En 2009, on n’espérait absolument pas voir les Bleues exploser tout le monde, taper la Grèce, battre 2 fois la Russie (en particulier en Lettonie juste à côté de la Russie donc quasiment à domicile pour cette équipe), et… elles n’ont pas explosé beaucoup de monde, tant s’en faut. Grâce à une défense déjà énorme – la défense est la marque de fabrique du basket français – notamment à l’intérieur, mais surtout grâce à un état d’esprit fabuleux, elles ont réussi un exploit improbable, remporter leurs 9 matchs, souvent par une marge minuscule en faisant pencher la balance de leur côté dans les derniers instants.

Lors du 2e match, le premier contre la Biélorussie, Emmanuelle Hermouet a arraché une prolongation d’un 3pts dans le corner – pour un bilan de 3/15 à longue distance – après que les Bleues aient gâché une belle avance. La victoire a ensuite failli leur échapper mais le tir de la gagne – pour nous de la défaite – a été manqué d’un rien, le ballon a choisi son camp, échappant aux filles qui tentaient de prendre le rebond offensif. Victoire de 2 points.

Match suivant contre Israël, les arrières israéliennes ont fait la chanson aux Bleues, cette fois défensivement ce n’était pas grandiose, 70pts encaissés avec un 10/19 derrière l’arc, on n’était vraiment pas bien, heureusement les intérieures ont ramassé des rebonds offensifs, Emilie Gomis et Cathy Melain ont choisi leur moment pour enfin viser juste de loin et revenir dans le match. Il y avait encore égalité à moins de 2 minutes de la fin, mais en se montrant très solides en défense et sur la ligne des LF, la France a pris le dessus. Victoire de 3pts.

Match suivant, la Lituanie, situation très difficile, -12 en seconde période, ça pousse à la fin du 3e QT pour revenir à -6 dans les dernières secondes et être encore dans le coup au début du 4e. Malgré tout, la Lituanie était encore à +4 à 2’37 de la fin. Aidée notamment d’Emmanuelle Hermouet, Céline Dumerc a alors pris les choses en main pour donner aux siennes une victoire… de 2 points.

Après un match maîtrisé contre la Turquie, premier rendez-vous avec l’immense favori du tournoi, la Russie et ses tours de plus de 2 mètres, pour un match à l’enjeu limité. La qualification étant déjà assurée, restait à se classer en tête du groupe pour avoir un adversaire a priori assez abordable en quart. Longtemps serrée, la rencontre tournait en faveur des Bleues, +10 à moins de 5’ de la fin, mais un 7-0 pour la Russie a relancé le suspense. Les 3 dernières minutes ont été suffisamment bien gérées pour rester devant et s’offrir un succès de 6 points.

En basket, le match le plus compliqué à aborder est souvent le quart de final, la Grèce, un gros client, a failli nos piéger, elle a mené pendant une très grande partie du 4e QT, elle possédait encore 5 unités d’avance à 2’44 de la fin avant un retournement de situation dingue. Céline Dumerc et Florence Lepron ont enquillé 2 paniers primés lors de la pénultième minute de jeu (encore une fois, l’EdF a été mauvaise derrière l’arc, 3/14... mais les tirs dont on avait besoin sont entrés). Ensuite, ça a tenu, on ne sait trop comment, mais victoire de 2pts. Hallucinant.

L’origine du surnom de "Braqueuses" se trouve ici, dans cette série de hold-up. La demi-finale contre la Biélorussie et la finale contre la Russie ont ensuite été assez nettement dominées malgré un petit vent de panique à quelques minutes de la remise du trophée. Le duo Céline Dumerc-Sandrine Gruda a été élu dans le meilleur 5 du tournoi, mais inexplicablement cette dernière a été spoliée du titre de MVP au profit d’une Grecque.

7 des 12 vainqueur de l’EuroBasket féminin 2009 vont tenter d’être une nouvelle fois titrées 4 ans plus tard : Céline Dumerc, Sandrine Gruda, Emmeline Ndongue, Isabelle Yacoubou, Endéné Miyem, Emilie Gomis et Anaël Lardy.

La saison suivante, au Championnat du monde 2010 de basket féminin, en plus des éléments ayant mis fin à leur carrière internationale, Pierre Vincent a été privé de joueuses de premier ordre, notamment à l’intérieur, d’où l’arrivée dans le groupe de Marielle Amant et de Jennifer Digbeu entre autres. Endy Miyem en a profité pour s’affirmer.

