En 1930, l’EdF n’a pu remporter la compétition après avoir effectué un très long voyage en bateau. Si elle se qualifie pour la prochaine édition dans un an au Brésil, il est peu probable que la sélection nationale puisse ramener le trophée à l’issue de sa pérégrination sur le continent où débarqua Cabra il y a près plus de 5 siècles. Didier Deschamps navigue à vue, il essaie d’emmener ses hommes en Amérique mais prend le risque d’emmener tout le monde dans le précipice (référence à l’époque où on croyait que la terre était plate).

En regardant ce match – et les précédents – j’ai eu l’impression de voir des gars embarqués pour une traversée de l’Atlantique sur un navire sans gouvernail commandé par un capitaine ayant perdu le nord (et ne risque pas de le retrouver s’il continue à reconnaitre les étoiles). Les changements incessants dans l’équipe et les multiples essais dont on ne décèle pas le véritable intérêt ont de quoi inquiéter.

En effet, 4, c’est aussi le nombre de jeunes pour qui cet Uruguay-France restera comme la première – et peut-être dernière – sélection chez les A. Ces 4 jeunes auraient dû participer à l’Euro Espoirs sans la catastrophe vécue en Norvège il y a quelques mois. La réaction de la FFF a alors été d’enfin virer l’entraîneur des Espoirs mais aussi de punir de façon très exagérée plusieurs jeunes pour une erreur de jeunesse. Des garçons comme Wissam Ben Yedder et Antoine Griezmann sont suspendus pour encore plusieurs mois, ils auraient tout à fait eu leur place dans un groupe aussi élargi. Quand on voit Alexandre Lacazette appelés chez les A, on se demande vraiment à quoi sert cette tournée.

Pour comprendre la présence de Lacazette, il faut dresser la liste des absents. Elle est longue, très longue. Outre les jeunes retenus par la Coupe du Monde U20 (Pogba et Digne, voire d’autres), on "déplore" des forfaits sur blessure (notamment Ménez, Clichy, Landreau, ou encore Nasri, que seul Deschamps avait envie de prendre, plus Varane qui s’il était apte serait avec les U20). De plus, des joueurs ont été laissés chez eux pour des raisons très diverses (Ribéry avait 2 finales et 12 fêtes sur son agenda des 2 dernières semaines, Evra est nul en EdF et est l’ennemi de l’idole national uruguayenne, Luis Suarez, l’emmener aurait juste pu provoquer des incidents). Ajoutons-y quelques "Espagnols" (ceux qui évoluent en Liga) qui ont joué dimanche leur dernière journée de championnat et n’ont pas été utilisés 3 jours plus tard après un long voyage. Ces derniers (Benzema, Rami, Mathieu) devraient être sur le terrain contre le Brésil à Porto Alegre en fin de semaine. Domenech aurait expliqué avoir raclé les fonds de tiroirs pour constituer son groupe.

La perspective de cette rencontre chez le pays organisateur de la Coupe du Monde 2014 a obligé Deschamps à construire 2 équipes a priori cohérentes sur le papier – dans la limite des éléments disponibles – en tentant de mixer tant que faire se pouvait les expérimentés et les nouveaux. Expérimentés est un bien grand mot. Contre l’Uruguay, hormis Matuidi et Valbuena, qui ont gagné leur place ces derniers mois, on ne trouvait aucun titulaire habituel. En fin de semaine, toujours sur le papier, l’équipe devait avoir plus de gueule (tout le monde l’a compris, priorité a été donnée au prochain match, prions donc pour en voir un vrai).

Au bout du compte le constat à l’issue de cette rencontre en Uruguay est celui attendu : on n’a rien appris que nous ne sachions pas déjà, ce match a juste permis de confirmer des évidences. Autrement dit, il n’a servi à rien puisqu’aucune donnée nouvelle utile pour l’avenir proche ne peut en être tirée.

Attention, on ne peut totalement exclure que cette mini-tournée aura-t-elle eu une petite utilité malgré sa brièveté (la durée de ce stage est en réalité très limitée, à peu près celle d’un rassemblement pour 2 matchs de qualifications). Un sélectionneur est en droit de tirer de menus enseignements de ce genre de voyages, mais principalement concernant la vie de groupe, le comportement et la capacité des nouveaux à s’intégrer. Tout ceci reste à la marge dans la mesure où sur la liste des 23 pour la Coupe du monde une grande partie des appelés serait différente.

