En résumé, à l’abri au bout d’une demi-heure grâce à un réalisme impressionnant leur ayant permis de mener 3-0, les joueurs de Laurent Blanc ont arrêté de jouer, se contentant de gérer. On s’est donc bien fait chi*r pendant une heure au cours de laquelle l’équipe – à l’exception de 2 ou 3 joueurs – préférait faire de la passe à 10 dans son camp au lieu d’attaquer afin d’en planter un 4e. Dès 40e puis de nouveau à la 55e minute, on entendait des «Olé !» au Parc des Princes à chaque passe effectuée entre Parisiens devant leur surface à 10 bons mètres des premiers adversaires… Il ne se passait pourtant strictement rien, on assistait à du refus de jeu. Comment peut-on prendre du plaisir à regarder ce genre de séquences interminables ? Ça revient à se secouer le manche devant Histoires naturelles alors qu’en appuyant sur 2 touches de la télécommande on tomberait sur un programme plus approprié… Vous savez, un programme où ils la mettent toujours au fond, se font des actions à 2, 3 ou plus…

La saison passée il a souvent été reproché – à tort ou à raison – au PSG et plus particulièrement à certains de ses joueurs de ne pas se donner à fond en championnat et en coupes mais seulement en Ligue des Champions. Cette critique a été encore plus vive après la déclaration d’André Rieu (aussi connu sous le nom de Leonardo) suite à la défaite à Reims. On lui a énormément reproché d’avoir dit «peut-être on a une équipe faite pour l’Europe» afin d’exprimer l’idée selon laquelle il est paradoxalement il était plus difficile d’être bon en championnat face à une petite équipe, a fortiori chez elle, qu’en Ligue des Champions face à une grosse. C’est pourtant logique, la première est morte de faim et spécialement préparée pour empêcher son prestigieux adversaire de jouer, la seconde ne va pas systématiquement chercher à blinder sur un terrain dégueulasse.

On ne peut le nier, la saison passée certaines rencontres ont été totalement bâclées, le PSG essayait au mieux de prendre un but d’avance et arrêtait de jouer, on s’emm*rdait royalement, Zlatan Ibrahimovic marchait. Cette attitude, on ne la voyait quasiment jamais en Ligue des Champions, ça envoyait du pâté, tout le monde était au taquet.

Cette saison, tout a changé. Ou pas. Les matchs de m*rde en L1 avec des joueurs peu motivés qui arrêtent de jouer quand ils ont réussi à marquer parfois sans trop savoir comment… Ah bah si, ils les font toujours. VA-PSG et PSG-Toulouse en sont des illustrations parfaites. En Ligue des Champions ils… font comme la saison passée, en l’occurrence contre Benfica ils ont reproduit le PSG-Kiev de la saison passée avec un 3-0 en une demi-heure dont des buts sur CPA puis il ne s’est presque plus rien passé (score final 4-1 avec des buts en toute fin de rencontre). Mercredi soir, on a dû attendre 27 minutes en seconde période pour voir le PSG tirer une 6e fois au but après 5 tentatives dont 4 cadrées avant la pause. Les Parisiens ont une excuse valable pour avoir géré en seconde période, celle d’avoir déjà l’esprit tourné vers la Grande Sardinade de dimanche, on peut les comprendre même si on aurait aimé assister à une bran-bran historique. En revanche, ils n’ont aucune excuse pour leurs prestations minables – bien que victorieuses – de la semaine passée.

Une question se pose : si en 30 minutes tu peux démonter Benfica, comment expliquer les difficultés embarrassantes rencontrées contre la plus mauvaise équipe du championnat français et contre une formation de milieu de tableau de L1 ?

Tentons de réponde à cette question, ou à défaut d’y répondre, tentons d’apporter quelques éléments de compréhension.

-L’état d’esprit des joueurs diffère d’une compétition à l’autre (regarder Ibra suffit à apprécier la chose, le fantôme aperçu contre Toulouse a été remplacé par Zlatan le génie)… En fait le PSG est plus serein en LdC qu’en L1, dans son groupe il n’a aucun concurrent, la 1ère place lui est promise. En championnat, il n’a pas le droit de se manquer car Monaco est à l’affut du moindre faux-pas. En réalité, la variation du niveau d’engagement et de concentration saute aux yeux uniquement dans le cas de quelques-uns des titulaires habituels.

