Un Japonais a décidé de prendre immédiatement les devants, il s’est détaché et exposé à la vue dégagée des juges, c’est une tactique assez dangereuse. Bertrand Moulinet, finaliste aux JO, est resté dans le peloton. Kevin Campion, la relève de la marche française (et accessoirement l’homonyme d’un ancien rugbyman australien), a rapidement pris 2 avertissements[1], il n’avait aucune chance de réussir un bon résultat dans ces conditions. Il a abandonné, complètement à la rue, probablement rattrapé par la pression de ses premiers grands championnats. Il n’a jamais réussi à se mettre dans la course. Cette expérience lui sera profitable, sa carrière débute.

Après 3 quarts d’heure de course, le Nippon a été repris par le groupe au sein duquel figurait Moulinet. Le Français n’a pas pu répondre immédiatement à l’accélération du Chinois qui menait le groupe car il aurait risqué de se faire sanctionner. Très rapidement, ce Chinois qui a voulu attaquer a été disqualifié, il n’a pas compris ce qui lui arrivait, il a continué à marcher pendant encore un moment. Trop de risques pris… Par conséquent un trio sino-russo-guatémaltèque s’est retrouvé en tête. Moulinet, lui, ne semblait déjà plus pouvoir monter sur le podium, il a craqué en l’espace de quelques kilomètres.

Aleksandr Ivanov est parti après une bonne heure de course, Erick Barrondo (vice-champion olympique) a tenté de lâcher le Chinois Chen Ding (champion olympique) pour le rejoindre, une attitude qui s’apparentait à jouer à la roulette russe, on ne peut se permettre ce genre de choses quand on a déjà reçu 2 avertissements. L’Asiatique a amorti l’accélération et a recollé petit à petit. Le Guatémaltèque surveillait au moins autant les juges que les juges ne le surveillaient. Quand on croyait le Chinois sur le point de revenir, le latino-américain en a remis une couche, il a rejoint le Russe. Ce qui devait arriver arriva, Barrondo s’est fait éliminer, sa marche n’était clairement plus régulière, ceci depuis un bon moment.

En voyant le carton rouge dressé par l’arbitre devant Barriondo, Chen n’a pu se retenir de lever les bras comme s’il passait déjà la ligne d’arrivée ! Est-ce une attitude fair-play ? Je n’ai pas envie de dire non car tout le monde connaît les règles, l’Asiatique a pris soin de les respecter, être battu par un type qui courait presque aurait été une injustice. Le Russe semblait désormais assuré du titre, au grand bonheur du public très partisan, le Chinois d’une médaille et l’Espagnol Miguel Angel Lopez, revenu de l’arrière, de l’autre place sur le podium.

L’entrée d’Ivanov (20 ans) dans le stade a réveillé le public un peu moins clairsemé que lors de la journée d’ouverture (à moitié rempli en fin de soirée si on prend en compte sa capacité normale, aux 2/3 dans la configuration actuelle). J’insiste sur "un peu". L’arrivée était jugée après 1 tour de piste ½. Pour le coup c’était une belle fin de course, une récompense pour ces marcheurs qui ont beaucoup souffert.

Moulinet a terminé 29e à 5 grosses minutes du vainqueur. Sa défaillance a été terrible, il a perdu le fil de la course, a perdu son rythme respiratoire, c’est ce qui explique ce ratage.

VIDEO A VENIR (en principe)

Pendant la marche, le décathlon a repris avec le lancer du javelot. Kevin Mayer a été bon. Non !… Il a été exceptionnel, il a pulvérisé son record de 4 mètres (66m09, 830pts) et s’est retrouvé 7e (7669pts) avec pour perspective de remonter à la 4e place compte tenu des records de chacun dans la dernière épreuve. Le 4e était à seulement 19pts (7688), en revanche pour le bronze l’écart était trop important pour raisonnablement y croire (le Canadien Damian Warner a lancé à 64m67 pour un total de 7767pts après 9 des 10 travaux d’Hercule).

Ashton Eaton avait déjà quasiment l’or en poche, il était en grandes difficultés avant un 3e et dernier jet à 64m83. 8063 points, c’était 168 de plus que l’Allemand Michael Schrader, un matelas largement suffisant pour l’Américain, il pouvait même se faire le 1500m en moonwalk. On reviendra sur cette épreuve plus loin dans le récit de la journée.

L’épreuve star du jour était bien sûr le 100m masculin avec une fois de plus des tiers de finale (3x2Q+2q), une formule toujours détestable, rien ne veut le système traditionnel des demi-finales.

Jimmy Vicaut est tombé dans la première course, en principe la plus dense, il y était opposé à 2 énormes cadors, à savoir Justin Galtin, alias l’homme qui va plus vite après 4 ans de suspension et Nesta Carter, un de ces improbables Jamaïcains plus rapides les uns que les autres. Le Zimbabwéen Gabriel Mvumvure (avec un PB/SB à 9.98) et Richard Thompson faisaient figure de concurrents potentiel pour le Français.

