Sur le terrain, les joueurs n’ont pas un instant à l’esprit l’indice UEFA. C’est bien normal. Un des rôles des dirigeants et de l’entraîneur est de leur rappeler les bases, ils doivent faire de leur mieux pour éviter de voir s’envoler bêtement 2 points pour le classement UEFA, sans compter la prime de victoire reçue par chaque club à chaque fois qu’il obtient un bon résultat en Ligue des Champions. Peut-on s’offrir le luxe de négliger ces revenus supplémentaires quand on doit passer devant la commission du fair-play financier ? Pas si sûr… En l’occurrence, si l’aspect pécuniaire n’est pas primordial compte tenu des moyens actuels du club, l’impact sur l’indice UEFA pourrait le devenir. Non seulement le PSG a bêtement manqué l’occasion de prendre des points directement pour son propre compte[1], mais pire, il a aussi joué indirectement contre lui-même. Le manque à gagner est susceptible de se transformer en perte réelle. En effet, 2 points ont été offerts au Portugal, concurrent direct du football français pour la 5e place au classement UEFA par pays[2]. Ces 2 points auraient dû revenir à la France car Benfica est clairement inférieur à un PSG concerné présentant une équipe cohérente. Mine de rien, ça fait un delta non négligeable entre un succès et une défaite. Quand on sait à quoi s’est jouée cette fameuse 5e place en main dernier, une marge infime, on se rend compte de la nécessité de prendre chaque match au sérieux. N’oublions pas une donnée fondamentale : la Russie présentera un très gros danger dès la saison prochaine[3], elle pourrait bien repousser la Ligue 1 au 7e rang européen, ce qui signifierait une seule place directement qualificative en Ligue des Champions et une place au 3e tour préliminaire. En résumé, ce genre d’impasses ridicules peuvent à moyen terme condamner le club à remporter chaque saison le titre de champion pour se qualifier directement en LdC. Monaco pointe son nez, donc attention… Je n’aborde pas l’impact de tout ceci sur l’attractivité – donc sur le niveau – du championnat, je vous passe le paragraphe concernant le besoin du PSG d’avoir une concurrence nationale relevée pour être fort en Europe.

Vous ne comprenez pas l’argumentaire concernant l’indice UEFA ? Très bien, sachez que vous êtes comme Laurent Blanc. On ne va pas se le cacher, le grand responsable de cette défaite est bien l’entraîneur. Je me demande s’il est satisfait de l’image donnée… Car oui, l’enjeu d’un match de Ligue des Champions n’est pas seulement sportif, surtout pour un club si attaché à la promotion de sa marque. Le meilleur vecteur reste la Ligue des Champions, diffusée dans le monde entier. Perdre fait mauvais genre. Dans l’optique de faire peur à ses futurs adversaires, lâcher un match est aussi très maladroit. Pas mal de supporters ont forcément cette défaite en travers de la gorge. On s’est un peu foutu d’eux. Aligner Kalifa Traoré, franchement… Quand on a les moyens et l’effectif de Guingamp ou d’Ajaccio, OK. L’entraîneur du PSG ne peut pas s’adonner à ce genre de blagues ! Surtout pas en Ligue des Champions ! Même un véritable grand d’Europe – ce que le PSG tente de redevenir – ne peut se permettre ce type d’impasses désinvoltes sans s’attirer de critiques. Du moins c’est le cas à l’étranger, où le niveau d’exigence y est encore incomparable avec le nôtre. Chez nous, une partie de la presse et des supporters vont sans doute trouver un tas d’excuses à Blanc et à la plupart des joueurs, à l’exception bien sûr des 2 ou 3 cibles habituelles. En France, depuis quelques mois et particulièrement depuis quelques semaines, il est étrangement devenu interdit de critiquer les prestations du PSG.

Quel scandale de critiquer le "nouveau" PSG riche, qui perd très rarement, a plein de stars, et surtout qui a tout le temps la fameuse possession du ballon[4] ! Bah oui, avant, au PSG, il y avait Colony Capital, Pancrate, Saaaammmmmyy Traoré, et patati, et patata. Comme si la médiocrité passée justifiait l’attribution d’un blanc-seing à Saint-Blanc au nom des "divines" séries d’invincibilité aujourd’hui achevées (elles étaient 3, celle TCC et celle en L1 ont pris fin à Annecy, celle en LdC s’est éteinte à Lisbonne, encore une fois à une unité du record). Une demi-molle exploitable est un rêve pour un impuissant. Une équipe avec des stars jouant 9 fois sur 10 à moins de 60% de ses capacités est logiquement un rêve pour un supporter toujours ancré dans un passé pas encore lointain.

Les amis, j’ai 3 mots à vous dire : RÊVONS PLUS GRAND ! Rêvons d’un PSG qui, de temps en temps, mettrait 7 ou 8 buts à ses adversaires – si la différence de niveau le permet comme c’est régulièrement le cas en L1 – au lieu de jouer à celui qui la touchera le plus ! Rêvons d’un PSG qui ne planterait pas sa tente dans son propre camp pour «gérer» mais bien dans celui de ses victimes, faisant le siège de leur surface tout en pilonnant leurs lignes défensives jusqu’à les faire capituler ! Tous les éléments sont à la disposition de l’entraîneur pour le faire, sauf un: la volonté. Elle a été aperçue lors de la pré-saison, elle s’est volatilisée. Je souhaite juste ENFIN voir le potentiel de l’équipe s’exprimer pleinement, et pas seulement sur une phase de jeu de temps en temps. Est-ce trop demander ? On attend toujours un match plein réalisé par des Parisiens au taquet pendant 90 minutes. S’habituer à la facilité et se contenter d’un faible niveau d’exigences est un piège dans lequel ils sont en train de tomber. Le jour où ils affronteront un cador européen, ça risque de leur faire tout drôle, donc de décevoir beaucoup de monde, moi le premier.

Cette défaite facilement évitable – et par conséquent agaçante – est facilement explicable. Depuis quelques jours Laurent Blanc a tout fait à l’envers.

Son turnover a peut-être du sens pour certains, il en a en effet à une condition, celle de regarder le très court terme au lieu de prendre un peu de recul pour appréhender la série de matchs en cours. Après le déplacement à Annecy (le mercredi) sans Thiago Motta, Alex et Lavezzi, il avait la réception de Sochaux (samedi) sans Digne ni Rabiot (blessés, comme Van der Wiel, tout de même inscrit sur la feuille de match), le déplacement à Lisbonne (mardi), celui à Rennes (samedi), la réception de Sainté en Coupe de la Ligue (mercredi) et enfin du LOSC en L1 (dimanche). Ensuite, trêve hivernale. Qu’il ait prévu de mettre Zlatan au repos avant la série de 3 rencontres importantes, admettons. Mais une fois Zlatan suspendu pour la rencontre à Sainté, pourquoi ne pas réviser ses plans ? Idem concernant Alex, il aurait très bien pu être du voyage au Portugal[5]. Cavani n’est pas au mieux ces derniers temps suite à ses nombreux voyages et à ses dépenses d’énergie hallucinantes sur le terrain, il aurait pu souffler contre Sochaux sans handicaper l’équipe, à moins de jouer contre Sochaux et seulement d’entrer à Lisbonne. Bref, un partage du temps de jeu entre les 2 stars offensives du club semblait logique, il s’agissait de l’option la plus sûre pour obtenir les résultats escomptés en préservant les organismes.

