En plus de déplorer l’absence de son capitaine, le PSG était privé de Lavezzi, Jallet et Rabiot, tous blessés. D’où cette composition d’équipe : Sirigu - Van der Wiel, Alex, Marquinhos, Maxwell - Verratti, Thiago Motta, Matuidi - Cavani, Ibrahimovic (c), Pastore.
Sur le banc : Douchez, Camara, Digne, Lucas, Ménez, Ongenda, Coman.

En face, en l’absence de, Younousse Sankharé suspendu, ça faisait… rêver (^^) : Guy Roland Ndy Assembe - Martins Pereira, Sorbon, Kerbrat, Dos Santos - Atik, Diallo, Mathis (c), Giresse - Alioui, Yatabaré. Plus un banc de folie : Samassa, Sankoh, Cerdan, Beauvue, Langil, Fauré, Dembele.

Je vais tout de suite proposer le résumé (un résumé tout bête, relativement court)… mais aussi le grand format, qui montre parfaitement ce qu’a été cette rencontre.

Le résumé d’abord.

Et le grand format.

En première période, les Parisiens ont multiplié les très longues séquences de possession. Ça devenait caricatural, il s’agissait d’une confiscation du ballon. Etrangement, alors qu’ils jouaient plus haut que d’habitude, ils ont eu beaucoup de mal à se procurer de véritables occasions d’ouvrir le score. Malgré leurs maladresses, j’ai trouvé positive la volonté des milieux d’apporter offensivement (Matuidi était un peu en-dessous de son niveau habituel, Verratti et Motta s’impliquaient beaucoup plus dans le jeu qu’à l’accoutumée). Pastore aussi m’a plu, il a perdu des ballons mais en prenant ce risque nécessaire, à chaque fois en allant dans le sens du jeu. Ajoutez au tableau des déplacements pour être toujours disponible (plus ses efforts à la perte du ballon). L’Argentin a plutôt ben exploité la liberté dont il jouissait. Pour être efficace, pouvoir compter sur un Cavani à son véritable niveau aurait sans doute aidé (l’Uruguayen avait l’opportunité d’évoluer dans l’axe la plupart du temps). On ne peut en dire autant d’Ibra car la Suédois fait tout le temps ce qu’il veut, aux autres de s’adapter… et d’applaudir les nombreuses fois où ça marche.

Très clairement, l’animation offensive péchait par manque de rythme et d’activité sur les côtés, les hommes de Laurent Blanc s’enfermaient beaucoup trop dans l’axe au lieu de chercher à écarter cette défense très dense. Souvent pris à 3, Ibra avait du mal à se défaire du 3e… Cependant, grâce au positionnement très haut de l’équipe, la récupération du ballon était souvent excellente car très rapide, ce qui permettait de maintenir la pression, de moins s’exposer aux contre-attaques et donc de conserver la possession de la gonfle. Le repli défensif défectueux – les soucis du duo axial brésilien mais aussi des latéraux – obligeaient à agir avant de laisser les Bretons passer la ligne médiane car quand ils y parvenaient, le danger était tout de suite réel. D’ailleurs Verratti a pris son carton jaune habituel pour avoir fait faute en courant derrière un gars qui partait en contre, une faute absolument pas nécessaire simplement due à son incapacité à défendre correctement (40e). Ceci dit, il cherchait le jaune depuis un moment en se comportant bêtement. Qu’il la ferme et pense seulement à jouer au lieu de passer son temps à contester ou réclamer !

L’état du terrain explique sans doute une grande partie des nombreuses imprécisions techniques (parmi les multiples pertes de balle idiotes, un paquet a résulté de mauvais contrôle ou de passes ratées), il était défoncé, très "gras" à causes des pluies abondantes des jours précédents. A ce propos, que fait-on a fait des sangliers qui vivent à l’année au stade de Roudourou ? Les fait-on sortir sur le parking pendant les matchs ? Qui plus est, le fort vent de travers et le retour de la pluie devait compliquer le dosage des passes longues, centres et divers CPA.

Le terrain n’explique pas tout. Derrière, le PSG a été catastrophique. Alex a été extrêmement mauvais, faire pire aurait fait naître des suspicions. Yatabaré lui a tout fait, ce n’est pas le seul. Il n’y avait pas Thiago Silva pour rectifier ses erreurs, les autres défenseurs étant aussi peu rassurants. Marquinhos peut d’ailleurs s’estimer heureux d’avoir évité le prendre sa douche à la mi-temps.