Jimmy semblait beaucoup plus concentré que d’habitude. Normalement il fait une tête d’hurluberlu – toujours la même – au moment où il est présenté par le speaker, mais pas cette fois. J’imagine que le faux départ du Chinois (le Zimbabwéen a semblé bouger le premier, le starter est insupportablement lent) ne l’a pas aidé à se décontracter, bien au contraire. Le temps de réaction du Français a été le moins des 7 sprinteurs au départ (0.170), il s’est encore relevé un peu tôt, son problème récurrent, a ensuite très bien couru mais il était impossible de revenir sur Gatlin et Carter. L’anomalie américaine a gagné en 9"94 avec un très léger vent défavorable (-0.2m/s), il a devancé le jamaïcain (9"97). Jimmy était le meilleur entre 25 et 75m, seulement il devait courir 100m. 10"01 reste un bon temps pour le jeune champion de France, obligé d’attendre. On l’a senti stressé, un peu désabusé, on l’imaginait libéré en finale en cas de qualification et dès lors capable de prendre la médaille (de bronze). En général, avec cette performance, on passe, on pouvait donc y croire.

La 2e demi-finale était celle de Christophe Lemaitre, elle semblait nettement moins relevée malgré là aussi une certaine densité avec Kemar Bailey-Cole, Nickel Ashmeade et James Dasaolu (rescapé au temps en séries)… Ces garçons sont tous rapides mais l’expérience et la constance ne sont pas leurs points forts, on pouvait donc imaginer un petit miracle. Oui, compte tenu de sa forme cette saison sur la ligne droite, voir Lemaitre en finale était difficilement envisageable.

Comme son compère du relais, Christophe est apparu très concentré, seulement chez lui c’est normal. On a assisté à un nouveau faux départ dû à la lenteur du starter, Dassaolu a bougé en premier, faisant bouger le Canadien averti d’un simple carton jaune au lieu d’être disqualifié. Le Français, mal parti la première fois, a fait un départ calamiteux (temps de réaction de 0.171), il s’est arraché pour revenir tant bien que mal. Les Jamaïcains ont pris les 2 places directement qualificatives (Ashmeade devant Bailey-Cole avec chacun un PB, respectivement 9"90 et 9"93), Dasaolu a fini 3e 9"97 et Lemaitre 4e en pile 10 secondes (son record de la saison et meilleur temps depuis 2011), départagé aux millièmes avec le Chinois Zang Peimeng (record national).

Les résultats de cette course ont eu une conséquence dramatique, celle d’éliminer Jimmy Vicaut sur le champ. Le champion de France a été devancé par son dauphin pour 1 centième[2]. A quoi cette différence est-elle due ? D’un côté, un léger vent défavorable de 0,2m/s. De l’autre, un léger vent favorable de 0,4m/s. Ça semble dérisoire, mais l’écart l’est aussi. Lemaitre a peut-être aussi un peu mieux cassé. Toujours est-il que la seule chance de médaille de l’EdF sur 100m s’est envolée. Jimmy est clairement plus fort sur cette distance, si un Français pouvait réaliser l’exploit, c’était lui.

Vous pouvez facilement imaginer le contraste entre le joie de Lemaitre quelques minutes après sa course en apprenant son repêchage au temps et la déception de voir Vicaut en rester là. Cette déception était largement répandue dans le camp français. En ce qui me concerne, j’étais dégoûté, surtout en pensant à la composition de la finale avec ces 4 Jamaïcains dont certains finiront probablement par tomber un jour ou encore de Gatlin aussi honnête que Lance A. du Texas…

Pour voir un Français en finale, il était impératif que le 3e de la dernière série ne passe pas sous les 10 secondes. Avec Mike Rodgers, Usain Bolt et plusieurs gars ayant approché cette marque au cours de la saison, l’incertitude régnait. Bolt a pris un départ très moyen, il a couru en 9"92 (+0.1) sans avoir tout donné, tant s’en faut. En réalité il s’est juste employé à revenir sur Rodgers (9"93), parti très vite, et à contrôler. Le 3e, Keston Bledman, a dû se contenter de 10"08.

Après ces demi-finales, difficile de se remettre, il fallait pouvoir remonter la pente. Pour y parvenir on comptait notamment sur le concours de qualifications du saut à la perche féminin. On demandait 4m60 pour passer directement, soit le record personnel de Marion Lotout, la seule Française engagée (qui s’entraîne dans le groupe de Renaud Lavillenie). Les barres à 4m15 et 4m30 ont été passées du premier coup avec une belle marge. C’est aussi passé à 4m45 mais plus difficilement bien qu’aussi au premier essai (elle a touché la barre). 4m55 s’annonçait nettement plus compliqué, ce n’est passé ni au premier, ni au 2e essai (elle avait bien engagé), mais au 3e en touchant légèrement. Une bonne nouvelle (mais pas une chance de médaille).