Le gros problème de Blanc semble être sans un défaut d’adaptabilité. Au courant depuis 2 semaines des absences de Verratti et Van der Wiel (suspendus), il a décidé de quand même se priver de Thiago Silva, Zlatan et Alex. Une fois de plus, il pouvait revoir ses plans. Pardon, il DEVAIT revoir ses plans.

Fatalement, vous obtenez un groupe étrangement formé qui à la moindre blessure s’avère être plein de trous. En l’occurrence, Jallet – qui devait être titulaire et avait même fait la conférence de presse de veille de match – a subi un problème au mollet, d’où la titularisation surprise d’un quidam, ce Traoré, un Malien de 22 ans (ou plus^^) prêté en L2 à Sedan la saison passée où, de source ardennaise, il n’était même pas particulièrement bon… A la base, il est défenseur central. En ce moment au PSG il est le… 6e défenseur latéral droit sous contrat :
-les 2 premiers sont normalement Jallet et Van der Wiel (dont le niveau est plus celui d’un n°5 alors que Jallet serait un bon n°2 si le club disposait d’un bon n°1),
-le 3e est Marquinhos, régulièrement seul joueur parmi les 18 de la feuille de match pouvant évoluer ALD en cas de problème concernant le titulaire (mais TS et Alex étant à Paris, cette roue de secours était déjà utilisée à un autre poste),
-les 2 suivant sont Sabaly[6] et Ikoko mais ces jeunes ont été prêtés respectivement à ETG et à Créteil, d’où l’utilisation de Traoré à droite en CFA depuis le début de la saison.
Autrement dit, sa présence lors de ce match de LdC est accidentelle.

Comment combler ce groupe à trous pour obtenir une liste de 18 ? En appelant des jeunes. Coman et Ongenda ont été retenus… pour rien. 2 jeunes éligibles pour l’UEFA Youth League, les 2 meilleurs, Blanc les prend pour un match à ses yeux sans enjeu ayant lieu le jour d’un autre match, qui plus est à enjeu, celui disputé par les U19 sur le terrain de leurs homologues lisboètes. Le PSG avait absolument besoin d’un match nul pour se qualifier en 8e de finale, il l’a arraché à la 92e minute. On a frôlé l’accident. Le couperet est passé tout près. Souvenez-vous d’un épisode datant des débuts de Blanc à la tête de l’Equipe de France. En 2010, les Espoirs avaient subi son inconséquence quand, privés de leur patron, Mamadou Sakho, retenu en A par Blanc pour y rester scotché sur le banc, ils avaient buté sur la Belgique. Lors du rassemblement suivant, Sakho avait ciré le banc de France-Biélorussie (défaite) au lieu de pouvoir aider les Bleuets en Ukraine. Adieu Euro… Adieu JO… Tout ça pour une défaite en match amical en Norvège dont il n’est pas ressorti grand-chose (rencontre lors de laquelle le coaching du sélectionneur avait été catastrophiquement mauvais).

Cet été, ma réserve concernant la signature de Blanc au PSG se résumait à une interrogation : a-t-il appris des erreurs commises avec les Bleus (et sa fin à Bordeaux) ? Par moments, j’ai été tenté de répondre oui. Après un match comme celui-ci, je penche plutôt pour le non. Vous souvenez-vous de France-Suède à l’Euro 2012 ? Cette rencontre sans enjeu s’était transformée en fiasco, elle avait complètement cassé la dynamique d’une équipe dont la victoire convaincante face à l’Ukraine, pays hôte, avait faire renaître l’espoir. De cette noyade contre Zlatan et les siens a ensuite donné lieu à l’élimination piteuse contre l’Espagne. Blanc a recommencé. Les conséquences seront probablement plus diluées, moins lourdes, l’erreur de management est bien là.

La défaite contre ETG était un accident, il y a eu réaction contre Sochaux, il fallait enchaîner avec une autre victoire pour s’assurer de relancer la dynamique de la victoire. Blanc a préféré donner le match. S’il n’a évidemment pas demandé à ses hommes de perdre, ses choix ont provoqué toutes les conditions pour aboutir à ce résultat. Samedi, avec les stars, Rennes ne devrait pas être une montagne impossible à renverser. Le souci concerne les remplaçants plombés par les choix de leur entraîneur. Dans cette configuration d’équipe B avec seulement 2 cadres sur 10 titulaires (plus Sirigu) – et encore, Thiago Motta n’est pas un mec auquel on peut se fier, son état d’esprit est plus que discutable, on n’a pas oublié ETG-PSG en Coupe de France, quant à Cavani, le faire débuter avant-centre n’est pas l’habitude de Blanc – qui plus est sortis au bout d’une heure, le temps de jeu donné aux abonnés du banc était un cadeau empoisonné. En agissant ainsi, le risque est de les flinguer, d’aggraver leur situation jusqu’à un point de non-retour. Autrement dit, de se handicaper pour la suite des événements (pour les 3 matchs avant la trêve mais aussi lors de la phase retour).

Tirer à boulets rouges sur les joueurs serait stupide. Certains s’en donnent à cœur joie pour vomir sur Ménez et Pastore. Les mêmes mettaient en avant le caractère presque amical de ce match. Paradoxal, non ? Et malhonnête quand ils "oublient" de mentionner la nullité absolue de garçons comme Motta et Lucas. D’une part l’oubli est volontaire, d’autre part être en totale contradiction avec eux-mêmes ne gêne pas ces individus malveillants. Si j’ai détesté le comportement de Motta, si le niveau général de Lucas m’a désolé, je ne vais pas les charger outre mesure. Bien sûr, contrairement à une bonne partie de leurs partenaires ils ont eu la chance d’évoluer à leur véritable poste, seulement ils l’ont fait dans une équipe sans queue ni tête. Ça n’aide pas.