Si M. Ennjimi avait correctement fait son travail, Guingamp n’aurait pas atteint la mi-temps au complet car Yatabaré (32e) puis Martins Pereira (41e) sont passés entre les gouttes de façon inexplicable. Leurs interventions semelle en avant respectivement sur Marquinhos et Ibra ont été sanctionnées respectivement d’un simple CF et de… rien (au lieu de rouge – au grand minimum un jaune – et CF dans l’axe à 17m dans le second cas). Hallucinant ! On peut remercier l’inventeur du protège-tibia, sans lui on n’échappait pas à la boucherie dans les 2 cas. Heureusement, l’arbitre a été aussi mauvais pendant le temps additionnel en ne voyant pas le plaquage de Marquinhos sur Yatabaré qui avait suivi le CF lointain d’Alioui tiré de façon assez vicieuse pour contraindre Sirigu à intervenir en catastrophe. L’Italien n’a pas dû voir le départ du ballon, il a été surpris de le voir arriver droit sur lui, le rebond 2 mètres devant lui était imprévisible à cause de la "pelouse", pour ne rien arranger il devait avoir des appuis instables, du coup… impro totale. Ne pouvant plonger pour prendre le ballon des mains, il a mis le pied de façon absolument pas orthodoxe, ce qui a envoyé le ballon sur sa transversale puis dans l’axe devant la cage (46e). Sans le ceinturage grossier de Marquinhos, la probabilité de voir Yatabaré marquer était proche de la certitude absolue. Ça valait donc péno et rouge.

En réalité la première période a été une succession de longues séquences de passes parisiennes (assez souvent en cherchant à créer des décalages, assez rarement avec succès d’où le prolongement de ces actions), de phases de pression intense (au cours desquelles les Guingampais, étouffés, ne parvenaient pas à sortir de leurs surface), et de respirations bretonnes (à base de contre-attaques permettant d’obtenir un CPA et/ou de prendre le contrôle du ballon pendant assez de secondes pour reprendre leur souffle, voire de se montrer dangereux). Dire que tout ceci n’a mené à rien serait faux, sauf au tableau d’affichage. Cependant, on ne peut le nier, la liste des situations ayant présenté un danger potentiel se limite à une frappe cadrée de Yatabaré (9e), une reprise lointaine d’Alioui bien tentée à défaut d’être réussie (17e), une volée de Cavani – contrée involontairement par un coude – concluant une bonne action collective (22e), une frappe de Verratti sur un ballon mal repoussé aux 20m… stoppée par un défenseur assez chanceux (40e), une patate d’Ibra des 35m repoussée par le gardien (43e) et le CF du temps additionnel.

Normalement, quand ça se passe de cette façon, l’entraîneur donne des consignes à la mi-temps afin de procéder aux ajustements nécessaires, il effectue des changements (de joueurs ou tactiques). Manifestement, Laurent Blanc n’a rien fait. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, le PSG a continué à galérer pour les raisons déjà évoquées à propos de la première période : manque de vitesse dans le jeu, absence de jeu sur les côtés, déchet technique considérable dans les 30 derniers mètres, problèmes défensifs récurrents, etc. Qui plus est, certains joueurs ont eu tendance à disparaître. Si au moins Laurent Blanc avait tenté quelque chose… Mais même pas. J’attendais l’entrée de Lucas à la place d’un des milieux pour passer à 4 joueurs offensifs. Blanc a fait entrer Lucas (70e)… en sortant Pastore, pourtant loin d’être le plus mauvais des Parisiens, tant s’en faut. Pour ne rien arranger, le jeune Brésilien n’a reçu – ou n’a appliqué – aucune consigne lui demandant de jouer sur son côté droit afin d’écarter le jeu, d’étirer la défense. Il est censé pouvoir percuter sur les ailes, il s’est empalé dans l’axe comme tout le monde.

Le constat est effrayant : personne au sein du staff ou sur la pelouse n’a été capable d’analyser la situation pendant la rencontre, elle sautait pourtant aux yeux, il était difficile de ne pas identifier les défauts à corriger, des dizaines de milliers de personnes partout dans le monde ont compris. Dans la zone technique parisienne et sur le pré, tout le monde est passé à côté. L’unique changement effectué n’a servi qu’à retirer un des éléments les plus utiles pour en mettre un inutile. Avoir 71% de possession du ballon et s’entêter à évoluer avec seulement 3 éléments offensifs, avec des latéraux qui n’apportent rien (Maxwell a un peu plus essayé sur la fin, Van der Wiel a été cataclysmique tout le match)… Hallucinant ! Avec un Matuidi à son niveau habituel, avec un Motta et un Verratti aussi impliqués dans le jeu après la mi-temps qu’avant, avec un Cavani brillant par son talent au lieu de se mettre en valeur uniquement par sa bonne volonté, peut-être le PSG s’en serait-il sorti autrement. Une fois de plus tout reposait sur un génie suédois. Ibra a fait du Ibra avec tout le positif et tout le négatif que ça comporte. Enfin… En principe le positif se matérialise par des buts et/ou passes décisives. Cette fois, on a dû se "contenter" de quelques occasions et décalages sans suite.

