Le programme a débuté par les demi-finales du 100m NL féminin. La première a été une séance d’observation, on n’a pas affolé le chrono. Britta Steffen a essayé de toucher en tête mais Missy Franklin a eu le dernier mot. L’autre Américaine, Shannon Vreeland, a pris la 3e place.

Cate Campbell était dans l’autre course, elle devait défendre l’honneur de la famille (sa sœur Bronte Campbell a pris la 5e place quelques minutes auparavant), et malgré la présence des 2 Néerlandaises, on n’avait d’yeux que pour elle. Son départ a été mauvais, elle a rapidement rectifié le tir pour passer nettement en tête au virage (1 dixième sous les bases du record du monde) avant de finir très tranquillement. On aurait dit qu’elle se promenait, elle était impressionnante de facilité. Pour la devancer, Sarah Sjöström (52"87) a dû s’employer. Ranomi Kromowidjojo et Femke Heemskerk seront en embuscade demain.

Finalement, 4 filles de chaque demi-finale ont obtenu leur qualification, les 4 meilleurs temps étant ceux des filles la seconde course, les 4 autres celle de la première (fatalement^^).

Il y avait du beau monde en finale du 200m 4 nages masculin, chasse gardée des Etats-Unis depuis 17 ans, ne manquaient que Michael Phelps, le retraité, et… le suspense, plus grand absent de cette course. Laszlo Cseh, Kosuke Hagino et Thiago Pereira avaient d’infimes chances de battre le recordman du monde de la spécialité, Ryan Lochte. Une nanochance si j’ose dire.

Pereira a touché en tête après le papillon mais c’est bien Lochte qui prenait les devants dans cette course. Déjà. Le Brésilien a impressionné en dos, il a ainsi viré à mi-parcours avec 14 centièmes d’avance sur l’Américain et nettement plus d’une demi-longueur sur Hagino. Le champion en titre a construit son succès en brasse, il a déposé Pereira et tous les autres pour aller s’offrir une ixième médaille d’or. Battu à Londres par Phelps, il est désormais triple champion du monde de l’épreuve (2009, 2011, 2013). Avant le parcours en crawl le Brésilien semblait assuré de monter sur la 2e marche du podium, il comptait environ 6 dixièmes de retard sur Lochte mais environ 11 d’avance sur le Nippon, pourtant le retour nettement supérieur de ce dernier (sans être exceptionnel : 27"81 contre 28"89) lui a permis de le griller à la touche (pour 1 centième).

Cseh a loupé le podium (5e derrière le Chinois Wang Shun), il a rétrogradé à la 4e place en dos puis a bu la tasse à partir de la brasse alors qu’en papillon il avait fait jeu égal avec les autres cadors. Depuis 2005 il était systématiquement sur le podium de chaque grand championnat du monde en grand bassin et des JO. Pour rappel, sa seule médaille d’or – hors championnats d’Europe où il en a 11 en grand et 16 en petit bassin – date de 2005, le 400m 4 nages (2 ans auparavant à Barcelone il avait pris l’argent aussi sur 400m).

La première demi-finale du 200m brasse féminin est partie très vite. Rikke Møller Pedersen est passée aux 100m avec 8 dixièmes d’avance sur le record du monde établi le 2 août 2012 en finale des JO de Londres par Rebecca Soni (qui ne participe pas à ces Mondiaux). L’avance est passée à plus d’une seconde à 50m de l’arrivée, ce qui a réveillé le public… et PAN ! Record du monde ! En sortant du bassin la Danoise était au bord des larmes, voire en larmes. Nul besoin de vous dire que les autres filles ont toutes été reléguées très loin, à plus de 4 secondes.

Micah Lawrence et Yuliya Efimova avaient l’occasion de lui répondre quelques minutes plus tard.

La Russe a fait un cavalier seul, est passée presque tout du long sous l’ancien record du monde mais n’a pu le battre. Néanmoins, elle a continué à s’employer pour montrer à la Danoise que rien ne sera facile pour elle. Satomi Suzuki, vice-championne olympique à Londres, a été éliminée.

