L’équipe de France a donc décroché une 5e victoire en 5 matchs depuis le début de l’EuroBasket féminin 2013, la 2e au Vendéspace de Mouilleron-le-Captif. Il lui restera une rencontre dimanche face à la Biélorussie pour décrocher la première place du groupe, ce qui… ne changerait probablement rien à l’affaire car le quart de finale sera de toute façon très abordable et il faudra ensuite battre la Turquie et l’Espagne pour décrocher le titre. Dans quel ordre ? On ne sait pas, en principe la confrontation de lundi entre les Turques et les Espagnoles devrait le déterminer, elles joueront après nous et auront tout intérêt à gagner pour nous éviter avant la finale (si on bat la Biélorussie).

Après avoir collé des bran-bran à la Lettonie, à la Serbie puis à la Grande-Bretagne, après avoir démonté la Croatie pendant 23 minutes pour ensuite se laisser faire sans réagir (et gagner de seulement 8 points un match lors duquel elles ont été à +31), ce que j’ai analysé comme un besoin de se mettre elles-mêmes dans la difficulté pour se forcer à ne pas s’endormir, les Bleues ont ENFIN affronté un adversaire capable de présenter une opposition décente pendant presque toute la partie.

Ce 5e match a confirmé les problèmes mis en évidence il y a 2 jours en seconde période face aux Croates, du moins ceux concernant l’attaque. On a retrouvé la défense de l’équipe de France… mais on a aussi découvert la zone tchèque. Faute d’adresse extérieur, il a été très difficile de la faire exploser. Malgré tout, l’EdF a réussi à l’emporter avec une marge confortable de 15 points (64-49)… Les stats de cette partie peuvent être analysées de 2 façons différentes. Si on est d’un naturel optimiste, on se dira qu’obtenir ce résultat avec une adresse presque affligeante (14/23 aux LF, 0/10 à 3pts) est signe d’une supériorité implacable («imaginez le résultat le jour où la réussite sera au rendez-vous !»). Si on est d’un naturel pessimiste, la crainte de finir par perdre si on ne résout pas rapidement ce problème de maladresse (aux moins au LF) prendra le dessus sur toute autre considération. Ne nous voilons pas la face, ces soucis d’adresse ne peuvent être résolus dans les prochains jours que s’ils résultent d’un manque d’application. On ne devient pas une fine gâchette en claquant des doigts. En l’occurrence, les Bleues me semblent capables de mieux faire, pas du 50% à 3pts et 85% aux LF, mais 35 et 70 serait déjà plus acceptable.

Avant de raconter le match, on se doit de mentionner la minute de silence en mémoire du président de la FIBA Europe, l’Islandais Olafur Rafnsson, décédé subitement à l’âge de 50 ans. Voilà. On reprend.

Cette équipe de l’Est a plusieurs particularités, la première étant de se présenter avec un effectif incomplet composé de 11 joueuses. La 12e, Jana Vesela, s’est blessée en tout début de tournoi, elle a un genou dans la boîte à gants, ce dont se serait bien passé le sélectionneur déjà privé de 2 autres éléments importants lors des campagnes précédentes (une fille a décidé de prendre sa retraite, la seconde fait l’impasse). Il ne s’agit donc plus tout à fait de l’équipe sortie par la France en quart de finale des JO de Londres au terme d’un match assez dingue entré dans la légende du sport français. L’impact de ces défections est à relativiser car les Tchèques restaient sur 3 succès depuis la blessure de Vesela. Autre particularité, celle de jouer avec 2 grandes tours, Petra Kulichova et Ilona Burgrova, qui mesurent respectivement 1m98 et 1m96. Ces 2 filles sont d’ailleurs les seules à avoir disputé plus des ¾ de la rencontre… sans pour autant réussir à faire la loi à l’intérieur. Malgré cette puissance et cette taille dans la raquette, la République Tchèque y a été dominée, si elles n’avaient pas été là, je n’ose imaginer le carnage, il aurait pu prendre des proportions humiliantes.