Résultat, jusqu’au bout on a continué à aller dans la nasse. Et les joueurs plus dans le coup ont fini le match. Si on les laisse Ménez, Ongenda et Coman sur le banc dans ces circonstances, autant être clair, c’est qu’ils ne joueront plus jamais. Désolant. Quand tout se passe bien, modifier l’équipe peut être contre-productif. Seulement on parle d’une équipe dont la meilleure occasion est longtemps restée un but de Cavani refusé logiquement pour HJ (52e). Il s’agissait encore d’une de ces tentatives de passes au-dessus de la défense. Jouer par-dessus semblait être la seule solution pertinente car en se cherchant au sol dans les petits espaces les Parisiens se heurtaient systématiquement à la forêt bretonne plantée dans la surface. La frappe lointaine d’Ibra (53e) et la tête d’Alex sur CF (63e) étaient cadrées mais trop molles pour mettre en danger Ndy Assembe. La tonne de déchet technique dans les 30 derniers mètres, les appels tous faits dans l’axe et la lenteur des actions ont transformé cette affiche mise en valeur par Canal+ – je vais y revenir – en spectacle de désolation. Devoir s’extasier devant une volée dévissée par Lucas, même après un contrôle de la poitrine doublé d’un faux coup du sombrero (71e), ce n’est pas bon signe !

Des actions chaudes, on en a vu, en revanche la case des occasions franches est restée désespéramment vierge entre la mi-temps et l’égalisation d’Alex. Le PSG a obtenu pas mal de CPA presque systématiquement mal exploités, 2 ou 3 ont échappé au désastre. Alex a repris un corner tiré par Lucas vers le second poteau, il s’est déplacé vers l’arrière quand tout le monde se dirigeait vers le premier, s’est du coup retrouvé seul à 5m50 pour mettre la tête (87e). Ndy Assembe s’est troué dans sa sortie aérienne comme Samassa à l’aller sur l’ouverture du score de Rabiot à la 91e. A l’époque Guingamp avait seulement perdu le point du nul, cette fois l’erreur a coûté le double.

Il serait malvenu de se moquer car de l’autre côté, sur les CPA défensifs – mais aussi quelques centres dont un à la 48e repris par Yatabaré, une tête juste à côté – on a senti les Parisiens en grandes difficultés. L’absence de marquage de Marquinhos est bien plus terrible que les 2 hésitations de Sirigu (sur le CF du temps additionnel et à la 73e sur un corner enroulé assez vicieux en raison du vent) car on l’observe très régulièrement et elle est très coûteuse. On a déjà constaté cette gigantesque carence en Coupe de France contre Montpellier pendant la semaine. Le jeune Brésilien a répété les mêmes erreurs sur l’ouverture du score de Yatabaré, déjà sur corner (tiré par Alioui), 3 minutes auparavant. On peut parler de but évitable, BALC étant un peu fort. Il lâche l’attaquant, saute 2 mètres devant lui en étant trop court (rappelons-le, Marquinhos est petit pour jouer dans l’axe) et laisse ainsi marquer un gars qui depuis le début du match s’est amusé avec lui comme avec Alex. Yatabaré a nettement dominé pendant cette rencontre.

J’ai un vrai problème avec Marquinhos. Il a des préceptes défensifs assez étranges : soit il ceinture complètement comme sur le combo péno+rouge évité par la grâce de la nullité de M.Ennjimi, soit il reste à 2 ou 3 mètres de l’adversaire (comme sur le but et contre Montpellier). Pour rappel, quand il avait 18/19 ans, Mamadou Sakho commettait parfois le même genre d'erreurs... Sauf qu'il n'avait rien coûté et n'était pas question de devoir compter sur lui lors de la 2nde phase de la Ligue des Champions. Peut-être Marquinhos deviendra-t-il un super défenseur malgré sa stature de crevette grise... Mais nous sommes en 2014, pas en 2018, ce qu’il deviendra importe peu, le PSG ne peut attendre ses progrès, il a besoin d’un très bon défenseur en ce moment, il ne l’a pas. Passer pour un maillon faible semblait pourtant difficile à côté d’un Alex plus en difficultés qu’un tracteur tentant d’avancer dans 1m50 de boue et de latéraux ressemblant à des barrières de péage un jour de manifestation d’agriculteurs en colère (gratuité et distribution de fruits et légumes aux automobilistes… en l’occurrence Van der Wiel distribuait des pastèques dans tous les sens, il a perdu un nombre de ballons assez affligeant).