Au niveau des résultats, ça se passait normalement, plutôt bien même malgré une défaite contre les Etats-Unis sans être ridicules, puis contre l’Australie en ayant plutôt bien résisté compte tenu des circonstances. Hormis le dernier match de groupe contre le Canada remporté de 2 points après un 3e QT particulièrement odieux (6-3 pour la France…), les feux étaient au vert avant le quart de finale contre l’Espagne. Ce match, les Bleues le dominaient, leur avance était confortable, mais tout s’est écroulé, prolongation concédée on ne veut même plus savoir comment, puis défaite crève-cœur après les 5 minutes supplémentaires. Ou l’histoire des Braqueuses braquées.

2011 maintenant, l’EuroBasket qualificatif pour les JO de Londres 2012. Il ne fallait pas se louper, Edwige Lawson-Wade, revenue jouer en France, a aussi fait son retour en sélection, le groupe a encore un peu changé pour former à un élément prêt l’équipe qui a régalé tout le pays pendant les Jeux. En Pologne, tout a trop bien commencé avec une victoire de 46 points – oui, 86-40 ! – sur la Croatie, seulement au match suivant, retour sur terre, nouveau hold-up… subi par les Bleues. La Lettonie, menée par une magnifique meneuse blonde en feu, Elina Babkina, auteur de 26 des 59 points de son équipe (après avoir fait preuve d’une grande maladresse une première période), avait comblé un écart de 10pts après 27’ de jeu pour en prendre 4 d’avance 10 minutes plus tard. Revenues à 50-50, les Bleues n’avaient pas su prendre le dessus, les 98 dernières secondes ayant ressemblé à un concours d’erreurs et de maladresse (1 tir raté et 2 TO pour chaque équipe). En prolongation, la France a encore mené de 4 unités… pour perdre de 3 (56-59) avec encore 6 points de Babkina. Les Bleues avaient fait 0/6 derrière l’arc pendant cette prolongation (dont un tir à la sirène pour égaliser).

Après cette alerte, victoire contre la Grèce pourtant revenue à -4 à 1’34 de la fin (grâce à un grosse série de tirs primés) après avoir été à -17 dans le 3e QT. Gruda et Dumerc ont encore été décisives en fin de match. Début du 2e tour contre l’Espagne, pulvérisée grâce à un 26-1 à cheval sur les 2 derniers QT (surtout dans le 4e), une série débutée alors que les Ibères menaient au score. Malheureusement, Emmeline Ndongue a laissé un tendon d’Achille sur le parquet en cours de cette rencontre, elle a beaucoup manqué par la suite lors de la demi-finale.

Après ce succès marquant… nouveau retour sur terre, défaite contre le Monténégro. Le score était serré pendant toute la rencontre, mais grâce à Iva Perovanovic pendant le plus clair de la rencontre et Jelena Dubljevic dans le money-time, l’équipe alors invaincue l’est restée (avant de tomber en quart). Ça commençait à faire longtemps que les Braqueuses n’avaient plus braqué personne quand la Pologne, encore à +7 à moins de 4 minutes du terme de la rencontre, a été détroussée sans rien avoir vu venir. Un 13-2 dans le museau, victoire Française de 4 unités.

Le quart de finale contre la Lituanie était extrêmement important, le remporter était impératif sinon l’objectif d’aller aux JO en prenait un énorme coup. Les Baltes ont pris un éclat dans le 3e QT, elles ont pu recoller à -5 à 2’ de la fin, pas mieux, ça s’est bien passé, sans trop de soucis… contrairement à la demi-finale. Les Braqueuses braquées, épisode 2. Face à la Turquie de Nevin Nevlin les Bleues ont mené, ont été menées, c’était un match de séries, ça s’est terminé en prolongation après des tirs totalement improbables qui me restent en travers de la gorge, notamment un 3pts hallucinant avec la planche en balançant le ballon à une main au buzzer d’une possession… Et dire que Birsel Vardarli avait fait 0/2 aux LF à quelques secondes de la fin après avoir marqué ce panier primé venu d’ailleurs… Pfff… Bref, une horreur. Néanmoins Sandrine Gruda, limite à la rue contre les Turques, a su se reprendre en petite finale pour venir à bout de la République Tchèque. Les 5 dernières minutes ont été fatales aux vice-championnes du monde 2010.

Championnes d’Europe, 6e place au ChM, médaille de bronze européenne… et donc les JO après le tournoi de qualification.