Notons que 4m55 a été une partie de plaisir pour Yelena Isinbayeva, mais aussi sa seule barre. On a qualifié toutes les filles ayant pu la franchir, elles seront 12 en finale. La belle Angelica Bengtsson est passée à la trappe, tout comme Anna Rogowska, la championne du monde 2009.

Les tiers de finale du 800m (3x2Q+2q) étaient le piège ultime pour la plupart des participants, y compris les meilleurs (même en l’absence de quelques cadors comme David Rudisha et le Russe Iouri Borzakovski). Tout peut se passer, un accident, un faux rythme qui permet à des garçons moins rapides d’être là au sprint et plombe les chances d’être repêché au temps…

Duane Solomon a pris la tête d’entrée pour imprimer son propre à la corde, il a couru en patron, est passé aux 400m en 50"67, a accéléré aux 600m, le Saoudien Abdulaziz Ladan Mohammed lui a tenu tête jusqu’au bout, derrière ça a craqué. 1’43"87 en relâchant à la fin… Impressionnant ! Derrière, le Saoudien de 22 ans a battu son record (1’44"10). 3e et 4e, Marcin Lewandowski (1’44.56) et Andrew Osagie (1’44"85) ont finalement obtenu les 2 billets supplémentaires (le Kenyan de cette course a été disqualifié), on ne le savait pas encore, on pouvait juste se dire que Pierre-Ambroise Bosse disposait d’une certaine marge par rapport à son record personnel s’il lui avait fallait passer par la petite porte.

Le Français se retrouvait dans la 2e course, celle de Mohammed Aman. Pas un cadeau. 2e des engagés aux bilans mondiaux (avec toutefois un Ricain très proche), n’ayant peur de rien, avec sa confiance au plus haut, il n’y avait pas de raison que ça se passe mal.

Le Colombien Rafith Rodriguez a voulu prendre la tête, P.A.B. s’est fait enfermer mais en le plus important était de rester à la corde, où il a passé Aman aux 200m. Le premier tour a été assez lent (52"22), il allait donc probablement falloir prendre une des 2 premières places. Quand le Brandon Johnson a attaqué, le jeune Français était toujours derrière le Sud-américain, il a alors accéléré pour passer 2e aux 600m et suivre le Nord-américain en emmenant Aman. Au sprint, Bosse a croqué Johnson tout en résistant bien à l’Ethiopien, vainqueur en 1’44"72 devant le Français (1’44"75). Tactiquement, P.A.B. a été très bon, il a eu la réserve suffisante pour bien finir mais a dû tout donner, comme Aman ceci dit. La récupération est désormais ce qui le sépare d’une médaille, s’il parvient à recharger les batteries, je le vois monter sur la boîte dans 2 jours.

Je vous conseille la vidéo car en plus de la course vous y verrez sont numéro au micro de Nelson Monfort, il est juste exceptionnel, un grand moment !

Le dernier tiers de finale regorgeait de clients, pourtant ce n’est pas allé très vite. Ayanleh Souleiman, a battu Nick Symmonds en bataillant jusqu’au bout (1’44"99 contre 1’45"00). La fiche IAAF du Djiboutien de 20 ans ne fait état d’aucune référence antérieure à 2013 concernant le 800m (son temps d’engagement est 1’43"63, c’est donc déjà un client), il ne possédait de références que sur des distances supérieures. Peut-être faut-il s’en méfier.

Les tribunes étaient très partiellement occupées mais manifestement les autorités ont fait en sorte de ne pas donner la même image que le premier jour. Avec un programme promettant de faire briller les athlètes locaux, on avait la certitude d’entendre du bruit dans ce stade immense dont une bonne partie des fauteuils sont masqués par des bâches pour en réduire la capacité.

Parmi ces compétitions susceptibles d’intéresser les Russes, on peut citer les qualifications de la perche féminine ou encore la finale du saut en longueur féminin qui se déroulait en même temps. Les filles ont rencontré beaucoup de problèmes de marques, ce qui n’a pas empêché les performances de haut niveau, de certaines du moins. Si je m’attendais à un concours d’un niveau supérieur avec 2 ou 3 filles à plus de 7 mètres, j’avais vu juste concernant la victoire. Comme je le pressentais, Brittney Reese a tiré les leçons de sa qualification miraculeuse… et a gagné. Il s’agit de son 3e titre mondial à la longueur, une première dans l’histoire des Championnats du monde. 7m01 (+0.2) au 2e essai avec une planche parfaite lui a suffi (elle a mordu 3 fois et a aussi atterri à 6m95). Blessing Okagbare a fait un très gros concours (6 sauts tous mesurés, le moins bon à 6m58 et 4 sauts à 6m89 et plus), ses 6m99 (+0.2) au 5e essai n’ont toutefois pas permis à la Nigériane alignée également sur 100 et 200m de décrocher l’or.

