Attention au dogme selon lequel en football la possession de balle serait la panacée. Vouloir mettre le pied sur le ballon dès le début d’un match, c’est bien, à condition toutefois d’en faire quelque chose. Le PSG a tenté le coup au Pirée, seulement en l’occurrence "mettre le pied sur le ballon" signifiait se faire des passes dans son camp. Une série d’une quinzaine de transmissions sans intérêt – dont une bonne douzaine dans leur moitié de terrain – s’est terminée par une perte de balle de Marco Verratti, les Grecs ont été beaucoup plus pragmatique que dogmatiques : 3 passes et une fixation en cherchant une solution ont suffi à créer un décalage permettant à Vladimir Weiss d’envoyer une mine vers la lucarne opposée (il était un peu devant la surface décalé sur la droite)… Sirigu a été sauvé par la barre. On jouait depuis 53 secondes.

Parfois, la première des 90 minutes d’un match de foot vous en dit long sur ce qui va suivre et illustre parfaitement la différence entre les 2 équipes opposées. L’une cherchait l’efficacité, l’autre pas vraiment. La différence de niveau est énorme, il suffit de regarder les effectifs respectifs de ces 2 clubs pour le comprendre, le club athénien compte beaucoup d’anciens de Ligue 1 au sein du sien, et pas les meilleurs.

Malgré cette supériorité parisienne plus qu’évidente, dans le jeu, le PSG n’a pas vaincu l’Olympiakos, il s’en est tiré autrement, grâce à des corners . Comment expliquer le score ? Paradoxalement, par une différence d’efficacité. Quand une équipe moyenne épuise ses ressources physiques en première période en manquant ses occasions de prendre le large et fait preuve d’une faiblesse insigne sur CPA défensifs, elle a peu de chances de s’en sortir. Celle de Laurent Blanc n’a pas eu besoin d’être bonne pour l’emporter, elle a juste pris ce qu’on lui a offert. C’est une qualité, mais une qualité rarement suffisante face à une formation de haut niveau (ce que n’est pas l’Olympiakos).

  • LE RESULTAT

Gagner à l’extérieur lors de la première journée des poules de la Ligue des Champions est forcément un excellent résultat, y compris si vous l’emportez chez l’équipe la plus faible du groupe. En l’espèce il est encore difficile de comparer Anderlecht et la formation grecque, la seule certitude est l’identité du véritable adversaire des Parisiens pour la première place, à savoir Benfica (qui a battu les Belges 2-0).

Etre capable de gagner à l’extérieur par 3 buts d’écarts en étant mauvais et en traversant l’orage sans dégâts, c’est très positif.

En outre la victoire rapporte 1 million d’euros et 2 points pour l’indice UEFA (le club a besoin d’en prendre pas mal pour rester dans le chapeau 2 la saison prochaine, il a un nombre non négligeable de points à défendre cette année, environ 18 me semble-t-il, contrairement à la saison prochaine où il y en aura seulement 3 qui correspondent à la dernière absence du club de la scène continentale).

En septembre 2012, le PSG avait aussi bien débuté mais c’était au Parc, le score contre le Dynamo Kiev était identique, 4-1, avec déjà 3 buts sur CPA (dont un penalty), il avait enchaîné avec une défaite à Porto, un échec dû une organisation totalement inadaptée et à des prestations individuelles lamentables de certains de ses éléments (principalement Maxwell, Van der Wiel, Verratti et Ibrahimovic). C’est étrange, ça m’évoque la situation actuelle…

  • LE CONTENU (+résumé).

A l’exception de l’alerte de la 54e seconde, les 11 premières minutes n’ont pas été catastrophiques. Si on veut voir le bon côté des choses on dira que le ballon circulait plutôt bien et que Maxwell tenait sa forme auriverde. D’ordinaire très timide offensivement cette saison en club mais très actif en sélection, le latéral gauche n’hésitait pas à monter en ce début de rencontre, il a obtenu un bon CF puis a adressé un excellent centre en profondeur à l’adresse de Cavani, lequel a dévié le ballon de la tête en direction d’Ibra au second poteau, il a fallu un plongeon du gardien pour empêcher le Suédois d’en profiter.