-L’incroyable réussite offensive/efficacité : 3 occasions et 3 buts. Ajoutez 2 occasions (doubles) en seconde période sans marquer. En face, 2 ou 3 occasions franches mais une incapacité à faire trembler le filet à cause de Sirigu et d’un manque de précision terrible. Remarquons-le, l’efficacité était déjà au rendez-vous à Valenciennes et contre Toulouse. Cette fois, le PSG a ouvert le score très rapidement puis a doublé la mise grâce à un défenseur jouissant actuellement d’une chance de cocu[1] et a fini le travail grâce à une tête déviée par un défenseur. Laurent Blanc est connu pour être un gros chattard (comme Didier Deschamps), mais aussi un entraîneur qui fait bosser les coups de pied arrêtés. Bordeaux marquait beaucoup sur CPA, Paris s’y met aussi. Le fait d’avoir Ibra et Cavani dans l’équipe aide aussi à moins gâcher.

-L’adversaire bidon facilite la tâche. Benfica, c’était une désorganisation totale, un pressing comique, des joueurs pas du tout dans le coup mentalement (toujours traumatisée par la méga loose de la saison passée), une méforme de notoriété publique (cette équipe, 5e de son championnat, vient de faire match nul chez elle contre la lanterne rouge), un entraîneur (Jorge Jesus) englué dans des soucis d’ordre juridico-sportifs, l’absence de joueurs importants (dont Salvio). Hormis Nicolas Gaitan – sorti à la 66e en signe de renoncement – et 2 ou 3 autres par moments, dont Lazar Markovic, entré à la mi-temps, les visiteurs sont passés pour des clampins. J’exagère à peine. Techniquement, ils sont sans doute au point, du moins la plupart, mais en Ligue des Champions la technique ne suffit pas, il faut répondre présent à tous les niveaux, en particulier un, l’agressivité. J’ai rarement vu une équipe autant se laisser faire, tactiquement on n’a rien vu de cohérent (contrairement au TéFéCé le week-end dernier), ils n’avaient personne pour relancer la machine, donner de la voix ou montrer l’exemple, aucun leader (Luisao a été un grand défenseur mais à choisir entre lui et Abdennour, je prends le Tunisien sans l’ombre d’une hésitation). Toulouse n’aurait probablement pas perdu contre le Benfica vu au Parc.

-Le scénario dopant/plombant a été très favorable au PSG. En marquant dès la 5e minute, une équipe se met dans des conditions idéales, ça la libère, elle prend confiance, peut se permettre de voir venir. A l’opposé, en encaissant un but rapide, a fortiori à l’extérieur, une équipe se met dans une situation très compliquée, celle d’un match à handicap, elle est obligée de prendre plus de risques, elle doit d’abord penser à égaliser avant d’avoir une chance de l’emporter, il ne lui est donc plus possible de réaliser le hold-up pour laquelle elle est probablement venue. Mentalement, ça joue beaucoup. A Valenciennes et contre Toulouse les Parisiens ont eu beaucoup plus de mal à ouvrir le score, or plus elle tient le 0-0, plus la formation ayant pour espoir de réaliser un exploit devient difficile à manœuvrer. Les meilleurs exemples concernent PSG-Ajaccio (but corse en début de match puis opération "on s’accroche" jusqu’à une égalisation tardive) et PSG-Guingamp (il a fallu attendre le temps additionnel pour enfin prendre l’avantage).

A ce discours concernant l’apparente différence de motivation et de maîtrise entre les rencontres continentales (2 victoires par 3 buts d’écarts) et nationales (jamais plus de 2 buts marqués par match depuis le début de la saison, des résultats obtenus dans la douleur), il faut ajouter un immense bémol, le genre qui pourrait être exposé sous le dôme du Grand Palais lors d’une exposition d’art moderne : si le PSG a été capable de sortir un très gros match une première demi-heure de rêve contre le Benfica, il s’est fait bouffer pendant très longtemps à Athènes lors de sa visite chez l’Olympiakos et a aussi montré certains signes de fébrilité en début de rencontre face aux Portugais. Ceci a été vite oublié grâce à l’enchaînement des buts. On le sait, la victoire a un double effet, elle efface les mémoires et apporte beaucoup de sérénité. Ainsi, les hésitations, les imprécisions techniques, les prises de risques superflues et les pertes de balle idiotes sont devenues des erreurs sans conséquence. Et pourtant, elles ont existé. Effectuées dans d’autres circonstances, elles pourraient être graves.