La grande surprise a été la présence sur le podium d’une Serbe, Ivana Spanovic, auteur d’un record national (6m82, -0.1m/s) au 5e essai mais 3e grâce à son 1er saut à 6m70 (+0.9). Pourquoi ? Parce que la Biélorusse Volha Sudarava[3] a également obtenu une marque à 6m82 (+0.1), il s’agissait de sa 2e tentative. Il a donc fallu les départager au 2e meilleur essai. Très régulière (4 de ses 5 autres sauts ont été mesurés entre 6m61 et 6m70), la Serbe a dominé la Biélorusse pour 4 centimètres (outre ses 6m82 elle a fait 5 bonds de 6m45 à 6m66).

Si cette finale a été extrêmement dense, elle me laisse de gros regrets. 6m82 était tout à fait dans les cordes d’Eloyse Lesueur, passée à côté en qualifications. C’est vraiment dommage. Remarquez, les regrets, beaucoup de filles en auront, notamment une des Russes – on les attendait sur la boîte – passée à 1cm de la médaille. Olga Kucherenko a sauté à 6m81, elle est aussi retombée à 6m72, autrement dit elle aurait devancé les autres filles à 6m82 en cas d’égalité. La divine Darya Klishina a réussi une série étonnante. Qualifiée dans les 8 avec 6m76 en ayant mordu 2 sauts sur 3, elle a ensuite enchaîné 6m70, 6m69 et 6m70 pour finir… 7e derrière Shara Proctor (6m79). Il fallait 6m65 pour obtenir les 3 essais supplémentaires.

Vous l’avez compris, ça s’est joué à rien, et malheureusement je ne peux vous parler des planches (car sur France 2 priorité a été donnée à d’autres compétitions, ceci de façon assez logique, il faut le reconnaître).

On trouvait plusieurs Russes - dont une des favorites – en tiers de finale du 400m féminin (3x2Q+2q).

Dans la première course, Kseniya Ryzhova est partie très vite, aussi vite qu’Amantle Montsho, en promenade (49"56 sans forcer avec un temps de réaction pourri). La locale a terminé 2e, elle était néanmoins bien dans le dur sur la fin.

Objectivement, Floria Gueï n’avait strictement aucune chance de se qualifier dans un tiers de finale très dense, mais au couloir 7 et dans ces conditions très favorables elle devait avoir pour objectif de battre son record personnel (51"58 en courant au couloir 1). Parti semble-t-il assez lentement, du moins c’est l’impression donnée, elle a rempli cet objectif malgré une course très moyenne (5e en 51"42). La jeune femme de 23 ans était très stressée, elle apprend, progresse, c’est très encourageant, surtout pour le relais 4x400m. Assez loin de Natasha Hastings à l’entrée de la dernière ligne droite, Christine Ohuruogu a passé en revue ses adversaires avec une facilité déconcertante pour l’emporter en 49"76. Très forte depuis son retour de suspension après des infractions à la législation antidopage, la Britannique sera redoutable en finale.

Marie Gayot est tombé dans la course d’Antonina Krivoshapka (entre autres), cette fois au couloir 7, une chance (en séries, elle était au 1). Comme Floria, son but était de battre son record personnel (51"54), ce qui lui aurait permis de redevenir la meilleure Française cette saison.

La Jamaïquaine Stephenie Ann McPherson a pris des risques, elle a envoyé en début de course, surprenant la Russe. L’Américaine Francena McCorory n’a pas payé son temps de réaction minable (0.352), elle a fini très fort (record perso en 49"86). Krivoshapka, 3e, s’est arrachée pour doubler McPherson au 400e mètre. La seule à avoir cassé sur la ligne est passée devant, il s’agit de la Russe, elle s’est qualifiée directement (49"99 pour les 2, départagées aux millièmes). Ceci dit, hormis peut-être le couloir pour la finale, ça ne change rien, il y a eu repêchage au temps. En ce qui concerne Marie, c’est presque décevant, elle a égalé son record personnel sans faire mieux, toutefois elle était contente de sa course – moins du résultat – car elle a forcé sa nature et pris des risques, c’était son but.

Sandra Perkovic était l’immense favorite de la finale du lancer du disque, elle était la première à lancer… on a donc tout de suite su à qui allait être attribué le titre mondial. La Croate a en effet immédiatement calmé tout le monde avec un jet à 67m52…

Mélina Robert-Michon a travaillé dur pour atteindre et rester au très haut niveau mondial. 13 fois championne de France depuis 2000 (la seule exception est 2010, l’année où elle a fait une importante parenthèse dans sa carrière sportive pour enfanter), elle a mis du temps à gravir les marches une à une. Il ne s’agit pas d’une progression régulière visible en observant ses performances années après année, on n’est pas dans le schéma d’un sauteur qui gagnerait quelques centimètres chaque année ou d’un sprinteur qui amputerait chaque saison son record de quelques dixièmes ou centièmes. Très grand espoir il y a 13 à 15 ans, elle lançait déjà loin, entre 2000 et 2004 chaque saison elle réussissait des jets à plus de 63 ou 64 mètres avec une pointe à 65m78 le 17 juillet 2002 (ce record de France a donc tenu plus de 11 ans). Lancer loin est une chose, y parvenir le jour J en est une autre. Concrétiser des espoirs dans une discipline – comme les autres lancers – où vous devez affronter beaucoup de dopées en est encore une autre. Pour Mélina, tout ceci a mis un temps, le processus a été long, il lui a fallu passer par de nombreuses étapes.