A Shanghai, Fabien Gilot s’était loupé en finale du 100m NL, il était parti vite mais n’avait pu tenir, sa 5e place était très frustrante malgré la médaille de bronze obtenue par son pote William Meynard qui cette année est passé à côté dès les séries. Cette fois, seul Français qualifié en finale, il voulait sa revanche. Sa stratégie annoncée était de partir un peu moins vite qu’en demi-finale. Il croyait au podium, son temps remarquable en finale du 4x100m NL (46"90 lancé) lui donnait des raisons d’espérer. Seulement dans cette course on trouvait tout un tas de cadors censés être beaucoup plus rapides que lui, à commencer par James Magnussen, le champion du monde en titre, et Nathan Adrian, le champion olympique, sans oublier Vladimir Morozov, la sensation russe de ces 10 derniers mois.

Pour être très honnête, je ne m’attendais absolument pas à ce genre de course, et je ne suis pas le seul. Le Français, à la ligne 7, a été piégé par la tactique de course inhabituelle du géant australien. Habitué à partir vite et à faire un retour aussi rapide, Magnussen est cette fois resté très prudent avant de revenir à une vitesse folle (24"90, le même retour que son dauphin). Gilot, qui était à côté du favori et loin de la bagarre ayant eu lieu de l’autre côté du bassin, a ralenti dans la 2e moitié de la première longueur de peur d’aller trop vite et de caler sur la fin. Sans doute aurait-il dû éviter de se poser trop de questions… Peut-être a-t-il manqué d’expérience dans les grandes finales individuelles. Il a fini 7e en 48"33, un moins bon temps qu’en demi-finale, il était alors passé aux 50m en 22"51 pour finir en 48"21, cette fois il est passé en 22"96, une seconde moins vite que Morozov, parti se suicider en faisant un 50m comme s’il n’en restait pas autant à nager derrière (21"94)… Bien sûr, il a explosé sur le retour, ou du moins il n’a pas tenu car sa perf n’est pas déshonorante (48"01). Le jeune Russe a manifestement eu son pic de forme trop tôt à cause des Universiades à Kazan mais dans le futur, attention…

Lors de cette finale, 4 garçons ont nagé en moins de 48 secondes, les 2 Ricains et les 2 Australiens, le premier n’est pas allé extrêmement vite, 47"71, on s’attendait à du 47"20 ou 47"30, mais non, Magnussen a seulement réédité sa performance des séries, il semble avoir du mal à gérer la pression, on l’a vu au JO, on l’a vu au départ du relais avec son 48"00 particulièrement médiocre compte tenu de son palmarès.

Si Cameron McEvoy a réussi à s’accrocher à Morozov – qui a longtemps dû croire au podium – il n’a pu griller les 2 Américains, terminant 4 centièmes trop tard. Voir Jimmy Feigen sur le podium me paraissait totalement improbable, il était le maillon très faible, que dis-je… le boulet du relais US (il avait nagé bien plus de 48 secondes… lancé, en dernier relayeur de surcroît, ça s’était particulièrement vu), pourtant il a su battre Adrian à la touche (47"82 contre 47"84).

Magnussen conserve son titre, Gilot conserve sa déception individuelle mais prend ça comme un encouragement. A 29 ans il n’est pas fini, ses perfs quelques mois après ses opérations de l’épaule en septembre puis de l’appendicite sont très intéressantes. Cette course aura mis en avant un élément fondamental en natation, l’importance des vagues. La grande différence entre un 3e relais et un départ arrêté dans une course individuelle est là. Une partie non négligeable de sa perf de 46"90 est due au départ lancé, une autre à l’effet du relais, il transcende, mais plusieurs dixièmes ont été gagnés en surfant sur la vague du nageur sur lequel il remontait.

