Un des Russes, Andrey Grechin, a nagé dès la première des 11 séries 107 inscrits), probablement faute d’avoir un temps d’engagement. On a ensuite attendu la 9e pour voir les cadors. Dans celle de James Magnussen, tout frais champion du 100m NL, l’Ukrainien Andriy Govorov a réalisé une belle perf, 21.80 (record national). Vladimir Morozov n’a fini que 3e en moins de 22" (comme lors de sa première longueur en finale du 100m) derrière le second australien, Matthew Abood. James Magnussen et Roland Schoeman ont terminé 4e ex-aequo, se qualifiant sans aucun problème.

Nathan Adrian et Anthony Irvine occupaient les 2 lignes centrales de l’avant-dernière série, ils ont pris les 2 premières places en toute tranquillité (21"87 et 88), se permettant de relâcher sur la fin, ce qui paraît fou sur un 50m. Cette série n’était pas très relevée, contrairement à la dernière avec les 2 Français et les 2 Brésiliens.

Florent Manaudou a fait un super énorme, César "furosémise" Cielo est passé en tête un bref instant mais Manaudou est venu toucher devant les 2 Brésiliens, le second étant Marcelo Chierighini, ex-aequo avec le Hongrois Krisztian Takacs. Fred Bousquet a fini 5e en 22"11, il savait ne pas avoir besoin d’aller très vite, il avait de la marge, il y avait un écart conséquent avec les suivants (le 17e a nagé 2 dixièmes moins vite).

Voir Manaudou réaliser tranquillement le meilleur temps du matin avec un joli petit 21"72, voilà de quoi bien débuter la journée ! Le principal éliminé connu est l’Italien Luca Dotto (vice-champion du monde à Shanghai), on pourrait citer également Hanser Garcia et Sebastiaan Verschuren.

Au 50m papillon féminin la France a pu engager 2 filles. La première, on la connait, il s’agit de Mélanie Henique, médaillée mondiale surprise à Shanghai (et déjà médaillée européenne sur cette distance l’année précédente). Elle est encore très jeune (20 ans) et s’entraîne à Amiens avec Jérémy Stravius. L’autre, Marie Wattel, est née en 1997 (elle a encore 15 ans) et s’entraîne à Nice. Sa qualification a été permise par les minimas spéciaux de la FINA pour les très jeunes, ceux qui incarnent la relève.

Mélanie a nagé dans l’avant-dernière série, elle a fait un très bon départ, comme d’habitude, mais n’a pas fait une course de grande qualité, peut-être un peu tendue, peut-être tentée de contrôler… 26"54, ex-aequo avec une Allemande, et seulement 2 centièmes devant Alicia Coutts. Elles ont terminé une éternité après Francesca Halsall (25"69).

Jeanette Ottesen était bien présente après avoir déclaré forfait pour le 100m, sans doute s’est-elle réservée pour cette épreuve. Elle a remporté sa course dans le même temps que la Britannique. Marie Wattel a terminé 10e en 27"77 (38e temps des séries).

A l’issue de cette série, conformément à ce qu’on pouvait craindre avec cette arrivée ex-aequo, la nouvelle est tombée, il allait y avoir un barrage entre Mélanie et l'Allemande Alexandra Wenk… pour s’adjuger la 16e et dernière place en demi-finales. En principe il ne devait pas y avoir photo et s’agissant de sa 1ère course de la Française lors de ces championnats, on n’avait aucune crainte, elle avait assez de jus pour le faire sans le payer. Mais c’est frustrant.

Encore un Français dans l’eau ! On aurait pu en avoir 2 en séries du 100m papillon mais Jérémy Stravius, champion de France en titre, n’a pas inscrit cette épreuve à son programme.

L’objectif et Mehdy Metella était de se qualifier pour les demi-finales, une tache pas facile car il possédait seulement le 22e temps des engagés. Parti dans la 1ère grosse série avec entre autres Ryan Lochte, il est passé 6e au virage, touchant 8e en 53"77, très insuffisant. Il a coulé. En finale des championnats de France il avait nagé en 52"48. Evgeny Korotyshkin a remporté la série en réalisant la meilleure performance de la matinée pendant que Lochte se baignait peinard juste histoire de se qualifier (13e temps).