A Sydney il y a 13 ans, elle a été éliminée en qualifications. A Edmonton l’année suivante, même chose. Première grande finale en 2002 à Munich aux Championnats d’Europe, 12e, un apprentissage avant les Championnats du monde au Stade de France en 2003 où elle a encore passé les qualifications pour terminer hors des 8 premières (11e). Elle ne parvenait pas encore à franchir le cap en finale, celui des 3 premiers essais. A Athènes en 2004, ratage en qualifications. En 2005… hernie discale, ça lui a pourri aussi sa saison 2006, mais finalement cette période lui a peut-être fait du bien car après 6 mois d’arrêt, elle a pu se relancer en modifiant sa technique (sans doute avec une motivation encore accrue). Au cours de ces 2 années, sa meilleure marque était inférieure à 60 mètres, elle a ensuite repris sa marche en avant en 2007 à Osaka où elle a fait comme à Paris, puis à Pékin le premier déclic s’est produit, elle a eu droit à ses 6 essais en finale (8e), tout comme à Berlin en 2009. Absente à Barcelone pour une excellente raison même si les Championnats d’Europe semblaient être la compétition idéale arrivant au bon moment pour la voir monter sur un podium international, elle est revenue petit à petit à son meilleur niveau, réussissant même en 2012 à terminer 6e des Championnats d’Europe puis des JO avec un jet à 63m98. Il lui restait encore à prendre de la hauteur en montant sur un podium. Ses efforts à l’entraînement, ses progrès et sa victoire lors des Championnats d’Europe par équipes il y a quelques semaines lui ont donné le plein de confiance, elle est donc venue à Moscou avec pour objectif de rapporter une médaille à la maison en ayant battu son vieux record de France. Avouons-le, la plupart des gens avaient du mal à y croire malgré la grande popularité de Mélina au sein de la famille de l’athlétisme français.

Les qualifications ont été formidables : premier essai du premier groupe, plus de 63 mètres, ticket déjà composté. L’idéal. Ça ne lui était jamais arrivé. Pour la confiance, difficile de faire mieux. En finale, premier jet à 62m53, moins bien qu’en qualifications et pas forcément suffisant pour être dans le 8 et avoir les 3 essais supplémentaires. 2e tentative, seulement 61m77, il fallait améliorer sa marque pour ne pas risquer de louper le coche et s’assurer d’aller au bout du concours. Malgré cette pression, la Rhodanienne a fait sauter la banque pour prendre l’argent : 65m13, elle n’avait plus lancé aussi loin depuis 11 ans. Bien sûr, finir dans les 8 était devenu une certitude, en revanche préserver sa 2e place l’était moins. Parmi les éliminées à ce stade de la finale on trouvait la championne du monde 2009 et la 1ère des qualifications, mais plusieurs filles restaient susceptibles de doubler la Française.

En pleine confiance, Mélina a réussi un nouveau jet à plus de 65 mètres (65m08) avant de complètement manquer le 5e. Quand l’Allemande Nadine Müller a échoué à se dernière tentative, finissant 4e, la délivrance est intervenu, le moral de l’équipe de France tout entière est remonté au plus haut. La Cubaine Yarelys Barrios aurait pu faire 65m14 ou 70 mètres, la joie n’aurait pas été douchée tant la récompense de la capitaine des Bleus et Bleues remplissait de bonheur les membres de la délégation (et les simples supporters qui la suivent depuis toutes ces années). Barrios en est restée à ses 64m96 réalisés dès sa première tentative, elle a décroché le bronze (il s’agit de sa 4e médaille mondiale après Osaka, Berlin et Daegu, sans oublier sa médaille olympique à Pékin et sa 4e place à Londres, elle est toujours placée, jamais vainqueur).

Complètement libérée, Mélina a lâché son bras au dernier essai, ce qui a donné lieu à une destruction de record de France. 66m28, c’est énorme mais ça reste nettement inférieur aux 3 marques de Perkovic mesurées entre 67m50 et mesurées. Rappelons-le, la Croate a déjà été suspendue 6 mois pour dopage en 2011. Elle a seulement 23 ans, a déjà été prise par la patrouille, domine outrageusement le monde dans un lancer… Les indices incitent à penser que nous aurions dû entendre la Marseillaise au Stade Loujniki.

D’habitude il s’agit d’un grand moment des championnats d’athlétisme, on le place régulièrement à la fin d’une des sessions – et très rarement voire jamais si tôt dans la semaine – afin de permettre le grand tour d’honneur collectif et la communion avec le public quand il y en a… Les amateurs d’athlétismes l’ont compris, on parle du 1500m du décathlon.