Collectivement, la prestation des Bleus n’a même pas été moyenne, elle a été globalement mauvaise : d’énormes failles sont apparues dans cette défense inédite, pourtant les locaux ont peu attaqué, et dès que l’Uruguay serrait le jeu derrière, les Bleus semblaient complètement bloqués, sans solution, le ballon ne circulait plus. Ne pas rencontrer ces problèmes eût été surprenant tant la configuration de l’équipe était expérimentale. «Expérimentale» ? Quand on tente une expérience, c’est pour chercher quelque chose, une réponse, une solution, une réaction, ceci avec l’espoir de s’en servir à l’avenir. Or quand vous sélectionnez Gourcuff pour le faire jouer milieu offensif gauche, un poste où vous avec Ribéry, Payet, Ménez, et probablement bientôt Thauvin, vous ne testez rien qui puisse être envisagé lors d’un vrai match. On se demandait déjà pourquoi Gourcuff était appelé, il a fini la saison à l’OL en tant que titulaire mais exilé sur le côté faute de mieux dans un effectif essentiellement composé de jeune dont un, Grenier, s’est imposé en tant que milieu offensif axial et patron technique de l’équipe. Sans avoir rien prouvé à gauche, le fils d’entraîneur donneur de leçon se retrouve titulaire chez les Bleus lors d’une rencontre où Payet, qui a réussi une excellente saison au LOSC en évoluant sur cette aile… se retrouve titularisé sur l’autre aile (même si dans les faits le Réunionnais a beaucoup dézoné). Sur ce coup, Deschamps a vraiment fait un choix sans queue ni tête. Le voir appeler Gourcuff et Lacazette avant Grenier et Cabella – entre autres – m’a laissé extrêmement perplexe, je croyais le seuil d’incongruité atteint, il l’a explosé avec cette compo…

La compo de départ laissait présager ce à quoi on a eu droit : Mandanda (qui en est désormais à 18 buts encaissés en 16 sélections) - Sagna, Koscielny, Mangala, Trémoulinas - Capoue, Matuidi - Payet, Valbuena, Gourcuff - Giroud.

Pour l’occasion, Matuidi était capitaine, d’où une scène inédite, 2 joueurs du PSG échangeant les fanions et serrant la pogne des arbitres paraguayens – M. Quintana a été assez déroutant à plusieurs reprises – au moment du toss lors d’une rencontre internationale. Alors certes, Lugano a quitté le PSG en janvier mais il ne s’agissait que d’un prêt et sauf changement de situation contractuelle dans les prochaines semaines, il reviendra à Paris après la Coupe des Configurations et ses vacances… donc fin juillet/début août.

On va se contenter d’un résumé vidéo. Il est relativement long, vous pouvez sauter la présentation pour gagner 2 minutes.

La première période a été assez médiocre, les débats étaient physiques mais manquaient de rythme, ils se sont enflammés seulement par moments. Dans l’ensemble les Bleus ont dominé (modérément), surtout lors du dernier quart d’heure, celui au cours duquel ils ont pu se créer les occasions les plus franches grâce à un Payet très en forme. Le plus positif dans la prestation de l’ex-Nantais, ex-Stéphanois et futur ex-Lillois a été sa capacité à prendre des initiatives. Il n’a jamais hésité à frapper de loin du pied droit comme du pied gauche, à tenter des gestes difficiles (il a un dribble bien à lui tenté et réussi plusieurs fois), il a beaucoup bougé, a eu l’attitude d’un gars cherchant à prouver sa valeur et son implication. Payet a plutôt bien réussi son coup malgré Muslera et Gourcuff. Le premier l’a mis en échec à plusieurs reprises, le second l’a empêché d’être crédité d’une passe décisive en mangeant la feuille au terme d’une contre-attaque parfaitement déployée. Le meilleur passeur de L1 avait remonté le terrain dans l’axe et fixé la défense avant de décaler le boulet du jour dont le contrôle orienté aura ressemblé à tout sauf à un geste de joueur offensif décidé à marquer un but.