Autrement dit, l’équipe de ce début de saison est capable du meilleur comme du pire dans le contenu. Si elle ne semble pas l’être dans le résultat, n’ayant que frôlé l’accident grave contre Bordeaux au Trophée des Champions, contre Ajaccio ou encore à Nantes, face à Guingamp et bien sûr en Grèce, ceci en trouvant toujours le moyen – souvent appelé Sirigu – de ne pas perdre et mieux, parfois celui de carrément inverser la tendance. La caractéristique principale du PSG reste son inconstance. En réalité, tout semble dépendre des adversaires, s’ils sont bien organisés et agressifs (là j’ajoute le match à Montpellier), le PSG galère. S’ils ne le sont pas et laissent un peu trop faire à l’exemple de Bordeaux en championnat, de Monaco en début de match il y a une dizaine de jour ou encore de Benfica, ça peut vite tourner à la leçon.

  • Le match, récit et vidéo.

Privé de Thiago Silva et de Pastore, tous les 2 blessés, Blanc a pris des risques en faisant jouer Alex à peine de retour de blessure[2] avec Marquinhos axe gauche, mais aussi Matuidi, victime d’un coup au pied à l’entraînement (coup de Rabiot) et très incertain (donc pas à 100% de ses capacités). L’équipe de départ était donc la suivante : Sirigu - Van der Wiel, Alex, Marquinhos, Maxwell - Verratti, Thiago Motta, Matuidi - Cavani, Ibra, Lavezzi.

Les nombreuses hésitations et imprécisions techniques des premières minutes ont été oubliées grâce à l’ouverture du score de Zlatan (5e). Le Suédois a conclu une très bonne action collective construite par ses partenaires avec notamment un jeu à 3 sur le côté droit, un enchaînement Verratti-Matuidi-VdW-Matuidi-Verratti-VdW conclu par un bon centre du Néerlandais – Alléluia !!!! C’est donc possible ! Van der Wiel est capable de réussir un centre ! Il me semble que c’est le premier de la saison… – en direction d’Ibra, totalement seul au second poteau, où le capitaine intérimaire a juste eu à pousser le ballon au fond. Zlatan se trouvait à l’extrême limite du HJ, seulement couvert par le ballon, de très peu de surcroît. Si les Portugais comptaient sur lui pour commettre l’erreur de se placer devant le ballon, tant pis pour eux ! Je tiens à mettre en avant le travail de Matuidi au cours de cette action, il a appelé le une-deux en partant dans la surface mais ne l’a pas reçu, celui-ci a échu au Batave qui avait pu faire son appel dans le dos de Gaitan dont l’attention était attirée par Blaise. D’ailleurs l’Argentin a levé le bras en demandant un HJ quand il a compris son erreur. A vrai dire ça s’est joué à quelques centimètres.

Défensivement, les Parisiens ont continué à afficher une sérénité pour le moins fluctuante (problèmes de communication, manque de réactivité ou de vivacité). Offensivement, il ne se passait déjà plus grand-chose, le ballon circulait à 2 à l’heure très loin de la surface du Benfica, on assistait de temps en temps à une accélération. Le 2e tir cadré du PSG aura été le résultat d’un dégagement contré par VdW (14e), dans la foulée Matuidi a frappé de loin sans réellement être dangereux (15e). Mener 1-0, se mettre à refuser le jeu, à reculer pour défendre bas et contrer, garder le ballon derrière, installer un non-rythme… J’ai eu l’impression d’un retour en arrière, on se serait cru à l’époque Ancelotti. L’idée de construire des actions dans l’objectif de faire le break semblait abandonnée, la solution individuelle était trop souvent privilégiée, on déplorait des excès de dribbles et de gestes compliqués, le tout conduisant à nombre de pertes de balle.

