Il suffit à ce PSG de faire face à des adversaires bien organisés qui pressent de façon intelligente et coordonnée pour sembler totalement impuissant. Toulouse a facilement bloqué une équipe molle, sans inspiration, maîtresse du ballon sans savoir quoi en faire, incapable de la mettre en danger hormis en de rares occasions sur CPA ou récupération haute (ou assez haute). On a encore dû attendre les 10 dernières minutes pour voir les Parisiens jouer au foot ! Le TéFéCé a même été souvent plus dangereux que son hôte, il lui aurait peut-être même été possible de prendre un point avec un arbitrage moins foireux. Pour dire le fond de ma pensée, j’ai trouvé ce match extrêmement… décevant, tant au niveau du jeu lui-même, que de l’arbitrage mais aussi de la réalisation – et des commentaires – de Canal+.

Et si je commençais par ça ?


Attention, digression.

La chaîne du football ? Bah voyons !
Stéphane Guy, qui officiait sur Canal+ avec Eric Carrière est sans aucun doute un des pires commentateurs de la télévision française. C’est affligeant, le mec essayait déjà de nous vendre des vérités absolues concernant l’ensemble du match… à la 2e minute (le gars parlait de l’impuissance d’Aymen Abdennour face au jeu parisien alors que le Tunisien a fait un match assez monstrueux). Avant la mi-temps il nous a dit voir «un vrai bon match». Regardait-il une autre chaîne sur sa tablette numérique ? Entre-temps il avait affirmé qu’il devait y avoir péno pour la main d’Etienne Didot (pourtant clairement involontaire)… Je passe des tas d’exemples. Bien sûr, il fait aussi plein de pubs pour les autres émissions et diffusions du groupe Canal+, notamment Les Spécialistes, Match of Ze Day, le Grand Relais (dont OM-PSG), la retransmission des matchs d’Arsenal, de Chelsea et d’Everton, Jour de Foot, les émissions concernant la Ligue des Champions, le débriefing de PSG-TFC sur InfoSport+, J+1, l’affiche du dimanche soir, etc. Si vous prenez le temps de regarder la vidéo, vous ne retrouverez pas tout ça car pour notre bien-être à tous j’ai tenté d’en couper un maximum quitte à broder pour reconstruire des phrases ayant du sens.

Eric Carrière pondère un peu, l’ensemble reste néanmoins difficilement audible. Malheureusement, couper le son pour mettre la radio est rendu inenvisageable à cause du décalage. On espèrerait au moins pouvoir regarder un match filmé et réalisé proprement, seulement ce n’est pas le cas. Evidemment, s’il fallait comparer avec la télévision de certains pays où des publicités énormes avec slogan et musique sont envoyées pendant le match, recouvrant la moitié de l’écran, Canal+ s’en sortirait avec les honneurs. Seulement, cette comparaison n’a pas lieu d’être, on est en France, on ne subit ces m*rdes sur aucune chaîne, on se tape juste le logo de quelques sponsors en haut de l’écran de temps en temps et la traditionnelle question à la c*n pour faire chauffer la machine à sous de la télé (les fameux jeux avec réponse ultrasimple à envoyer par SMS ou par téléphone pour gagner un chèque ou un cadeau). Bref, Canal+ tente de passer pour la chaîne du foot, en réalité elle est devenue la chaîne qui se prend pour la chaîne experte en foot, celle qui donne des leçons et s’attelle d’afficher sa supériorité… à coups de statistiques. Erreur fatale.

Une stat pertinente de temps en temps, OK. J’ai compté le nombre d’incrustations au cours de ce PSG-Toulouse (avec souvent plusieurs "pages" de stats, du genre nombre de tirs, puis nombre de tirs cadrés, puis nombre d’occasions), c’est juste hallucinant, d’autant qu’il faut ajouter aux statistiques les publicités pour la Canal football App’, pour faire voter pour la note du match, et évidemment les autres émissions de la chaîne. Si on aime vraiment le foot, on veut des plans larges pour observer le placement et la circulation du ballon, on ne veut pas passer notre temps à avoir la vue troublée par des trucs écrits sur l’écran. A quand les messages des réseaux sociaux façon Nouvelle Star sur D8 et les infos en continu comme sur I-Télé[1] ?

Hors scores, cartons et autres changements, qui sont aussi visibles dans la réalisation internationale (où on retrouve aussi quelques stars comme la possession et le nombre de tirs), j’ai compté :
-7 incrustations lors des 10 premières minutes (en commençant par l’application pour smartphones et tablettes, 6 lors de 10 minutes suivantes (dont une en coupant involontairement leur incrustation par un ralenti^^), 8 autres jusqu’à la 30e (dont une pour une pub et non des stats), 8 entre la 31e et la 40e (on a donc gardé le rythme malgré une période d’au moins 2 ou 3 minutes sans rien, je précise que là aussi on trouvait une des pubs maison), et seulement 4 en 7’ jusqu’à la mi-temps (en raison du but on n’a rien eu pendant longtemps… mais le gars s’est rattrapé) ;
-4 jusqu’à la 51e (dont une pub), 7 autres jusqu’à l’heure de jeu (aussi une pub), seulement 3 pendant les 10 minutes suivantes (le réalisateur était trop occupé avec la sortie mouvementée d’Ibrahimovic et les changements), 7 de plus jusqu’à la 80e (avec encore une pub et, bonus, une stat sans intérêt pendant que Cavani tirait son péno), encore 7 avant le coup de sifflet final.

