant. Quel manque de lucidité ! Au lieu d’aller se replacer il est resté prostré de longues secondes dans la surface.

Aidés par le coaching réactif de Pascal Dupraz – entrée de Kévin Bérigaud à la place de Milos Ninkovic dès la 59e minute, donc un véritable attaquant pour un milieu – les Savoyards ont répondu à cet énorme gâchis parisien en se portant à ébullition (ils ne peuvent pas mettre le feu, je rappelle qu’Evian-Thonon, c’est de l’eau). Le PSG s’en est d’abord sorti grâce à une super parade de Sirigu sur un CF enroulé de Daniel Wass (64e), puis il lui a encore fallu intervenir pour repousser une puissante reprise sans contrôle de Saber Khelifa[1], servi par Sagbo, auteur d’un gros travail devant Maxwell (68e). Entre temps et après ces actions la défense a connu d’autres alertes car les intentions offensives des "bouteilles d’eau" et leur niveau d’agressivité se sont accrus au point de faire flipper Ancelotti, dont la réaction a été d’effectuer un changement, la sortie de Lavezzi remplacé par Chantôme, un choix défensif (69e).

Pour se soulager de la pression imposée par les Savoyards, les Parisiens ont dû se contenter de quelques contre-attaques avortées et rares séances de circulation du ballon (plutôt dans leur propre camp), ils hésitaient à prendre des risques, par exemple plus grand monde ne montait sur corner offensif… Leur dernière occasion a été un tir de Pastore, une frappe du gauche en position excentrée sur la gauche sur un service de Verratti (une déviation du talon). L’Argentin a tiré sur Laquait (79e). Tout le reste n’a été qu’inconfort, souffrances et tensions.

A la 76e, on a connu une grosse frayeur à cause d’une ouverture de Cédric Barbosa en direction de Khlifa. Alex, par ailleurs auteur d’une prestation quelconque, a comme à son habitude été pris de vitesse, laissant Jallet tenter de lui sauver la mise en revenant en sprint pour le couvrir, seulement Sirigu a aussi tenté de sortir, les 2 étaient en retard, l’Italien a glissé, provoquant une collision assez violente entre les 2 coéquipiers. Heureusement, il y a eu plus de peur que de mal, les 2 Parisiens ont pu se relever tandis que le Tunisien, qui en avait profité pour réceptionner le ballon, a complètement manqué sa tête. Au départ de l’action, on aura noté un écran de l’arbitre, décidemment très mal inspiré.

Les Savoyards ont bénéficié d’un nombre non négligeable de CPA sans savoir les exploiter, plusieurs tirs ont raté leur cible ou été contré, un seul a été cadré mais Chantôme l’a dévié, permettant à Sirigu de l’arrêter facilement. Le PSG s’est la plupart du temps tiré d’affaires en défendant à l’arrache, relancer n’était plus une priorité, il fallait juste serrer les fesses, être attentif et mettre la tête ou le pied avant un adversaire. Par chance – s’agit-il de chance ? – ça a tenu… malgré tout. Car oui, et c’est probablement ce qu’on retiendra de cette rencontre, ce dont la presse fera ses choux gras, le PSG a fini à 9.

  • Empoignade finale.

Après le coup de sifflet final, c’est parti en vrille, on a assisté à une empoignade semi-générale, j’utilise le terme empoignade et non baston car hormis 2 ou 3 gestes réellement violents (des jets de bouteilles d’eau sur Matuidi – oui, le marketing est poussé à l’extrême dans ce club – et une agression de Khlifa sur le même Matuidi, agression prenant la forme d’une main mise sur le visage avec doigts dans les yeux), tout le monde semble s’être contenté d’invectives, de prises de col et de bousculades, a priori aucun coup n’est parti, ceux qui auraient été tentés d’en donner ont été retenus par leurs coéquipiers et les membres de l’encadrement des 2 équipes. Dans ce genre de situations la confusion règne, distinguer qui est venu séparer ou se frictionner n’est pas toujours aisé.