«C’est les joueurs qui sont sur le terrain» dit la célèbre phrase stupide du supporter incapable de comprendre que si en effet les joueurs sont sur le terrain, l’entraîneur qui les y met, organise son équipe et donne les consignes. Les 13 joueurs utilisés ont tous des circonstances atténuantes. A vrai dire, Sirigu n’en a besoin d’aucune, il a fait le métier. Même Motta en a. Il serait malhonnête de reprocher à quiconque un manque de motivation et d’investissement lors de cette rencontre sans prendre en compte une donnée fondamentale : le message envoyé aux joueurs en laissant les stars à la maison était désastreux, y compris pour les autres stars – ou pseudo stars – tout de même alignées en étant sans doute au courant de leur sortie à l’heure de jeu. En agissant ainsi, Blanc a très clairement signifié le peu d’intérêt porté à cette rencontre. Dès lors, comment voulez-vous être au taquet, faire preuve d’un sérieux et d’une application de tous les instants ? Ce message agit inconsciemment dans l’esprit de chacun, un être humain normalement constitué a alors beaucoup de mal à se dépouiller. Certes, ça n’exonère pas Motta de toute responsabilité, d’une partie non négligeable tout de même.

Contrairement aux commentaires lus et entendus pendant et après le match, Ménez et Pastore n’ont pas esquivé le travail défensif. Comme Lucas et Cavani ils sont souvent redescendus pour défendre. En première période, c’était permanent, en seconde Pastore a continué, les attaquants beaucoup moins. Evidemment, mettre en avant l’action du second but est très facile. Je vous suggère de la revoir en vous demandant si continuer sa course en sprint aurait permis à Pastore d’intervenir efficacement pour empêcher le but et si le véritable souci est individuel ou collectif. Vous en viendrez nécessairement à la réponse suivante : oui, il s’agissait d’un problème collectif, entièrement collectif. Où étaient Digne et Ménez ? Qu’a fait Motta ? Pourquoi Rabiot est-il resté passif ? Les compensations et les couvertures étaient totalement improvisées, l’organisation défensive ressemblait à tout sauf à celle d’une équipe de haut niveau. Pendant tout le match les Lisboètes ont combiné sur leur côté droit, ils passaient presque systématiquement, peu importe l’identité du joueur revenu défendre (Ménez, Lucas ou Pastore). Cette action sera détaillée plus bas.

Revenons au manque d’adaptabilité de Blanc, car tout ceci en résulte directement. Il s’obstine avec des choses qui ne fonctionnent pas. Décider de faire tourner, d’accord. De faire autant tourner, non, surtout sans se couvrir en ayant les cadors sur le banc. Comme si ça ne suffisait pas, il a sorti les 2 seuls cadres présumés au bout d’une heure, juste après le 2e but de Benfica. Son coaching ne s’est pas adapté à la situation, il était prévu à l’avance. Faire entrer Ongenda ou Coman pour tenter quelque chose lors du dernier quart d’heure, était-ce trop demander ? Pourquoi ne rien tenter ? Pire que les changements, l’organisation. Il a encore voulu nous refourguer son 4-3-3, on y a eu droit pendant tout le match. Passer en 4-4-2 ou en 4-2-3-1 en seconde période pour essayer d’égaliser ? Non, voyons, même pas !

On ne peut pas faire d’omelette si on n’a pas d’œufs. En revanche, faire du 4-3-3 sans avoir les joueurs pour ne pose aucun problème à Laurent Blanc. Une nouvelle fois au lieu d’adapter son organisation aux caractéristiques des garçons alignés, il a agi à l’envers, en voulant faire entrer des carrés dans des ronds. Regardons comment était construite bricolée l’équipe.

Sirigu, normal, mais tant qu’à faire tourner, pourquoi ne pas aller au bout en donnant sa chance à Douchez qui en principe devrait être titulaire la semaine prochaine contre Saint-Etienne en Coupe de la Ligue ?
Traoré à droite… ou comment jouer sans latéral droit quand d’habitude dans le 4-3-3 on donne une importance capitale à l’apport des latéraux. Manifestement la consigne était de lui passer le moins souvent possible le ballon.
Camara titulaire, une première depuis 2 gros mois. On l’a compris depuis déjà bien longtemps (Olympiakos-PSG pour être précis), dans l’esprit de son entraîneur, Papus est au mieux une roue de secours, pas une option sérieuse, vous ne le verrez jamais dans un match qui compte si 2 des Brésiliens sont aptes.
Marquinhos… axe gauche. Il est nettement meilleur axe droit et Camara a l’habitude d’être axe gauche. Sans doute ce choix s’explique-t-il pas la présence de Traoré (Traoré et Marquinhos du même côté, c’était trop inexpérimenté). Aligner une défense centrale Camara-Traoré avec Marquinhos en latéral était carrément impensable.
Digne était à son poste mais livré à lui-même. Evoluer avec Marquinhos, Pastore et Ménez est bien différent d’avoir Thiago Silva et Matuidi (plus un 3e dont l’identité change souvent) autour de soi. Un latéral offensif a besoin de partenaires avec qui combiner et de couverture pour lui permettre de monter. En l’occurrence les automatismes faisaient cruellement défaut.
Thiago Motta était à sa place, sans doute l’a-t-il ressenti comme une corvée. Il aurait bien aimé rester à la maison comme la quasi-totalité de ses potes de l’équipe type de Blanc.
Rabiot a joué milieu relayeur. Jusqu’ici tout va bien. A la sortie de Motta, il est passé devant la défense. Bah voyons ! Rabiot en n°6 dans un 4-3-3 lors d’un match de Ligue des Champions à l’extérieur, qui plus est une fois l’équipe menée au score, c’est incompréhensible. Une invention pure et simple, encore de l’impro
Pastore a joué à la place de Matuidi (et de Verratti car à la base il a été placé axe droit mais en raison de ses déplacements permanents, on l’a souvent retrouvé axe gauche). On lui demande de faire le même taf défensif que Matuidi. C’est du délire ! Depuis quand est-il n°8 ? Ne pas se rendre compte que ces garçons n’ont pas du tout le même profil est difficile, il faut le faire exprès. La zone dans laquelle Pastore excelle est celle des 30 derniers mètres, ses qualités défensives sont proches du néant, je ne comprendrai jamais comment un entraîneur si souvent porté aux nues peut s’entêter à l’assigner à un poste où il est contraint de rester la plupart du temps dans son camp et ne représente aucun danger pour les adversaires. Il n’a pas les qualités pour y jouer ! Encore une fois, si Jacquet avait mis Djorkaeff au milieu à la place de Petit ou Karembeu, le Snake serai passé pour une quiche, les Bleus n’auraient jamais gagné la Coupe du monde. Souvenez-vous que comme Pastore, Djorkaeff était un joueur offensif dont beaucoup disaient ne pas vraiment connaître le poste, les entraîneurs ne savaient pas toujours comment l’utiliser.
Lucas a peu d’excuses, il a joué à son poste préférentiel dans son organisation préférentielle. La seule pourrait être l’association avec un latéral qui n’en est pas un. Ceci dit, Lucas n’est pas vraiment du genre à combiner avec le latéral.
Ménez, c’est presque la même chose. Il préfère être dans l’axe, néanmoins le couloir gauche lui a toujours plu, il s’y est souvent bien exprimé. Son problème n’a jamais été le talent, ce n’est même pas la motivation, tout se passe dans son cerveau. Des faux contacts génèrent des absences et des choix incompréhensibles, on ne comprend pas ce qu’il a voulu faire ou comment il a pu ne pas faire quelque chose qui s’imposait. A vrai dire, si on lui demandait le pourquoi du comment, sa réponse serait probablement «j’sais pas». A côté de ces bugs à répétition il y a de bonnes choses, elles passent à l’as.
Cavani était probablement au courant de sa sortie au bout d’une heure, pour lui jouer avant-centre est presque une récréation, il avait de quoi se faire plaisir à condition d’être en pleine possession de ses moyens. Or en ce moment sa forme physique ne semble pas être optimale. La fatigue accumulée joue sur sa lucidité et rend sa technique plus incertaine. Qui plus est, il se donne trop en défense.