Ça fait la bagatelle de 33 en première période dont 30 de stats avec souvent plusieurs pages (donc ça peut durer assez longtemps), puis 28 après la mi-temps dont 4 ou 5 pubs et le reste de statistiques.

Perso, savoir qu’une équipe a fait tel nombre de passes, qu’un joueur a touché tant de ballons, je m’en cogne, mais alors à un point…

Premièrement, j’ai toujours beaucoup de mal avec les occasions, les tirs cadrés, le nombre de passes, la possession du ballon, les centres dans le jeu (a fortiori les centres réussis) ou encore les duels gagnés. Si 2 personnes relèvent les statistiques du même match elles obtiendront souvent des résultats différents en raison de la subjectivité de ces notions. Il peut y avoir occasion sans frappe et tir cadré sans occasion. De même, un missile hors de portée du gardien finissant sa course sur un poteau sera classé parmi les tirs non-cadrés contrairement à une frappe de 40 mètres à peine assez puissante pour que le ballon chemine jusqu’à la ligne de but. Mélanger au sein d’une catégorie unique une passe à 3 mètres effectuée sans pression par un défenseur vers son gardien et une connexion magique grâce à laquelle 4 joueurs sont mis dans le vent pour offrir un but tout fait à un partenaire est éminemment stupide. Que dire de la fameuse "possession du ballon" généralement indifférenciée qu’elle ait lieu dans son propre camp en reculant ou en squattant les abords de la surface adverse ? Le top du top reste les "ballons joués" et les "ballons perdus" pour lesquels aucune définition n’existe. Par essence, ces chiffres sont insignifiants. Pourtant, Canal+ en abreuve ses téléspectateurs. L’objectif est simplement de donner l’illusion d’être la chaîne des spécialistes, d’être plus pointu et intelligent que la concurrence.

Attention, je ne suis pas en train d’expliquer l’inanité totale de la statistique en matière de football. Mises en avant, extraites de la masse confuse, certaines ne manqueraient pas de pertinence, seulement elles sont noyées dans le flot d’informations à la c*n. A vrai dire, pour qu’une statistique soit intéressante elle doit correspondre à au moins un de ces critères :
-renseigner sur un élément nous ayant échappé (exemple : un joueur a pris un jaune car il s’agissait de 6e faute),
-battre en brèche une fausse impression assez commune (exemple : un joueur semble discret mais a en réalité énormément couru et récupéré de ballons),
-mettre en valeur une donnée particulièrement remarquable (exemple : sur 20 tirs un seul a été cadré),
-éclairer sur les difficultés rencontrées par une équipe/un joueur (exemple : dans les 30 derniers mètres untel touche le ballon en moyenne 6 fois avant de faire une passe, manque de centres d’un côté habituellement fort),
-ou sur la stratégie d’une équipe (exemple : le gardien relance systématiquement court, telle équipe insiste sur le côté où elle a décelé une faiblesse chez son adversaire, le nombre de frappes lointaines est très élevé).
Ces 2 derniers points requièrent souvent l’analyse comparative de plusieurs séries de statistiques, il est donc nécessaire d’avoir à disposition ces données relevées à partir d’un échantillon de rencontres assez nombreuses et bien choisies pour que la comparaison ait un sens, ce qui n’est presque jamais le cas concernant les statistiques de Canal+. Un des nombreux gros reproches à faire à cette prétendue analyse scientifique du jeu est son côté extrêmement superficiel.

D’une part la façon de procéder est bidon, au lieu d’utiliser des statistiques pour essayer de comprendre ce qui se passe sur le terrain, elles sont souvent choisies dans le but d’appuyer les théories douteuses et les jugements préétablis des commentateurs. D’autre part, toute analyse scientifique requiert de prendre du recul. Observer les données et les confronter avec objectivité est impossible en direct.

Si je n’écris quasiment jamais mes analyses de matchs – analyses qui ne se veulent pas du tout scientifiques – avant un second visionnage c’est pour une raison simple, mes impressions en direct sont influencées par le déroulement des événements, une action forte (positive ou négative) ou une bonne fin de match peut parasiter ma perception de l’ensemble. Tout être humain fonctionne ainsi, les émotions jouent sur le jugement sur l’instant. On constate quelques nuances, le phénomène est nettement plus prononcé chez certaines personnes. Pour ces dernières une victoire ou un but auront des effets très puissants, ils provoqueront une amnésie sélective.

Pour donner du sens à ces stats il est impératif d’être plus précis, de beaucoup mieux trier et filtrer. Un staff technique peut alors s’en servir pour mettre en relief des défaillances ou des points forts, autrement dit à identifier ce qu’il faut corriger ou à utiliser à son profit. Sur une chaîne de télé pendant une retransmission en direct c’est de la poudre aux yeux… de la poudre à flan. On apprend très rarement des choses dont on ne se rendait pas compte soi-même grâce au simple visionnage de la rencontre.

Tout ce paragraphe concernant les stats avait pour but d’expliquer pourquoi la lubie poussant à caser 61 incrustations différentes (d’une durée de 6 ou 7 à 40 ou 45 secondes à chaque fois) dans la retransmission d’un match de foot frise le ridicule. Trop, c’est trop. Jean-Jacques Amsellem, le réalisateur de cette rencontre[2], n’est pas le responsable de cette mascarade, le problème vient de la ligne éditoriale. Cet afflux de chiffres devrait être réservé aux utilisateurs de la fameuse Canal Football App’ au lieu d’être imposé à tous les téléspectateurs. En revanche, Amsellem est coupable de certaines horreurs – pas toutes empruntes de laideur – comme insérer dans le direct des plans inintéressants au possible des bancs ou d’une séquence enregistré avant le match (en l’espèce pour nous montrer Cavani et Lavezzi en train de discuter au lieu de s’échauffer). En seconde période on a eu droit à un gros plan sur une jeune blonde certes pas désagréable à regarder mais pas franchement pertinent… 6 secondes quand même ! On a le temps de marquer un but en 6 secondes. Le commentaire de Stéphane Guy ? «Une amie.» Ridicule ! (J’ai déconné avec ça dans la vidéo… On a le droit de s’amuser un peu !)



