Programmer le marathon des Championnats du monde d’athlétisme à 15h30 en plein été à Moscou, c’est ridicule, je pense que tout le monde en est conscient. Heureusement, il faisait un peu moins chaud que pour les femmes le premier jour, mais les organisateurs n’y sont pour rien.

Toujours les mêmes longues lignes droites en plein soleil… mais un peu de public au bord de la route. Pour changer. Qui dit marathon en plein soleil dit Alain Mimoun. Hommage.

Afin de pouvoir faire coup double avec la Coupe du monde de marathon, les nations qui le souhaitent – et le peuvent – ont le droit d’engager 5 concurrents, c’est pourquoi avec une tripotée de Kenyans, d’Ethiopiens, d’Erythréens et d’Ougandais (seulement 3). Le Japon aussi est venu à 5. Côté français on a juste inscrit Benjamin Malaty (record à 2’12, fois 7 à 8 minutes moins vite que les meilleurs).

Chacune des 4 premières tranches de 5 kilomètres a été plus rapide que la précédente, ce n’était pas parti à une vitesse folle, l’écrémage s’est fait progressivement jusqu’au 30e kilomètres où un Kenyan, un Ethiopien et un Ougandais ont fait exploser le peloton. C’est ce dernier, Stephen Kiprotich, le champion olympique en titre, qui a allumé la mèche. 2 autres Ethiopiens sont revenus progressivement.

Devant, on a ralenti, du coup un Japonais a pu revenir… mais Kiprotich en a remis une pour mettre dans le rouge ses adversaires, ce qui a fait exploser le Japonais, un des Ethiopiens et le Kenyan. L’Ougandais s’est alors retrouvé avec Tadese Tola – qui n’a jamais craqué – et Lelisa Desisa.

Après s’être caché quelques minutes, Kiprotich a placé une nouvelle accélération, seul Desisa a pu le suivre mais en montrant un faciès de douleur qui ne trompait pas. L’Ougandais semblait beaucoup mieux à se fier à l’expression de son visage, il tentait régulièrement d’accélérer violemment en zigzagant pour ne pas abriter son adversaire mais ne parvenait pas à le décrocher… Incroyable ! Le plus fou est que l’Ethiopien suivait les zigzags au lieu de prendre la meilleure trajectoire. Il n’était plus lucide. Après 2 heures, 6 minutes et 40 secondes de courses, l’élastique a cassé. Ce que l’Ougandais a fait est totalement dingue, il a pu se le permettre car il était bien plus fort physiquement et mentalement.

Réussir un doublé JO-ChM en un an – à 24 ans – est impressionnant, le faire de cette manière en se permettant toutes les folies lors des 2 derniers kilomètres avec ces zigzags, des tapes dans les mains des spectateurs, des saluts au public et autres… Le gars a couru pendant 2h09’51, il semblait frais comme un gardon !

Desisa et Tola ont pris les 2 autres médailles, l’Ethiopie a gagné la Coupe du monde de marathon.

2 Brésiliens sont arrivés main dans la main en moins de 2h12, un Ricain arrivé plus de 2 minutes après a fini dans un état désastreux, tout comme un Suédois arrivé plus tard, on a aussi vu un Espagnol presque aussi content que s’il avait gagné… Malaty a terminé 28e en 2h19’21. Mais il a terminé.

Le seul point positif de cet horaire pour le marathon était de le terminer dans un stade bien garni (et oui).

Le programme de ces championnats est fabuleux. Faire courir les tiers de finale (3x2Q+2q) du 100m haies à partir de 18h20 et la finale moins d’1h30 après, c’est n’importe quoi.

Tiffany Porter a remporté la première (12"63, -0.6m/s) devant une Canadienne. Nia Ali, qu’on croyait blessée, a réussi à prendre la 3e place (12"83), finalement insuffisant pour se qualifier. Reina-Flor Okori était au couloir 9 (le 1 est inutilisé), elle n’a jamais pu réellement entrer dans sa course. Dernière en 13"15. On s’y attendait.

