Première surprise, Jeanette Ottesen a déclaré forfait, c’était la surprise de l’antépénultième série remportée par Britta Steffen devant des ex-aequo (une Chinoise et la Bahaméenne).

Camille Muffat a disputé l’avant-dernière série, extrêmement relevée. On y trouvait les 2 Néerlandaise, la moins forte des sœurs Campbell (Bronte Campbell), mais aussi d’autres filles de qualité. L’aller n’a pas été bon, le retour meilleur mais ça n’a pas suffi pour revenir sur Ranomi Kromowidjojo, Femke Heemskerk, Bronte Campbell et la Suédoise Michelle Coleman.

La dernière série était extrêmement relevée : les 2 Ricaines (Missy Franklin et Shannon Vreeland), Sarah Sjöström, mais surtout Cate Campbell, grandissime favorite pour le titre depuis son impressionnant premier relais en finale du 4x100m NL. Campbell s’est baladée, réalisant néanmoins le meilleur temps des séries tout en faisant une impression de folie. Franklin a touché 2e, Sjöström 3e.

Bonnet, 6e de sa série (55"15), n’a réalisé que le 18e temps des demi-finales, elle a donc été éliminée, contrairement à Muffat, 13e qualifiée (54"84). Ceci dit, ayant décidé de privilégier le relais, Muffat a déjà déclaré forfait pour les demi-finales du 100m. Cette course lui aura donc seulement servi à se tester ou à se mettre en jambes en vue de ce soir.

Parmi les éliminées de renom on peut citer Hanna-Maria Seppälä et Evelyn Verraszto (plutôt spécialistes du 4 nages), Melanie Costa (la distance est trop courte pour elle) ou encore Daniela Schreiber (médaillée européenne l’année dernière), sans oublier Ruta Meilutyté (brasseuse).

200m dos masculin pour suivre. Ryan Lochte a fait son réveil musculaire quotidien… Il est resté 2e tout du long en contrôlant pour accélérer un peu lors du dernier retour. Il voulait sans doute toucher en tête mais a été battu sur le fil par un Britannique qui semblait très motivé pour le battre…

Tyler Clary a remporté la 4e et ultime série (il y a peu de concurrents). Les 2 Américains, les 2 Japonais et tous les favoris sont passés. Pour ne pas se qualifier, il fallait être vraiment un nageur de seconde zone – sans leur manquer de respect – ou le faire exprès. Si on avait engagé des Français, ils auraient pu passer assez facilement. J’attends de voir Jérémy Stravius s’engager sur cette distance, il devrait vraiment essayer, compte tenu de ses capacités sur 100m dos et sur 200m NL, il serait très très fort.

Le 200m brasse féminin est allé vite, mais seulement en ce qui concerne les meilleures : Micah Lawrence (USA) n’a pas fait semblant (2’21"74, soit 1"4 devant Yuliya Efimova et presque une demi-seconde de moins que le 2e temps de la matinée, celui de Rikke Møller Pedersen). La 16e qualifiée est passée en plus de 2’28… Oui, c’est lent (ce qui n’a pas empêché la Britannique Hannah Miley de se faire piéger pour 3 centièmes). Avec des minimas français moins relevés, on aurait pu avoir une Française en demi-finales.

Après le 200m brasse féminin, le 200m brasse masculin. Cette fois l’écart entre le meilleur et le 16e temps est d’environ 2"30, il y a plus de densité. Le meilleur temps a été réalisé par l’Allemand Marco Koch – l’Allemagne semble avoir quasiment disparu de la scène aquatique internationale – en 2’09"39. Hormis les 2 Japonais et les 2 Américains, les demi-finales seront composées exclusivement d’Européens.

On attendait surtout le 4x200m NL. L’équipe de France a tenté un petit coup de poker en préservant Camille Muffat afin de l’avoir en forme en finale… à condition de passer. Le risque de se planter était relatif avec seulement 13 pays engagés. Une série (ou demi-finale) à 6, l’autre à 7, l’EdF dans la seconde, ça laissait un peu de marge ou la possibilité de gérer dans une certaine mesure.

Dans la 1ère course, lancée par Ye Shiwen et un temps accompagnée de l’Australie, la Chine a fait cavalier seul avant le retour des Océaniennes lors du dernier relais d’Alicia Coutts. La Chinoise a toutefois réussi à l’emporter en 7’52"50, l’Australie a fini à 7’52"69, les suivantes ont terminé assez loin.