Et le match dans tout ça ?
Commençons par la composition des équipes. Seulement 4 Parisiens ont débuté à la fois à Valenciennes et contre Toulouse : Sirigu, Marquinhos, Verratti et Ibra. Côté PSG, en l’absence de Thiago Silva et d’Alex, blessés, le choix en défense centrale se limitait à… choisir qui de Zoumana Camara ou Marquinhos évoluerait axe droit (et donc axe gauche, forcément). Blanc a remis Marquinhos axe gauche, il semble vouloir l’y fixer, pourtant le jeune Brésilien est apparu nettement plus à l’aise axe droit (où il évoluait à la Roma dans un trio), Camara a beaucoup plus l’habitude d’évoluer à gauche et c’est surtout là que Thiago Silva préfère évoluer… Du moins c’était le cas quand il voulait dégager Mamadou Sakho afin de ramener sa clique brésilienne au PSG. Oui, la venue de Marquinhos, c’était à sa demande, il y a des histoires d’agents, de copinage et de préférence nationale. Bref, on passe à la suite.

Comme prévu les latéraux ont changé après le turnover de mercredi, Thiago Motta – seule option de secours en cas de problème en défense centrale – a retrouvé sa place au milieu où Adrien Rabiot a suppléé Matuidi, dont l’utilisation intensive nécessitera encore ce genre d’impasses relatives (il est entré en jeu, ce n’était pas prévu mais nécessaire). Blanc avait misé sur un coup de l’ancien[3], ça a failli fonctionner en seconde période. Il s’agissait de la première titularisation de la saison du jeune milieu chevelu, il aurait dû débuter à Valenciennes, il a été gardé au chaud pour être au taquet contre Toulouse.

En attaque, grosse surprise. Non, pas du tout en réalité, simple confirmation. Si Jérémy Ménez a eu droit à sa première titularisation de la saison après sa série de problèmes physiques, si Lucas a de nouveau eu sa chance à droite, le sacrifié a été Cavani, passé du statut d’ailier de fortune à celui de remplaçant de luxe. Pourquoi s’embêter à chercher la meilleure façon d’associer les 2 stars de l’effectif quand on a l’occasion de s’épargner ce casse-tête ? On ménage l’ego du Suédois en le titularisant, on le remplace ensuite par l’Uruguayen condamné à se dépouiller pour briller en moins d’une demi-heure… mais en jouant à son poste. La plupart du temps tu bouffes de la craie, des sprints pour aller défendre et du banc… et parfois on te récompense de tes efforts en te faisant jouer 15 à 30 minutes en pointe. C’est son lot de consolation. Là ça va, il a marqué, mais ça sent la dépression si la situation reste figée plusieurs mois.

L’équipe était donc la suivante : Sirigu - Van der Wiel, Marquinhos, Camara, Maxwell - Verratti, Motta, Rabiot - Lucas, Ibrahimovic, Ménez. Sur le banc : Douchez, Digne, Jallet, Matuidi, Ongenda, Lavezzi, Cavani. Malheureusement Pastore n’était pas sur la feuille – encore sa cuisse semble-t-il – contre cette équipe face à laquelle il a toujours été excellent depuis son arrivée au PSG.

En face, un 3-5-2 désormais habituel à Toulouse, ou plutôt une légère variante, un 3-5-1-1, car au lieu de titulariser Wissam Ben Yedder (voire Eden Ben Basat, de retour de blessure) avec Martin Braithwaite, Alain Casanova a fait monter Oscar Trejo d’un cran (ce dernier est habituellement un des deux 8/10 avec Clément Chantôme). Pour apporter le complément de dureté et d’agressivité nécessaires pour combattre le PSG, le Colombien Abel Aguilar a débuté pour la 2e fois sous le maillot du TéFéCé. Avec Zlatan, c’est déjà l’amour fou.

Tant que le PSG gagne, personne ne parle d’une anomalie récurrente : un accord de prêt devrait toujours prévoir une clause interdisant au club bénéficiant de ce cadeau amical d’aligner le joueur concerné lors des rencontres entre les 2 parties, sauf bien sûr en cas de prêt payant. Si comme dans le cas de Chantôme le prêteur continue de prendre en charge une grande partie du salaire, cette prohibition devrait même être réglementaire afin de se prémunir contre toute accusation d’arrangement douteux. Les dirigeants parisiens n’apprennent pas de leurs erreurs, la saison passée Jean-Christophe Bahebeck a failli coûter des points à son club formateur[4], Chantôme a failli faire de même, il a été très bon pour la premier match de sa carrière CONTRE le PSG.

Récents champions d’Europe avec les Bleus (c’était pendant PSG-Monaco la semaine dernière), Tony Parker et Nicolas Batum ont donné le coup d’envoi fictif, ils ont eu droit à une belle ovation, la dernière avant de retourner aux Etats-Unis pour le début de la pré-saison en NBA. C’était quasiment le meilleur moment de la rencontre. Je n’exagère même pas.