Après son zéro à la perche, la facilité pour Gaël Quérin aurait consisté à s’arrêter, mais non, pour l’honneur il a tenu à finir sur une notre positive, en l’occurrence une victoire dans sa série du 1500m en 4’18"58 (accessoirement le meilleur temps de tous les concurrents, malheureusement, étant largué au classement, il n’a pas participé à l’autre course, celle des meilleurs, où il aurait pu servir de lièvre à Kevin Mayer). Le Lillois a tout de même fini 25e et dernier de ce décathlon.

Kevin Mayer était à 19 points de la 4e place, soit environ 2 secondes, il pouvait surtout battre son record personnel. Toutefois, compte tenu des records de chacun sur presque 4 tours de piste, le bronze n’était pas totalement hors de portée du jeune Français. Avec un PB légèrement supérieur à 4’18 (et SB à un peu moins de 4’22), reprendre beaucoup de points au 3e, Damian Warner (PB un peu inférieur à 4’30, 4’37 cette saison), les 98pts d’écart pouvaient fondre, éventuellement disparaître.

Kevin, qui s’élançait à la corde, s’est immédiatement placé en tête et est parti seul. On l’a beaucoup vu regarder l’écran pour situer ses adversaires, en particulier le Canadien. Cette tactique était très risquée, néanmoins elle s’imposait à lui, il fallait tout tenter. Leonel Suarez est revenu tout près de lui à la cloche, un peu avant l’accélération de Warner et d’Eaton (à environ 300m de l’arrivée). Malheureusement le grand espoir français était à sec dans la dernière ligne droite, il a crampé dans le dernier tour, 3 concurrents ont pu le doubler. Son temps de 4’25"04 (777pts) ne lui a permis de reprendre que 32 points au Canadien, lequel a franchi la ligne moins de 5 secondes plus tard.

VIDEO à venir

Il n’y a aucun regret à avoir, du moins sur cette ultime épreuve, car pour doubler le Warner au classement Kevin aurait dû finir en 4’15 environ. En partant moins vite – et donc en évitant d’exploser en fin de course – son record personnel aurait pu atteindre les 8500 points, il l’a porté un peu moins haut, à 8446 unités (+31 par rapport à son précédent record). Bien sûr, avec une performance digne de ses standards au lancer du poids, tout aurait semblé possible, il aurait pu réussir un exploit d’un autre ordre.

4e du décathlon des Championnats du monde à 21 ans, ça promet, il était 15e à Londres en s’étant loupé lors de certaines épreuves. Cette fois sa 2e journée a été exceptionnelle, la première nettement moins, rappelons qu’il a viré 15e après le 400m avec 4145pts, il en a donc pris 4301 lors des 5 dernières épreuves, une performance assez énorme, il n’a en effet été battu que par un homme, Ashton Eaton (8809pts dont 4307 aujourd’hui), le champion du monde. En voyant la différence faite au javelot, je me demande comment il a pu être vice-champion d’Europe de l’heptathlon en salle cet hiver[4]

Derrière Eaton (MPM), Schrader (8670) et Warner (8512) ont donc décroché une breloque, l’Allemand et le Canadien ont aussi battu leur record personnel, c’est le cas de 3 des 4 premiers, de 6 des 9 premiers (dont un record d’Afrique), de 10 des 16 premiers (dont un record de Serbie), il faut y ajouter de nombreux SB. Le fameux Gunnar Nixon a connu son Watergate, il est passé de la 2e à la 13e place en ayant pourtant réalisé son meilleur score (8312… dont seulement 3919 lors de la seconde journée).

L’atmosphère était orageuse au-dessus de Moscou… C’est excellent pour le sprint, pas pour le fond. Pas de chance, c’était l’heure de la finale du 10000m féminin. La Française Christelle Daunay pouvait au mieux espérer faire de la bonne figuration.

L’Ethiopie a séparé ses 2 stars pour qu’elles ne se tirent pas dans les pattes, Tirunesh Dibaba et Mesret Defar ont été engagées sur des courses différentes (Defar sur 5000m). Au départ, on comptait 3 Ethiopiennes (plus une 4e naturalisée par le Bahreïn), 3 Kenyanes, 3 Américaines, toutes les autres étant l’unique représentante de leur pays.

Shalane Flanagan a pris la tête très rapidement et a décidé de faire le train devant la Japonaise Hitomi Niiya. Les Africaines s’échauffaient tranquillement… Normal. Pendant ce temps Daunay courait en fin de peloton, ce qui lui a valu de subir la cassure. Elle a essayé de revenir au train, c’était impossible ou presque, elle a donc d’abord cherché à reprendre la Portugaise, ce qu’elle a fait, mais elle était seule en chasse-patate et semblait déjà entamée au bout de 10 minutes.