Si on regarde aussi les moins bons aspects des choses, on retiendra les imprécisions, le déchet technique et le caractère particulièrement stérile de la possession de balle. Celle-ci devait être à hauteur de 80 ou 90% dans le camp parisien, les passes vers l’arrière étaient légion, l’absence de milieu offensif se faisait ressentir. De temps en temps, une ouverture venue de loin permettait de décaler un latéral – y compris Van der Wiel dont le premier appel a été suivi d’un centre plutôt correct en première intention… pour un coéquipier HJ, car le Batave est très fort, quand il est sur le point d’enfin réussir un truc, il trouve un moyen détourné de le louper – mais c’est absolument tout, on n’a vu aucune créativité, le rôle occupé par Ongenda à Bordeaux est resté vacant.

Pour ne rien arranger, Lucas a pris un mauvais coup de Gaëtan Bong dans le bas du dos dès la 10e minute, il était invisible avant, il a énormément souffert ensuite, s’est montré presque incapable d’accélérer, sauf 2 fois, la première provoquant la faute et le carton jaune de l’ancien Valenciennois (30e). Résultat des courses, le PSG a évolué avec un joueur fantôme pendant toute la première période.

Etrangement, les Grecs ont commencé à donner une leçon de football à leurs homologues, ceci juste après cette blessure du jeune Brésilien. En une seule action conclue par un nouveau tir de Weiss, cette fois juste à côté du poteau, ils ont montré à quoi ressemble une action collective à bases de passes rapides en une touche. Sur son chemin avant de frapper des 18 mètres, le fils de l’ancien sélectionneur qui le dirigeait avec la Slovaquie à la Coupe du monde 2010 a mis dans le vent Thiago Motta puis Verratti, le premier a failli finir sur les fesses, le second n’a pas seulement failli. Le message était clair, Weiss était en feu, les autres auraient dû en tirer des leçons…

Rapidement, le PSG s’est mis à faire n’importe quoi, l’Olympiakos a pris le dessus, l’agressivité de ses joueurs lui a permis d’être très efficace à la récupération, un vent de panique a alors touché les visiteurs. Une première tentative de suicide collectif a eu lieu (15e), je vous décris la suite d’événements enchaînés en quelques poignées de secondes : Motta commet une boulette monumentale dans l’angle du terrain près de sa surface, il offre le ballon à un Grec, puis, en raison d’un défaut de communication avec Sirigu sur un centre, Thiago Silva fait don à l’équipe locale d’un corner aisément évitable. Le CPA est alors tiré, la défense rate ses 3 ou 4 tentatives de dégagement, si bien que le ballon parvient jusqu’à David Fuster, posté dans l’axe aux 22 mètres, qui ne se pose aucune question. L’Espagnole envoie une volée droit sur le poteau, Dimitris Siovas a suivi, heureusement il lui est impossible de reprendre directement à cause du tacle de Cavani, c’est pourquoi le Grec tente de centrer, Marquinhos intervient, donnant lieu à un nouveau corner. Le csc a été évité de peu (le ballon est retombé sur le plafond de la cage). On continue avec ce CPA, cette fois Marquinhos se loupe, VdW arrive à la rescousse, 3 secondes plus tard Ibra perd le ballon, Matuidi le récupère, Verratti le perd encore à 30 mètres de sa cage, Siovas ne se pose pas de question, il frappe et cadre.

Après avoir subi cette zone de turbulences sévères, les Parisiens ont réagi en essayant enfin d’un peu jouer au ballon. Après une récupération dans le camp grec Maxwell a tiré profit d’un décrochage de Zlatan, il lui a confié le ballon puis a foncé dans l’axe pour solliciter le une-deux dans l’espace entre les défenseurs centraux, son ami suédois a répondu avec une passe de très grande classe, le plus dur était fait. Le latéral brésilien a ensuite parfaitement négocié son duel avec le gardien en servant Cavani sur un plateau. Ouverture du score (19e). Pousser le ballon au fond était facile, se démarquer et éviter l’erreur classique de se trouver devant le ballon – donc d’être HJ – demande un talent particulier. En voyant ça, on se demande d’où vient l’idée saugrenue de vouloir mettre l’Uruguayen sur un côté, ses qualités de véritable avant-centre sont exceptionnelles, Blanc devrait faire en sorte d’optimiser son utilisation, ce n’est pas le cas actuellement avec ce 4-3-3 moisi.