L’attitude de Matuidi après le coup de sifflet final a provoqué une réaction violente de la part des Evianais, ça a causé cette mêlée regroupant à peu près toutes les personnes présentes sur le terrain et à ses abords, dont sans doute beaucoup n’ayant rien à foutre là. Le milieu parisien aurait-il dû éviter de fêter ostensiblement la victoire devant le banc adverse ? Oui. Pourquoi a-t-il réagi ainsi ? Il faudrait lui demander, mais on peut avancer des hypothèses. Après leur qualification en CdF je ne crois pas que les Savoyards aient fait preuve d’une quelconque retenue, une dizaine de jours plus tard, la revanche, la pression était grande, ça a été compliqué, au cours de la rencontre les tensions étaient exacerbées, à un moment l’arbitre a convoqué Barbosa et Matuidi car ça se chauffait déjà (70e), le PSG a fini à 9 à cause notamment d’une simulation théâtrale dont Beckham a été la victime environ 2 minutes avant le début des événements…

La fatigue et le climat général sont sans doute aussi en cause. Avez-vous remarqué que samedi à Lorient la même échauffourée a été provoquée par Valbuena ? Avec Matuidi il s’agit de l’autre joueur français le plus utilisé cette saison. Chez les Merlus il y a eu claque de Fabien Audard sur le footballeur le plus agaçant du pays – qui a provoqué en cédant sa place puis a eu des mots avec le gardien lorientais et a pété un câble une fois la gifle reçue, il a fallu le retenir sinon il serait allé se jeter sur Audard, on aurait dit un chat énervé tenu en l’air, il était toutes griffes dehors, très agité – et exclusion après coup d’un duo Audard-André Ayew.

J’en reviens à notre ETG-PSG car l’arbitre a voulu faire de même, un rouge par équipe, il a choisi Khlifa – logique – et Sirigu, celui-ci ayant semblé avoir été retenu quasiment en permanence par Sylvain Armand et autres membres du staff rouge et bleu. Dans ce genre de cas, ne serait-il pas plus simple et plus juste d’éviter de sortir des cartons dans le doute pour privilégier une analyse de la vidéo et convoquer qui doit réellement l’être, quitte à suspendre à titre conservatoire un protagoniste coupable d’un geste violent apparaissant clairement sur les images ? La façon de procéder de M. Thual a été marquée du sceau du ridicule, il a attendu 3 plombes sur le terrain en retenant Khlifa et en essayant de faire revenir Sirigu pour leur signifier sa décision. Finalement, l’Italien ayant été rappelé par ses dirigeants au moment où il suivait le délégué, Thual s’est retrouvé comme un c*n sans trop savoir quoi faire. Finalement, après avoir dit une bonne dizaine de fois au Tunisien qu’il allait lui mettre (le rouge, pas… vous avez compris), il lui a montré son carton, Sirigu étant bon pour un rapport complémentaire.

La question n’est pas de savoir si le PSG sera privé de son gardien mais quand et combien de matchs ? Si la Commission de discipline de la LFP décide de faire preuve de sévérité, elle devra aussi le faire concernant Lorient-OM, 2 clubs qui à l’image d’ETG ont une fin de saison à enjeux. Si elle ne veut pas se montrer trop incohérente, Sirigu ne prendra pas très cher car il n’a pas de casier et n’a fait de mal à personne. Compte tenu de la façon dont été sanctionnées des agressions d’Amalfitano sur Matuidi (2 matchs pour un attentat puis une gifle, le gars a pourtant un passif plus lourd que celui de Francis Haulme), ou encore la semelle de Brandao sur Thiago Silva (seulement 2 matchs…), mais aussi l’horrible tacle par derrière de Thiago Motta sur Sammaritano (que 3 matchs pour un assassin), il est impossible de mettre plus à Sirigu à moins d’être porteur du gêne de la malhonnêteté.

Petite réflexion au passage… Pour le PSG, la saison est terminée, les derniers matchs n’ont plus qu’un tout petit enjeu, d’autant plus depuis qu’on sait Ancelotti sur le départ, en revanche ETG joue le maintien et s’apprête à disputer une demi-finale de CdF. Dans ces circonstances, les Savoyards n’avaient-ils rien de mieux à f*utre que de chauffer pendant le match et de démarrer au quart de tour après la rencontre ?

  • L’arbitrage, la cause de tous les maux et mots.

Une chose est certaine, le principal responsable de ces incidents s’en sortira à bon compte. M. Thual et ses assistants ont été pitoyables très mauvais. Leur incapacité à tenir les débats correctement a engendré ces tensions exacerbées, il a énervé et excédé tout le monde. Déjà à la mi-temps le retour aux vestiaires a été très tendu, pour les raisons évoquées précédemment on a entendu des invectives dirigées vers l’arbitre, elles m’ont semblé être le fait de Giovanni Mauri, peut-être aussi d’Ancelotti qui ne s’est pas privé de râler – à juste titre dans le fond mais pas dans la forme – ouvertement contre les décisions de M. Thual. Il y a moins d’une semaine, le futur entraîneur du Real a critiqué Ménez pour être allé parler aux arbitres, je cite : «J’ai dit à Ménez que ce n’était pas possible de prendre un carton en parlant à l’arbitre. Il n'a sûrement pas eu un bon comportement. L’arbitre est un juge et il faut lui montrer du respect.» Très franchement, ça fait tache, non ?