L’Espagne espérait décrocher une médaille d’or – sa seule chance ? – grâce au 200m papillon féminin, elle comptait sur Mireia Belmonte, auteur du meilleur temps des demi-finales (moins sur l’autre Espagnole). Pas de chance, elle devait affronter 2 Chinoises (plus 2 Hongroises). Jiao Liuyang, la championne olympique en titre, a pris la tête dans la première longueur mais sans avoir creusé l’écart sur ses adversaires. Liu Zige a fait un premier retour assez dingue (31"19) pour larguer toutes ses concurrentes, mais elle a payé son effort dans la longueur suivante, ce qui a permis à Belmonte de revenir pour virer à égalité après 150m. Katinka Hosszu était alors 3e à 3 dixièmes. Il y a eu grosse baston entre ces 3 filles La Hongroise a craqué, décrochant tout de même le bronze, la Chinoise (championne olympique à Pékin et médaillée lors des 2 derniers championnats du monde) a un tout petit peu mieux résisté que l’Espagnole, elle a fait la différence dans les 25 derniers mètres, 19 centièmes d’écart à l’arrivée, pas de titre pour l’Espagne.

La championne olympique a coulé (6e à une grosse seconde du podium, à 2 de sa compatriote), l’Américaine Cammile Adams et l’autre espagnole n’ont jamais été dans le coup.

Après une longue interruption due aux cérémonies protocolaires et au fait que France 2 a préféré faire un plateau d’un bon quart d’heure avec Laure Manaudou comme invitée (rétro de sa carrière, etc.), retour à la nage avec la finale du 50m dos féminin. Pendant ce temps on aura loupé les demi-finales du 200m brasse masculin (meilleur temps pour Daniel Gyurta)… A vrai dire, on s’en fout un peu de cette épreuve, mais ne pas en dire un mot est anormal. Sur Eurosport, on voit sans doute tout, mais les commentaires d’Alexandre Boyon, de Roxana Maracineanu (et bientôt de Malia Metella quand elle aura pris l’habitude de commenter) sont bien meilleurs.

Revenons-en à la finale du 50m dos.

Fu Yuanhui était archi-favorite après ses démonstrations en séries et en finale, néanmoins l’Espagnole Mercedes Peris, spécialiste de la discipline, espérait créer la surprise. Surprise il y a eu, mais elle n’est pas venue de l’Espagnole, elle est venue de Zhao Jing. L’autre Chinoise, titrée à Rome, a coiffé sa compatriote pas super bien partie. La Japonaise Aya Terakawa a complété un podium 100% Asiatique. Les 3 médaillées étaient assez nettement détachées du reste du groupe.

L’Espagnole s’est loupée, 5e à 4 dixièmes du podium (sur 50m, c’est beaucoup).

Avant le relais, 2 courses étaient encore au programme, les demi-finales du 200m dos masculin.

Un Chinois a fait presque toute le chemin en tête, il a emmené Ryosuke Irie jusqu’aux 25m avant de se faire doubler par ce dernier. Cette demi-finale n’ayant pas été très rapide, il y avait de la place pour les participants à la suivante… dont Kosuke Hagino, le gars qui nage tout le temps (je crois qu’il participe à 6 épreuves individuelles plus un ou des relais), et bien sûr les Américains, Tyler Clary (champion olympique) et Ryan Lochte. Histoire de ne pas voir que des Asiatiques gagner en dos. Cette demi-finale s’est résumée à un duel entre Clary (1’55"16) et Lochte (qui aura aussi le 100m papillon vendredi). 5 des 6 représentants du quatuor de pays cités dans l’introduction ont obtenu leur place en finale. Un seul homme peut éventuellement leur disputer une place sur le podium (probablement la 3e derrière les Ricains), il s’agit du Polonais Radoslaw Kawecki.

Et enfin, on l’attendait, la finale du 4x200m NL.

Quand vous penser que par rapport aux JO on a perdu Margaux Farrell et surtout Ophélie-Cyrielle Etienne (qui a nagé 1’58 en finale à Londres), vous comprenez à quel point il est difficile actuellement de construire un relais capable de rivaliser avec les meilleurs.