Une occasion, un but (merci au latéral droit, il m’a fait penser à Mariano lors de Bordeaux-PSG, la même erreur d’alignement). Dur pour les Grecs ! Ces derniers auraient pu prendre un gros coup derrière la tête, ils ont évité cet écueil, ont continué à pousser sans s’affoler, en cherchant à garder le contrôle du ballon. En revanche, côté rouge et bleu on a assisté à quelque chose d’inimaginable, la défense a encore reculé d’un cran, en continuant ainsi Marquinhos et Thiago Silva allaient probablement finir par jouer derrière Sirigu… Une nouvelle incompréhension entre les Brésiliens et l’Italien a offert un corner supplémentaire aux locaux, la sérénité était totalement absente des rangs parisiens. La très longue passe latérale de Thiago Silva – sans adversaire à moins de 5 mètres ! – directement en touche entre ses 2 compatriotes est symptomatique du malaise. En réalité, l’explication est simple, on venait d’entrer dans une faille spatio-temporelle, les joueurs ont traversé la 4e dimension. Rendre le ballon de cette façon était grotesque, la suite a été encore bien pire. Weiss a du talent, c’est évident, mais m*rde, comment peut-on se faire violer en série de la sorte ? Maxwell a défendu du mauvais côté du joueur, entre lui et la touche… Hallucinant ! Pour stopper ou ralentir à un adversaire arrivant lancé, Marquinhos s’est bien planté sur ses appuis en ayant pris le soin d’écarter les jambes, bien de face surtout… Une invitation au petit pont ! Hallucinant ! Thiago Silva s’est ensuite jeté, le – magnifique – double contact du Slovaque l’a donc ridiculisé comme les autres… Hallucinant ! Si on voulait chercher des coupables supplémentaires pour diluer les responsabilités du trio brésilien on aurait de quoi s’interroger sur l’attitude Verratti et Motta au début puis de Van der Wiel à la fin de l’action, ils pouvaient être plus efficaces, vifs et réactifs, mais par rapport à leurs 3 collègues sud-américains leurs erreurs restent très marginales. En se jetant à son tour pour essayer de contrer le tir, le Batave l’a détourné, rendant la tâche impossible à Sirigu qui allait probablement pouvoir le repousser.

25e minute, 1-1, égalisation évidemment méritée, en continuant le PSG avait de grandes chances de subir une terrible désillusion. En effet, du côté parisien la construction restait extrêmement aléatoire, enchaîner 2 ou 3 passes vers l’avant revêtait des allures d’exploit. Les Athéniens ne s’éteignaient pas, en confiance ils continuaient à combiner et à frapper. Ils auront beaucoup tiré de loin, la plupart du temps en cadrant ou presque (hormis à la 29e avec une tentative ridicule d’un gars beaucoup trop facilement décalé après une nouvelle perte de balle stupide au milieu).

Après la demi-heure de jeu, le PSG a commencé à réagir de façon encore assez timide et ponctuelle, néanmoins on sentait un peu plus de volonté de jouer vers l’avant. Sans milieu offensif pour faire le travail au milieu, Ibra était obligé de décrocher très loin de la surface, un comportement indispensable afin de combler les carences flagrantes de ce 4-3-3 incohérent (j’y reviendrai dans la conclusion de l’analyse). A vrai dire, plus on l’a vu au milieu, mieux l’équipe s’est portée car il y avait ENFIN un joueur pour créer les décalages.