En première période, 4 cartons ont été distribuées : à Dja Djédjé pour son énorme semelle sur Lavezzi (19e), à Verratti pour une faute débile et évidente par derrière cassant une contre-attaque (27e), à Mohammed Rabiu pour un tacle en retard (32e) et Maxwell pour s’être agacé de coups de sifflet intempestifs à l’encontre du meilleur défenseur du monde (46e). En seconde période, Thual a haché le jeu et n’a pas su se faire respecter, notamment par Verratti. Il aurait pu voire dû lui coller second carton jaune avant de le faire à la 81e pour un cocktail d’antijeu (faute contre lui, il prend le ballon dans les mains et conteste en refusant de le rendre), la sanction était logique. Ensuite, Beckham a carrément eu droit à un rouge direct pour un geste certes brusque mais ayant pour unique objectif que de protéger le ballon en mettant son corps en opposition. L’Anglais n’a ni touché, ni même essayé de toucher Youssef Adnane (entré en jeu à la 79e, un peu avant Beckham). L’arbitre était à 5 mètres, il s’est laissé abuser par le cri et la simulation de la pseudo-victime. Dja Djédjé, 4e faute en 19 minutes (6 en tout), il met une énorme semelle sur la cheville de Lavezzi, c’est un simple jaune. Beckham, 2e faute en 10 minutes, il ne touche rien, il prend rouge direct alors que son équipe est déjà réduite à 10. Le manque de cohérence est flagrant ! (Mauri a été renvoyé du banc dans la foulée pour contestations répétées.)

Pour l’anecdote, voici le palmarès des fautes : Rabiu 5, Dja Djédjé 6, Verratti 4, ils ont tous pris un jaune comme Maxwell qui n’en a commis aucune… Barbosa 4 mais aucun avertissement, et Beckham 2 pour un rouge direct. ETG 19, PSG 20 (dont au moins un quart totalement imaginaires).

  • Ancelotti n’a pas aimé l’eau.

Ancelotti a semblé être très énervé, ceci pendant grosso modo toute la rencontre. Le début de match de son équipe lui a fortement déplu, il s’est ensuite fortement énervé à l’encontre de l’arbitre, lequel est venu le sermonner (24e), le retour aux vestiaires a été bouillant, plus tard on l’a vu pourrir Verratti comme il aurait dû le faire depuis des mois… Chafouin le "Mister", car l’eau, Ancelotti n’aime pas ! Il ne gardera pas de grands souvenirs d’Annecy et d’ETG.

A vrai dire, la fin de match aurait été évitée avec un meilleur coaching et plus globalement des choix plus emprunts de logique sportive. Il ne lui manquait que Lucas et Thiago Motta, les autres étaient tous là malgré les doutes concernant Ibra (malade puis douleur à la cuisse), ça a donné cette équipe : Sirigu - Jallet, Alex, Thiago Silva, Maxwell - Pastore, Verratti, Matuidi, Lavezzi - Ménez, Ibra. Par rapport à la confrontation en CdF, ça fait 5 changements, surtout au milieu.

Pourquoi remettre Alex après l’excellente prestation de Sakho contre Nice ? Pourquoi s’obstiner à titulariser Lavezzi, dont les ailes touchent la piste, alors que Gameiro est à 100% physiquement et attendait sur le banc qu’on fasse appel à lui ? Admettons qu’on titularise l’Argentin, mais dans ce cas, pourquoi attendre la 69e minute pour le remplacer ? Et pourquoi le remplacer par Chantôme, milieu axial, pour faire jouer ce dernier milieu offensif droit – enfin… offensif, plus ou moins – au lieu d’enfin lancer Gameiro ? Le profil de ce dernier correspond parfaitement à ce dont avait besoin le PSG en cette fin de match, c’est-à-dire un attaquant capable de profiter des espaces, de prendre la profondeur… et de convertir ses occasions.

Ensuite, pourquoi Beckham à la place de Ménez une fois l’équipe à 10 ? Il suffisait de remettre Chantôme dans l’axe ! Beckham qui est cramé, pour lui trouver une utilité il faut le faire jouer aux côtés de 2 travailleurs dans une configuration d’équipe en contrôle, en l’occurrence la situation était beaucoup trop inconfortable pour le faire entrer en jeu.

Le comble, sortir Pastore pour lancer Van der Wiel à la 88e. Pastore était le meilleur joueur sur le terrain, cette manœuvre a conduit Chantôme à finir milieu gauche, un des très rares postes (avec gardien, défenseur central, latéral gauche et avant-centre[2] où je ne me souviens pas l’avoir vu évoluer en 7 saisons au PSG.