Brianna Rollins faisait figure de favorite du 2e tiers de finale. Cindy Billaud, au 7, nourrissait l’ambition réelle d’aller en finale, en principe elle en avait les moyens. Un très mauvais départ aurait pu compromettre la réalisation de son objectif, heureusement un gros retour lui a permis de l’attendre, elle a failli reprendre aussi la Russe Yuliya Kondakova, 2e en 12"73 derrière Rollins (12"55, +0.2). 3e en 12"78, Billaud avait de grandes chances de passer au temps, elle a couru très proprement malgré la petite gêne occasionnée par les concurrentes des couloirs contigus qui lui ont touché les bras en début de course.

Dans la dernière fausse demi-finale, il ne fallait pas que 4 filles finissent en moins de 12"78, mais il y avait du lourd, notamment les 2 autres Ricaines (Dawn Harper et Queen Harrison), Sally Pearson, Danielle Williams et la belle Alina Talay… C’est allé très vite, l’Australienne a bouclé les 100m en 12"50 (-0.7), battant les 2 "Har" (dans l’ordre alphabétique), respectivement de 11 et 21 centièmes. Le chrono de Talay (12"82) a fait d’elle la première non-repêchée. Le couperet a failli s’abattre sur Billaud.

On attendait un titre russe au saut en hauteur féminin. On n’y a pas échappé. Il s’agissait d’une finale à 13 débutée par une barre à 1m89, le jeune Marie-Laurence Jungfleisch (Allemande, comme son prénom de l’indique pas) est la seule à ne pas avoir passé de barre. Jolie. Comme Airiné Palsyté (Lituanienne), la 2e éliminée. En revanche, Emma Green semble avoir pris un coup de vieux. Dommage, elle a longtemps été au-dessus du lot. Bon, intéressons-nous à autre chose qu’à l’aspect esthétique du concours…

Beaucoup de filles ont touché avec les talons. Peut-être un problème de marques à trouver sur cette piste. Elles étaient encore 10 devant la barre à 1m97, dont 6 ayant franchi 1m93 au premier essai. Svetlana Shkolina ne figurait pas dans ces 6, elle a eu besoin de 2 tentatives, ce qui a longtemps été un gros handicap.

On a perdu 4 nouvelles concurrentes. Green a échappé à l’élimination en réussissant son 2e essai (SB), Justyna Kasprzycka s’en est sortie in extremis (PB). C’était reculer pour mieux sauter – désolé^^ – car il leur fallait franchir 2 mètres pour monter sur le podium, ce dont elles ont été incapables. 1m97 du premier coup était synonyme de médaille, les 4 seules à ne pas avoir eu besoin de s’y reprendre sont toutes montées sur la boîte. Ruth Beitia et Anna Chicherova ont ensuite échoué à 2m00 (Chicherova était nettement au-dessus de la barre au 3e saut, elle a tapé avec les talons), elles ont chacune obtenu du bronze. Après leur premier raté, elles savaient déjà devoir passer 2m03 pour améliorer leur classement car pendant ce temps une bataille USA-Russie s’est poursuivie, Brigetta Barrett a gardé la main en continuant son concours parfait, seulement Shkolina était dans un très grand jour, elle a égalé son PB dès sa première tentative (pendant la finale du 4x400m féminin). La Ricaine en est restée là. La Russe s’est essayé 2m05, 2 fois seulement… 2 refus. En équitation, ce serait pénalisé, en athlétisme non. Essayer de monter plus haut était inutile.

Il s’agit du même top 4 qu’aux JO de Londres avec 2 différences, Beitia est passée de 4e à 3e ex-aequo, mais on a surtout interverti les Russes.

Non, je ne suis pas un grand fan de lancer du javelot. Je vais donc tenter de relater assez rapidement le déroulement de cette finale masculine dont étaient absents le champion du monde en titre (blessé) et le champion olympique (sorti en qualifications).