Un peu avant la mi-temps, un pressing haut un tant soit peu efficace a fait son apparition, c’était un début. Les rares fois où un parisien s’est infiltré entre les lignes pour ensuite écarter le jeu sur les ailes – exactement la méthode employée à Bordeaux – ils ont mis en difficultés des Grecs de moins en moins fringants. Ces derniers ont rarement été dangereux lors du 3e quart d’heure, j’ai seulement noté une tête non cadrée de Bong à la réception d’un long CF à la 42e (il a mangé Marquinhos) et un tir lointain de Paulo Machado, lequel, bien que cadré, ne pouvait poser aucun problème à Sirigu (45e).

En revoyant la rencontre, j’ai ravisé mon jugement concernant la première période. Je pensais que l’Olympiakos avait été très bon et le PSG bidon, l’impression n’était ni totalement fausse, ni totalement juste. Si le PSG a effectivement été bidon (énormément de déchet technique, presque aucune créativité, une défense de poussins, etc.), les Grecs ont seulement ressemblé à une bonne équipe de foot lors de séquences durant de 15 ou 20 secondes à 2 ou 3 minutes sans réel continuité, ils ont réussi quelques bons enchaînements offensifs, pour le reste le niveau restait très moyen, la bascule commençait déjà à s’opérer, les locaux perdaient déjà progressivement pied nettement avant le retour aux vestiaires. Si au moins leur organisation défensive ou leur pressing avait été remarquable, on aurait pu trouver des circonstances atténuantes à leurs adversaires. Ils avaient mis en place un 4-4-2 bateau (une armature grecque^^), venaient rarement chercher les Parisiens très haut. Rien d’exceptionnel.

Pourquoi le PSG a-t-il aussi mal relancé en première période ? Le principe de la relance est en général de trouver les joueurs offensifs, ceux qui vont ensuite créer. Comment servir des joueurs absents du terrain ? C’est difficile. Avec un Thiago Silva contaminé par la fébrilité de Marquinhos, avec un Van der Wiel qui même sans pression est capable de dégager au petit bonheur la chance, avec un Motta à la rue et un Verratti moisi, vous n’allez pas loin. Je veux bien qu’on me vende Motta en tant qu’homme du match en raison de ses 2 buts et de sa passe décisive tous sur corner mais il faudra aussi parler de ses "relances" en première période dont beaucoup de pathétiques, en particulier les longues.

Les 2 seuls joueurs irréprochables de la première période sont Matuidi et Cavani, toujours présents dans l’engagement. La seule raison valable de mettre l’Uruguayen sur un côté est sa capacité à se replacer et à fournir des efforts défensifs. D’autres ont alterné le bon et le mauvais. Si Ibra a été important en raison de sa créativité, son implication fonctionnait sur courant alternatif. Offensivement Maxwell a été très performant et volontaire, défensivement il a été nul. Sa «fausse touche», on en parle ? A ce niveau, ça pique les yeux… Sirigu a arrêté ce qui pouvait l’être, toutefois, devant le kop le plus bruyant, il a eu des problèmes de communication avec sa défense en panique.

Mais où était Lucas ? Aux fraises, pas du tout remis du coup de Bong, d’où le changement à la mi-temps, Lavezzi est entré en jeu. L’amélioration était certaine, le PSG allait arrêter de jouer à 10. L’Argentin a mis un bout de temps à vraiment apporter de façon consistante ce dont il est capable.

Dès le début de la seconde période le pressing est apparu plus agressif, la volonté d’attaquer était plus manifeste, seulement tout était approximatif ou fait à l’envers : appels HJ, 1 contre 1 perdus, tir au lieu de décaler un joueur démarqué (à la 48e, Verratti avait VdW seul à droite et Cavani seul à gauche, il a tiré dans le tas et s’est fait contrer, une fois de plus Verratti n’a regardé que la position d’Ibra avant de se décider), recherche trop systématique de la profondeur faute de solutions autres, etc. Il était impossible de marquer en continuant de la sorte. La reprise en aile de pigeon de Zlatan à angle fermé avait une demi-chance sur 2,3 milliards de se transformer en but. Hormis Matuidi, qui se démenait, Cavani dans une moindre mesure, ça restait très insuffisant. L’idée selon laquelle le PSG aurait réussi une très bonne seconde période est de l’ordre du fantasme, pendant un long moment après la mi-temps le déchet technique et le manque de concentration de certains étaient toujours aussi prégnants.