Les Etatsuniennes étaient les grandes favoris avec ou devant les Australiennes, d’autant que ces 2 équipes ont pu faire entrer beaucoup de nouvelles (les Américaines n’ont conservé que Karlee Bispo, l’Australie a changé la moitié de ses filles). Entre les séries et la finale, la France a effectué un changement, Isabelle Mabboux a été remplacée par Camille Muffat, choisie pour effectuer le premier relais avec Charlotte Bonnet 2e, Mylène Lazare 3e et Coralie Balmy pour finir. La stratégie vise à ne pas être largué et à ne pas être trop vite dans les remous. Il fallait se méfier de la Chine, mais on croyait vraiment à cette médaille de bronze.

  • Premier relais.

Avoir dû nager à côté de Katie Ledecky n’a pas dû être une situation très confortable pour Camille Muffat, sans doute pas complètement remise de la finale du 400m NL. Malgré sa réaction en finale du 200m NL la bosse devait toujours être douloureuse.

Muffat a pris la tête d’entrée, l’Américaine ne s’est pas affolée, elle est passée en 6e position aux 100m où la Française avait au moins 4 dixièmes d’avance sur toutes les autres filles. Après un premier aller-retour pas très rapide (en 56"35 contre 55"72 lors de sa finale individuelle), la meute restait proche, c’est pourquoi la Niçoise en a remis une couche dans la 3e longueur. Muffat a alors commis une erreur tactique en laissant l’Américaine bénéficier de sa vague pour se rapprocher. Au dernier virage, Ledecky comptait encore 42 centièmes de retard mais en avait déjà comblé une partie, elle a ensuite pu faire un énorme retour (29"57) pour passer le relais en tête, profitant des difficultés rencontrées par la Française pour terminer après avoir encore essayé de relancer à 35 mètres de la fin, cette fois en s’écartant de la ligne d’eau de sa concurrente (Muffat a effectué son ultime longueur en 30"12, sensiblement comme quand elle a décroché sa médaille de bronze, d’ailleurs elle n’a mis qu’un dixième de plus qu’il y a quelques jours pour effectuer sa seconde moitié de course).

Les temps…
1ère. Katie Ledecky (1’56"32, record personnel, c’est une mutante, on l’a compris depuis le début de ces Championnats.)
2e à 0"13. Camille Muffat (1’56"45)
3e à 0"18. Melanie Costa (1’56"50, elle a longtemps été en 2e position, ensuite l’Espagne a décroché puis n’a plus quitté la 5e place.)
4e à 0"72. Bronte Barratt (1’57"04)
5e à 0"85. Ye Shiwen (1’57"17)

  • Deuxième relais.

Suite à la perf très moyenne – c’est tout relatif – de sa camarade d’entraînement, Charlotte Bonnet s’est retrouvée à la lutte avec Shannon Vreeland au lieu d’avoir une bonne seconde d’avance sur cette fille qui était aussi finaliste du 200m NL individuel (comme elle). Elle a eu le meilleur temps de réaction des Françaises alors que les Américaines ont absolument toutes assuré leur passage (pas une à moins de 5 dixièmes), conscientes de la marge qu’elles possèdent sur la concurrence.

Le duo franco-américain a d’abord nagé au même niveau avec une belle avance sur la concurrence, 9 dixièmes sur l’Australie au bout de 50 mètres, puis Vreeland a un peu accéléré. Aux 300m, Bonnet et Palmer ont viré respectivement à 3 dixièmes et à près d’une seconde de la fille de tête, c’était d’ailleurs toujours le cas de l’Australienne au moment d’aborder sa dernière longueur, la Française avait en revanche perdu du terrain, reléguée à 56 centièmes des Etats-Unis. L’autre Niçoise du relais avait bien géré son effort, elle a pu revenir sur l’Américaine, cramée, et a touché avant les autres, mais la course était extrêmement serrée, les 3 premières équipes étant sur la même ligne.