Ce tournoi consistait à remporter 2 matchs de poule puis un à élimination directe. Prestation correcte sans plus contre le Canada, démolition en règle du Mali, la Corée du Sud passe à la meule, et les voilà à Londres.

Lors des JO, tout a changé grâce au retour de la vengeance des Braqueuses 3 ans après. 4 de leurs 7 victoires à Londres ont été obtenues avec un écart de 4 points ou moins. Le Brésil, ça se passe très bien, ensuite c’est déjà l’Australie, un match totalement dingue, on pensait voir les Aussies dominer, ce n’est pas le cas, on fait mieux que jeu égal, un 3pts de Caps’ fait passer la France en tête à moins de 2’ de la fin, on croit la victoire dans la poche quand Isa Yacoubou manque le LF de la victoire, c’est alors que Belinda Snell profite des 3 dernières secondes pour égaliser en jetant le ballon depuis le parking, pour ne pas dire depuis la chambre dans le village olympique. On se dit qu’on va encore se faire braquer, heureusement Cambage et Jackson ont été éliminées pour 5 fautes, on gagne en prolongation (74-70).

Contre la Canada, Isa Yacoubou fait un gros chantier en début de 4e QT, on est parti pour une victoire relativement tranquille, mais non, ça recolle… Heureusement Gomis, Lepron et Dumerc font 12/12 aux LF dans les 2 dernières minutes pour maintenir une toute petite avance. Victoire de 4pts (64-60)

Pour le grand public, celui qui ne suivait pas attentivement le basket, les Braqueuses sont nées contre la Grande-Bretagne, un match fou terminé tard dans la soirée, encore au terme d’une prolongation. Le plus savoureux est de penser que d’une ce match n’avait pas un grand intérêt, ça n’aurait rien changé au classement s’il avait été perdu par la France, et d’autre part il s’agit d’une mauvaise prestation des Bleues, censées démonter cette équipe par qui elles avaient été surprises lors d’un tournoi de préparation sur le sol britannique un peu avant les Jeux. On se retrouve avec un match serré dans une ambiance de match à l’extérieur, les joueuses locales sont portées par le public, Céline Dumerc prend ses responsabilités et va planter un panier primé en contre-attaque, un tir de folie qui permet d’égaliser avec 6 secondes au chrono. Elle remet ça au buzzer de la prolongation, cette fois pour la victoire (80-77). Quel kiffe ce match !

La Russie de bon matin, c’était autre chose… Etrangement, beaucoup plus facile. Les 12 membres de l’équipe ont eu entre 12 et 24 minutes de temps de jeu, elles ont toute marqué. (La Russie a beaucoup réduit l’écart en terminant sur un 16-2, mais avec 25 points de retard, ça ne changeait rien.) Quelques jours plus tard, les retrouvailles avec les Russes, championnes d’Europe en titre, ont confirmé la supériorité de la France, devant pendant toute la partie malgré un gros rapproché dans le 3e QT. En finissant fort (notamment un 11-0), les Bleus ont presque humilié les filles de l’Est : 81-64. Par contre la finale contre les Etats-Unis… oublions, on avait déjà joué notre finale, les Ricaines étaient trop fortes, ce n’est pas bien grave.

Entre-temps les Braqueuses ont réussi ce qui restera sans doute leur plus gros coup : le quart de finale face à la République Tchèque. Qu’il s’agisse d’un quart de finale – autrement dit la rencontre qui détermine si on va avoir zéro ou 2 chances de décrocher une médaille – donne un relief tout particulier à la chose, l’enjeu était phénoménal. Le scénario est extraordinaire. Un très bon début mais le premier écart disparait, égalité à la mi-temps. A la reprise du jeu, 10-0 pour les Tchèques en moins de 2 minutes, puis l’écart croit encore légèrement, il monte à 13 unités un peu avant que ne s’achève le 3e QT, Céline Dumerc le réduit avec un panier primé… qui relance la machine. S’ensuit une remontée fantastique d’abord pour recoller. Dumerc-Miyem, le duo ultra-clutch (respectivement 10 et 9pts dans ce QT) détruit la défense d’une équipe composée de 11 –ova… et arrache la qualif (71-68).