Vitezslav Vesely (entraîné par Jan Zelezny, la légende tchèque de la discipline) a pris la tête grâce à une marque à 87m17. Tero Pitkämäki lui a répondu en lançant seulement quelques centimètres moins loin (86m88). Dmitri Tarabin, le jeune (21 ans) Russe (Moldave naturalisé) marié avec une femme nettement plus âgé que lui (27 ans), Maria Abakumova (la championne du monde 2011), s’est replacé au 2e essai, le seul de ses 3 premiers à avoir été mesuré. Si les positions au classement ont beaucoup changé pendant ce concours, il y a eu 2 constantes : Vesely en tête, Pitkämäki 2e. Le meilleur Finlandais (ils étaient "seulement" 2 en finale) s’est rapproché du leader avec un 3e jet à 87m07… plus que 10cm. Mais il n’est jamais parvenu à améliorer suffisamment sa marque pour transformer l’argent en or. Vesely a gagné, tant pis pour Pitkämäki et ses 4 jets à plus de 85 mètres. (Ce dernier a attendu un moment avant de remonter sur un podium en grand championnat, il n’y était pas parvenu depuis Barcelone en 2010.)

J’ai cru à la surprise kényane. Julius Yebo ne vient pas d’un pays où on trouve une tradition du javelot (contrairement à ce que peuvent éventuellement croire certaines personnes à cause des clichés de guerriers du peuple Massaï). Du coup, il a appris la technique en regardant des vidéos sur Youtube. Au 5e essai, stupeur, son record national a explosé : 85m40 ! Enorme ! Tarabin était obligé de réagir, il ne pouvait finir 4e chez lui en arrivant avec la pancarte de meilleur performeur mondial de l’année. Le favori du public s’en est sorti grâce à sa dernière chance, le public n’a pas fait semblant de l’encourager, ça faisait beaucoup de bruit. Il a décroché la médaille de bronze avec une marque à 86m23.

Vesely n’a pas tenté son dernier jet, on l’imaginait prêt à sauter de joie dès son titre assuré, il a réagi de façon étonnante, on l’a vu aller saluer son entraîneur avant un petit tour d’honneur assez calme, il a manifestement le triomphe très modeste ou la joie très intériorisée.

Pas de Tirunesh Dibaba au départ du 5000m, l’équipe d’Ethiopie a préféré y envoyer Mesret Defar. On peut regretter ce choix de refuser les confrontations directes, Tirunesh a eu droit au 10000m (remporté), Mesret au 5000m. En faisant ce choix, le risque était d’ouvrir la porte à une Kenyane, mais certains peuvent penser qu’en se faisant la guerre, elles auraient aussi pu favoriser les desseins de l’ennemi. On le savait, le Kenya et l’Ethiopie allaient se partager les médailles, peu importe si au début d’autres ont fait la course en tête. Je n’ai pas vraiment compris l’attitude de la Polonaise, Dominika Nowakowska, pourquoi a-t-elle voulu mener ? Elle a fini 14e mais était encore devant après plus de 2 bornes. Peut-être pour imprimer un train pas trop rapide… Suite à un net ralentissement de l’allure, l’Espagnole Dolores Checa a choisi de durcir la course (pour ensuite terminer 10e). Les Ethiopiennes ont commencent à prendre les choses en main au bout de 9 grosses minutes, les 5 Africaines (3 et 2) ont alors lâché les autres, puis la 3e Ethiopienne a été larguée.

On s’est retrouvé avec Almaz Ayana et Mesret Defar devant Mercy Cherono et Viola Kibiwot, la première a encore accéléré à environ 2 tours de l’arrivée, néanmoins il a fallu attendre la cloche – où elle en a remis une couche – pour en voir une craquer, en l’occurrence Kibiwot. Les 3 autres restaient groupées. Quand Mesret Defar a attaqué à 200m de la ligne, elle est enfin parvenue à lâcher Cherono, laquelle a attendu assez tard pour prendre le dessus sur Ayana et s’octroyer la médaille d’argent. Manifestement, une stratégie d’équipe avait été mise en place pour assurer la victoire à Defar, car Ayana a longtemps servi de lièvre puis a cherché à balader la Kenyane dans le dernier virage pour permettre à sa compatriote de creuser l’écart. Un véritable sacrifice. Au bout du compte, la stratégie de la fédé a fonctionné, les 2 stars nationales ont chacune obtenu leur titre.

Ça nous fait un sandwich Ethiopie-Kenya-Ethiopie-Kenya-Ethiopie. Le chrono importe peu (Defar s’est imposée en 14’50"19, avec une grosse seconde d’avance, il n’y qu’un dixième d’écart entre ses poursuivantes), on relèvera surtout que la 4e a mis plus de 10 secondes supplémentaires à boucler des 5000m et que le dernier kilomètre a été parcouru en 2’41"19 (c’est excessivement rapide, surtout si on compare ça aux autres tranches de 1000m, en les courant toutes à cette allure ça nous fait environ 13’26 sur 5 bornes^^).