Comme ses camarades, dont Valbuena, on l’a moins vu en seconde période. Ce dernier a été dans la même veine en un peu moins bien, il a montré de l’implication, a cherché à apporter du mouvement et à créer du jeu, il a aussi envoyé une bonne frappe – cadrée ou presque ? – pour un résultat finalement assez maigre et du déchet (mais le déchet technique a été le lot de la plupart des Français). Notons-le, les Uruguayens ont respecté leur tradition footballistique en lui servant leur spécialité, les taquets, Valbuena en a reçu une jolie série, ce à quoi il a répondu en leur rendant la pareille avec sa propre spécialité, les envolées et amplifications pour lesquelles sa réputation n’est plus à faire. L’intensité lors de cette rencontre est restée assez moyenne voire faible, pourtant quelques coups ont été simulés, personne n’a fait preuve de retenue dans les contacts.

Certes, Payet et Valbuena ont fait de leur mieux, mais malheureusement, associés au 5e latéral gauche dans la hiérarchie de Deschamps[1] et l’ancien n°1 à droite qui n’a jamais convaincu, n’est plus à son meilleur niveau en club depuis déjà bien longtemps et n’aurait même pas dû être convoqué[2], contraints de cohabiter avec un Gourcuff pathétique, un Giroud invisible en pointe et un Capoue dont les limites ont plus été mises en évidence que les qualités, le tout sans un minimum de repères collectifs, on ne pouvait rien obtenir de fabuleux. En seconde période, les nombreux changements n’ont pas franchement aidé, ceux de la Celeste ont même réussi à faire beaucoup de mal aux Bleus.

Quand Luis Suarez est entré à la mi-temps[3] avec 3 collègues, tout a changé. Talent, roublardise, intelligence, grinta, efficacité, il a tout mis en vitrine, on a pu admirer avec envie l’influence d’un vrai grand joueur au sein d’une équipe de foot. Si seulement Benzema pouvait s’en inspirer…

Depuis quelques temps on essaie de nous faire passer Mangala pour un super cador. Comme il joue à Porto, très peu de gens le voient réellement jouer, a fortiori contre des grosses équipes. C’est simple, si tu joues au FC Porto, moins on te connait en France, plus ta cote est élevée ! Il y a toujours un préjugé positif concernant les "trouvailles" du recrutement de ce club, le coup du Français que les clubs français ont loupé, on nous l’a déjà fait. Ça me rappelle Cissokho, une belle escroquerie. Mangala, je l’avais seulement vu jouer en EdF Espoirs, je me souviens notamment de sa prestation grotesque lors de ce fameux match en Norvège, il ne m’a jamais tapé dans l’œil les autres fois… Du moins jamais de façon positive, il m’aurait plutôt piqué les yeux. Mercredi, à l’issue de la première période, c’était l’heure des éloges. 45 minutes correctes – dans un style surtout physique – dans une équipe peu convaincante face à une formation inoffensive lors d’un match à la c*n de fin de saison ont suffi pour provoquer des réactions particulièrement dingues. A en écouter certains, trop nombreux, la charnière titulaire des Bleus devait dorénavant être Varane-Mangala… Du délire.

Faire illusion face au Diego Forlan de 2013 – en train de dévaler la montagne après avoir campé au sommet il y a 3 ans – ou à un Cavani alimenté par personne, ça va un moment. Face à Luis Suarez, il a pris la marée.

Le but permet d’illustrer parfaitement l’idée selon laquelle on a vu ce à quoi on pouvait s’attendre : Trémoulinas n’a pas bien défendu, Mangala s’est fait bouffer, Mandanda a encaissé un but sans angle. 100% prévisible.