Ma première remarque concernant ce match se rapporte au public. Les supporters des Bleues ont tout de suite été répondu présent, ils sont restés dedans jusqu’au bout, finissant même debout en chantant la Marseillaise a capella. 48h auparavant, à cause d’une équipe de Croatie absente avant la mi-temps puis en mode anesthésie générale après la pause, les Vendéens (et autres occupants des tribunes du Vendéspace) avaient eu tendance à rester de simples spectateurs. Cette fois, devant ce combat sans round d’observation, l’assistance s’est impliquée d’entrée de jeu. En effet, l’intensité a tout de suite été très élevée, l’engagement était total, on a clairement franchi un palier dans ce domaine. La France n’était pas la seule à vouloir imposer sa puissance, d’où un début de rencontre accroché lors duquel les pertes de balle provoquées étaient plus nombreuses que les tirs ouverts. Pour s’en procurer un, la plupart du temps il fallait trimer en multipliant les passes et les bons déplacements. On ne se faisait aucun cadeau. Ainsi, en 10 minutes, si les Tchèques ont pu tirer 4 ou 5 fois sans être devoir composer avec des bras français, c’est le bout du monde. Sur ces 4 ou 5 fois il n’y en a pas eu plus d’une ou 2 sur des oublis/erreurs défensives en changeant sur un écran, 1 ou 2 grâce à des passes difficiles et une en arrivant de derrière en transition. La pression défensive permanente leur a même fait louper des tirs a priori faciles. Le plus dur semble fait, tu as peur de voir une adversaire revenir pour te coller une bâche, tu te précipites, tu rates ton layup.

Côté français aussi on a eu du mal à se mettre en position idéale, on y est parvenu plus souvent… sans mettre les tirs. Du moins on en a manqué plusieurs, dont des tentatives de Céline Dumerc derrière l’arc. 0/7 pour Caps’ (qui a aussi manqué un layup tout facile, elle n’a jamais trouvé son rythme), Emilie Gomis et Edwige Lawson-Wade réunies… ça partait mal pour elles, ça a continué. Dans un match comme celui-ci, la plupart du temps face à une défense en zone, l’opportunité de se mettre en valeur était belle, elles n’ont pas su trouver la mire. Heureusement, les extérieures[1] ont su faire beaucoup d’autres choses pour ses rendre utiles, voire indispensables.

La stratégie défensive des 2 équipes semblait clairement consister à fermer l’accès à peinture. Si Kulichova a réussi une fois à marquer de près malgré la défense de Gruda, ses 6 autres points du 1er QT – qu’elle a disputé en intégralité – ont été inscrits en s’écartant loin du cercle. En face, hormis 2 LF de Diandra Tchatchouang, la totalité du butin offensif est venu de Gruda, Yacoubou et Miyem. Il a été amassé de 2 façons, à base de tirs à mi-distance (Gruda) et de pick and roll, en particulier entre Edwige et Isa, un duo extraordinaire lors de ce QT. Dans l’ensemble, la circulation du ballon a été bonne, on a su retourner en avantage les prises à 2, faire preuve de patience avant de mettre la balle à l’intérieur, renverser le jeu, faire des passes entre grandes… seule l’adresse manquait.

Dans ce contexte où chacune était décidée à ne rien laisser faire sans s’interposer, où les tirs, les transmissions, les rebonds, les prises de position et les déplacements étaient presque systématiquement contestés par une adversaire voire plus, la plus agressive avait de grandes chances de prendre le dessus. Les Bleues ont fait subir leur agressivité aux Tchèques, dominées au rebond (4 offensifs pour l’EdF) et souvent poussées à la faute (6, dans la pénalité après une double faute qui aurait simplement dû être une offensive pour un coup de coude dans la tête d’Edwige). Les 8 LF – 5 marqués pour déjà 3 loupés – ont fait la différence à la fin du QT conclu sur le score de 17 à 12 (écart max à 15-8).

La grande force de la France est d’avoir un groupe assez fort et homogène pour beaucoup faire tourner sans que l’intensité en pâtisse. Les filles du banc débordent d’énergie. En l’occurrence, Ndongue est sortie au bout de 4’18 en ayant dû prendre un mauvais coup (on lui a mis une poche de glace derrière la tête puis sur le front après un nouveau passage sur le parquet, elle semblait souffrir), Yacoubou est alors entrée pour envoyer du pâté. 9 joueuses ont apporté leur contribution à l’effort collectif quand en face 2 ont dû s’employer pendant tout le QT, notamment Kulichova, dont on pouvait se demander si elle allait trouver un relais. On l’a compris par la suite, non, elle s’est vite éteinte (8pts et 4rbds à la fin du QT, 10 et 6 à la fin du match).

Le début du 2e QT a été raté, les Bleues ont cafouillé pour se reprendre avec une contre-attaque magique jouée à trois (passe longue, remise en une touche pour la conclusion d’Endy dans le mouvement). Les Tchèques semblent avoir ciblé la jeune Valériane Ayayi, elles ont réussi à lui faire commettre des erreurs et 2 fautes en très peu de temps, c’est une des rares choses réussies par Michaela Zrustova, laquelle aura joué presque 30’ malgré une adresse assez lamentable (1/9 aux tirs, mieux aux LF, 7/8). Pierre Vincent a compris, il a sorti la benjamine du groupe pour relancer Diandra, un choix tout de suite payant, l’écart a commencé à croître grâce à elle (panier en post-up plus la faute, puis bonne défense, nouveau panier sur une remise en jeu, encore de la bonne défense, tir raté mais interception dans la foulée).