Toutes les équipes n’ont pas pu faire tourner.
Les Etats-Unis n’ont pas hésité à y aller franchement (Chelsea Chenault, Karlee Bispo, Madeline Dirado, Jordan Mattern, soit 4 filles de 18 à 23 ans dont une seule, la première, a un peu d’expérience international bien qu’étant la plus jeune[1]), l’Australie aussi (Brittany Elmslie, Emma McKeon, Ami Matsuo, Alicia Coutts).
Concernant la Chine (Ye Shiwen, Shao Yiwen, Guo Junjun, Zhang Wenqing), je ne sais pas trop. Il me semble que leur meilleure spécialiste du 200m NL n’a pas été alignée (elle n’est pas exceptionnelle), les spécialistes du 200m papillon ont leur finale lors de la session de ce soir, la composition ne devrait pas trop changer.
La plupart des équipes ont mis leurs meilleurs éléments, notamment l’Espagne (Melanie Costa, Patricia Castro, Beatriz Gomez, Mireia Belmonte, sachant que la nouvelle star de la natation espagnole n’est pas qualifiée pour les demi-finales du 100m NL alors que LA star disputera la finale du 200m papillon) et l’Italie (Alice Mizzau, Martina de Memme, Diletta Carli, Federica Pellegrini). J’imagine qu’il en est de même du Canada (Samantha Cheverton, Barbara Jardin, Brittany MacLean, Savannah King) et du Japon (Chihiro Igarashi, Haruka Ueda, Yasuko Miyamoto, Aya Takano).

Charlotte Bonnet a pris le départ, elle a réalisé un beau 200m pour passer le relais à Mylène Lazare en 2e position à 4 dixièmes de l’Espagnole Costa qui, fort logiquement a essayé de prendre de l’avance car elle est la meilleure de son équipe. La France et les Etats-Unis sont restés côte à côte pendant un temps, elles ont repris l’Espagnole pendant que l’Italie et le Japon décrochaient légèrement. Lazare a eu du mal lors des derniers 50 ou 60 mètres, elle a lancé Isabelle Mabboux en 4e ou 5e position. La petite nouvelle de l’EdF est partie très vite, beaucoup trop vite (26"46, personne n’a approché ce temps sur son 1er 50m, pas une seule des 51 autres relayeuses), j’avais peur qu’elle se soit enflammée… après 100m elle était passée en tête (56"32, seule Alicia Coutts est allée plus vite), virant avec un centième d’avance, mais il lui restait encore le même chemin à parcourir. Et en effet, elle a craqué. Et bien de surcroît ! Coralie Balmy a été lancée 5e avec Pellegrini pas très loin, revenir sur le Japon semblait nécessaire, larguer l’Italie paraissait plus compliqué. Pourtant Balmy a réussi à doubler la Nipponne assez rapidement, elle est revenue en 3e position avant le dernier retour. La bonne nouvelle est que l’ancienne Toulousaine est parvenue à toucher 3e, la mauvaise est qu’elle a dû entamer plus d’énergie que nécessaire pour y parvenir (Pellegrini en a gardé, elle pouvait se le permettre, l’Italie s’est qualifiée 8e mais avec près de 2 secondes d’avance sur la Russie, première éliminée). Le relais français a terminé en 7’56"38 derrière les Etats-Unis (7’53"03) et l’Espagne.

La 4e place en finale se jouait entre Lazare et Mabboux, il n’y a pas photo. Mabboux, qui honorait sa 1ère sélection à 21 ans, manque cruellement d’expérience, elle a nagé en un peu plus de 1’59 aux Championnats de France, là elle s’est loupée… 2’01"14. Les autres ont fait le job : 1’58"31 pour Bonnet, 1’59"81 pour Lazare, 1’57"12 pour Balmy (la plus rapide de toutes les filles ayant nagé ce matin). On verra si l’effort effectué par la dernière pour être plus au centre du bassin lors de la finale s’avèrera utile.

En principe la Chine devrait être notre principal adversaire pour le bronze derrière les Etats-Unis (intouchables) et l’Australie, les Chinoises auront l’avantage de partir entre les 2 favoris. On peut espérer nager 7 secondes plus vite avec une Muffat revigorée et des relais moins assurés.

Les nageurs français ont décroché au moins une médaille par jour depuis le début, avec le 100m NL masculin (Gilot) et le relais féminin on aura 2 chances de continuer sur cette lancée. On y croit !

Note

[1] Expérience au relais aux ChM en petit bassin et aux Universiades.