Je redoutais ce moment, celui de parler de ce qui a cruellement manqué, le jeu

Si en début de match les Parisiens ont tenté de créer des décalages ou du moins d’accélérer sur les côtés, y parvenant même à plusieurs reprises, les centres n’étaient jamais ajustés, d’où une absence totale de dangerosité. La première occasion franche a été toulousaine, elle s’est produite dès la 4e minute, il a fallu une super parade de Sirigu pour sauver la maison sur une tête piquée de Didot, destinataire d’un centre de Braithwaite bien lancé dans le dos des défenseurs. A la 9e, une récupération de Rabiot près de la surface adverse a enfin permis de mettre à mal des visiteurs très disciplinés dont le pressing haut bloquait complètement le jeu de l’équipe hôte, souvent coincée dans sa propre moitié de terrain. Dans ce cas, il y a eu un problème de coordination, en l’occurrence Ibra et Lucas étaient beaucoup trop courts, pas à cause de Rabiot mais à cause d’un manque de réactivité (les autres situations de ce genre n’ont pas été mieux exploitées en première période, on a constaté une amélioration après le repos).

Quand le nouveau public du Parc siffle son équipe à la demi-heure de jeu, il y a vraiment un problème car d’ordinaire ces gens se contentent de voir des stars. Auparavant, le public demandait surtout que les mecs se donnent et ne soient pas ridicules. La raison de ces protestations est claire : le spectacle était simplement bidon, le PSG se faisait des passes à 2 à l’heure derrière, il ne se passait quasiment rien. Pas de rythme, peu de prises d’initiative, beaucoup de jeu vers l’arrière (car beaucoup de contrôles orientés dans le sens inverse du jeu), énormément d’approximations techniques, des sautes de concentration. Au bout de 30 minutes on dénombrait 3 tirs (2 à 1 mais 0 dangereux à 1), c’est misérable. Avec une présence si faible dans la surface et un Ibra souvent en vadrouille très loin du but, comment voulez-vous être dangereux ? Face à une équipe en bois, ça peut passer, pas contre Toulouse.

Toulouse aussi avait des phases de possession, parfois assez longues. Avec Chantôme, Trejo et Didot, cette équipe dispose d’énormément de technique au milieu, mais aussi d’une grosse capacité à récupérer le ballon. Habituellement ils sont capables d’enchaîner assez vite, cette fois avec un seul véritable attaquant ils ont eu plus de mal, du moins avant l’ouverture du score. Menés 1-0, ils ont coupé le câble du frein, auparavant ils étaient trop timorés, le soutien offensif tardait à arriver, ce qui ne les empêchait pas de mettre quelques coups de pression. Pour une fois on va utiliser une des stats de Canal+ : à la 37e minute on nous annonçait 68% de possession parisienne dont 56% dans son camp… Toulouse 32% mais seulement 54% dans son camp. Normalement, en ayant autant la balle, une équipe doit nettement dominer, il devrait s’agir d’une attaque-défense, d’un véritable siège. Ce n’était pas le cas.

A une dizaine de minutes de la mi-temps, miracle, enfin une bonne action collective faite de passes vers l’avant ! Verratti est monté dans la surface pour faire un appel, Lucas l’a cherché dans un petit espace mais Yago a devancé l’Italien. En première période la possession du ballon n’a engendré aucune véritable occasion de but construite (peut-être une demi-occasion sur un centre de Ménez pour Ibra à la 38e). Avoir la possession du ballon n’est-il pas synonyme de jeu formidable ? A en croire les médias, oui. En regardant les matchs, on comprend bien que non. A vrai dire, en disposant de la gonfle les 2 tiers du temps, le PSG ne s’est créé aucune occasion franche à l’exception de celle de son but sur CPA. Les autres CPA du match ont été tiré de façon très aléatoire par Motta et Lucas puis Lavezzi. Ils tirent souvent trop court (comme le corner de la main involontaire de Didot, surpris par la déviation ratée de Marquinhos avant le premier poteau). L’Italo-Brésilien en a seulement réussi un en première période puis un en seconde, connaissant toutefois une réussite impressionnante : l’un a fini en but, l’autre en tête sur le poteau.

Le CF bêtement concédé par Aguilar à sur la droite quelques mètres devant l’angle de la surface (faute sur Ménez) a été tiré dans le paquet, Verratti a réussi à devancer Chantôme dans les airs – aussi improbable que cela puisse être compte tenu de sa taille, ceci dit il me semble lui avoir tiré le maillot en courant vers la cage, ça aide – et a remis la balle de la tête vers Marquinhos totalement oublié au 1er poteau. Je me demande comment défenseur central a réussi à ne pas marquer du premier coup, ni comment les Toulousains ont fait pour lui remettre le ballon. Ali Ahamada a repoussé à bout portant puis Steeve Yago a essayé de dégager du genou, Marquinhos a profité du cadeau. 1-0, 41e, petit miracle. Pas si petit en réalité. En s’y reprenant à 2 fois pour marquer, l’ancien Romain a cadré 2 fois, soit 2 fois de plus que toute son équipe en 45 minutes (47 en comptant le temps additionnel, 63 si on s’intéresse aussi à la seconde période).

Les Toulousains ont immédiatement réagi, notamment sous l’impulsion d’Abdennour, qui me rappelle le Mario Yepes de la grande époque en plus hargneux. Le Tunisien a vu son tir repoussé sur la ligne par Verratti, posté au premier poteau sur un corner intelligemment joué en combinaison avec Didot (44e). Il est inadmissible de laisser le meilleur joueur adverse seul près du point de péno, lui octroyant l’opportunité de reprendre du pied un corner tiré à ras de terre en retrait. Même s’il se déplace bien, jamais il ne devrait pouvoir recevoir le ballon et frapper sans être contré. Pendant plusieurs minutes la défense du PSG était presque en panique, la mi-temps était attendue avec impatience. Outre Didot et Abdennour, Braithwaite (34e) et Aurier (43e) aussi ont eu des opportunités lors de cette première période, ils ont raté la conclusion de ces actions (respectivement une bonne ouverture de Chantôme et un centre de Sylla entre les jambes de Van der Wiel).