Comme à leur habitude, les Bleues ont épuisé leurs adversaires en défendant avec acharnement grâce à leurs gabarits et leurs longs segments (le coach a alterné à l’aile avec Endy et Diandra dont la plus petite mensure 1m88), en bataillant pour le moindre rebond et en leur imposant un rythme infernal à base de remontées de balle rapides. Face à ce mouvement permanent, subissant de rudes contacts, les Tchèques n’y arrivaient plus, elles ont mis près de 6 minutes à marquer un premier panier, pendant tout ce temps il leur a fallu se contenter de quelques LF. A ce propos, on notera qu’elles ont eu la chance de mettre assez rapidement l’EdF dans la pénalité, un événement rare depuis le début du tournoi dont… elles n’ont su profiter ou très peu[2].

Si les Françaises n’avaient pas été béton en défense, l’affaire aurait pu très mal tourner. Elles ont en effet essentiellement pu s’en sortir grâce à 2 armes, le jeu rapide et Sandrine Garnett Gruda. Pendant une séquence d’une grosse quarantaine de secondes la grande Martiniquaise a enchaîné un rebond défensif sur un tir contesté par ses soins, un premier drive pour aller au layup, un nouveau rebond défensif, une course plein axe afin de soutenir une contre-attaque conclue par ses soins en pénétrant dans la défense comme une lame dans un courant d’air pour encore finir en layup, le tout agrémenté d’une faute (elle a marqué le LF de son and one), d’une démonstration d’enthousiasme en duo avec Isa et d’un temps mort tchèque. 2 rebonds, un stop défensif, 5 points, une faute provoquée, encore plus d’énergie dans la salle, 15 points d’écart (32-17), un nouveau coup de marteau sur la tête des Tchèques… On appelle ça avoir de l’impact.

Il faut comprendre une chose, rien n’était facile pour les Bleues face à cette défense de zone. Faire circuler le ballon à l’extérieur était assez aisé, en revanche le mettre à l’intérieur (en pénétrant ou par une passe) était chose ardue. Si on y parvenait il fallait tirer dans le mouvement faute de quoi on s’exposait à une perte de balle. En effet, on pouvait très difficilement la ressortir car ça se resserrait avec des prises à 2, voire à trois (parfois déjouée grâce à une passe entre grandes). Pourquoi ? Parce qu’on ne rentrait pas les tirs extérieurs. Plusieurs bonnes possessions ont été gâchées par maladresse au tir. Si 2 ou 3 avaient fait ficelle, les Tchèques auraient été contraintes de sortir sur les shooteuses, libérant ainsi des espaces dans la raquette où on aurait de nouveau pu se régaler. Au cours de ce QT, une seule séquence collective française en jeu sur demi-terrain a été conclue par un panier (un jumper à mi-distance d’Endy Miyem), le reste des points correspondant à des actions individuelles et surtout des contre-attaques. On le comprend aisément, pour déjouer cette défense le mieux est encore de ne pas lui laisser le temps de se mettre en place. Si vous voulez prendre le dessus en vous appuyant sur le jeu rapide, il n’y a pas de mystère, il faut réussir des stops et assurer les rebonds, un domaine où peu d’équipes peuvent rivaliser avec la nôtre.

Ça peut vous sembler idiot, pourtant à un moment je me suis dit que les filles devraient moins chercher à jouer de façon collective, y aller plus franchement, ne pas hésiter à prendre un tir un peu moisi de temps en temps au lieu de s’escrimer à faire tourner le ballon dans l’espoir de trouver une ouverture. Cette idée a surgi dans mon esprit à force de les voir gober rebond offensif sur rebond offensif et en tirer profit la plupart du temps. Un bon vieux saucisson suivi d’un rebond offensif est souvent plus efficace qu’une passe attendue, on récupère le ballon dans la raquette au milieu d’une défense en retard ou mieux, sous un cercle non protégé… Parce que mine de rien, en première période quelques ballons ont été perdus en cherchant à se sortir de cette zone avec des passes malgré ces prises à 2 et ces fermetures de lignes (2 violations des 24s, des passes à l’adversaire). Pendant ce temps, les 8 rebonds offensifs ont donné lieu à des LF ou paniers dans au moins la moitié des cas.