Soudain, dans la continuité d’un corner prolongé par un défenseur, l’écart a doublé (25e). L’action est magnifique. 3 passes, 5 secondes, but. Zlatan a pris l’information en se dirigeant vers la touche pour récupérer la gonfle, il a surpris le premier adversaire en talonnant pour Verratti qui s’est alors trouvé quasiment dos au jeu sur le côté de la surface. Ayant vu Matuidi se projeter une énième fois dans la surface, l’Italien l’a servi d’une très belle passe piquée. La défense, hors de position en raison d’un retard à l’allumage (quand il a reçu le ballon, Verratti n’avait pas un adversaire à moins de 4 ou 5 mètres, Matuidi a pris 2 mètres d’avance au départ de son sprint), n’a jamais été en mesure rattraper le coup, Matuidi a pu centrer fort devant le but vers Cavani, Artur a seulement pu détourner la trajectoire du ballon… vers Marquinhos, seul face à la cage vide.

Moins de 5 minutes plus tard, suite à un long arrêt de jeu causé par la blessure de Ljubomir Fejsa, remplacé par André Gomes, Ibra a inscrit le 3e et dernier but de la rencontre en reprenant de la tête un corner de Motta. Le défenseur au duel avec Zlatan a dévié le ballon de l’épaule (30e).

Jusqu’à la mi-temps, R.A.S., si ce n’est de la passe à 10 lénifiante en jouant à se mettre en danger, du déchet technique, 2 jaunes (Gaitan pour protestation à la 32e, VdW pour une semelle à la 36e) ainsi que 2 ou 3 actions faussement dangereuses.

Après la mi-temps, même topo (passe à 10, pertes de balle stupides, manque de volonté d’attaquer, pressing portugais toujours aussi peu convaincant) avec un petit plus, l’apport de Markovic, remplaçant de Djuricic, et globalement un peu plus d’envie chez les Portugais, du moins pendant un temps. Alex a rapidement pris un jaune en commettant une grosse faute devant sa surface, concédant du même coup un CF dangereux (46e). La frappe enroulée – mais puissante – tentée par Ezequiel Garay du côté ouvert du mur a rencontré la paume des mains de Sirigu. Benfica aura disposé des munitions pour sauver l’honneur, seulement les ballons de récupération ont été insuffisamment bien exploités, les centres et CPA ont manqué de justesse, les situations cafouilleuses dans la surface parisiennes ont toutes fini par tourner en faveur des locaux, y compris quand ils étaient en panique.

Redevenus inoffensifs et peu combatifs, les Lisboètes ont laissé faire, malheureusement n’a pas su tirer profit de quelques décalages, si bien que devant mon écran, je m’emm*rdais royalement, contrairement aux amateurs de pâté périmé qui peuplent actuellement le Parc des Princes[3]. Ces derniers chantaient les fameux «Olé !», mais aussi des «Et y sont où les Portugais ?» (déjà plus à propos), comme si le PSG se livrait à une démonstration de football. Voir des tas de passes inutiles derrière en attendant une ouverture en profondeur de temps en temps, ça n’a rien de passionnant.

Jorge Jesus a hissé le drapeau blanc à la 66e minute avec la sortie de Nicolas Gaitan, suppléé par Miralem Sulejmani. Pourtant, dans la foulée, le nouvel entrant a obligé Sirigu à effectuer sa seconde véritable parade de la rencontre sur un tir croisé concluant une bonne contre-attaque (68e). Lucas a suivi l’exemple donné par le Serbe 2 minutes après avoir remplacé Lavezzi (double changement, l’autre étant Rabiot pour Verratti). Le Brésilien a récupéré le ballon dans l’axe à 40 bons mètres du but, a effectué un demi-tour double roulette pour mettre 2 adversaires dans le vent en un éclair, a accéléré dans l’axe puis a effectué 2 feintes de frappes avant d’envoyer une mine depuis l’extérieur de la surface. Le tir a été repoussé par le gardien en direction d’Ibra, pas assez réactif pour envoyer le ballon dans la cage vide (72e). Cette action individuelle magique a permis au PSG d’enregistrer son premier tir de la seconde période… Au bout de 27 minutes, donc.

Peu de temps après, les Parisiens ont obtenu une autre occasion franche, une double là encore. Tout est parti d’une une-deux entre Van der Wiel et Lucas, le Batave s’est retrouvé seul dans la surface avec 2 solutions, Ibra au second poteau et Cavani en retrait. Que faire ? Il a opté pour l’option Mino Raiola[4] en cherchant le Suédois derrière 4 Portugais (dont le gardien et un qui serrait de près le double buteur du soir). Son centre raté – chassez le naturel… – s’est mué en une sorte de tir assez puissant à défaut d’être cadré, Artur l’a repoussé devant lui, droit dans les pieds de l’Uruguayen, démarqué depuis le début. L’ancien Napolitain a réalisé un enchaînement artistique en contrôlant du gauche pour frapper du droit après un petit saut de cabri mais Artur, encore lui, a sorti une incroyable parade du pied (74e).