Si on s’intéresse à la prestation de chaque joueur, on se rend bien compte du phénomène.
Mandanda : il encaisse presque toujours au moins un but en sélection et est le grand spécialiste pour s’en prendre à angle totalement fermé (comme je le répète depuis des années). En l’occurrence Suarez lui a mis un extérieur du droit en se trouvant dans une position où en principe même en enroulant parfaitement du gauche on ne devrait pouvoir marquer… Quelques heures avant la rencontre j’avais d’ailleurs posté sur Facebook une petite vanne le concernant : «pour mettre fin à la série de 4 nuls 0-0 entre l'Uruguay et la France, Didier Deschamps a décidé de titulariser Steve Mandanda lors de la rencontre d'aujourd'hui»… Bingo.
Sagna : il a ciré les pompes de son sélectionneur dans une interview mais n’a pas trop sali les siennes sur le terrain, il donne dans le minimalisme concernant son apport offensif, on oubliera très vite son centre devant le but en fin de première période car si ce centre était plutôt bon, il n’était pas assez bon pour être intercepté par un des 2 coéquipiers obligés de se jeter pour le reprendre.
Trémoulinas : associé côté gauche avec Gourcuff en espérant profiter de la résurgence de vieux automatismes bordelais, il n’a absolument pas su tirer son épingle du jeu. A Bordeaux, il a clairement atteint le plafond, on se demande comment il pourrait encore y progresser, un transfert dans un club où le niveau à l’entraînement et les exigences sont nettement supérieurs semble indispensable car pour le moment il stagne à un niveau nettement sub-international.
Koscielny : une prestation moyenne/bonne de joueur en fin de saison (plutôt bonne au final), Suarez s’est amusé avec lui, parfois avec succès, parfois sans, leurs duels ont été assez… sympathiques, un peu de chambrage ne fait pas de mal. Il a pris un jaune pour un taquet très en retard dans le rond central.
Mangala : un jeune joueur sans sélection qui manque d’expérience… Incroyable, non ? Non. Totalement logique. Face à du lourd, Mangala, c’est très léger. Mangé plusieurs fois, au moins une grosse erreur de relance directement à l’origine de l’autre occasion franche uruguayenne, le bilan est mauvais. L’avenir dira s’il n’a PAS ENCORE le niveau ou s’il a juste bénéficié d’une hype énorme. En l’état actuel des choses, je penche pour la seconde hypothèse, j’attends de voir si j’ai tort, ce que je lui souhaite.
Capoue : comme Trémoulinas, on a vu ses lacunes, il lui faut s’entraîner et jouer avec et contre meilleur que lui pour progresser, à Toulouse il a atteint son plafond. Il a commis trop de fautes, n’a pas été terrible techniquement, son apport a été très faible. Très moyen en somme, ces dernières semaines il a perdu tout ou partie du crédit gagné lors du France-Uruguay qui a débuté la saison internationale et grâce à sa bonne première partie de saison au TéFéCé.
Matuidi : à mon avis, cette fois le réservoir est vraiment à sec, il finit la saison certes sur sa lancée mais en roue libre, fatalement, ça ralenti, une seule projection matuidienne dans la surface adverse (la 2e véritable occasion des Bleus), c’est peu, il a surtout travaillé au milieu. Bien sûr, ça reste au-dessus du niveau moyen de ses coéquipiers.
Payet : après une adaptation difficile au LOSC il a retrouvé son meilleur niveau et a même progressé, sa saison a été excellente malgré des résultats collectifs décevants, il aurait déjà mérité d’avoir sa chance lors des précédentes rencontres de l’EdF, comme prévu il a su saisir celle-ci (comme il avait su se montrer à son avantage quand Laurent Blanc l’avait fait débuté en Bleu). On a vu un milieu offensif/attaquant sans aucun complexe. A revoir.
Valbuena : assez bon malgré quelques pertes de balle gênantes, notamment au contact (il a trop tendance à chercher la faute), on sent qu’il prend son rôle à cœur et veut se comporter en patron. Il a été très actif mais pas assez décisif.
Gourcuff : le faire jouer à gauche n’était pas un cadeau, il ne devrait être qu’une roue de secours à ce poste, n’y être utilisé que pour dépanner si vraiment son entraîneur est en galère… comme à l’OL ces derniers temps. A vrai dire, dans la mesure où sa place était sur un pédalo dans le Golfe du Morbihan, on pouvait s’attendre à un désastre peu importe la façon de l’utiliser. Techniquement, il a fait beaucoup de choses à l’envers, porte 10 fois trop le ballon, ralentit le jeu. Il a eu les occasions pour se mettre en valeur, il a tout gâché.
Giroud : peut-être souffre-t-il de l’habituel problème de l’avant-centre des Bleus. Quand le sélectionneur aligne un attaquant ayant ce profil, il est rarement alimenté (les centres, assez rares, manquaient terriblement de précision). M’enfin là, on aurait dit par moment que le Gunner se cachait. On l’a surtout remarqué au moment de sa sortie à la 58e. Peu glorieux.
Guilavogui (entré à la 67e) : passer en quelques semaines du statut de remplaçant de Jérémy Clément à l’ASSE à celui d’international A est un concept en soi. A mon avis, il est encore beaucoup trop vert – désolé (^^) – pour être testé en EdF. Après avoir remplacé Capoue il a réussi un petit exploit, celui d’être l’homme le plus invisible du match.
Lacazette (entré à la 58e) : pardon, je retire, je crois que Lacazette a été encore plus invisible que Guilavogui ! Si je devais établir une liste des joueurs capables d’évoluer à un des 3 ou 4 postes offensifs à qui je ferais appel avant de penser à lui, on y trouverait notamment Ribéry[4], Ménez[5], Valbuena, Payet, Cabella, Ben Yedder[6], Thauvin[7], Griezmann[8], Gameiro, Aliadière[9], Alessandrini[10], Gomis, Giroud, Gignac, Tabanou, Benzema[11], Grenier, Féret, Bahebeck[12], Hamouma, Bauthéac, Eysseric, et même Danic, Nivet ou encore Rothen… et j’en oublie !
Gomis (entré à la 58e) : il a envoyé du pâté plus qu’il n’a joué au foot. C’est le style Bafé.
Grenier (entré à la 67e) : voilà ! C’est ce qu’on attend d’un remplaçant, surtout dans une situation où on cherche à égaliser. Il a tenté des gestes pour faire la différence, a apporté grâce à sa technique et à son sens du jeu, est allé au charbon… Un vrai footballeur. Mais ça aussi on le savait.
Cabaye (entré à la 76e) : lui aussi a réussi une bonne entrée, il s’est signalé par une frappe plongeante détournée de justesse par Muslera, décidemment en chaleur.