Chad Le Clos s’est imposé dans la série suivante (globalement plus rapide), Laszlo Cseh dans la dernière.

Au tour du 200m dos féminin avec là aussi pas mal de stars. Katinka Hosszu dans la 2e série, Federica Pellegrini était dans la 3e (en principe c’est l’épreuve pour laquelle elle était la plus préparée), Missy Franklin dans la dernière. La 2e série a été la plus dense et la plus rapide, les 4 premières ont réalisé 4 des 5 meilleurs temps, seule Franklin a ensuite fait mieux en nageant 100 à 150m avant de contrôler de façon assez déprimante pour ses concurrentes. L’Australienne Belinda Hocking et la Canadienne Hilary Caldwell sont passées sous les 2’08 (avec un record national pour la dernière nommée), montrant un potentiel de médaillées. Pellegrini n’a pas été très convaincante, elle s’est néanmoins qualifiée 10e (3e de sa course après avoir été lâchée rapidement puis être un peu revenue).

En cette année de reconstruction/consolidation post-olympique, l’équipe de France n’a pu se permettre de faire tourner en séries du 4x200m NL. Clément Lefert a mis fin très prématurément à sa carrière, Amaury Leveaux n’est pas entraîné pour… Il a donc fallu aligner Yannick Agnel, Lorys Bourelly (le nouveau de l’équipe, il avait déjà intégré l’équipe mais sans prendre effectivement part aux séries), Grégory Mallet et Jérémy Stravius dès le matin. Il était important d’assurer une bonne performance sans se cramer, faute de quoi la finale serait très difficile. Problème, en nageant dans la première série on ne peut contrôler aussi aisément que si on figue dans la dernière.

Agnel n’est pas parti très vite, après 100m il était à hauteur de la Russie et de l’Allemagne, la Russie a ensuite essayé de partir mais Agnel a accéléré dans la dernière ligne droite pour toucher à peu près en même temps que Danila Izotov (1’47"50). Il n’a vraiment pas forcé (1’47"65) !

Nikita Lobintsev est parti vite, à vrai dire il est parti, Bourelly a profité de la vague du Britannique à côté de lui, il a bien contrôlé avant d’accélérer sur le retour pour finalement toucher 2e à 1.37 des Russes. L’avance sur la Grande-Bretagne et l’Allemagne était infime. 1’48"04 n’est pas un mauvais temps pour un néophyte ! Reste à savoir s’il peut améliorer sa performance en finale. Lobintsev a été assez rapide (1’46"82), je ne sais quelle est sa marge de progression, on sait juste que l’avance prise a permis aux 2 derniers relayeurs de s’économiser (Artem Lobuzov a fait 1’47"69, Alexander Sukhorukov 1’47"86), contrairement aux nôtres.

Mallet, qui s’est raté en série du 200m NL individuel, est resté très calme, 4 équipes étaient à peu près sur la même ligne, il a accéléré juste ce qu’il fallait pour passer 2e à 2 secondes des Russes, laissant à son dernier coéquipier la tâche de finir le travail. Mallet a nagé 1’48"37.

Stravius est sorti en tête, il s’est baladé avec des coulées impressionnantes, l’Allemand n’était pas très loin mais c’est surtout de la Belgique de Pieter Timmers (1’46"28) qu’a failli venir le "danger" (c’est tout relatif). Les Belges sont sortis d’on ne sait où, obligeant le Français à nager pour de bon la dernière longueur afin de toucher 2e de justesse (pratiquement rien). 1’46"60 sans trop forcer et sans faire la 2e coulée à fond, la perf de l’Amiénois est capable de raboter facilement une seconde à ce temps.

7’10"66, 3 centièmes devant la Belgique… ça promet un meilleur couloir. On doit pouvoir viser 5 à 7 secondes de mieux en finale, tout dépendra de la récupération, de la pression, des vagues dont bénéficieront ou pâtiront nos relayeurs.