Blanc a effectué son dernier changement à la 78e minute, il a choisi de préserver Alex en vue du déplacement à Marseille, d’où l’entrée de Zoumana Camara. La fin de rencontre fut donc palpitante, on a continué à bien se faire chi*r malgré la volonté évidente de Cavani de ne pas en rester là (Matuidi et Lucas aussi ont semblé plus motivés que la moyenne).

Et maintenant, régalez-vous avez ce long résumé, quand vous aurez vu ça, vous serez sûr de ne rien avoir manqué.

  • Résumé et conclusion de l’analyse.

Marquer sur ses 3 premières occasions… Le Benfica y est parvenu contre le PSG au cours de l’après-midi, c’était en en UEFA Youth League (à une énorme différence près : le PSG se créait aussi beaucoup d’occasions) ! Paris n’a même pas eu besoin d’y aller à fond et de mettre beaucoup de rythme. On savait les Lisboètes dans le dur cette saison, néanmoins je m’attendais à mieux. Ils n’ont strictement rien montré, hormis des faiblesses criantes à tous les niveaux (tactique, technique, physique, mental). Si c’est pour se pointer sur le terrain avec l’agressivité d’un poisson rouge ayant gobé un somnifère, autant déclarer forfait. L’ouverture du score très rapide explique sans doute en partie la suite des événements. Le PSG ne pensait qu’à gérer, il n’a pas joué ou très peu, y compris lors de la première demi-heure, celle au cours de laquelle la victoire s’est forgée avec les 3 buts.

Selon je ne sais quelle boite de statistiques, le PSG a fait 812 passes, a joué 880 ballons, a eu plus de 70% de possession, ce qui serait exceptionnel. Je ne sais pas comment ils font leurs calculs. En revanche, je sais comment j’ai fait le mien. De mon côté je me suis lancé dans un décompte des passes tentées par les Parisiens dans leur camp[5], c’est approximatif car j’ai fait ça par incrémentation en visionnant une dernière fois la rencontre à vitesse accélérée (x1,5), certains ralentis ou plans à la c*n font manquer des passes, parfois le doigt appuie trop vite, au final il doit y avoir compensation et une marge d’erreur d’environ 5%. Les résultats sont effarants : 330 en première période, 345 en seconde (avec des séquences interminables de passe à 10 entre défenseurs et milieux même pas pressés par un adversaire). Je pensais en trouver beaucoup plus après la mi-temps, seulement les Portugais ont mieux tenu le ballon en qu’en première période, eux aussi l’ont fait tourner (mais pas dans leur camp).

675… On peut marquer en étant dans sa propre moitié de terrain ? Evidemment, certaines sont des passes de relance mais beaucoup étaient inutiles, futiles, sauf pour tromper les gens aveuglés par les stats insensées. Quel intérêt y a-t-il à vouloir priver de ballon une équipe… qui n’en veut ? A partir du moment où le PSG n’était pas dangereux, la situation convenait parfaitement aux Benfiquistes.

En tant que supporter rouge et bleu, je ne vais pas me plaindre de la faiblesse insigne et de l’état d’esprit déplorable des visiteurs du soir, ça fait 3 points pour le PSG (qui reste désormais sur une série de 25 rencontres européennes au Parc sans s’incliner), une DDB gonflée, l’opération est excellente pour le classement UEFA du club et surtout de la France, l’opération est hyper positive. En revanche, je doute fortement que cette facilité ait des effets positifs à moyen terme. Une équipe aspirant à atteindre le très haut niveau a besoin de s’aguerrir contre des adversaires lui opposant une certaine résistance. Quand il va affronter des poids lourds européens, le club de la Capitale se retrouvera face à une situation inédite (du moins inédite depuis le Barça-PSG du printemps dernier)… On ne se prépare pas à affronter les frères Klitschko en ayant pour sparring-partner un lourd-léger de seconde zone !