La finale du 4x400 féminin restera une des courses les plus mémorables de ces championnats. Pourtant la France n’y a pas remporté de médaille. Du moins pour le moment. Les Bleues ont fini à la 4e place en dépassant toutes les attentes, on a même failli croire à l’impossible. Compte tenu de qui est monté sur la boîte et la présence de Muriel Hurtis dans le relais français, je ne serais pas étonné si d’ici 8 ans[1] une médaille de bronze était réattribuée à cette magnifique équipe dont l’avenir s’annonce métallisé. L’an prochain, à Zürich, elles auront un très gros coup à jouer.

Revenons-en à cette course folle. Folle en raison de son scénario, de sa conclusion, des chronos enregistrés, mais aussi – surtout ? – de l’ambiance dingue au Stade Loujniki, plein et extrêmement bruyant. Les chances de titres russes étaient réelles dans 3 des finales, ceci explique cela. Qui plus est, on a assisté concomitamment à 2 oppositions directes USA-Russie (le concours de la hauteur féminine a pris fin juste après l’arrivée du relais). En cette période de résurrection de la Guerre Froide, le patriotisme exacerbé du public local a pu s’exprimer.

La France s’est présentée avec cette composition : Marie Gayot, Lénora Guion-Firmin, Muriel Hurtis, Floria Gueï. Lénora est entrée pour la finale. Les filles ont hérité de la corde, l’impact est moindre sur ce relais, ça reste néanmoins gênant.

Un jour il faudra parler de la coiffure de la 1ère Ricaine, Jessica Beard… C’est quoi ce truc sur sa tête ? Un peu de sérieux ! Bref… Normalement les Bleues n’avaient aucune chance de médaille, les Etats-Unis[2], la Grande-Bretagne[3] (favorite selon moi) et la Russie[4] (autre favorite) étant clairement devant en raison de leurs individualités supérieures.

Marie s’est forcée à partir plus vite que d’habitude, Beard était toutefois loin devant, Marie a pu en remettre une couche sur la fin pour rester dans le coup. Lénora a pu se rabattre en 4e position. Si les USA avaient de la marge, l’excellente surprise est venue de la jeune Française qui, non contente de simplement revenir sur la Britannique, a carrément réussi à la doubler. Muriel a ainsi été lancée en 3e position devant la Grande-Bretagne, les équipes suivantes étaient larguées. L’aînée de l’équipe a baladé son adversaire directe dans le virage, elle a tout donné sur la fin mais n’a pu transmettre le témoin qu’en 4e position. La médaille ne pouvait plus revenir à la France car Floria a un niveau inférieur à Christine Ohuruogu, la championne du monde en titre. Et pourtant, elle lui a tenu tête pendant 300 mètres avant de craquer, c’était assez dingue en soi.

Devant a eu lieu une énorme bataille entre les 2 nations ennemies. Poussées par un public en fusion, les Russes ont fini par l’emportée à l’arrachée face aux Américaines (juste avant la victoire entérinée à la hauteur) dans un temps impressionnant (3’20"19, MPM), lâchant ainsi les USA au classement des médailles. Le chrono des Françaises reste excellent (3’24"21), on peut leur dire bravo, elles ont réussi une super course en y allant avec les triples, en courant intelligemment. D’une part, elles peuvent être fières d’elles, d’autre part elles tireront beaucoup de confiance et de motivation en vue des Championnats d’Europe 2014. Et puis qui sait, peut-être récupèreront-elle la médaille de bronze d’ici 8 ans… Avec les Russes devant et Muriel dans le relais, ce scénario est presque probable[5].

Un exploit de Cindy Billaud ne semblait pas impossible en finale du 100m haies. Placée au couloir 3 (personne au 1) entre Porter et Harrison, elle avait tout de même une chance assez réduite de monter sur la boîte. Pour y parvenir, taper le record de France de Monique Ewange-Epée – donc de battre son record personnel – apparaissait comme une obligation. L’objectif d’atteindre la finale étant déjà réalisé, rien ne lui interdisait de rêver. Pas aux 2 premières places, promises à Pearson (au 6), de retour à son meilleur niveau, et à Rollins (au 7), manifestement confiante, comme en témoignait le grand sourire sur son visage entouré de long cheveux bouclés (avec le ruban). Pourquoi pas la 3e ? D’autant que les 10 haies sont 10 pièges redoutables. Le départ s’annonçait primordial.