Combien de fois le ballon est-il arrivé dans la surface d’une façon permettant à un Parisien de frapper au but ? Aucune avant la 59e minute. Les seules décalages ou débuts de décalages ont été créés par de longues transversales au-dessus des milieux grecs, on assistait parfois à une tentative de percée balle au pied d’un milieu ou d’un attaquant sorti très loin de sa zone. Il s’agissait d’accélérations façon tout-droit, pourtant elles étaient nécessaires afin d’apporter un peu de mouvement dans le no man’s land entre les 3 milieux et les 3 attaquants formant la plupart du temps 2 lignes à plat. La statistique de la possession de balle est devenue de plus en plus déséquilibrée, le jeu très latéral et dépourvu de génie du PSG ne créait en revanche aucun déséquilibre sur le terrain. Comment voulez-vous déstabiliser une équipe décidée à défendre si vous passez votre temps à faire circuler le ballon à 2 à l’heure entre vos 4 défenseurs et 1 ou 2 milieux défensifs décrochés ? Le rythme était celui d’un mauvais match de CFA.

On était sur le point de terminer le 2e tiers de la rencontre quand est survenue la 2e véritable occasion de but parisienne, une frappe de Cavani en position excentrée au terme d’une accélération solitaire sur la droite (Lavezzi et lui ont changé de côté assez rapidement) en ayant été servi par… un dégagement de la tête de Thiago Silva. Il ne s’agissait absolument pas d’une action collective. Le gardien a détourné ce tir en corner. Dans la foulée, Joel Campbell a remplacé Alejandro Dominguez. Il faudra signaler à Christophe Josse qu’être prêté par Arsenal – après des prêts peu convaincants à Lorient et au Betis – ne signifie pas être anglais, il est costaricien. Plus fort, Josse nous a annoncé que ce joueur a marqué avec l’Angleterre lors de la semaine internationale… Confondre Joel Campbell avec Danny Welbeck[1], il faut le faire ! Il a mis 10 bonnes minutes à rectifier la boulette.

Malgré cette médiocrité confondante, le club visiteur semblait à peu près certain de ne pas perdre car l’Olympiakos n’attaquait plus ou très peu et sans conviction.

A la 65e minute «Alléluia ! Alléluia !», la révolte a enfin été sonnée. Par qui ? Par Matuidi, qui à défaut d’être le joueur le plus technique de l’équipe, est de très loin le plus combatif. Pour générer du mouvement en s’intercalant entre les lignes et en apportant le surnombre dans la surface, on ne peut compter que sur lui. Un double ou triple temps fort, toujours empreint d’une grande maladresse, aurait pu permettre au PSG de prendre l’avantage au score grâce à une reprise – tentative de centre ou de tir, je ne sais pas – de VdW, l’angle était fermé, le gardien a facilement pu repousser le ballon.

Ce moment correspond aussi à celui où Lavezzi a commencé à bien utiliser le couloir gauche, notamment en combinant de façon efficace avec Maxwell. On a soudain vu un autre homme sur le terrain, le Lavezzi qu’on aime, virevoltant, tranchant dans ses appels et ses courses, celui que les défenses détestent. L’Argentin aurait pu être passeur décisif en accordant mieux son violon avec celui de Zlatan sur une situation de débordement et de centre en contre-attaque (67e), ce n’ait que partie remise car dans la foulée un corner a été obtenu du côté où il les tire.