Sirigu a fait son taf.
Van der Wiel est monté en début de rencontre, il a réussi une passe décisive pour son premier centre réussi de la saison, d’ailleurs le 2 octobre sera désormais le jour du souvenir… celui du jour où VdW a enfin réussi un centre. Ensuite… Outch. On l’a beaucoup moins vu à l’avant, et quand il s’y est aventuré c’était pour nous offrir une magnifique démonstration d’enflammade puis de gâchis d’occasion. Quel mauvais choix de chercher Ibra au lieu de Cavani ! Défensivement, le Batave a été passable au sens premier du terme, quand un adversaire voulait passer sur son côté, il passait. Un petit jaune pour le Oranje.
Maxwell, on en parle ? Le néo-international auriverde ne gagne pas à être comparé avec ses prédécesseurs en sélection… ni même avec Digne. S’il reproduit des prestations de ce niveau, il perdra sa place[6]. Médiocre.
Marquinhos a été très bon dans ses interventions défensives (sauf quand il s’aventurait trop loin de sa position normale, se montrant trop gourmand dans sa volonté d’intercepter), toutefois il y a eu beaucoup de déchet dans tout le reste, en particulier la relance, on savait d’où le ballon partait, jamais où il finissait (de nombreuses fois dans les pieds d’un adversaire ou en touche). Sa réussite sur CPA offensifs est assez dingue.
Alex s’est signalé par une grosse faute en début de seconde période (jaune et occasion offerte sur CF), le reste m’a semblé quelconque.

On peut classer les relances de la défense parisienne dans 3 catégories :
-celles en multipliant les passes dans les 25 premiers mètres quitte à prendre des risques ;
-celles qui peuvent être qualifiées de propres, simples et efficaces ;
-les dégueulasses, à l’emporte-pièce, en balançant n’importe comment.
La 3e catégorie a été très fournie, on a fait dans la rareté concernant la 2e. Arf.

Thiago Motta a fait une nouvelle passe décisive sur corner, pourtant il en ajuste une proportion très moyenne. Dans le jeu, qu’apport-il réellement ? Souvent en retard en défense, peu mobile, très peu enclin à monter d’un cran pour créer le surnombre, c’est le roi de la passe dans son camp. De temps en temps il se fend d’une ouverture en profondeur. Au cours d’une rencontre de ce genre il devrait évoluer facilement 20 mètres plus en avant car l’équilibre de l’équipe ne nécessite en rien d’avoir un joueur supplémentaire derrière pour compenser les montées des latéraux (beaucoup trop rares).

Sur les 2 premiers buts, très semblables dans l’esprit, on a vu toute l’importance de la capacité qu’a Matuidi à se projeter dans la surface (ce qui représente seulement une partie de son impressionnante activité). Malgré une certaine dose de déchet technique, pas forcément habituelle, il a été encore été la clé du succès car il est partout sur le terrain, y compris là où on ne l’attend pas, on le trouve impliqué dans à peu très tout ce qui se passe de positif.

Avec ces buts on a aussi vu à quel point Verratti_ est meilleur dans un rôle de n°10, d’autant plus depuis le départ d’Ancelotti, dont la consigne de systématiquement chercher Ibra limitait sa vision du jeu. Désormais, quand il prend part aux attaques, il regarde aussi ses autres coéquipiers, ce qui fait presque de lui un tout autre joueur. Quand le petit Italien est dans son camp, il continue ses c*nneries, ses dribbles dangereux, il a beaucoup trop tendance à ralentir le jeu – voire à complètement casser le rythme – au lieu de l’accélérer. Quand il doit défendre, c’est... à l’image de son tacle par derrière à la 7e minute, on se dit que si l’arbitre n’avait pas été un compatriote (M. Rizzoli), le carton sortait. En règle générale il se jette beaucoup trop (comme tout joueur en retard).

Lavezzi brasse de l’air. Il court il court l’Argentin. Et au bout, il n’y a rien. Jouer à l’envers sans se rattraper en étant efficace va forcément lui faire perdre sa place à un moment où l’autre. Je vous l’accorde, ses concurrents ne sont pas forcément meilleurs, depuis le début de la saison le titulaire à ce poste/dans ce rôle est presque toujours décevant.