Les remplaçants.
Lavezzi est entré en jeu en tant… qu’avant-centre ! On en regretterait presque l’absence de Jean-Eudes Maurice de la liste UEFA ! Quelle misère ! Devant le but l’Argentin est un des footballeurs les plus maladroits qui soient.
Matuidi, seul joueur susceptible d’occuper le poste de n°6, est entré là où il a l’habitude mais à ce moment du match est-ce ce dont l’équipe avait besoin ? Non. Surtout si ça devait conduire à faire passer Rabiot en 6. Qui plus est, Matuidi est presque à sec, son réservoir est presque vide.

Les profils des joueurs alignés ne correspondent pas à ceux nécessaires pour mettre en place son 4-3-3. De plus cette organisation n’est pas faite pour revenir au score, elle est se justifie essentiellement pour gérer, si on peut justifier le fait de vouloir gérer. Dès lors, dans une rencontre qu’il juge sans enjeu, pourquoi ne pas s’adapter ? N’était-ce pas le match idéal pour faire des essais et relancer des joueurs en leur offrant les conditions idéales pour se mettre en valeur ? Qu’avait-il à perdre à opter pour un 4-2-3-1 avec Pastore en 10, ou un 4-4-2 avec Pastore décalé à gauche pour combiner avec Digne et Ménez en pointe à côté de Cavani pour utiliser la profondeur ? Voilà ce qui correspondait aux qualités des Parisiens titularisés ! Avec Rabiot et Motta en duo de 6-8 le PSG aurait-il été déséquilibré ? Non, évidemment, c’est une certitude car construire une équipe plus bancale que celle bricolée par Blanc relèverait de l’exploit.

Un entraîneur peut se tromper, on mesure sa valeur à sa capacité de réaction. Ceci nécessite d’analyser la situation pour ensuite rectifier ce qui cloche où modifier les options tactiques choisies. "Le Président" a appliqué son programme sans prendre en compte une seconde la réalité du terrain. Etre pragmatique est une des plus grandes qualités que peut avoir un entraîneur. La passivité dont Blanc a fait preuve laisse circonspect. Ne rien tenter, ne rien chercher à améliorer, effectuer un double changement en ne tenant aucun compte du résultat… Il aurait dû rester à la maison et inviter Zlatan à regarder le match en partageant une pizza, envoyer Gasset et Maké à Lisbonne suffisait.

Même le choix du capitaine était incohérent : Camara devait porter le brassard, pas Thiago Motta.

Avant de passer au récit du match, le contexte. Benfica n’était pas au complet (Oscar Cardozo est blessé, Salvio aussi) pour jouer sa qualification. Le club de la capitale portugaise avait besoin d’obtenir un meilleur résultat contre le PSG qu’Olympiakos à domicile contre Anderlecht. Peu probable, donc. Les travées du stade de la Luz sont restées assez clairsemées. L’UEFA a désigné un arbitre anglais, M. Clattenburg.

  • Récit du match (avec l’analyse de certaines actions).

Benfica s’est créé la première occasion après un début de match sans intérêt lors duquel les Parisiens avaient un peu plus le ballon sans rien en faire. Pastore se l’est fait voler aux environs du rond central, personne n’a cherché à bloquer la percée d’Enzo Pérez plein axe, il a tranquillement pu tirer des 18 mètres, une magnifique frappe détournée non moins splendidement par Sirigu juste devant sa lucarne (5e). Le PSG a ensuite pas mal souffert, sa surface de réparation était par moments assiégée, il a concédé des CPA et autres centres dangereux, Camara et Marquinhos ont contré des tirs, Sirigu a encore été sollicité, notamment sur une tentative cadrée au premier poteau par Silvio (7e). Pendant un petit quart d’heure, les locaux ont mené la vie dure à leurs visiteurs. Ces derniers ont tout de même pu se procurer une occasion en contre : dégagement de Pastore vers Lucas, accélération du Brésilien côté droit, passe vers Cavani dans l’axe, décalage pour Ménez sur la gauche, frappe du droit vers le second poteau. L’international français a cherché à placer, l’intervention d’Artur n’était pas hyper difficile, pour marquer Ménez aurait dû viser la lucarne (8e).

Ensuite, ça s’est bien calmé, Paris avait laissé passer l’orage, les temps forts portugais sont devenus moins intenses, plus espacés (j’en ai noté un à la 19e, Ménez est revenu aider maladroitement mais efficacement dans la surface, un autre à la 24e, encore un tir contré par Camara après qu’un Lisboète ait été laissé libre d’effectuer une nouvelle percée plein axe), on assistait surtout à des phases de possession stérile, sans rythme. Faute de mouvement de la part des attaquants, les milieux manquaient de solutions. Certaines pertes de balle évitables, assez nombreuses en première période, en sont la conséquence directe. On le constate souvent, pour fonctionner le jeu du PSG requiert des appels en profondeur, ils étaient trop rares. Quand Digne ou encore Ménez en ont fait ou plus généralement quand ses partenaires faisaient l’effort de se faire des appels dans le sens du jeu, Pastore a su les trouver. Restait encore à pouvoir tirer profit de la situation ainsi créée. En tirant de façon improbable au lieu de chercher Cavani (qui ne proposait rien), Digne n’y est pas parvenu (17e). En règle générale le soutien offensif manquait lors des rares incursions dans le camp portugais. Normal quand on attaque à 3. Malgré tout, les Parisiens parvenait par-ci par-là à transpercer les lignes portugaises en attaque rapide à l’image d’un contre né d’une récupération de Cavani dans son camp suivie de 2 passes tranchantes de Pastore et Ménez pour lancer l’Uruguayen dans la surface… où il a voulu crocheter au lieu de tout de suite tirer ou centrer (24e).