Les Etats-Unis peuvent pratiquer un "turnover" conséquent, ils devraient faire entrer 2 ou 3 nageurs dont Dwyer et Phelps (peut-être Jaeger). Avec une équipe B ou mixte ils parviennent à gagner… Matt McLean (1’47"63), Michael Klueh (1’47"70), Charlie Houchin (1’45"66… ça mérite une place en finale) et Ricky Berens (1’47"06 qui a pu relâcher) ont réussi le meilleur temps. Sans aucun souci en dominant la seconde série.

Le Japon a un temps devancer les Etats-Unis B, ça n’a pas duré, l’écart derrière les Nippons était très important, ça s’est joué à la touche entre l’Australie, la Chine et l’Italie. En touchant 3e la Chine a sauvé sa peau pour 15 centièmes (elle aura Sun Yang en finale, il faudra s’en méfier s’il n’a pas 2 bonnes secondes de retard)… L’Australie et l’Italie ont sauté.

Résultat des courses, la France sera à la ligne 6 à côté des Russes, les Ricains seront à la 4, c’est dommage de ne pas être à côté d’eux. Il n’y a plus qu’à espérer que ça se passe bien.

le barrage de Mélanie Henique a été intercalé dans le programme juste avant les séries du 800m NL féminin.

Mélanie nous a fait un départ amiénois et a démonté l’Allemande en… 25"94, 4e temps de la matinée (à 8 centièmes de son RF réalisé en finale des Mondiaux de Shanghai)… 6 dixièmes de mieux que lors de sa première tentative et le plein de confiance. Finalement ce barrage aura peut-être été une bénédiction, elle a eu l’opportunité de se lâcher, de nager avec beaucoup plus de décontraction car elle savait exactement ce qu’elle avait à faire.

Les séries du 800m étaient les dernières épreuves individuelles de la session, logique compte tenu de sa durée.

Camille Muffat était inscrite sur le 800m NL, elle aurait pu prendre part à la 2e série mais ne s’est pas présentée (comme prévu), il restait tout de même Mireia Belmonte et Lauren Boyle. Rappelons que sur 800m (comme sur 400m et 1500m) on qualifie directement pour la finale les 8 meilleures des séries, ce qui limite les possibilités de contrôler sauf si on a une très grosse marge sur la concurrence. Boyle a fait cavalier seul… 8’21"00. Grosse perf, record d’Océanie. Belmonte a pris la 2e place, je ne sais pas si elle en a un peu gardé mais la Néozélandaise n’a pas donné l’impression de pouvoir aller beaucoup plus vite.

Jazmin Carlin (détentrice de la MPM) a participé à la pénultième série avec une Chinoise née en 1998, Boglarka Kapas et Andreina Pinto. Après 300m elles étaient encore 6 quasiment sur la même ligne, la différence s’est faite à partir du retour suivant et dans la 2e partie de course, Kapas a commencé à prendre le large. Carlin, longtemps 2e, a craqué sur la fin, doublée par De Memme et Pinto. La Britannique était en sursis, elle est finalement passée par la fenêtre (9e pour 7 centièmes)…

La dernière course avait des allures de finale : Lotte Friis et Katie Ledecky au centre du bassin et l’autre Américaine (Chloe Sutton) juste à côté. Au bout de 200m, Ledecky a mis une grosse accélération, les 3 filles étaient déjà détachées, ça s’est accentué. On se serait cru dans une étape de montagne du Tour de France entre un pur grimpeur à l’ancienne et un rouleur plutôt adepte des montées sur un rythme régulier. Ledecky a fait du fractionné, elle accélérait, ralentissait légèrement en obligeant Friis à accélérer pour la rejoindre, puis en remettait une à chaque début de 100 mètres. Impressionnant ! Friis est revenue à chaque fois… Ledecky a fait ça après 200m, après 300, après 400, mais pas après 500… elle l’a fait après 550m pour changer. Cette fois la Danoise n’a jamais pu revenir. Je ne sais pas si Friis a essayé ou non, elle n’avait pas besoin d’en rajouter. Ledecky a fait 8’20"65 (meilleur temps des séries), mais a surtout montré à ses concurrentes qu’elles joueront la 2e place. Pouvoir se permettre ce genre d’expériences tactiques est assez hallucinant, elle se balade, on se demande si elle a des limites !

Bon bah… y’a plus qu’à… On veut notre médaille quotidienne les gars !