Cavani a été transparent en première période. Mener 3-0 au bout de 30 minutes malgré un duo Lavezzi-Cavani à l’ouest, c’est assez impressionnant… ou inquiétant. D’abord à droite puis à gauche à partir de l’entrée de Lucas, l’Uruguayen s’est souvent placé dans l’axe quand Zlatan décrochait, il n’a pas été beaucoup plus servi pour autant, on l’a même royalement oublié à plusieurs reprises. Sa combativité permanente compense ses ratés, en seconde période il était toujours au taquet quand les autres dormaient. Sa volonté de marquer sautait aux yeux (il s’est d’ailleurs procuré une grosse occasion), malheureusement pour lui si Matuidi semblait encore à 70 ou 75%, la plupart des autres étaient déjà en récupération active, ils jouaient seulement par à-coups, en accélérant de temps en temps.

Zlatan est l’incontestable homme du match avec ses 2 buts et sa talonnade à l’origine du 3e. Assez monstrueux jusqu’à la mi-temps, il s’est ensuite contenté de quelques inspirations géniales en continuant à beaucoup décrocher. En bonus, le Suédois nous a fait du Hoarau sur les CPA défensifs.

Le PSG s’est remis à attaquer quand Lucas est entré (il a dû se dire qu’il y avait une place à prendre pour dimanche), et encore, on l’a seulement fait sur quelques séquences. Le jeune Brésilien a été l’auteur de quelques gestes de haute volée. Rabiot a réussi un beau tacle, Camara a essentiellement fait acte de présence.

Concernant les joueurs de Benfica, j’ai peu de choses à ajouter. Nemanja Matic, souvent décrit comme étant un super joueur, n’a ébloui personne. Quant à Oscar Cardozo, je dois lui porter malheur car quand je regarde un de ses matchs, il est presque systématiquement médiocre ou mauvais, j’ai rarement eu la chance de le voir bon.

  • Ouverture.

La différence de niveau est réelle entre le Paris et chacun des adversaires rencontrés depuis le début de la saison. Il serait bon de la mettre en évidence sur le terrain. Pourquoi se priver volontairement d’un bon démontage en règles ? Surtout en coupe d’Europe… Surtout contre une équipe souvent affrontée par le PSG avec à la clé pas mal de frustration… Trop peu d’anciens sont encore dans l’effectif pour se souvenir de ces épisodes et vouloir se venger. Dommage. Remarquez, gérer à 3-0 est compréhensible, acceptable, voire recommandé si on a la perspective de se taper une Grande Sardinade en fin de semaine. Ne pas se donner à fond à 0-0 et 1-0 contre Toulouse et Valenciennes – j’ai lu et entendu que le PSG gérait (^^) – est une autre affaire.

A domicile l’OM devrait être beaucoup plus agressif que Benfica, sans doute pas assez bien organisé pour mettre fin à l’invincibilité de son meilleur ennemi, mais méfions-nous tout de même. En jouant de cette façon contre une équipe sachant presser haut et récupérer le ballon dans le camp adverse (genre Barça au complet, Dortmund ou Bayern), cet amour de la possession pour la possession risque d’être un très gros problème.

Je reste totalement en faveur d’un 4-2-2-2 avec 2 meneurs de jeu (ou un meneur de jeu et un attaquant de côté) pour jouer chez l’adversaire, lui imposer une pression permanente, l’obliger à défendre jusqu’à le faire craquer… puis continuer pour le faire craquer une 2e, une 3e, une 4e, une 5e et même une 6e fois s’il y a la place de mettre 6 buts.

Place à la Grande Sardinade.



Dans les tribunes on a vu Paulo Maldini mais aussi un Gary Dourdan (un Expert mort[7]) juste devant lui. Ces prochaines heures certains médias n’hésiterons pas à citer Maldini comme futur directeur sportif du PSG.^^

Notes

[1] En quelques jours il a inscrit les 3 premiers buts de sa carrière, peut-être même de sa vie.

[2] En cas de rechute après une première blessure musculaire, hâter les choses est très risqué.

[3] Il ne s’agit pas de l’intégralité des gens présents dans les tribunes.

[4] Qui, pour rappel, est son agent et celui de Zlatan, pas celui de Cavani.

[5] Y compris celles à destination d’un joueur se situant dans leur camp et celles, assez latérales, effectuées majoritairement dans leur moitié de terrain mais assez latérale et à destination d’un partenaire situé près de la ligne médiane.

[6] A moins d’être protégé par Thiago Silva.

[7] Il jouait le rôle de Warrick Brown dans Les Experts, les vrais, ceux de Las Vegas, ma série policière préférée.