Un peu avant la demi-heure de jeu les locaux ont remis un gros coup de pression, pendant quelques minutes c’est redevenu très compliqué. Une frappe enroulée de Nicolas Gaitan est passée tout près du second poteau, il s’agissait encore d’une très bonne action côté droit (Ménez facilement éliminé, Digne en retard n’a pu empêcher le centre en retrait, Motta et Rabiot étaient absents), puis Nemanja Matic propulsé le ballon de la tête au-dessus de la lucarne (il n’était marqué par personne, Traoré était beaucoup trop loin). Le PSG s’est mis le feu tout seul avec une série d’erreurs grossières du style passe casse-croûte de Motta à Sirigu, faute idiote de Marquinhos offrant un CF sur le côté près de la surface (Lucas était venu assister au spectacle au lieu de réellement défendre), perte de balle de Rabiot suivie d’un petit pont sur Motta, etc. Pendant ce temps fort, les Portugais étaient très agressifs, Maxi Pereira a d’ailleurs reçu un jaune sévère (30e), Perez n’a rien pris pour un violent tacle par derrière gratuit sur Motta qui protégeait la sortie du ballon, ceci juste devant l’arbitre de surface (33e).

Offensivement, Paris pouvait difficilement faire pire. Parti côté gauche dans la surface, Ménez est parti s’enfermer en essayant de déborder pour finir par un centre fort ou tir sans angle. C’était cadré, le gardien a repoussé en corner (36e), le premier du PSG. Lucas l’a tiré, Artur a mis les poings, Pastore a récupéré le ballon aux 20 mètres décalé sur la gauche. Feinte, accélération sur quelques mètres, il fixe le 3e défenseur pour centrer dans une forêt de joueur, éliminant ainsi la quasi-totalité des Benfiquistes. Traoré n’a pu intercepter en se jetant mais le gardien l’a percuté, laissant Silvio tenter seul de sauver la maison, sans succès. En effet, Ménez était au second poteau, il a immédiatement centré devant la cage où Cavani chassait la bonne opportunité d’inscrire sur 14e but en rouge et bleu (37e). S’il avait voulu, Ménez aurait aussi pu centrer en retrait car Marquinhos était tout aussi esseulé, Pastore ayant fait 80% du travail dans cette affaire en mettant totalement hors de position les Lisboètes, Ménez en a fait 19,5% avec cette remise, Cavani 0,5%... 0,5 comme la distance en mètre entre son pied et la ligne de but quand il a poussé le ballon au fond (ces 0,5% sont finalement les plus importants car sans eux on en serait resté au stade de l’occasion).

Mener 1-0 était tout de même bien payé. La situation aurait pu être parfaite si l’ouverture du score d’Olympiakos survenue peu avant celle de Cavani n’avait pas été effacée juste après ce but par l’égalisation d’Anderlecht. Ce but offrait à Benfica un nouvel espoir de se qualifier.

De nouveau mis sous pression, ayant beaucoup de mal à ressortir le ballon proprement, le PSG aurait néanmoins dû faire le break. Lucas a gâché cette opportunité en tirant sur le gardien (41e). Il fallait chercher Cavani au second poteau… ou la mettre au fond (^^). Lucas a fait le mauvais choix, balancer une mine sur le gardien quand on se trouve à 20 mètres de lui en position excentrée paie rarement. Ménez avait effectué un gros travail pour le lancer idéalement (il a résisté à un tacle après une percée dans l’axe puis a eu la lucidité de faire cette passe). Les Parisiens ont rapidement payé la note. Accélération côté gauche, passe pour Matic, frappe repoussée à l’arrache par Marquinhos, Silvio récupère le ballon un peu devant la surface et entreprend d’un pénétrer en éliminant Traoré d’un geste technique compliqué, une sorte d’aile de pigeon arrière pour faire un coup du sombrero… mais il se heurte à un mur, ou plutôt se fait heurter par un mur, Traoré, qui lui met un coup de boule en essayant d’intervenir de la tête (43e). Silvio séché, penalty sifflé, transformé par Lima (petit filet, Sirigu avait choisi le bon côté), Benfica relancé juste avant la mi-temps. A la décharge de Traoré, il a sans doute rarement l’occasion de voir des gestes de ce genre en CFA.

Après une première période compliqué, la seconde a été catastrophique. Le PSG s’est sabordé. Blanc a sorti la hache pour faire des trous dans la coque. Les locaux ont facilement submergé leurs visiteurs, Marquinhos, Motta – qui s’est aussi signalé par une sale semelle par derrière en retard sanctionnée d’un jaune (50e) – ou encore les latéraux ont été dépassés ou ont fait n’importe quoi, d’où une répétition d’alertes très sérieuses (les occasions les plus franches ayant été annihilées par un double sauvetage de Camara à la 47e et une parade de Sirigu à la 53e). Maintes fois mis en difficultés au cours du premier quart d’heure, Paris a eu l’opportunité de reprendre l’avantage, on jouait alors la 57e minute, Pastore a accéléré en partant de ses 30 mètres, l’Argentin a éliminé plusieurs adversaires avant de lancer Lucas sur un boulevard côté droit tout en poursuivant sa course. Seulement, le Brésilien a encore fini par gâcher l’action avec une sorte de centre-tir moisi sur le gardien (qui l’a repoussé dans l’axe sans que Pastore puisse en profiter). Une fois de plus, si Lucas avait cherché Cavani, le PSG aurait probablement marqué un second but, la donne aurait été totalement modifiée. Qui plus est, Olympiakos venait de planter le 2e contre Anderlecht (réduit à 10 depuis la 50e, le péno de Saviola ayant été repoussé), les Portugais auraient pu être découragés. A défaut de leur avoir mis la tête sous l’eau, les Parisiens ont bu la tasse.

Tout est parti d’une passe bidon de Ménez censée avoir Digne pour destinataire, en réalité dans le vide. Un cadeau fait à Lazar Markovic. Benfica devait encore parcourir tout le terrain, mais Digne était monté, il s’est fait éliminer, la première passe pour trouver Maxi Pereira a aussi mis Ménez hors de position faute de réaction de ce dernier. 2 Lisboètes sont partis côté droit, un seul se trouvait dans l’axe, entouré par 4 Parisiens (plus bien sûr Sirigu), il n’y avait pas le feu. Pastore a fait l’effort pour revenir aider Marquinhos, lui-même sorti de la défense centrale afin de compenser l’absence de Digne, ceci pendant que Motta redescendait d’un cran, là aussi pour compenser. Seulement, quand Marquinhos s’est retrouvé face à Maxi Pereira et Enzo Perez, il lui était impossible de monter sur l’un des 2, ce qui aurait laissé à l’autre un boulevard pour s’échapper et centrer. Une fois Marquinhos fixé avec une petite feinte de centre, l’Uruguayen a décalé son compère argentin, Pastore a sans doute cru au centre au lieu de voir venir le une-deux, il n’a pas poursuivi son effort. Cette combinaison – pas la première sur ce côté, ça passait presque toujours – a donc permis aux Portugais d’éliminer 2 Parisiens de plus, néanmoins rien n’était fait, Maxi Pereira manquait de cibles dans la surface où se trouvaient seulement 2 coéquipiers (Gaitan ayant eu le temps de venir réduire le sous-nombre). Dans une défense bien huilée, Motta ne serait pas resté planté là, on l’aurait vu se déplacer vers le latéral libéré de toute opposition, son positionnement l’a rendu totalement inutile, le centre fort devant le but l’a éliminé à son tour. Pour autant, le danger restait relatif, Camara, bien placé au premier poteau, a intercepté le centre. Malgré tout, Gaitan a marqué. Comment ? En se montrant plus prompt que Rabiot, figé tel une statue de cire. L’international Espoirs aurait dû être le premier sur le ballon pour dégager, ce que n’a pu faire Camara en coupant sa trajectoire du pied gauche.