Formidablement sortie des stars, la Français n’a pu enchaîner, sa mise en action a été mauvaise. Elle a donc terminé 7e en 12"84, ce qui n’est pas déshonorant. En réalité elle a pris presque tout son retard sur les 3 premières haies. Peut-être a-t-elle manqué de caisse et d’expérience pour enchaîner les courses. Il faut dire que c’est allé extrêmement vite, Rollins gagne en 12"44 (-0.6) devant Paerson (12"50), Porter (12"55) et Harper (12"59). Avec ce titre, les Etats-Unis sont revenus sur la Russie au classement des médailles.

Et pour finir la journée, la finale du 200m masculin. Sans Lemaitre, malheureusement.

Malgré les 19"98 d’Adam Gemili (au 5) en tiers de finale, je misais sur un triplé jamaïcain. Usain Bolt a encore fait le mariol, toutefois je ne l’ai pas trouvé très inspiré. Les véritables interrogations concernant cette finale étaient les suivantes : quel temps pour Bolt, qui derrière lui ?

Le couloir extérieur dont a hérité Warren Weir ne lui a pas posé de problème. Il a égalé son record personnel pour devenir vice-champion du monde (19"79, vent nul), battant Curtis Mitchell (20"04). Les Etats-Unis ont donc arraché une médaille. "Arraché" car il a devancé Nickel Ashmeade d’un souffle (1 centième, alors que Gemili a échoué à 4 centièmes), empêchant ainsi le triplé de l’île aux résultats improbables. Déjà 4e du 100m, Ashmeade s’est blessé en cassant sur la ligne en désespoir de cause, il a perdu l’équilibre après avoir perdu sa 3e place. La loose.

Bolt a encore réussi à m’énerver en donnant l’impression de ne pas aller jusqu’au bout. Le gars fait 19"66 en décélérant progressivement à 20m puis plus franchement à 10m de la ligne… Souvenez-vous qu’il avait fait ça aux JO de Pékin à une époque où il pouvait pulvériser les records du monde des 2 disciplines de sprint. Depuis, il y est parvenu, notamment parce qu’à Berlin en 2009, au top de sa forme, il a tout mis des stats jusqu’à la ligne. J’ai l’impression qu’il se sent obligé de créer l’illusion de pouvoir encore battre ses chronos de mutant. Ses 9"58 sur 100m et 19"19 sur 200m sont désormais hors de portée de tout athlète vivant, y compris de lui-même, il faut faire croire que non, que si un jour il en a envie, il les éclatera encore. Ralentir avant la fin de la course est probablement un artifice pour entretenir ce fantasme. En même temps il fait le spectacle, cette fois j’ai l’impression que Bolt a regardé Weir (habillé d’un maillot différent) pour voir si son poulain était aussi son dauphin. Remarquons au passage que Weir aussi a coupé son effort pour finir en roue libre avec la tête tournée vers ses adversaires. Seulement dans son cas la fatigue est une cause plus probable, avant ses 2 ou 3 dernières foulées non appuyées, il était en train de perdre son placement technique, faute de résistance à l’effort.

Quel dommage de conclure une super session avec cette course non aboutie ! Bolt est agaçant.

Notes

[1] Les échantillons prélevés pour les contrôles antidopage sont conservés 8 ans et peuvent être testé à nouveau pour détecter ce qui était indécelable avec les méthodes en cours au moment de la première analyse.

[2] Jessica Beard, Natasha Hastings, Ashley Spencer, Francena McCorory

[3] Eilidh Child, Shana Cox, Margaret Adeoye, Christine Ohuruogu

[4] Yuliya Gushchina, Tatyana Firova, Kseniya Ryzhova, Antonina Krivoshapka

[5] Muriel Hurtis a souvent été victime de dopée et a récupéré plusieurs médailles a posteriori, notamment après les ChM 2003. J’y étais le jour de la finale du 200m.