Depuis le début de la saison je cherche une raison valable de faire tirer les CPA à Thiago Motta alors qu’il est grand et serait beaucoup plus utile dans la surface à la retombée du ballon. Contre Ajaccio l’incongruité de la situation avait été mise en relief par le but tout fait manqué par Verratti – qui mesure environ 1m12 – à la dernière minute sur un CF tiré par son compatriote. Quand vous avez Lavezzi et Maxwell sur le terrain, c’est à eux de s’en charger, ça tombe sous le sens. Comme par hasard les 2 fois où Motta s’est retrouvé à là où il devait être et où l’Argentin a tiré les CPA, le PSG a marqué, 2 têtes de Motta, complètement oublié par une défense particulièrement comique. Il a suffi que Cavani sur le but du 1-2 (68e) puis Cavani et Marquinhos sur celui du 1-3 (73e) se dirigent vers le premier poteau pour attirer toute la défense. Le gardien a été au niveau de sa défense, peut-être a-t-on oublié de le prévenir qu’il a le droit de sortir pour attraper le ballon en vol…

Après avoir repris l’avantage, les Parisiens ont eu tendance à de nouveau jouer bas, ce qui leur a permis de contrer l’Olympiakos, ça a payé puisque le corner du 3e but a été obtenu ainsi. Une autre contre-attaque pourtant pas bien jouée a été conclue par une puissante frappe de Cavani repoussée par le portier espagnol des Grecs (76e)

Par moments, au cours du dernier quart d’heure, les Parisiens ont déroulé, ils ont même commencé à construire quelques actions de football de top niveau comme on aimerait les en voir créer plus souvent et surtout avant que les matchs soient pliés. On travaille d’un côté en passes courtes et rapides – systématiquement en une ou 2 touches – dans de petits espaces, on enchaîne les transmissions en mettant du rythme, on combine bien, on sort de la zone pour renverser le jeu, toujours à base de passes au sol, ceci afin de décaler un joueur démarqué de l’autre côté. Le foot joué de cette façon, c’est sublime. Van der Wiel a gâché ces décalages en raison de centres et/ou de contrôles foireux, ces actions ont néanmoins été conclues de façon positive avec un penalty (81e) et le corner du 4e but (86e).

Zlatan aurait déjà pu bénéficier d’un péno à la 40e pour s’être fait bousculer dans le dos en tentant d’intercepter un centre de Van der Wiel qu’il avait lui-même lancé (centre trop haut), il en a obtenu un assez généreux en fin de match… Le Suédois a connu un double échec, son premier tir était moyen, Roberto a pu repousser le ballon devant lui, Ibra a suivi et a pu tenter sa chance une seconde fois mais à bout portant… nouvelle parade. Si vous n’avez jamais vu Zlatan frustré, revoyez la fin de match, il en a fait des tonnes.

Le score a finalement été alourdi par une tête de Marquinhos, le corner était du côté où Motta les tire, il a donc ajouté une passe décisive à ses 2 buts. La stratégie a un peu changé, les défenseurs ont tous été aspirés par les appels au second et non plus au premier poteau où le jeune Brésilien se trouvait absolument seul.

La domination du PSG lors des 15 à 20 dernières minutes n’a pas été constante, les Grecs ont aussi eu leurs périodes de possession, elles n’ont pas donné grand-chose hormis un long CF relativement vicieux arrêté en 2 temps par Sirigu (75e) et quelques centres.

Ajoutons que Jérémy Ménez a enfin pu débuter sa saison après avoir multiplié les galères depuis la fin de la saison passée (hernie discale, calcul rénal), il a remplacé Cavani à la 90e minute. Un peu plus tôt (79e) Adrien Rabiot a suppléé Verratti qui semblait chercher à prendre un jaune avant de sortir. M. Brych, l’arbitre allemand, a été très gentil avec lui. On ne peut en dire autant concernant Van der Wiel qui a pris un jaune très sévère pour jeu dangereux (87e), d’autres fautes antérieures auraient nettement plus mérité cette sanction.

  • CONCLUSION (analyse version "courte").

Incohérent. Les choix de Blanc sont incohérents. L’équipe n’a pas bien joué au ballon, elle manquait de créativité, la défense était à la rue, d’où une possession de balle souvent stérile. Tout était prévisible.