On peut stigmatiser la passe et l’attitude de Ménez, on peut regretter que Pastore n’ait couru que 70 et non 80 mètres, mais il serait malhonnête de tout leur mettre sur le dos. Comme lors de la défaite sur la patinoire d’ETG, le PSG a encaissé ce but au terme d’une contre-attaque de 100 mètres, le souci n’est pas seulement individuel, il est collectif.

La probabilité pour que la perte de balle de Ménez très loin de sa surface engendre un but en contre était-elle assez élevée pour l’incriminer de la sorte ? A écouter et lire certains commentaires, on dirait qu’il a offert le but à Benfica à la façon d’un défenseur central faisant une passe en retrait vers son gardien sans avoir pris la précaution de regarder si un adversaire ne trainait pas derrière.

Peut-on reprocher à Pastore de ne pas avoir les réflexes défensifs d’un milieu défensif gaucher, lui qui est un milieu offensif/attaquant droitier ? A écouter et lire beaucoup de commentaires, on pourrait croire qu’il est resté dans le rond central à siroter un cocktail et qu’on attendait de lui un sprint à la Usain Bolt conclu par une intervention défensive digne de Thiago Silva dans un bon jour ! D’ailleurs en poursuivant son effort ses chances de pouvoir empêcher l’Uruguayen de centrer auraient été identiques, c’est-à-dire nulles.

Structurellement, l’équipe était mal construite, tout était improvisé, pas travaillé, les joueurs sur le terrain n’avaient pas l’habitude d’évoluer ensemble, d’où ces approximations concernant les replacements, les couvertures et tout ce qui permet normalement à une équipe d’être «solide». Le principal responsable de tout ceci est le bricolage.

Reprenons le récit.

Juste après le but, Blanc a effectué les changements prévus à l’avance. Autrement dit, il a hissé le drapeau blanc. La prestation de Motta étant piteuse, sa sortie n’était pas problématique… à condition de bien réorganiser l’équipe. Matuidi a récupéré le brassard, Rabiot a récupéré le poste de milieu devant la défense, Pastore est donc resté milieu relayeur. Un non-sens, surtout dans une situation où il fallait égaliser. Remplacer poste pour poste Cavani par Lavezzi était tout aussi difficile à comprendre. Dans cette configuration pendant la dernière demi-heure, impossible de renverser la vapeur. Benfica s’est créé pléthore d’opportunités d’en mettre un 3e, notamment une frappe de Lima (65e), un départ en profondeur et centre de Markovic – qui s’est blessé en étant taclé par Digne, il a fallu le remplacer par Ivan Cavaleiro (69e) – repoussé par Camara vers Lima avant un super retour défensif de Rabiot (66e). Il est vrai que l’occasion suivante en faveur du Benfica s’est produite assez tard, à la 85e quand, lancé dans le dos de Digne, Cavaleiro a frappé en direction du premier poteau, obligeant Sirigu à effectuer une dernière parade.

Lors de cette demi-heure particulièrement médiocre le PSG ne s’est pas lancé à l’abordage et a souffert du manque d’efficacité de son faux buteur/vrai croqueur. Comme englués dans une mer d’huile en pleine pétole, les Parisiens peinaient à avancer, puis soudain Rabiot a trouvé Ménez entre les lignes, l’accélération et la passe de ce dernier pour lancer Lavezzi dans la surface ont éliminé toute la défense. Restait encore à marquer. Oups. Décalé dans la surface sur le côté gauche, s’étant un peu plus fermé l’angle en s’emmenant le ballon du pied droit, l’Argentin a tenté ce qui s’apparente à un tir croisé du gauche… Trop croisé. Ou pas assez car Lucas arrivait au second poteau et aurait pu pousser le ballon au fond (69e). Ensuite, hormis une frappe au-dessus de Lavezzi (75e) et une tête cadrée de Pastore en position de HJ sur un centre de Lucas (89e)… plus rien de notable dans cette fin de match très laide. Ah si, pardon, des cartons. Artur (gain de temps ?), Ménez (contestation ?), Rabiot (perte de balle et faute à la Verratti) et enfin Silvio (antijeu).

Je n’ai pas fait moi-même le résumé vidéo, je vous propose le grand format de beIN Sport.

  • Evaluations individuelles.

Sirigu a été excellent, un des rares à être au niveau de la LdC. Malheureusement il n’a pas réalisé d’exploit sur le péno en étant pourtant parti du bon côté. Il ne pouvait rien sur le second but. (Je me demande néanmoins pourquoi il a joué, c’était l’occasion rêvée de redonner du temps de jeu à Douchez une semaine avant le match de Coupe de la Ligue.)

Traoré a fait ce qu’il a pu. Son baptême d’équipe première en Ligue des Champions, à l’extérieur qui plus est, au sein d’une équipe bricolée de partout pour ne rien arranger… C’était un coup à flinguer un super jeune, alors si en plus on envoie au feu un défenseur central de CFA décalé depuis peu à droite… Il a été mauvais, néanmoins ça aurait pu être encore pire. Pour éviter une super-catastrophe, ses coéquipiers lui ont très rarement passé le ballon. Aura-t-il encore sa chance ? Sauf épidémie de peste dans l’effectif, non.

Camara a été malchanceux en interceptant le centre lors de l’action du second but encaissé, une autre de ses interventions a failli mal se terminer, néanmoins s’il fallait désigner le Parisien ayant le mieux négocié cette rencontre, il figurerait en tête de liste. Il a fait office de taulier de la défense, multipliant les contres, sauvetages et autres jaillissements. Très bien pour un joueur mis au placard depuis 2 mois.

Marquinhos a fait 30 premières minutes de grande qualité puis a alterné le très bon et le très moyen ou mauvais, commettant quelques erreurs assez grossières ou se faisant éliminer trop facilement[7]. A sa décharge il a peu joué ces dernières semaines et manquait de repères avec ses coéquipiers du jour (ce qui n’a pourtant pas empêcher son début de match très satisfaisant).