Après la mi-temps, le scénario s’est reproduit. Rien n’a changé, on a vu une sorte de caricature des 2 premiers QT. Pierre Vincent a tenté le coup avec Gaëlle Skrela titulaire à la place d’Emilie Gomis dans l’espoir de la voir mettre dans le mille à 3pts. Espoir déçu. Nos arrières et ailières n’ont absolument rien mis dedans de loin de tout le match. Le ballon circulait à l’extérieur, on ne trouvait pas d’ouverture pour s’approcher du cercle, alors on artillait à longue distance sans résultat. Ça s’est produit plusieurs fois.

Maline, la fameuse Zrutsova a attaqué Diandra en transition pour provoquer la 3e faute de celle-ci et tirer 2 LF… les 2 derniers points tchèques avant une disette du plus de 6’30 lors desquelles les Bleues leur ont collé un 8-0 pour mener 42-27. Un 8-0, en général, on le passe sur 2 ou 3 minutes. L’avoir fait en près de 400 secondes est particulièrement révélateur des forces, à savoir leur impressionnante solidité défensive, et des faiblesses des Bleues, tant de leur foutue maladresse aux LF (2/6 pendant cette série) que de leurs difficultés à attaquer la zone. Trop d’hésitations – encore 2 violations des 24s – et de tirs extérieurs manqués, une incapacité à marquer autrement qu’en transition ou de près dans le mouvement – et je souligne bien dans le mouvement car trouver une fille au poste bas[3] n’apportait rien si elle était arrêtée et ne tentait pas immédiatement de marquer pour au pire chercher les LF, au mieux un and one – à l’exception de Gruda, auteur d’un très long 2… Heureusement, une domination surnaturelle au rebond offensif a, par séquences, transformé cette rencontre en une véritable attaque-défense. On ne sortait plus de leurs moitié de terrain, l’EdF enchaînait les possessions, jusqu’à 6 consécutives, quasiment 20 pendant les minutes nécessaire pour aboutir à ce 8-0.

Rapidement dans la pénalité, sanctionnée de 8 fautes dans le QT dont la 4e de Kulichova (pour 11 LF concédés dont seulement 6 ont été réussis), dominée outrageusement au rebond (aucun offensif et 7 défensifs… contre 8 et 8), la République Tchèque s’en est plutôt bien sortie. Au pire de la tempête elle aura été menée de 17 points (46-29), de seulement 14 à la fin du QT, en grande partie grâce à Katerina Elhotova, auteur en l’espace de 2 grosses minutes de 3 paniers difficiles dont un primé, le dernier juste avant le buzzer. Ne nous méprenons pas, si les filles de Pierre Vincent ont concédé 9 points en fin de QT, ce n’est pas en raison d’un quelconque relâchement, les entrées d’Anaël Lardy et de Marielle Amant pour la première fois de la rencontre n’en sont pas la cause, la principale responsable du phénomène est la bouffée de chaleur d’Elhotova.

17-12 dans le 1er QT, 17-11 dans le 2e, 14-11 dans le 3e… Défensivement, on est resté dans des standards très élevés. On s’en sort toujours grâce à ça. Avec le minimum syndical en matière d’adresse, le score aurait dû être plus proche de que 62-34 que de 48-34.

Le début du dernier QT a été nettement moins bon, l’écart a fondu, il s’est réduit à 7 unités (52-45). Alena Hanusova – un nom de famille qui déchire… ou qui pète… désolé (^^) – a notamment remis un 3 points en tête de raquette après une première possession très bien jouée. En réalité les Tchèques ont surtout su provoquer des erreurs. Les Bleues ont encore galéré dans le jeu sur demi-terrain : 4 pertes de balle en moins de 4’ (dont 2 suivies de traversées de terrain pour des paniers faciles). Malgré le retour des titulaires, rien ne s’est arrangé, l’EdF n’a pas réussi le moindre jump-shot avant la dernière minute, elle en a alors mis 2 par Gruda et Ndongue. Jusqu’ici les autres points tricolores du QT avaient tous été inscrits en layup (2 grâce à des drives de Gomis passeuse puis scoreuse, 2 en transition avec un coast-to-coast de Lawson puis les seuls points de Skrela, et un bon post-move d’Ndongue) ou sur la ligne des LF (dans ce QT c’est du 100%... 2/2^^). A noter qu’en fin de match la zone semble étrangement avoir été abandonnée pour revenir à une défense femme à femme.