Les espoirs de constater une amélioration après la mi-temps ont été déçus, le rythme était tout aussi lent, la créativité et l’intensité toujours aussi absentes, la précision également. Ménez a complètement manqué une volée improbable à angle fermé (48e), Ibra une tête dans une position où cadrer été impossible (51e), néanmoins il s’agissait d’un véritable événement car Van der Wiel a réussi à trouver un partenaire en centrant, à ma connaissance c’est l’unique fois de la saison pour le moment.

Le Batave n’est pas le seul latéral aux défauts criants… Si je vous dis que Sylla est parti de son camp sur le côté gauche et s’est promené jusqu’aux 18 mètres en repiquant vers l’axe sans jamais être attaqué, me croirez-vous ? Cette action assez flippante s’est réellement produite, elle a été conclue par un tir, Sirigu a dû plonger pour bloquer le ballon au pied de son poteau (58e). Lavezzi venait de suppléer Ménez.

En cette seconde période Zlatan jouait de plus en plus à l’envers, Toulouse pressait encore plus haut, tenait de mieux en mieux le ballon, on assistait à un réel rééquilibrage dans ce domaine. A vrai dire, le PSG donnait l’impression de vouloir contrer en partant de plus bas. Cette stratégie totalement opposée aux préceptes de jeu affichés par Laurent Blanc était la plus pertinente compte tenu de la situation. Si en attaque placée vous êtes bloqués et contraints de multiplier les touches de balle avant de tenter une passe, il faut agir rapidement à la récupération du ballon sans laisser le temps aux adversaires de se réorganiser. Ainsi, un ballon de récupération à hauteur de la ligne médiane a permis à Ibra de partir au but. Gêné par le retour de Spajic, le Suédois a tiré dans le petit filet (60e). On peut néanmoins parler d’occasion de but. Enfin une pour le PSG ! Mieux, Lucas en a eu une autre, encore plus franche. Grattant lui-même le ballon dans les pieds d’Abdennour dans la même zone, il a accéléré avec un bon relais de Zlatan, son seul coéquipier présent à cet instant dans la moitié de terrain du TéFéCé, est parti vers l’axe en contournant 3 défenseurs… puis a tiré du gauche en plein milieu du but, donc en plein sur le gardien (64e). Tout ça pour ça. Ces actions solitaires illustrent bien à quel point l’équipe dépend des initiatives et qualités individuelles au lieu de fonctionner efficacement de façon collective. Attaquer à 2 ou 3, rendre le ballon aux adversaires avant d’avoir pu le sortir de son camp, voire de ses 30 derniers mètres, est-ce digne du PSG ? De ce PSG ? Non, évidemment, a fortiori au Parc. Balancer loin devant en envoyant l’attaquant au casse-croûte non plus, pourtant ça s’est produit à plusieurs reprises.

Au milieu de ce marasme, un corner a failli permettre à Rabiot de marquer de la tête, il était au second poteau tout près de sa cible de 7m32 sur 2m44, le ballon devait finir au fond, il l’a propulsé sur le poteau, Braithwaite l’a ensuite éloigné alors qu’il longeait la ligne de but (67e). Dans la foulée Aguilar a chargé Zlatan dans le dos à l’intérieur de la surface en répondant à ses provocations (j’y reviendrai plus bas), le ballon étant en jeu la faute devait donner lieu à un penalty (une faute aurait aussi pu être sifflée au départ à l’encontre du géant venu du froid). Au lieu d’obtenir ce péno et de sauver son match juste avant de sortir, le footballeur le plus craint de France a gagné une nouvelle controverse et perdu du temps, ça a palabré 3 plombes avant son remplacement par Cavani (69e) suivi de celui de Trejo par Ben Basat.

A un gros quart d’heure du coup de sifflet final les Toulousains prenaient clairement le dessus au milieu et se montraient de plus en plus menaçants (Braithwaite à raté sa reprise à 16m50, bien servi par Sylla, puis Chantôme, lancé en profondeur par Didot, a été gêné par… Lavezzi, revenu défendre, mais surtout par le mauvais rebond, il n’a pu trouver que le petit filet). C’est alors que M. Ennjimi a commis sa énième erreur de la journée en accordant un péno à Cavani pour un tacle de Spajic qui à vitesse réelle m’a semblé parfait… avant confirmation grâce au ralenti. Une fois de plus, il s’agissait d’une récupération dans la zone de la ligne médiane, Rabiot a immédiatement lancé l’Uruguayen en profondeur, ce dernier était en position excentrée, vous connaissez la suite. Cavani a inscrit son 4e but de la saison (en L1), son 2nd de la semaine, un contrepied.

Matuidi a remplacé Lucas quelques instants avant la transformation de la sentence. Ben Yedder a été substitué à Braithwaite pendant la célébration du but. Etrangement, en cherchant à blinder Blanc a redonné un peu de vie à son équipe, celle-ci s’est mise à jouer au ballon, à combiner, à jouer dans le camp toulousain. Un Matuidi, et ça repart ! On le sait, Blaise ne peut s’empêcher d’aller de l’avant. Lors de cette bonne fin de match Lavezzi a été contré in extremis par un tacle de Sylla (82e), Rabiot a manqué sa frappe enroulée (85e), Cavani a mis 2 fois le feu dans la surface (84e et 91e), ceci entre autres actions bien construites. On a même entendu des spectateurs chanter des «Olé !» comme si leur équipe avait régalé la galerie pendant tout le match… Ça faisait juste 5 minutes les gars ! Cette situation illustre bien mon propos concernant l’amnésie provoquée par le résultat.