Digne est passé à côté, une première depuis son arrivée. Jusqu’ici ses prestations étaient toutes positives. Très peu aidé sur son côté tant en attaque qu’en défense, il a tout de même essayé de bien occuper son couloir. Les rares fois où ses excursions semblaient pouvoir trouver une conclusion positive il a fait un mauvais choix, raté son geste ou été mis en échec par son vis-à-vis (dont une en subissant une grosse faute non sifflée). Défensivement, ça s’est mal passé, le futur latéral des Bleus a connu une sale soirée. Les combinaisons lisboètes sur son côté lui ont donné le tournis, et comme on ne l’aidait pas ou très mal (Ménez, Lucas, Pastore, Rabiot et Marquinhos ont tous essayé au moins une fois, presque systématiquement en se faisant blouser au bout du compte), Maxi Pereira et ses potes se régalaient. Plus embêtant, il a aussi été passé en 1 contre 1 à quelques reprises. D’habitude, il est bien meilleur, dans une autre configuration d’équipe (avec Thiago Silva pour commencer) on devrait retrouver toutes ses qualités.

Motta n’avaient manifestement pas envie d’être là. On lui demandait d’être le taulier, il s’est au mieux comporté comme un taulard. Que de légèretés blâmables, d’erreurs grossières et d’actes stupides ! Passes ratées et autres pertes de balle idiotes, mise en danger des potes avec des passes casse-croûte (notamment vers Sirigu), défaut d’engagement dans les duels ou quand il fallait couper la route d’un Portugais sur une contre-attaque ou un raid dans l’axe,… En résumé un sévère manque d’application, d’implication, de concentration et de conviction… sauf pour aller mettre une violente semelle par derrière avec beaucoup de retard (50e). S’en sortir avec un simple jaune relève presque du coup de chance. Sa prestation rappelle furieusement celle du ETG-PSG en quart de finale de la Coupe de France 2013, il avait été pitoyable, avait eu une attitude scandaleuse pendant tout le match jusqu’à se faire expulser pendant la prolongation. Cette fois au moins il est sorti au bout d’une heure, à l’époque Ancelotti lui avait demandé s’il souhaitait continuer…

Pastore se fait encore pourrir. Et pourtant, si son rendement peut être qualifié d’insuffisant, il a été exemplaire. Vous allez entendre – et lire – des phrases du genre «Pastore ne court pas», «il ne fait pas les efforts», «il rate la moitié de ses passes». Pourquoi ? Parce que trop de gens parlent de foot sans rien y comprendre ou en se désintéressant d’une réalité qui leur échappe. Par conséquent ils répètent ce qu’ils ont entendu histoire, suivent la mode, se rattachent à des préjugés largement diffusés au lieu d’ouvrir les yeux pour appréhender la vérité du terrain. Passons sur la différence fondamentale entre jouer à son poste avec les titulaires et être contraint de passer son temps à défendre dans une position de 6-8 au milieu d’une équipe particulièrement bancale composée essentiellement de remplaçants, elle est trop évidente pour être admise par ces individus. De toute façon ces personnes rejettent tout ce qui leur donne tort, y compris les statistiques dont ils se repaissent pour faire l’éloge de joueurs bénéficiant d’un hype étrangement favorable. (Le matraquage anti-Pastore sur Canal+ avant, pendant et après le match était pitoyable[8].) Les faits sont là : PASTORE EST LE PARISIEN AYANT LE PLUS COURU (il a fait un peu moins de 12 bornes, soit un gros kilomètre de plus que son suivent au classement, Rabiot), IL A AUSSI PARMI LES MEILLEURES STATS CONCERNANT LES PASSES (de mon point de vue ces stats n’ont pas de sens, de l’avis de la grande majorité des anti-Pastore, elles en ont beaucoup quand ça les arrange).
Après avoir eu du mal à débuter la rencontre en cherchant son positionnement (il s’est beaucoup déplacé, on lui filait rarement la gonfle, il a perdu 2 ou 3 ballons), l’Argentin est entré dans le match mais en raison du rôle et du positionnement imposé à lui par l’entraîneur, une immense majorité de ses appels de balle étaient faits vers l’arrière, il reculait pour aller cherche le ballon et était souvent obligé de le toucher plusieurs fois avant de le transmettre, ceci faute de mouvement et d’appel des joueurs offensifs. L’ancien Palermitain est pourtant du genre à jouer en une touche ou en contrôle-passe avec déplacement derrière pour jouer en redoublement de passes, justement pour apporter ce mouvement. Cantonné la très grande majorité du temps dans son camp, exprimer ses qualités lui était impossible. Blanc le fait jouer beaucoup trop bas, là où sa technique ne sert à rien hormis à effectuer quelques lancements de jeu. Il le bride. Pour être un bon 6-8, il faut une agressivité, une maîtrise des gestes défensifs et des réflexes spécifiques. Pastore ne les a pas, on le savait déjà, on n’a rien appris de neuf. Dans ces conditions sa prestation ne pouvait être que moyenne. Elle a néanmoins été marquée, entre autres, par une action de grande classe à l’origine de l’ouverture du score.

A vrai dire, son gros défaut a un nom : la discipline. Pastore est beaucoup trop discipliné, il respecte les consignes, d’où ce replacement défensif permanent et ce pressing qui l’éloignent de sa zone de prédilection, sans parler de ses multiples déplacements pour proposer une solution de passe au porteur du ballon (c’est primordial dans une équipe dont le jeu est censé être avoir pour caractéristique première une forte possession du ballon). Voyez par vous-mêmes. J’ai mis bout à bout toutes les actions dans lesquelles il a été impliqué offensivement et défensivement, du moins toutes celles montrées par le réalisateur.

Maintenant, je veux bien qu’on me dise qu’il a été nul, mais alors quel mot inventer pour qualifier ce qu’on fait ses partenaires ?

Rabiot a commencé relayeur, c’était plutôt correct malgré des pertes de balles (pas toutes de sa faute), ensuite, une fois passé en n°6, il nous a fait du Verratti à vouloir tenter des gestes interdit en zone dangereuse, à l’image de sa perte de balle suivie d’une faute par derrière sanctionnée d’un jaune (la spéciale de Verratti). C’était particulièrement énervant. Défensivement il a alterné le bon et le mauvais, je pense en particulier à des absences comme sur le 2nd but portugais ou au marquage de Luisao sur un CPA. Offensivement, il a parfois su faire la passe tranchante au bon moment. Bilan très mitigé.