Marquinhos n’est pas le principal responsable de sa déroute – qui a provoqué celle de toute la défense – en première période. Faire débuter un gamin de 19 ans à l’extérieur en Ligue des Champions au poste de défenseur central, qui plus est axe gauche[2] alors qu’il est droitier et censé jouer à droite (probablement l’idée était-elle de l’intercaler entre les 2 autres Brésiliens), ce n’était pas lui rendre service. N’ayant pas disputé le moindre match depuis des mois, ayant eu très peu l’occasion de s’entraîner avec ses partenaires en raisons de soucis physiques à répétition, le titulariser était hyper risqué. Sur le terrain, il a affiché la sérénité d’une frêle pucelle obligée de faire du stop une nuit au Bois de Boulogne pour rentrer chez elle. Oui, les risques de se faire violer sont conséquents – surtout en se présentant jambes écartes – d’ailleurs ça s’est produit. Laurent Blanc n’aurait jamais dû le faire jouer cette rencontre (mais attendre par exemple VA-PSG dans une semaine). Laisseriez-vous votre gamine faire du stop la nuit au Bois de Boulogne ?

Apeuré, il a fait reculer la ligne défensive et a posé beaucoup de problèmes à Thiago Silva qui est habitué à évoluer axe gauche au PSG – ça semblait le gêner d’être axe droit quand Sakho était là… alors qu’il ne dit rien en sélection – et nous a fait un match très en-deçà de son niveau. A vrai dire, même Bisevac aurait pu être meilleur ! Nous sortir ensuite en conférence de presse que Marquinhos n’était pas prêt, c’est un beau message envoyé à Camara. Si "Papus" ne joue pas quand Alex est blessé et se voit préférer un débutant pas prêt, c’est qu’on ne lui fait absolument pas confiance.

Si Blanc est le principal responsable de la faiblesse de la défense, ayant de surcroît continué à s’enfoncer en mettant Van der Wiel à droite car il ne veut pas se déjuger après avoir fait de Jallet le bouc-émissaire des premières prestations très moyennes du PSG, Marquinhos ne peut être exonéré de toute responsabilité. On ne peut juger un joueur sur une seule prestation, pas plus qu’on ne doit prendre en compte son but pour évaluer les qualités d’un défenseur (marquer n’est pas son job, seulement un bonus éventuel), seulement s’il nous refait des erreurs aussi grossières, l’affaiblissement déjà certain de l’effectif parisien depuis les départs conjugués de Sakho et Armand risque d’avoir des conséquences désastreuses. Peut-être sera-t-il excellent dans quelques années, mais peu importe, on joue la saison 2013-2014, on a besoin de joueurs opérationnels maintenant, pas dans 4 ou 5 ans.

Peut-être le réveil de Maxwell s’explique-t-il par la concurrence nouvelle de Digne. Mais si en apportant plus en attaque le Brésilien part en sucette dans son rôle premier, celui de défenseur, je ne sais pas si la nouvelle est si positive. Il reste infiniment supérieur à Van der Wiel, l’homme dont les seuls centres réussis depuis sa signature au PSG ont eu lieu sur console (le pire est que j’exagère à peine, à côté Sagna passerait pour le roi de la galette !). Sur les ailes, il y avait des boulevards, dommage de si mal les utiliser en raison d’imprécisions techniques récurrentes.

Le PSG n’a cadré qu’un tir en première période (le but), il y en a eu 8 en seconde dont 5 sur CPA (les 3 buts et les 2 de Zlatan sur le péno qui dopent la statistique) pour seulement 3 dans le jeu (les 2 de Cavani, la reprise de Van der Wiel). Une fois le match plié, on a assisté aux premières actions collectives construites des visiteurs. Auparavant, ils faisaient essentiellement tourner derrière sans mettre de rythme pour généralement finir en jeu long en en accélérant avec la tête dans le guidon. Lors du dernier quart de la partie, on a retrouvé l’efficacité du Bordeaux de Blanc. A l’époque la plupart des buts étaient inscrits sur CPA par Diarra, Fernando, Chamakh et compagnie, mais dans mes souvenirs la qualité de jeu était nettement supérieure avec des joueurs moins forts. La façon dont a joué le PSG n’est ni séduisantes, ni enthousiasmante, mais efficace. Du moins elle est efficace face à une équipe du niveau de l’Olympiakos. En jouant comme ça contre Monaco, il sera beaucoup plus difficile de l’emporter. En défendant de cette façon face à Falcao, je me demande comment on pourrait ne pas encaisser au moins un but. En attaquant comme en Grèce, il devrait toutefois y avoir moyen d’en planter 1 ou 2, mais seulement parce que le secteur faible de l’ASM est derrière.