Le nouvel éclat au tableau d’affichage est essentiellement dû à une nouvelle crise de maladresse des Tchèques. A partir du moment où elles sont revenues à -7, plus un tir ne voulait entrer, contesté ou non. La fatigue ? En outre, elles ont perdu des ballons. Comme les Bleues en somme. Au cours de la cette dernière minute très prolifique en point elles ont aussi réussi à remettre 2 paniers. Score final, 64-49.

Je ne peux me passer d’un petit mot à propos de l’arbitrage : nul[4]. Les arbitres ont beaucoup sifflé contre l’attaque, il y a parfois eu de la compensation. Je n’ai compris ni la 4e faute de Burgrova, ni le marcher d’Elhotova, ni les 2 fautes sifflées coup sur coup contre Isa (la première était une simulation grossière de son adversaire), ni la 3e faute d’Edwige qui était seulement en train d’arracher le ballon des mains d’une joueuse au sol. Ce n’est pas bien grave, ces décisions à la c*n sont restées sans conséquence regrettable.

Il est temps de conclure, non ? Alors allons-y.

Très franchement, les Bleues sont épatantes. Je reste très confiant car si maladroite dans les domaines du tir extérieur et du LF soient-elles, les filles réussissent à ne jamais être en danger. Elles trouvent toujours des solutions pour contourner le problème (en particulier le jeu rapide). Leurs faiblesses sont compensées par des points extrêmement forts : 17 rebonds offensifs, 21 fautes provoquées pour seulement 14 commises, des adversaires limitées à moins de 50pts et 32% aux tirs[5].

Notre secteur intérieur est une arme de destruction massive, il va faire cauchemarder nos adversaires jusqu’à la fin du tournoi, et d’autant plus avec ce réveil de Sandrine Gruda, l’excellente nouvelle du jour. Bien sûr, ça demande confirmation, mais ses 21 points (8/14, 5/7 aux LF) et 10 rebonds en ayant repris confiance avec son tir extérieur sont vraiment de très bon augure. En outre, quand vous voyez Isa Yacoubou se lever du banc pour entrer en jeu, vous devez prendre un sacré coup au moral. Shaqoubou est la joueuse la plus efficace du tournoi, encore 14 points et 10 rebonds en 22 minutes face aux Tchèques, soit sur 5 matchs des moyennes de 12,2pts à 71,4% agrémentés de 7,2 rebonds mais aussi de 1,8 interceptions, sans oublier 3,2 fautes provoquées, le tout en à peine 16 minutes. Le seul petit hic est le pourcentage aux LF (2,2/4,2, soit 52,4%), peut-être aussi les douleurs – à la hanche côté gauche ? – dont elle semble victime.

Une question se pose : doit-on s’inquiéter du manque de réussite à 3 points ? J’ai envie de répondre non car souvent, ça ne tient à rien. En voyant une tentative de Céline faire gamelle, on se dit qu’il suffirait d’un pour lui redonner confiance, ça pourrait la débloquer et se mettre à tomber dedans comme façon Danny Green lors des 5 premiers matchs des Finales NBA… ou façon Caps’ à Londres.
Concernant les LF, il y a déjà du mieux, cette fois Diandra n’a pas sauté en tirant les siens, elle en a mis 2/3… auparavant, elle en avait réussi 2/11.

Notre défense est presque une assurance tous risques. Le public est une force supplémentaire. Je suis super confiant. Notre défense est presque une assurance tous risques. On a la certitude de finir au pire à la 2e place du groupe, il y aura des jours de repos après le dernier match contre la Biélorussie dimanche soir (une sélection ayant déjà connu la défaite ces derniers jours), autrement dit l’équipe sera au taquet pour la 3e phase de l’EuroBasket. L’Espagne et la Turquie en compétitions officielles, ce sont 2 mauvais souvenirs, 2 braquages subis par les Bleues entre les 2 épopées des Braqueuses, prendre sa revanche chez soi est toujours plus facile car le public est une force supplémentaire. Oui vraiment, je suis super confiant. ''

Notes

[1] En écrivant ce mot j’ai l’impression de coucher un barbarisme sur mon écran…

[2] Sur leurs 8 LF dans ce QT, 2 ont été obtenus grâce à ça, soit une faute provoquée en près de 6’ après les 5 des 4 premières minutes.

[3] La défense tchèque a connu quelques ratés, le but était de fermer l’accès à la peinture mais à plusieurs reprises des filles sont montées sur les Françaises très éventuellement susceptibles de tirer de loin, en réalité surtout susceptibles de louper de loin, permettant ainsi aux Bleues de faire passer le ballon à l’intérieur.

[4] Nul est un petit mot…

[5] Seule la Croatie a marqué plus avec une réussite supérieure, mais uniquement grâce à une seconde période paranormale face à une EdF endormie.