Sirigu est beaucoup critiqué et en effet, il mérite d’être critiqué… pour ne jamais mettre de joueur au 2nd poteau sur corner. Pour le reste, quand un gardien a une défense aussi désastreuse devant lui et a 60% de "chances" de se faire percuter par un collègue à chaque sortie aérienne, l’indulgence est de mise.

Cette rencontre aura été fort désagréable à regarder pour tout un tas de raisons. En plus de la nullité de la défense, de l’état affligeant de la pelouse, des carences individuelles et collectives, on a eu droit à un arbitrage absolument nul, à des gestes assez scandaleux et au "pack Canal+"…

Le laxisme de M. Ennjimi a engendré des horreurs. Les semelles sur Marquinhos et Zlatan en première période, le plaquage du jeune Brésilien sur Yatabaré, les débuts d’échauffourées qui ont suivi… S’il avait sanctionné, aurait-on vu Motta mettre des manchettes/coups de coude à Mathis (59e) puis Giresse (65e) et ne pas hésiter à faire sa p*te ? Il a fait 2 fois la même chose en toute impunité ! Le seul carton de la seconde période a été reçu par Diallo pour une petite faute (48e). L’absence de coup de sifflet pour des gestes graves a tranché avec ceux donnés sans raison. L’incohérence des décisions a énervé tout le monde, provoquant des tensions n’ayant pas lieu d’être.

Il y avait encore plus insupportable que M. Ennjimi : le "pack Canal+". Mes vidéos sont avec les images et commentaires de beIN (du différé), j’ai expurgé la plupart des incessantes insertions d’images de supporters bretons. Il y en avait partout ! Ils avaient mis des caméras dans les tribunes pour filmer le public et en ont fait des tonnes pendant toute la rencontre. Ils ont appelé ça "Guingamp capitale", en ont fait des tonnes, c’était ridicule, ils n’auraient pas fait plus pour une demi-finale de Coupe d’Europe. Quelle idée de faire commenter un match de football par Stéphane Guy ? Vous souvenez-vous de PSG-Toulouse il y a quelques mois ? C’était encore pire cette fois ! Quelle plaie ! En les entendant – j’essayais de faire abstraction de leurs voix – j’ai eu l’impression que les commentateurs n’avaient pas vu le match de coupe contre Montpellier. Par pitié, FAITES-LES TAIRE !!!

De ce match en bois je vais retenir 4 choses :
-l’inertie tactique de Blanc (l’entraîneur a encore une fois montré son incapacité à réagir, à corriger ce qui ne fonctionne pas, à faire les bons choix aux bons moments, à prendre les "risques" nécessaires pour gagner) ;
-le manque d’intelligence général de ce PSG (l’équipe s’est réveillée trop tard, a poussé mais de façon très brouillonne et assez inefficace, elle a été beaucoup trop gentille en première période quand la pelouse était encore à peu près jouable, il fallait être un peu intelligent et ne pas attendre pour mettre le feu, se contenter de faire courir les adversaires en imaginant les cueillir une fois fatigués était idiot) ;
-les CPA qui cachent la forêt (une fois de plus le PSG a été sauvé par son efficacité sur CPA offensifs, c’est sans doute la "patte Laurent Blanc") ;
-la faiblesse de la défense parisienne (elle a encaissé 1 ou 2 buts lors de 9 des 10 derniers matchs officiels disputés, les touristes nantais sont les seuls à ne pas avoir marqué contre elle).

3 de ces 4 points reviennent au même, ils mettent en lumière une effrayante incapacité à apprendre de ses erreurs.

Attention, tout n’est pas à jeter, il y a aussi eu de bonnes intentions avec du jeu au sol, des redoublements de passes, des milieux qui montent. L’activité de joueurs comme Cavani – capable d’aller provoquer une faute près de la ligne de but en sprintant sur 70 mètres pour venir défendre – ou Pastore est positive, mais si d’autres ralentissent le jeu, si les latéraux multiplient les passes en retrait au lieu de percuter pour centrer, si la variété des actions offensives se résume à s’empaler dans l’axe ou jouer long après une séquence interminable de passes, tout le positif se retrouve dilué dans la boue. L’équipe d’en face a seulement besoin d’être bien organisée et explosive en contre-attaque pour avoir ses chances de battre le PSG. Inquiétant.

Le mois de février arrive, ça veut dire fin du mercato d’hiver, peut-être y aura-t-il un départ, une arrivée, on va voir. Une chose est certaine, la demi-finale de Coupe de la Ligue et le retour de la Ligue des Champions vont arriver vite, il faudra en faire plus pour ne pas gâcher cette fin de saison. La médiocrité n’a plus sa place à Paris.