A l’issue de ce relais…
1ère. Charlotte Bonnet (1’56"81), pas très loin de son meilleur niveau (en demi-finale du 200m NL son chrono était de 1’56"63 avec départ au start).
2e à 0"03. Shannon Vreeland (1’56"97)
3e à 0"07. Kylie Palmer (1:56"29)
4e à 1"45. Shao Yiwen (1’57"54)

  • Troisième relais.

Mylène Lazare est la plus faible – ou la moins forte – des 4 relayeuses françaises mais aussi de toutes les relayeuses des 5 équipes les mieux classées (si on met de côté le Japon, on trouve seulement une Canadienne et 2 Italiennes réellement inférieures et 2 Espagnoles à son niveau). Malgré une progression de 66 centièmes par rapport aux séries, elle a pris cher, l’Australienne est partie, l’Américaine n’a pu la suivre que pendant 100 mètres avant de se faire décrocher. Brittany Elmslie a surpris en réalisant le 5e meilleur temps des 32 relayeuses de cette finale, elle a surtout fait le trou lors de la dernière longueur (29"42), explosant l’Américaine (30"37) qui comme elle avait déjà nagé en séries.

Pendant ce temps la Chinoise revenait très vite sur la Française, laquelle a perdu du temps pratiquement en permanence malgré une belle combativité. Lazare n’a pas commis l’erreur de partir trop vite, ce qui aurait pu être catastrophique, elle a essayé de résister le plus longtemps possible… puis a craqué (ses temps sur chaque longueur de bassin : 27"89, 30"15, 30"17 et 30"94). L’Asiatique était déjà revenu à peu près à hauteur du ventre de la Française aux 500m. Lazare s’est bien battue lors de l’aller suivant, reprenant même un peu de marge sur la 4e, mais le retour a permis à la Chine de recoller à la France.

A l’issue de ce relais…
1ère. Brittany Elmslie (1’56"42)
2e à 1"12. Karlee Bispo (1’57"58)
3e à 2"66. Mylène Lazare (1’59"15)
4e à 2"98. Guo Junjun (1’58"02)

  • Dernier relais.

Quand ces filles ont plongé, il y avait 2 courses, celle pour l’or et celle pour le bronze. Sachant que Franklin a remporté le titre sur 200m NL et qu’Alicia Coutts n’est pas spécialiste du crawl, la première semblait ouverte. La seconde semblait l’être moins car les références de Balmy sur 200m surpassent largement celles de la Chinoise, meilleure représentante de son pays lors de la course individuelle, mais seulement 15e des demi-finales en 1’59"20. Contrairement à son adversaire "Coco" a nagé le matin, ça n’a pas eu de grandes conséquences car sa seule course individuelle datait du premier jour de ces Championnats du monde, elle avait raté sa série du 400m NL.

Devant, la superstar de ces Mondiaux a comblé tout son retard dès la première longueur. Derrière, la Française est resté sereine face à une Chinoise qui a tout tenté pour recoller rapidement et la faire douter, elle est allée vite mais juste assez pour légèrement profiter de la vague de Franklin sans exploser. L’Américaine s’est envolée dès le 2e 50m, elle a pulvérisé Coutts (d’environ 2.3s en un aller-retour, 54"65…) et a pu ensuite gérer (un peu moins d’une minute pour finir). On sentait Balmy en contrôle bien que déjà très rapide (2e temps de passage aux 100m de toutes les relayeuses derrière Franklin, si on corrige en fonction du départ, Muffat aussi est allée plus vite), elle en a remis une couche à 75 ou 80 mètres de l’arrivée pour irrémédiablement lâcher la Chine.

Coutts, encore en mode loose. Elle se fait toujours avoir, c’est sa 4e médaille d’argent depuis le début de la semaine.