Après ces 10 minutes de domination parisienne, les visiteurs ont trouvé des ressources physiques et mentales pour réduire la différence entre la réalité du terrain et l’apparence du score. Ils ont multiplié les centres côté droit, en particulier par Aurier. Malheureusement pour eux, Ben Basat leur a coûté 2 buts en un rien de temps. L’Israélien a d’abord réussi un exploit, celui de ne pas pousser le ballon au fond sur un service parfait, il s’agissait d’une contre-attaque menée à 4 face à seulement 4 Parisiens (plus Sirigu) tous éliminés par les courses et le centre d’Aurier, Ben Basat était seul à 4 mètres du but vide, il lui suffisait de se jeter avec une jambe en avant, il… a raté le ballon en tentant d’y aller à la Zoumana Camara,avec le genou gauche. Malchanceux, l’ancien Brestois a ensuite bien sauté pour s’éloigner de la trajectoire du tir de Ben Yedder, lui-même servi à l’entrée de la surface par Regattin, le remplaçant de Didot. L’assistant a néanmoins levé son drapeau, le but a été annulé pour HJ, le coup de sifflet final a suivi.

Il ne s’agit pas d’un résumé mais d’un condensé de la rencontre, j’en ai gardé 39 minutes (dont environ 36 du match) sur une centaine en essayant de respecter son scénario et l’enchaînement des événements. J’ai voulu mettre en lumière le déchet technique, le gâchis et le manque de rythme, pas seulement le positif, néanmoins le résultat est moins ennuyeux que l’original.

Sirigu a manqué d’assurance dans certaines prises de balle, néanmoins il a encore été décisif (2 fois).

Défensivement, il est toujours aussi passable mais Van der Wiel a tenté 9 centres pendant ce match (selon les statistiques officielle) et a envoyé le ballon sur un partenaire une fois sur 9, c’est une fois de plus que depuis le début de la saison. Certains parleront de progrès, fermant les yeux sur les décalages gâchés en préférant une passe en arrière ou en envoyant le ballon droit sur un défenseur faute de savoir ajuster ses centres. Comme Maxwell, il a beaucoup trop laissé faire son vis-à-vis. Le Brésilien a été très moyen pour ne pas dire médiocre.

La défense centrale mérite la moyenne, sans plus. Par moments on a senti de la fébrilité mais comment aurait-il pu en être autrement ? Il s’agit d’un duo de fortune qui s’est découvert dimanche contre Monaco, s’est retrouvé mercredi en seconde période et a été titularisé pour la première fois le samedi, un duo composé d’un débutant et d’un ancien qui n’avait plus l’habitude de jouer. Camara dépanne. Certaines interventions comme le dégagement de Marquinhos en plein sur Braithwaite et des "relances" en balançant loin devant rappellent la nette supériorité de Thiago Silva par rapport à ses compléments. Toutefois, cette rencontre est encourageante dans la mesure où, après 3 prestations extrêmement flippantes, le nouveau venu a pour la première fois su éviter les de commettre des erreurs grossières. Son but est anecdotique dans la mesure où il a dû s’y reprendre pour ne pas louper l’immanquable mais surtout en raison de son poste car on juge un défenseur sur ses qualités défensives et sa relance, le reste est un simple bonus. Néanmoins, s’il se découvre des talents de buteur, on ne s’en plaindra pas.

Souvent dépassé défensivement (5 fautes, pas de carton) comme sur l’occasion de Didot, Verratti a fait fort en première période avec des pertes de balles stupides et/ou dangereuses, dont une tentative de dribble à 8 ou 9 mètres de son but – il a battu son record ! – à la 45e quand le PSG souffrait le plus. Quelques-unes de ses horreurs sont dues à d’impressionnantes sautes de concentration. Il s’est fait endormir par les Toulousains. Heureusement, il a respecté la consigne en gardant son premier poteau sur corner, ce qui lui a permis pour la 2nde fois de la semaine d’effectuer un sauvetage sur sa ligne, évitant encore l’égalisation à 1-1. L’autre élément à mettre à son crédit est la remise de la tête à l’origine de l’ouverture du score. S’il a retrouvé son poste de n°8 axe droit après un passage en 6 à Valenciennes, son implication dans le jeu offensif est restée très médiocre, quasi nulle, rien à voir avec sa prestation globalement très positive contre Monaco. Le jeu du PSG a cruellement pâti d’un manque de dépassement de fonctions, Verratti aurait dû aller s’intercaler entre les lignes, il s’y est attelé très rarement, restant placé beaucoup trop bas.

Comme Verratti, Thiago Motta a beaucoup touché le ballon, la feuille de stats affiche plus de 100 "ballons joués" et 96% de passes réussies. Un individu ne comprenant pas la différence exposée dans la digression entre les différentes sortes de passes s’expose à des raisonnements frelatés. Vous lirez sans doute qu’ils ont été exceptionnels, pourtant en pratique ils n’ont quasiment rien créé, leurs passes ont essentiellement consisté à faire tourner le ballon derrière faute de solution. Je reproche aussi à Motta certaines attitudes insupportables comme sur la dernière action, celle du but refusé à Ben Yedder. Regardez Motta, au lieu d’aller se replacer, il marche, regarde à peine le jeu, il s’en bat les c*uilles royalement. Sa qualité sur CPA est très fluctuante, les 2 ou 3 réussis font oublier les 6 ou 7 manqués.

