Les femmes étaient en effet les premières à nager. Cloé Credeville a réussi une bonne série, elle nageait dans l’avant-dernière, son chrono de 1’00"70 lui garantissait déjà la qualification à sa sortie de l’eau. Comme prévu, dans cette même course, Missy Franklin a été impressionnante… 59"13 en se promenant. 3 filles ont nagé sous la minute, Katinka Hosszu étant la seule autre à avoir réussi un temps plus proche des 59 secondes que de la minute (59"40), derrière c’est du 59"94, c’est vous dire la marge.

Au tour des hommes.

Jérémy Stravius était dans la 1ère des 3 grosses séries, il lui fallait juste contrôler sans user ses forces en raison de son énorme programme. Il s’est baladé, les parties techniques ont suffi pour fait la différence sans s’employer. Il a nagé au maximum 70 mètres (la première longueur, le virage avec une longue coulée et la reprise de nage), ensuite il a géré en faisant très belle impression. Victoire en 53"85 (non rasé).

Camille Lacourt a nagé dans la course suivante, à l’inverse de son compatriote et co-champion du monde, il n’a pas fait grosse impression dans cette série plus rapide. 4e en 54"20, Ryosuke Irie a terminé 2e (53"66) derrière l’Américain David Plumer (53"62).

Matt Grevers, le champion olympique en titre, a nagé la dernière série, il n’a fini que 3e mais en contrôlant derrière l’Australien Ashley Delaney (53"60) et un Chinois que je ne connais pas (53"63).

Lacourt est passé 10e ex-aequo, Stravius 5e sans s’être employé (les autres nageurs ayant un lourd programme ont aussi évité de trop se fatiguer, c’est le cas de Kosuke Hagino et Laszlo Cseh).

Le 100m brasse féminin a suivi. Sans Rebecca Soni, absente cette année.

La Russe Yuliya Efimova aurait pu simplement se qualifier, elle a décidé de montrer les dents. Pourquoi nager si vite (1’05"24) en séries ? Elle était engagée dans la 1ère des 3 courses les plus relevées et ne savait pas quelle perf lui était nécessaire pour passer, mais tout de même… Dans la dernière série Ruta Meilutyté a fait mieux… ou pire (elle est allée encore plus vite que la Russe). La très jeune Lituanienne qui a fait halluciner la planète à Londres, a battu le record des championnats le matin dans un temps de 1’04"52… à 7 centièmes du record du monde. Jessica Hardy a aussi nagé très rapidement (1’05"18). En principe on connaît les 3 médaillées. En outre, on imagine mal comment le record du monde pourrait tenir 48h supplémentaires.

On avait ensuite les 7 séries du 200m NL masculin, 2 Français étaient engagés, Yannick Agnel et Grégory Mallet. Pas de Biedermann, pas de Sun Yang, pas de Tae-Hwan Park… Jérémy Stravius aurait aussi pu participer – avec de réelles chances de médaille – mais il n’a pas voulu encore alourdir son programme en nageant ce 200m les mêmes jours que son épreuve n°1, le 100m dos. Hagino, lui, a décidé de doubler ces 2 épreuves, il a donc pris le risque de contrôler lors de l’antépénultième série pour finir 3e derrière le Brésilien Nicolas Oliveira et le Néerlandais Sebastiaan Verschuren, qui a nagé très vite pour finir avec un peu plus de difficultés.

Ryan Lochte et Connor Dwyer (qui s’entraîne avec Agnel) étaient côte à côte dans la série de Grégory Mallet, 1er à mi-course sans avoir fait la différence, ils étaient en effet nombreux sur la même ligne. Très serrée, la course s’est décantée progressivement, Lochte a fait un très gros retour puis a relâché, permettant à Dwyer de revenir pour terminer en tête à égalité en 1’47"90. 7e de la série en 1’49"10, Mallet était déjà éliminé avant la dernière série. Espérons qu’il soit capable de nager au moins une seconde plus vite lors du relais 4x200m sinon la série de médailles des Bleus dans cette épreuve risque de prendre fin cette semaine.

La série du champion olympique en titre a pris une drôle d’allure car à mi-parcours, Yannick Agnel et Danila Izotov (détenteur de la MPM) occupaient les 2 dernières places. Ils ont alors accéléré pour assurer. Le Français a terminé 3e en 1’47"40 derrière le Britannique Robbie Renwick (meilleur temps des séries) et l’Australien Cameron McEvoy. Agnel passe sans problème avec le 6e temps des séries.

Pour finir, la purge, les 1500m NL féminin. 23 concurrentes, 3 séries durant chacune environ 18 minutes (le temps que les plus lentes aient fini). C’est interminable. Tout ça pour en garder 8 à faire nager mardi soir (impossible de s’en refaire un dans la même journée).

La Danoise Lotte Friis, la Vénézuélienne Andreina Pinto (6e du 400m NL) et NZ Lauren Boyle (3e du 400m) étaient engagées dans la 1ère série. Friis, qui s’entraîne à Nice avec Camille Muffat, est apparue très en forme, elle a envoyé du pâté. 15’49"18 est un temps très impressionnant, si elle est en si grande forme, ça veut dire que Fabrice Pellerin a réussi à bien la préparer, pourquoi en serait-il autrement pour notre Française ? Muffat est donc susceptible de se relever très rapidement de sa déconvenue du 400m. On se rassure comme on peut. La 2e série a été beaucoup plus lente, la Hongroise Boglarka Kapas a gagné sans souci. La dernière série était celle de Katie Ledecky, championne olympique du 800m et nouvelle championne du monde du 400m avec des premières parties de courses à chaque fois hallucinantes. Elle est partie comme une folle pour finir en 15’49"26, 8 centièmes moins bien que Friis. On pourrait imaginer qu’il y aura bagarre entre les 2, je n’en suis pas convaincu. Une chose est sûre, le record du monde risque fort d’exploser en finale.

Stravius, Lacourt, Agnel, Credeville, Bousquet et Manaudou… 4 demi-finalistes et 2 finalistes. On ne s’ennuiera pas entre 18 et 20h.