Depuis les JO, de l’eau a coulé sous les ponts. Médiatiquement, le basket féminin n’a pas disparu, la FFBB a fait de son mieux pour continuer à le promouvoir et mettre en valeur cette compétition. Si elle ne possédait pas une figure de proue aussi marquante que Caps’, élue joueuse FIBA Europe 2012 (son trophée lui a été remis avant le match), cette équipe aurait-elle conservé le même attrait pour le grand public ? On peut légitimement en douter. Pourtant, on y trouve nombre de personnalités fortes, de joueuses de très grande qualité. Ne l’oublions pas, 8 filles sur 12 sont déjà championnes d’Europe, 7 l’ont été en 2009, une en 2001, et 7 étaient sur le podium à Londres il y a environ 10 mois. 5 filles ont "disparu" : Flo Lepron – si souvent importante – a décidé d’arrêter sa carrière pour penser à la suite, Clémence Beikes – la spécialiste du shoot à angle zéro – pensait arrêter après l’Euro mais son genou a mis fin à sa carrière de façon anticipée, Marion Laborde a été blessée presque toute la saison, Jennifer Digbeu a souhaité mettre fin à sa carrière internationale (choix personnel… Edwige Lawson a fait le même pendant des années avant de revenir, on ne sait pas de quoi demain sera fait), et Elodie Godin (qui fait un break international car l’enchaînement depuis plusieurs saisons a été très usant, elle a connu plusieurs blessures, elle ressentait le besoin de couper).

L’équipe compte 2 "revenantes" (Lardy et Amant) ainsi que 3 nouvelles : Valériane Ayayi (19 ans), Gaëlle Skrela (30 ans, fille de Jean-Claude et sœur de David), et Diandra Tchatchouang, qui, surprise, est déjà titulaire. Un joli cadeau d’anniversaire pour ses 22 ans (elle est née le 14 juin 1991). Il y a un moment qu’on attendait l’arrivée de Tchatchouang en EdF A, elle se débrouillait très bien en NCAA (comme Allison Vernerey, l’autre grand espoir de la génération 1991… qui elle a décidé d’arrêter sa carrière sportive à l’issue de son cursus à Duke pour intégrer cette université en tant qu’employée… dommage pour le basket français).

Avec autant de talent, de qualités physiques comme mentales et d’expérience, avec autant de références, compte tenu également des absences et de la reconstruction dans laquelle certaines nations ont dû se lancer, ne pas voir en les Bleues les candidates n°1 au titre serait ridicule. Etre favori n’a jamais apporté aucune garantie, et si les médailles d’or restent en France à l’issue du championnat, il ne faudrait pas dévaluer cet or en considérant normal, voire banal, de gagner à domicile avec cette équipe.

L’engouement autour de l’équipe de France et de l’EuroBasket féminin 2013 serait sans aucun doute bien moindre sans l’épisode glorieux de 2012. Si on avait pu prévoir tout ça, on aurait choisi des salles plus grandes pour l’organiser sur notre sol comme en 2001, année où Edwige Lawson-Wade avait décroché son premier titre européen au Mans… 12 ans avant de mettre fin à sa carrière de joueuse. Une finale à Bercy avec la France aurait sans problème fait le plein, mais l’idée d’avoir des salles pleines y compris le matin est aussi très séduisante, si le prix pour y parvenir est de jouer dans des enceintes de 5000 au lieu de 10000 places, il faut l’accepter. Lors des dernières éditions, la vision des milliers de sièges inoccupés – y compris lors des phases finale – était assez déprimante, pour l’image du basket féminin, c’est assez terrible. On ne verra pas ça en France, tant mieux. Et puis c’est sympa, on découvre des villes. Vous connaissiez Trélazé ? C’est dans la très proche banlieue d’Angers, la salle est neuve, jamais aucun événement ne s’y était encore déroulé, on posait encore les sièges la veille de la compétition. Les groupes C (celui de la France) et D y jouent leurs matchs du premier tour pendant que les groupes A et B évoluent à Vannes.

Pour la joyeuse troupe de Pierre Vincent, l’EuroBasket a débuté face à la Lettonie. Cette fois-ci, amoindries à l’intérieur, les Baltes ne devaient pas être une grande menace. Le plan s’est déroulé sans accroc, d’autant plus que leur pivot, Aija Brumenmane, avait déjà pris 3 fautes avant la moitié du premier QT.

Les Bleues ont tout de suite imposé une défense féroce et pris possession de la raquette pour mener 9-2, elles ont ainsi pu dérouler. 15-7 à la fin du premier QT. Babkina est une bombe atomique… mais elle n’a pu montrer aucun autre atout, elle a été éteinte, impossible pour elle de s’exprimer (0/3, 3rbds mais 2 TO). La seule ombre au tableau a été la sévérité des arbitres à l’encontre d’Isa Yacoubou, sanctionnée hyper sévèrement voire injustement de 2 fautes offensives en l’espace d’une minute.