Au milieu, le seul à avoir réellement essayé de jouer vers l’avant est Rabiot, mais essentiellement en tentant des ouvertures ou des passes longues vers ses attaquants. Le jeune gaucher n’a pas créé le mouvement qu’apporte un Matuidi quand il est sur le terrain mais était le plus entreprenant des 3 milieux (il est par exemple à l’origine du péno), c’est pourquoi il a moins touché la gonfle que ses comparses (il ne passait pas son temps dans son camp). Dès son entrée sur le terrain le véritable taulier du milieu a tout de suite montré comment on joue au ballon, à peine entré en jeu il a révolutionné le jeu de l’équipe.

Pour sa première titularisation de la saison Ménez a foulé la pelouse 57 minutes. Hormis 2 ou 3 décalages, un centre pas trop mauvais et obtenir le CF de l’ouverture du score, il n’a pas fait grand-chose de positif. Ceci dit, Lucas n’a pas été bien meilleur avec ses accélérations pour la plupart prévisibles et ses centres pas au niveau, il s’est seulement distingué grâce à son raid en seconde période conclu par un tir repoussé par Ahamada. Pastore se serait fait démonter s’il avait fait un match comme ça. Entré en jeu, Lavezzi a été bon essentiellement grâce au renfort de Matuidi.

Ibra est passé à côté de son match. Il devait sortir au bout d’une demi-heure, le ballon ne sortait pas, Cavani attendait déjà depuis longtemps mais Blanc a retardé le changement pour un dernier corner, une très mauvaise idée car ça a provoqué beaucoup de problèmes. Déjà en première période le Suédois a énormément joué des bras et des coudes à l’image d’un tirage de maillot et petit coup dans les dents de Yago en se retournant pour frapper – mal – à l’entrée de la surface (22e). Par la suite, il s’est embrouillé avec Abdennour qui l’avait gêné pour reprendre un centre (38e), un peu avec Aguilar je crois, et bien sûr, c’est parti en vrille avec provocation du Colombien par Ibra (coup d’épaule gratuit, sur un autre CPA il l’avait déjà bousculé) et réponse du Sud-Américain dans la foulée (charge gratuite dans le dos) juste avant le remplacement décidé par Blanc depuis un moment. A sa sortie, le ceinture noire de taekwondo s’en est pris à son grand ami Jonathan Zébina[5] qui était sur le banc toulousain, rien de bien méchant, il n’y a pas eu d’agression physique, juste des mots et un geste dont certains vont faire leurs choux-gras, mais tout ceci est anormal, il n’avait aucune raison de s’énerver. Alors pourquoi autant d’agacement ? Quand Ibra sort sans avoir été bon ou a minima décisif, laissant sa place à Cavani, un joueur capable d’égratigner son statut d’arme offensive n°1 du club, il est énervé, ça le faisait chi*r. Un Zlatan tueur sera toujours plus utile au PSG qu’un Zlatan simplement vicieux et énervé. L’excellente entrée de l’Uruguayen aussi combatif en attaque qu’en défense n’a pas dû le ravir.

Côté toulousain je vais seulement en citer 3 qui sortent du lot : Abdennour, Didot et Chantôme.
Abdennour est le leader d’effort et le patron de la défense (car avant tout il s’agit d’un très bon défenseur). Bien sûr, il lui arrive de commettre des erreurs mais elles passent presque inaperçues en raison de sa solidité et de son engagement. Le gars envoie du pâté, c’est impressionnant, un vrai guerrier, il n’a peur de rien, est aussi capable d’effectuer de montées de libéro, a la dose nécessaire de vice et d’expérience pour bien faire son taf.
Didot est le capitaine, je l’ai toujours apprécié, il figure sur la liste des joueurs qui auraient mérité quelques sélections au cours de leur carrière, surtout quand on voit qui a été appelé en EdF pendant cette période (sur la liste j’ai aussi Armand, Bodmer, Leroy, Balmont, Cheyrou). Techniquement c’est très au-dessus de la moyenne, quand il faut se dépouiller au milieu il n’est pas le dernier à s’y coller, il sait faire jouer les autres, va de l’avant. Il a réussi de meilleures prestations, néanmoins je me sens obligé de le citer.
Chantôme m’avait semblé assez discret en première période quand Toulouse était timoré, je me suis ravisé en revoyant le match, en réalité il était déjà très actif. Pressing, récupération, relance, décalages, appels, il a tout fait en quantité avec énormément de justesse. Il va jouer dans le camp adverse mais ne perd quasiment pas un ballon, quand il faut le garder ou le donner en une touche, accélérer ou au contraire temporiser, il se trompe rarement, idem quand il faut écarter ou aller dans l’axe. En général quand il donne le ballon il se replace pour éviter à son coéquipier d’être isolé. Simple mais très efficace. Dommage qu’il ait dû se faire prêter pour montrer ses qualités. Il n’a rien à envier aux milieux actuellement au PSG, tant s’en faut. Ah si, une chose : de la considération. Il n’est pas reconnu à sa juste valeur, néanmoins à la 93e minute son nom a été chanté par une bonne partie du public.

Le TéFéCé a en grande partie renouvelé son équipe, les joueurs apprennent à se connaître, ça commence à venir, on le sent. Les résultats contre les gros sont bons (nul à Monaco, nul contre l’OM en méritant de gagner, victoire à Sainté), en continuant à jouer ainsi et à progresser un top 6 au soir de la 38e journée est parfaitement envisageable malgré un très mauvais début de saison dû aux arrivées tardives.