Un peu de pluie a commencé à tomber, seulement quelques gouttes, et comme le stade est relativement fermé par le toit qui surplombe les tribunes, je ne suis pas sûr qu’à ce moment de la course les fondeuses aient été rafraichies par l’arrosage automatique naturel.

La Nippone a attaqué aux 3500m… Suicidaire. Tirunesh a accéléré pour revenir dans sa foulée, presque toutes les Africaines ont suivi, ainsi que l’Américaine, dans le dur. Alors qu’à l’arrière Daunay s’est retrouvée en 10e position à mener le 2e groupe, loin du premier, à l’avant on courait en file indienne, tout le monde était à la corde. L’écrémage s’est fait au train, une des Ethiopiennes a craqué, puis Flanagan. Il restait 4 kilomètres à parcourir, soit 10 tours de piste. Les plus fortes, menée par Niiya bientôt suivie par seulement 2 Ethiopiennes et 2 Kenyanes ont mis un tour à la Russe à 3 bornes de l’arrivée.

Il a fallu attendre les 500 derniers mètres pour voir Dibaba placer sa première attaque, la Japonaise n’y a pas résisté, une des Kenyanes (Emily Chebet) a explosé, l’autre (Gladys Cherono) a un temps pu résister à la nouvelle accélération placée par Dibaba aux 300m, contrairement à l’autre rescapée éthiopienne, Belaynesh Oljira. Tirunesh a fini par s’envoler pour aller décrocher un nouveau titre mondial – son premier depuis 2007 – en 30’43"35 devant Cherono et Oljira. La Nippone au comportement suicidaire s’en est relativement bien sortie, 5e en moins de 31’ avec un record national.

A seulement 28 ans, Tirunesh a un palmarès aussi exceptionnel que sa longévité au plus haut niveau. Pour rappel elle a remporté le 5000m à Saint-Denis et Helsinki où elle avait réussi le doublé avec le 10000m, une course qu’elle a aussi gagnée en 2007 à Osaka. Entre-temps elle a remporté 2 titres olympiques sur cette distance (Pékin et Londres), l’or du 5000m à Pékin et le bronze à Athènes et Londres… Et qu’elle est belle à voir courir !

Daunay a terminé 10e en 32’04"44, loin de son record, mais les conditions n’étaient pas favorables, il faisait très chaud. Il s’agit d’une performance honorable, elle a terminé première Européenne (pour rappel il y a des Championnats d’Europe dans un an) et 3e non-Africaine de l’Est (4e si on oublie d’où vient la Bahreïnie).

VIDEO à venir (en principe).

On a eu le 10000m dans la chaleur moite de Moscou, le 100m s’est couru… sous l’orage. La pluie s’est mise à tomber abondamment au moment de la finale. Mauvais timing.

Cette finale du 100m… Très franchement, je n’en avais rien à f*utre, mais alors à un point assez inimaginable. En raison de la présence de 4 Jamaïcains – mais au fait, pourquoi 4 ? Bolt est-il qualifié en tant que vainqueur de gagné la Ligue de Diamants en 2012 ? Yohan Blake étant invité grâce à son titre de champion du monde mais forfait sur blessure, je croyais qu’il ne pouvait être remplacé – dont au moins 3 louches, de Gatlin qui court plus vite après 4 ans de suspension, de Rodgers suspendu 9 mois pour dopage (l’année dernière), de l’absence totale de suspense concernant la première place, de l’absence de Jimmy Vicaut donc d’espoir de médaille française et enfin en raison de la présence de 2 semi-quidams, cette finale du 100m ne m’inspirait vraiment pas, elle ne générait chez moi ni impatience, ni excitation.

Lemaitre ? Il ne pouvait espérer qu’améliorer son meilleur temps de la saison, autrement dit passer sous les 10 secondes pour la première fois depuis 2 ans. Et encore, ça, c’était avant la pluie. Dans ces conditions, il était condamné à simplement faire acte de présence. Allez, il pouvait aussi se battre pour être le meilleur européen, il lui fallait donc battre Dasaolu.

Lors de la présentation on a encore pu constater la popularité du Français en Russie – il était le seul blanc de la finale, ça joue certainement, on peut sans doute y déceler quelques relents de racisme mais aussi un phénomène d’identification moins nauséabond – et l’extrême décontraction de Bolt. Très sérieux avant les séries, relativement sérieux avant les demi-finales, il a changé du tout au tout avant la finale, il était d’humeur joueuse, s’est mis à mimer l’ouverture d’un parapluie, a joué avec ses sourcils… Du Bolt à l’ancienne.