Lucas ne manque pas de bonne volonté, il est juste brouillon, trop souvent imprécis, inefficace et agaçant. Que d’erreurs ! Son potentiel est énorme mais très mal exploité. Il commence à me faire penser à Amara Diané en version brésilienne. Diané était hyper vif et rapide, dribblait dans tous les sens, il avait aussi pour caractéristique de beaucoup croquer (en particulier la première saison, il a mis une quinzaine de buts TCC lors de la suivante). Les mauvais choix du jeune Brésilien ont plombé l’équipe, il a eu plusieurs occasions d’être décisif, il a toujours échoué (même son centre bien réalisé pour Pastore en fin de match est une action gâchée, il a attendu trop longtemps, d’où le HJ).

Ménez a clairement été le meilleur parisien sur le plan offensif, son implication directe dans la plupart des occasions de son équipe a été couronnée par une passe décisive. Le problème est ailleurs. Par moments il a montré son implication avec des efforts défensifs efficaces. A d’autres, il sortait complètement du match. La défaite a pour effet de nous faire oublier le positif pour retenir essentiellement la partie extrêmement énervante de sa prestation, partie dont le paroxysme a été atteint un peu avant la mi-temps quand il est resté une plombe en position de HJ – je fulminais en le voyant stationner dans la surface sans aller se replacer – et être logiquement sanctionné quand Lucas lui a fait la passe, ainsi que sur l’action du second but lisboète. Sa propension à aller au duel, tomber sans obtenir de CF et ne pas se relever tout de suite entre aussi dans cette catégorie. Petite remarque complémentaire : quand Traoré a concédé le péno, Ménez est le seul à être allé lui parler pour le réconforter.

Cavani était le seul joueur de l’équipe réellement capable de marquer. Il l’a fait une fois de très près, malheureusement pendant son heure passée sur le terrain ses appels ont été beaucoup trop rares, son énergie a surtout été utilisée à… défendre. Son état d’esprit est remarquable, évidemment, seulement ce n’est pas ce dont on a besoin. Son activité offensive était déterminante si le PSG voulait obtenir un bon résultat, elle a été insuffisante.

Matuidi n’a pas fait une entrée remarquable, tant s’en faut. En ce moment il manque de jus, tant qu’à perdre, le préserver semblait plus pertinent. (Il a pris le brassard en entrant.)

Lavezzi a eu le temps de manquer une très belle occasion et de perdre des ballons, notamment grâce à sa technique du je-m’enfonce-vers-l’axe-où-je-n’ai-aucune-chance-de-passer. Il a réussi beaucoup trop peu de choses. A sa décharge, le faire jouer en pointe dans un 4-3-3 n’était pas un cadeau, il peut s’en sortir en jouant devant à côté d’un autre attaquant, pas en étant seul.

Blanc a tout fait à l’envers. Il a fabriqué une sorte d’équipe IKEA mais sans avoir toutes les pièces… et son Suédois. Il a monté son équipe n’importe comment, comme s’il avait suivi une notice traduite du suédois en l’allemand puis en néerlandais puis en chinois puis en anglais puis en portugais et enfin en français. Ses changements prévus à l’avance ont fait perdre à l’équipe quasiment toute chance de revenir dans la partie, il n’a réagi à aucun moment pour effectuer les ajustements tactiques nécessaires. On a vu un Laurent Blanc spectateur d’un spectacle désolant. Faire tourner, OK, mais la moindre des choses était d’offrir à ses remplaçants des conditions leur permettant d’exprimer leurs qualités. Là, s’ils ne sont pas complètement plombés et parviennent à sortir la tête de l’eau, chapeau à eux ! Enfin, si on peut m’expliquer pourquoi Ongenda et Coman ont été appelés dans le groupe… Un des 2 aurait dû entrer, le 3e changement n’a jamais été utilisé, le score n’a pas bougé.

  • Conclusion.

Le classement final est le suivant : 1. PSG, 2. Olympiakos (grâce à sa victoire 3-1), 3. Benfica, 4. Anderlecht. Benfica n’a donc pas pris les 5 points à l’indice UEFA attribué à toute équipe qui passe les poules pour la LdC mais peut se rattraper avec un bon parcours en Europa League. Autrement dit, pour la France, ça sent mauvais.

A court terme, les échéances sont un déplacement à Rennes pour le compte du championnat, ça devrait bien se passer, le tirage au sort des huitièmes de finale de la LdC aura lieu lundi (Update : j’espère Leverkusen ou Schalke 04, il faut absolument éviter Manchester City, si on pouvait ne pas prendre Arsenal, ce serait sympa aussi, le Zénith serait un piège en raison du froid, Galatasaray aussi car c’est très chaud, si on pouvait ne pas se coltiner pendant 3 mois les conséquences médiatiques lourdingues d’une confrontation future face au Milan, j’en serais aussi très heureux). La dernière semaine de foot français de l’année se terminera par la réception importantissime du LOSC, précédée par un 8e de finale de Coupe de la Ligue au Parc face à Sainté, un match à gagner absolument et en gaspillant le moins de forces possible.

Espérons pouvoir totalement oublier cette rencontre doté d’un air de déjà-vu… En mars 2011, avec un autre Traoré en défense (et tout un tas de remplaçants de seconde zone), le PSG de Kombouaré avait eu plus de gueule au Stade de la Luz… pour le même résultat[9].

Notes

[1] Le but est de s’assurer une place dans le 2e chapeau puis à terme le premier lors du tirage au sort des poules des prochaines édition.

[2] Depuis 2 ans la France a été doublée, d’où le tour supplémentaire que doit passer le 3e de L1 pour accéder aux poules de la LdC.

[3] Car elle aura beaucoup moins de points à défendre que la France.

[4] A en croire les stars du journaliste à la française et leurs amis consultants cooptés, la statistique de la possession du ballon est plus band*nte qu’un strip-tease privé de Rihanna, Kate Upon et Mila Kunis – les 3 en même temps – dans votre chambre.

[5] A moins bien entendu qu’il ne soit blessé, a priori ce n’était pas le cas.

[6] Il joue des 2 côtés, à ETG il est utilisé à gauche.

[7] Par exemple à un moment, ayant contré un centre avec la poitrine ou les côtes, ceci dans la surface, il a plus pensé à regarder l’arbitre pour bien montré qu’il avait les bras dans le dos et qu’il n’y avait donc pas péno… au lieu de penser à poursuivre l’action en empêchant l’adversaire de centrer, le ballon lui étant revenu. Ça a donné un bon centre et la tête de Matic au-dessus.

[8] J’ai aussi vu le match commenté en anglais, étrangement il n’y avait pas ce matraquage… Les gars parlaient du match, de ce qu’ils voyaient, ils ne nous racontaient pas ce qu’ils avaient prévu à l’avance de raconter. L’attitude de Ménez a d’ailleurs été logiquement stigmatisée à quelques reprises.

[9] La blessure de Luyindula avait tout changé, avec lui les Parisiens étaient supérieurs aux Lisboètes.