L’homme du match est… M. Ennjimi ! Si ses assistants ont été de très mauvais conseillers, il est le principal coupable de ses erreurs. Le jaune d’Aurier (32e) était logique, ne pas siffler péno pour la main de Didot (33e) était une bonne décision s’il s’agissait d’une décision (difficile de savoir s’il a vu quelque chose), se contenter d’un CF sans carton à l’encontre de Verratti quand ce dernier a taclé avec les 2 pieds dans la surface était pertinent car il a essayé de ranger ses jambes pour éviter de faire mal au Toulousain (36e). En revanche, Verratti aurait dû prendre un jaune soit pour ne pas avoir respecté la distance sur CF (46e), soit pour accumulation de fautes.

Ennjimi a surtout oublié des fautes évidentes, je pense notamment au tirage de maillot d’Ibra sur Yago (24e), au tacle de Yago sur Lucas (45e), à la charge d’Aguilar dans le dos d’Ibra qui aurait dû donner lieu à un penalty (67e) mais aussi les provocations du Suédois sur le Colombien juste avant (dans ce cas l’agression d’Aguilar n’aurait pas eu lieu). Ennjimi a aussi sifflé des fautes imaginaires sur Ibra (63e) et Maxwell (71e), ce qui a eu le don d’énerver Abdennour. Sanctionné à tort, il a mis un grand coup de pompe dans le ballon et a pris un jaune. Notons également que si Aguilar a reçu un avertissement suite à l’accrochage avec Zlatan, c’est pour des paroles. Le Suédois aurait pu s’en prendre un également. Et que dire de Motta, allé jusqu’à exercer une pression physique sur l’arbitre en début de 2nde période ?

A la limite, tout ceci aurait pu être facilement oublié s’il n’y avait eu ce péno imaginaire puis le but refusé de façon extrêmement sévère. Dans les 2 cas il a suivi son assistant pourtant mal placé. Le premier était du mauvais côté du joueur, Ennjimi avait un meilleur angle, il n’avait pas vu de faute et a mis 3 plombes à désigner le point de penalty indiqué par son assesseur. Le second n’était pas dans le bon axe pour voir si Ben Basat, effectivement en position de HJ, gênait Sirigu et était donc actif ou passif. L’Israélien avait même sauté pour éviter de se trouver sur la trajectoire. D’une part personne ne réclamait, ni le gardien qui n’aurait pu intervenir, ni les défenseurs pourtant prompts à lever le bras, d’autre part il s’agissait de la dernière action du match, le PSG aurait gardé ses 3 points. Refuser ce but allait à l’encontre de l’esprit du jeu et de la règle. Il y a eu excès de zèle, manque de discernement. Quand on a offert un péno bidon un peu plus tôt à l’autre équipe, on évite ce genre de choses à ce moment de la rencontre, la loi XI laisse une marge d’interprétation pour permettre aux arbitres de ne pas tomber dans le travers de l’application stricte de la lettre. Dans le doute, abstiens-toi !

CONCLUSION.
Si, afin d’expliquer le niveau particulièrement médiocre de cette rencontre, quelqu’un vous affirme que Toulouse est venu pour blinder et n’a pas joué, c’est un charlatan, détournez-vous en. Toulouse utilisait mieux le ballon et s’est créé un nombre anormal d’occasions, son collectif en très grande partie recomposé au mois d’août semble mieux huilé que celui du PSG dont le 4-3-3 est déséquilibré vers l’arrière. Sans Matuidi l’absence de milieu offensif était encore plus criante, il n’y avait aucune créativité et surtout aucun dépassement de fonction, c’est-à-dire peu de soutien offensif, d’apports de surnombre et de mouvement. Dans ces conditions, comment voulez-vous déstabiliser une équipe bien organisée ayant pour ambition de venir vous bloquer chez vous et de vous repousser loin de sa surface ?

Une fois de plus, les Parisiens n’ont pas su transformer leur possession du ballon en occasions et ont dû s’en remettre à une réussite impressionnante sur les rares CPA bien tirés. Avoir besoin d’un péno injustifié au moment où ils se faisaient bouffer au milieu n’est pas à leur honneur. On s’est bien fait chi*r, certains joueurs admettent que l’équipe n’a pas bien joué (sans toutefois donner l’impression de vouloir se remettre en cause), d’autres se voilent la face, certains supporters aussi. On peut lire et entendre des inepties du genre «le PSG a géré» comme si le concept de gérer un match à 0-0 ou 1-0 avait du sens. Les gars, si pour vous «l’important c’est les 3 points» et que rien d’autre ne compte, chantez donc «allez l’ennui !» au lieu d’«allez Paris !», vous y gagnerez en cohérence !

Mercredi contre Benfica, même en très petite forme comme en ce moment, il faudra sans doute faire beaucoup mieux pour l’emporter, mais aussi pour convaincre.

Notes

[1] Je cite volontairement la chaîne info du groupe Canal.

[2] Je ne sais pas s’il s’occupe à la fois du signal international et de celui de Canal+.

[3] Rabiot a été prêté à Toulouse de janvier à juin, est-il nécessaire de le rappeler ?

[4] A 1-0 il a provoqué une faute de Verratti dans la surface, ce dernier devait être exclu, Troyes aurait dû obtenir le péno de l’égalisation et Paris aurait joué la seconde période à 10.

[5] Ils se vouent une haine commune depuis leur cohabitation très difficile à la Juve, il y avait eu baston.