Concernant la victoire, aucune surprise, le départ de la super-méga-star de l’athlétisme mondial a été moyen, il a eu le même temps de réaction que Justin Gatlin mais a été moins efficace en phase de poussée. Nesta Carter était encore mieux parti, il a ensuite été doublé par le Ricain déjà pris par la patrouille à 2 reprises, puis Usain Bolt a réglé tout le monde. Une fois lancé son placement technique et sa puissance ont fait la différence, il pourrait tracter un bus rempli de spécialistes du poids et du marteau. Résultat, 9"77 sous la pluie, sur piste mouillée, avec un léger vent défavorable (-0.3m/s)… Gatlin a pris la médaille d’argent (9"85) et Carter le bronze (9"95) devant les 2 autres Jamaïcains (qui ont donc terminé 1er, 3e, 4e et 5e, tous en moins de 10 secondes). Sur le coup je me suis dit que Jimmy Vicaut aurait eu sa chance car son record correspond au temps de Carter, seulement il a été réalisé dans de bien meilleures conditions. Voir que les seuls capables de courir en moins de 10 secondes sous la pluie sont les Jamaïcains et le 2e type le plus douteux de l’histoire du sport derrière GrosBras[5], on comprend que les dés sont pipés. Pour rappel, Yohan Blake et Asafa Powell ne sont pas là, le premier – qui a déjà été suspendu pour dopage – est blessé, le second a été pris par la patrouille. Le seul qui pouvait les gêner, Tyson Gay, est aussi sous le coup d’une procédure disciplinaire pour dopage. Les concernant, mon opinion est faite, je vous renvoie à l’article publié quand le plus grand escroc de l’histoire du sport a fini par avouer.

Cette finale illustre parfaitement le titre choisi pour le récit de cette session. On a enchaîné les sensations fortes avec des montées, des descentes très rapides, le tout entrecoupé de quelques loopings. Au niveau émotionnel, c’était les montagnes russes : on est parti de très bas avec la marche, le javelot du décathlon a engendré une remontée fantastique, puis retour au 3e sous-sol avec la mésaventure de Jimmy mais looping en bas de la descente car Lemaitre s’est qualifié pour la finale, nouvelle ascension grâce à Lotout et nouveau looping quand elle a loupé 2 essais à 4m55 avant de passer la barre à la 3e tentative, grande envolée grâce à Bosse, descente plus progressive en pensant à ce que Lesueur aurait pu faire en finale de la longueur et en observant le 400m féminin. Avec Mélina on a ensuite atteint le point culminant de la journée, puis nouvelle descente jusqu’au looping Mayer (super résultat mais ce foutu lancer du poids lui a plombé son décathlon), énième redescente avec le 10000m… et enfin cette finale du 100m dont on n’attendait rien. Mouvementée cette session !

J’attendais si peu de Lemaitre que quand je l’ai vu prendre un très bon départ (0.154 de temps de réaction, le 2e meilleur des finalistes) et être totalement dans le coup au moment où en général il est à la traine avant de débuter son retour à coups de longues foulées dévastatrices, j’y ai cru. Ça a duré 5 secondes mais la montée d’adrénaline devant mon écran était bien réelle… Seulement il n’a pas réussi à tirer le braquet habituel, il lui a fallu se contenter d’une 7e place (10"06) devant Dasaolu, il a perdu du terrain au lieu d’en reprendre. Juste après l’arrivée, la tuile, le Savoyard venait de se blesser, manifestement un claquage derrière la cuisse. Sur la civière qui a évacué Lemaitre vers l’infirmerie se trouvaient aussi nos – petits – espoirs de médaille sur 200m et nos réelles chances de podium en relais. Déjà sonné par son élimination, Jimmy Vicaut a dû prendre un nouveau coup de marteau sur la tête.

Présent en finale presque par accident a priori heureux, Lemaitre a terminé ses championnats – c’est fort probable – en raison d’un accident malheureux. Parfois passer un tour pour un centième voire quelques millièmes est une malédiction et se faire éliminer est une bénédiction. Ça me fait penser aux séries du 200m 4 nages dont Jérémy Stravius a été éliminé pour 1 centième. S’il avait pu se qualifier pour les demi-finales au lieu de pouvoir se reposer un peu, on n’aurait probablement pas connu une dernière journée aussi mythique.

Les circonstances rendent cette blessure encore plus regrettable. La star du sprint français semblait s’être blessée en milieu de course, d’où cette incapacité à accélérer au moment attendu, en réalité ça s’est produit en tentant de casser sur la ligne sans avoir le moindre espoir de podium. Déchirure de 5 centimètres aux ischio-jambiers. La loose.

On aurait aimé terminer la journée sur une note positive, mais non. Demain c’est saut à la perche, notre meilleure chance de médaille d’or (une des 2 ou 3). Pour le coup, je suis impatient de voir ça.

Notes

[1] 2 demandes de disqualification pour être précis, la 3e est éliminatoire.

[2] En regardant les photos finish on se rend compte que Lemaitre était proche de 9"99 et un tout petit peu en-dessous de 10"01, ça fait donc un gros centième.

[3] Vice-championne d’Europe 2012 derrière Eloyse Lesueur.

[4] Il n’y a pas de javelot en salle.

[5] J’ai employé "type" car dans le sport féminin la liste est longue.