Pour l’anecdote, Cristian Rodriguez a disputé les 20 dernières minutes et Gaston Ramirez a montré des choses très intéressantes, il pourrait attirer la convoitise de clubs d’un standing supérieur à celui de son club actuel (Southampton).

Le téléspectateur qui s’attendait à voir du beau jeu en regardant un match de l’Uruguay n’est pas très au fait des choses du football. Par tradition cette sélection est rude et installe un faux rythme, elle recherche l’efficacité, pas le spectacle (sauf quand Suarez a envie d’humilier quelqu’un). La Celeste n’a pas franchement été meilleure, elle était même assez bidon en première période, la grande différence s’est située aux 2 extrémités, comme souvent dans les équipes moyennes. Son gardien et son attaquant ont largement dominé les nôtres. Muslera n’a rien laissé passer, Suarez a fait parler sa classe (mondiale), contrairement à Mandanda et à nos attaquants. Une fois le score ouvert, leurs contre-attaques et appels en profondeur ont été très problématiques pour la défense française. La réaction des Bleus a été trop tardive, ils ont eu beaucoup de mal à se créer des opportunités d’égaliser. Auparavant, l’EdF avait pu se procurer quelques occasions franches dans cette rencontre assez fermée, seulement si elle ne les convertit pas, elle ne peut pas gagner. Depuis des mois, cette lacune est récurrente, lors de chaque sortie on a quelques situations pour marquer, on met très rarement le ballon au fond. Le problème est là. Parviendra-t-on à le résoudre contre le Brésil avec une meilleure équipe (au moins sur le papier) ? Réponse dimanche.

Le finale du championnat entre Peñarol et Defensor Sporting organisée la veille au soir dans ce stade (victoire 3-1 de Peñarol) avait vraiment avoir une autre gueule. L’ambiance avec des tribunes pleines et une véritable passion étaient d’un autre ordre. Le lendemain à 16h (heure locale) dans une enceinte à moitié vide, sur une pelouse défoncée, avec une EdF B presque en vacances et une Celeste en préparation pour un match crucial de qualif à la Coupe du Monde, les conditions n’étaient pas réunies pour prendre du plaisir.

J’espère que Deschamps est allé y assister, parce que dans sa découverte de l’Amérique, c’est sans aucun doute ce qu’il pouvait voir de plus intéressant.

Notes

[1] Derrière Evra, Clichy, Mathieu et sans doute Digne.

[2] Sans être un grand défenseur Jallet est bien meilleur que Sagna, appeler Corchia qui est un peu l’équivalent de Trémoulinas à droite aurait même semblé plus cohérent.

[3] Etant suspendu pour le match importantissime contre le Venezuela prévu dans quelques jours, Oscar Tabarez n’a pas voulu le titulariser lors de cette rencontre qui lui servait de préparation.

[4] Laissé au "repos".

[5] Blessé.

[6] Suspendu injustement.

[7] En U20.

[8] Suspendu injustement.

[9] Blessé.

[10] Blessé.

[11] Bien que généralement nul en EdF.

[12] En U20.