A l’arrivée…
1ère. Missy Franklin (1’54"27)
2e à 1"94. Alicia Coutts (1’57"33)
3e à 3"29. Coralie Balmy (1’56"02)
4e à 4"65. Qiu Yuhan (1’57"06)

Par pays, ça donne…
1. Etats-Unis 7’45"14
2. Australie 7’47"08
3. France 7’48"43
4. Chine 7’49"79

Sur le moment, en voyant le retour de Coralie Balmy, on a pu se dire que l’Australie était prenable, en réalité pour prendre la médaille d’argent – l’or est complètement injouable avec une Missy Franklin à ce niveau et en se présentant sans remplaçante – il était indispensable d’avoir une Camille Muffat en très grande condition, ce qui n’était pas le cas ici. Pour rappel, son temps (1’56"45) ne correspond pas à ses capacités, elle avait fait 1’55"72 en finale du 200m NL individuel, son record perso réalisé à Dunkerque en 2012 est de 1’54"87.

Si on compare les performances par rapport au matin, il n’y a pas photo :
-Muffat 1’56"45 au starter contre les 2’01"14 de Mabboux lancée,
-Bonnet 1’56"81 départ lancé contre 1’58"31 départ au starter,
-Lazare 1’59"15 contre 1’59"81,
-Balmy 1’56"02 contre 1’57"12.
Au total, ça fait 7’48"43 au lieu de 7’56"38, soit 7"95 de moins, c’est énorme.

Obtenir l’argent nécessitait de battre le record de France (7’47"49). Par conséquent, outre une grande Muffat, on aurait eu besoin de 3 autres filles de très haut niveau, voire d’une remplaçante supplémentaire. C’est facile, on peut comparer avec ce record battu lors des JO dans la quête de la médaille de bronze (même podium).
Muffat 1’55"51… presque une seconde de moins qu’aujourd’hui.
Bonnet 1’57"78… énormes progrès (elle a 18 ans pour rappel), la seconde de déficit est récupérée.
Etienne 1’58"05… on perd de nouveau une grosse seconde, sachant qu’en série Mylène Lazare était allée plus vite qu’en finale un an après (1’58"82).
Balmy 1’56"15, un tout petit peu mieux cette fois.

En année post-olympique, pas mal de filles vont moins vite, notamment les Australiennes. Les Etats-Unis ont un potentiel de record du monde en alignant Ledecky, Franklin, une Allison Schmitt de retour à son niveau de Londres et par exemple une Dana Vollmer qui se remettrait sérieusement à s’entraîner pour cette distance. Sauf en cas d’apparition d’un nouveau phénomène dans la natation français, on ne peut pas lutter avec ces nations, obtenir la médaille de bronze est déjà un exploit, il faut le souligner et féliciter les filles d’avoir réussi à monter sur ce podium.

Depuis déjà 10 ans notre relais 4x100m NL fonctionne très bien chez les hommes, on a mis en place un 4x200m NL performant depuis quelques saisons, ça porte ses fruits depuis 2010, on s’installe sur les podiums, la marge de progression reste importante, il nous faudrait plus de monde, seulement en France être nageur de haut niveau n’est pas facile sur le moyen et le long terme, il faut être un cador pour en vivre sans hypothéquer son avenir, ça nous a par exemple fait perdre un Clément Lefert avec qui on aurait dû avoir encore 7 ans de succès… Prochaines étapes, tenter de construire un 4x100m NL féminin, trouver un brasseur et faire progresser les papillonneurs pour le relais 4 nages masculin (le féminin, on peut l’oublier pour le moment, il nous manque tout pour en faire un de très haut niveau).

En fait, j’attends surtout l’arrivée des relais mixtes (à partir de 2014 en petit bassin, de 2015 en grand, j’aurais aimé voir ça dès Barcelone 2013). La FINA n’a prévu d’en mettre que 2 au programme, les 4x100m NL et 4 nages, c’est bien dommage car un quatuor Agnel-Stravius-Muffat-Balmy (ou Bonnet) sur 4x200m nous aurait vendu du rêve !

Avec cette 6e médaille, l’équipe de France garde le rythme d’au moins une par jour. Demain c’est au tour du relais 4x200m masculin, en principe ça doit se jouer entre les Etats-Unis et la France, il serait bon de pouvoir s’économiser le matin et d’avoir un Yannick Agnel au niveau de sa finale individuelle. Dans ce cas, il n’est pas interdit de rêver…