Ancelotti aurait surtout dû sortir Verratti beaucoup plus tôt. J’ai presque envie de dire à la mi-temps.

  • Verratti, l’idiot.

Ce match m’a conforté dans l’idée que Verratti doit être replacé en 10 ou éventuellement 8 dans un milieu à 3… Plutôt en 10, car quand il a joué haut pour participer aux offensives, il y a eu de bonnes pour ne pas dire de très bonnes choses. Attention, restons sérieux, il ne vaut pas le dixième de Pastore, le MEILLEUR JOUEUR DE L1 (sans doute avec Thiago Silva mais le poste est trop différent pour comparer). Mais Verratti doit surtout trouver un cerveau. Il a flirté avec le second carton jaune pendant très longtemps avant de le prendre, à croire que son but était d’être éjecté. Pourtant, un sermon lui a été fait à la mi-temps pour fortement l’inciter à se calmer. Quand tu as déjà reçu un carton, stupide de surcroît car la contre-attaque à peine débutée ne présentait aucun danger immédiat, tu dois te maîtriser, c’est évident. Verratti, lui, a décidé de courir partout pour aller te jeter dans les pieds de tes adversaires, allant presser jusqu’au gardien. Comme d’habitude il a passé son temps à contester toutes les fautes sifflées contre lui ou un coéquipier mais aussi à se plaindre auprès de l’arbitre après les fautes sifflées… en sa faveur, et bien sûr à se mettre en danger – donc à mettre en danger l’équipe – en laissant les adversaires le presser dans son camp pour essayer de s’en sortir avec des dribbles. Dans cette situation, en cas de perte de balle, peu importe sa cause (par exemple une faute non sanctionnée ou une glissade sur la pelouse mouillée), le joueur qui s’amuse à ce genre de c*nneries a en général 2 options, soit laisser l’action se dérouler et concéder une occasion de but, soit commettre une faute d’antijeu et recevoir un carton, le second…

En début de saison, j’avais fait une vidéo le concernant, elle montrait son comportement insupportable.

Je vous laisse comparer les vidéos pour tenter de déceler une évolution chez ce personnage…

Des mois plus tard, le constat reste le même, il n’a pas progressé, continue à accumuler les cartons (avec les 2 de ce match ça lui en fait 12 en championnat plus 3 en LdC) et peut s’estimer heureux d’avoir eu la chance de ne pas avoir été exclu plus tôt cette saison car il l’a mérité à plusieurs reprise. Je vous laisse

  • Les notes.

Sirigu : 7, une erreur d’appréciation quand il a percuté Jallet mais 2 énormes parades salvatrices de Salvatore.
Jallet: 7, très bon match avec une grosse activité offensive récompensée et une très bonne tenue défensive, VdW lui arrive à peine à mi-crampons.
Alex : 5, je suis généreux, quelconque (et lent).
Thiago Silva : 7, impérial mais je ne peux pas lui mettre plus que Jallet.
Maxwell : 6, il a plutôt bien défendu et a bien tiré ses CF (peu d’apport offensif).
Verratti : 2, comme le nombre de ses neurones en fonctionnement au cours de cette rencontre.
Matuidi : 5, du Matuidi moyen.
Lavezzi : 3, à sa décharge il est frit.
Ménez : 4,5… je suis généreux car il est à l’origine du but.
Ibra : 5,5… je suis généreux, il devait marquer.

Pastore : 8,5, homme du match.

  • Au bout du compte…

Le PSG a remporté 2 matchs de suite pour la première fois depuis fin février (avec les 2 Grandes Sardinades consécutives). Depuis la série était D-N-V-N-V-N-V-N-V-N[3]-V. En revanche, en championnat, le PSG vient d’enchaîner 5 victoires, une première depuis l’arrivée d’Ancelotti. 9 points d’avance et +35 de différence de buts par rapport à l’OM, l’officialisation du titre de champion – et de la participation au Trophée des Champions organisé au Gabon (^^) – n’est qu’une question de jours.

Evian, déclaré source de points par votre équipe.

Notes

[1] Ou Khlifa, il y a plusieurs orthographes car son nom est écrit en arabe à la base, à son arrivée on voyait surtout celle avec un e, je l’ai taggué comme ça au début, je n’ai pas envie de changer dans plus d’une douzaine d’articles où il est taggué.

[2] Il a joué latéral droit, 6, 8 axe droit, 8 axe gauche, milieu droit, 10, et même 9 ½.

[3] Avec élimination aux T.A.B. en CdF.