A moyen terme, face à des défenses regroupées et bien organisées, on ne s’en sortira pas. Cavani sur un côté, c’est du gâchis, d’ailleurs il a souvent abandonné son côté pour se replacer dans l’axe. Quand il a dézoné, il a marqué. Quand il est resté là où on lui demandait de se situer, il est devenu inutile, voire invisible malgré des efforts défensifs. Blanc devrait en tirer des leçons. Par rapport au match contre Bordeaux il a remplacé Ongenda, un joueur beaucoup plus créatif, au profil de milieu offensif. L’Uruguayen est un buteur, il peut dépanner sur un côté, l’y fixer serait une c*nnerie monumentale. Dans cette équipe il n’y avait aucun véritable milieu offensif (Pastore devrait faire son retour dans le groupe pour le prochain match), le seul joueur capable à la fois de créer des occasions de but et de les convertir était Zlatan, donc les décrochages se terminent généralement soit par un coup de génie, soit par une perte de balle agaçante.

Le désastre collectif de la première période a également mis en lumière les faiblesses du trio de milieux. Motta n’est pas un grand joueur (sauf par la taille), il manque de mobilité, de vitesse, de vivacité, de volume de jeu, quand les adversaires mettent le feu, il a vite tendance à être dépassé, c’était le cas en première période. Pendant très longtemps la plupart de ses relances ont été ratées, les 3 corners en font l’homme du match pour ceux qui se contentent d’observer le résultat. Verratti, c’est pareil. Se faire manger par des Grecs… N’est-ce pas un paradoxe pour un garçon revenu de vacances avec du bide ? Matuidi a été le meilleur homme du match, en première période il était parmi les rares à surnager, non pas qu’il ait été exceptionnel mais au moins il se battait, récupérait des ballons, venait compenser les carences collectives, notamment en créant du mouvement. Pendant 90 minutes il a montré l’exemple, les autres ont rechigné à le suivre.

Sirigu a pâti de la fébrilité de sa défense. Ibra reste une énigme géniale, mine de rien heureusement qu’il est là sinon on se ferait bien chi*r. Si Lavezzi pouvait nous faire des matchs entiers comme les 25 dernières minutes…

Pour le moment le PSG de Blanc a réussi plusieurs exploits :
-celui d’encaisser un but contre une équipe grecque, ce que le PSG n’avait jamais fait en 7 rencontres (6 victoires et 1 nul) ;
-celui de ne pas battre Ajaccio et d’éviter de passer tout près de contreperformances (évitées en se réveillant très tard… déjà 3 matchs sur 7 sauvés dans les 10 dernières minutes et le temps additionnel) ;
-celui de faire longtemps passer pour des cadors des équipes n’ayant pas le niveau pour finir dans le top 10 de la L1 (Bordeaux au Trophée des Champions, Nantes, Olympiakos, Montpellier pendant une partie de la rencontre) ;
-celui de toujours marquer au moins une fois en seconde période.

Comment expliquer tout ceci ? Observera-t-on un syndrome des fins de matchs difficiles dont les adversaires du PSG seront les victimes. Sont-ils à ce point fatigués par le PSG ? Se mettent-ils eux-mêmes en difficultés en mangeant la feuille, se mettant en danger au moment où l’ogre parisien se réveille ? Y a-t-il de la paresse ou de la suffisance ?

Les réponses à ces questions se dévoileront ces prochaines semaines. Affaire à suivre.

Notes

[1] Joueur de Manchester United.

[2] Il y a eu inversion quelques minutes en seconde période.