Preuve de la force du collectif, de l’homogénéité du groupe et de la volonté du coach d’impliquer tout le monde (ce qui a fait le succès de la France lors des précédentes campagnes), les 12 filles de Pierre Vincent avaient déjà foulé le parquet au bout d’une douzaine de minute de jeu. En plus de concerner chacune de ses joueuses, cette façon d’agir permet de garder continuellement une intensité défensive très élevée, la fraîcheur physique du 5 en jeu est en permanence supérieure à celle des adversaires.

Ainsi, grâce à une défense énorme, les Bleues ont passé un 11-0 en à peu près 9 minutes pour démolir les victimes du jour… Pauvres Lettones… Babkina a marqué son premier panier au cours de la dernière minute du 2e QT, un panier primé grâce auquel l’écart est repassé sous les 20pts : 33-14 à la mi-temps.

Suffisamment dominatrice collectivement et dans ses secteurs forts, à l’image de Sandrine Gruda (en tête de différentes catégories statistiques avec 9pts, 4 rebonds, 3 interceptions, 5 fautes provoquées), l’EdF n’a pas eu besoin de faire un grand match en attaque, elle n’a tiré qu’une fois à 3pts et a pu se permettre une réelle maladresse (un petit 13/20 aux LF et 10/27 aux tirs). Les Lettones étaient déjà sur le point de trépasser à Trélazé : 5/27 aux tirs, 6 rebonds de moins (18 à 14), 6 TO de plus (10 à 4), le double de fautes (14 à 7).

Frustrée par la 1ère période observée depuis le banc à cause des fautes, Isa Yacoubou a débuté la seconde… Le carnage de "Shaqoubou" – surnom que je lui donne depuis 2009 – a tout de suite débuté avec 2 paniers (dont un and one) dès la 1ère minute, l’écart est monté à +24, puis la grande voyageuse de l’équipe a continué sur sa lancée (11pts en moins de 4’30). Ceci dit, si les Bleues réussissaient presque tous leurs tirs ou prenaient le rebond offensif (elles ont réussi un carnage dans ce domaine), les Lettones ont commencé à trouver des solutions offensives (8pts en 3 minutes, soit plus que lors de chacun des 2 premiers QT complets). A vrai dire, au cours de ce QT, la défense française a semblé décidée à tester le confort des sièges neufs de la salle car elle ne s’est pas pointée sur le parquet.

Quand l’attaque a perdu de son efficacité jusqu’à devenir stérile, les Lettones en ont bien profité pour réduire nettement l’écart à seulement 15 unités. Le 3e QT s’est achevé sur le score de 50-33… Soit un total de 19 pts marqués par la Lettonie en 10 minutes… Certes, il n’y avait pas péril en la demeure, mais pour éviter d’énerver le coach et de donner des idées aux futures adversaires, remettre un coup de collier en resserrant la défense était impératif.

De retour en jeu dès l’entame du dernier QT, Isa Yacoubou en a remis quelques couches en attaque comme en défense. Sa ligne de stats sur la 2nde période est ahurissante : 17 points à 7/7 et 3/3 aux LF, 4 rebonds, 1 interception, 1 contre, 3 fautes provoquées (pour 2 TO) en 11 minutes.

Si une individualité a particulièrement brillé, l’effort a été collectif. En remettant le bouton DESTRUCTION MASSIVE sur on, les Bleues ont fait passer le score à 60-35… Le calvaire letton a pris fin dans la foulée (62-39), Babkina aura tout de même fini par inscrire 11 points à 3/10.

Offensivement, 48% à 2 points, 0/4 à 3pts, seulement 16/26 aux LF, 8 passes décisives pour 23 paniers et 13 TO, ce n’est pas exceptionnel, ça va s’améliorer. En revanche, défensivement, c’est au point ! Toutes les filles ont pu entrer dans la compétition, on n’a fatigué personne (tout le monde a joué entre 10’ et 23’34 (le temps de jeu de Caps’, auteur de seulement 1pt à 0/3).

9 victoires en 9 matchs de préparation, 1 sur 1 en ce début d’EuroBasket… Le règne des Dominatrices est lancé ! Qui veut prendre cher ? Ne vous bousculez pas… Les prochaines candidates seront les Serbes. Bonne chance mesdames.