Je pense avant tout à Martin Fourcade, le roi, que dis-je, l’empereur du biathlon, susceptible de devenir le plus grand champion olympique français de l’Histoire en l’espace de 2 semaines. Le record de titres olympiques est codétenu par Christian d'Oriola[1] et Lucien Gaudin[2] (4 chacun). Celui de médailles est en revanche hors de portée, mais il peut l’approcher (il appartient à 2 autres escrimeurs des années 1920/1930, Philippe Cattiau et Roger Ducret, 8 médailles dont 3 titres) et dépasser tous les champions d’après-guerre (depuis la seconde Guerre Mondiale, le record est de 5).

Evidemment, Alexis Pinturault est l’autre grand espoir de razzia. La délégation française comptera également sur Jason Lamy-Chappuis, sont porte-drapeau, et sur une ribambelle de champions dont on espère une perf digne d’eux et donc une médaille, il s’agit entre autres de nos skieurs acrobatique (Kevin Rolland, Ophélie David), de nos danseurs sur glace (Nathalie Péchalat et Fabian Bourzat) ou encore de nos autres skieurs alpins (Thomas Fanara, Adrien Théaux), sans oublier nos snowboardeurs (Sylvain Dufour). S’y ajoutent toutes les bonnes surprises possibles.


biathlon

  • BIATHLON

Martin Fourcade a décroché l’argent de la mass-start en 2010, le premier podium de sa carrière, il a tout de suite enchaîné pour devenir un véritable monstre. Il truste les podiums et les victoires depuis 4 ans (58 en solo). La saison passée il a réalisé un grand chelem en remportant tous les petits globes en plus du gros, il aurait fait de même cette saison sans une impasse décidée pour bien préparer Sotchi[3]. Je ne manque jamais une de ses courses, je connais donc bien les habitudes et les caractéristiques de la bête, pourtant il parvient encore à me surprendre. Si rapide soit-il en ski de fond – presque systématiquement parmi les 2 meilleurs temps sur la piste – son intelligence tactique est souvent ce qui fait la différence et lui permet de faire preuve d’une régularité hors du commun. Mentalement, il est au-dessus, on le voit très rarement craquer au tir[4], il sait exactement quand attaquer, que ce soit sur la piste ou sur le pas de tir. Qui plus est, il a acquis un certain avantage psychologique sur la plupart de ses adversaires, il est capable de les faire exploser en vol en leur mettant la pression. Seul Emil Hegle Svendsen arrive régulièrement à résister, ponctuellement un autre concurrent y parvient si Martin lui ouvre la porte.

Pour rappel, lors des 2 dernières éditions des Championnats du monde il a obtenu les 2 fois 3 médailles individuelles sur 4 (3 titres en 2012, 1 et 2 médailles d’argent en 2013 en étant battu d’un souffle), sans parler des relais. Autre rappel, lors de l’étape préolympique organisée sur le site des JO l’an dernier il a réussi le doublé individuelle-sprint. La piste lui convient très bien, elle est en altitude (c’est plus exigeant physiquement), et l’arrivée sur le pas de tir est en descente, ce qui permet de bien faire ralentir les pulsations avant de s’y présenter et de limiter les erreurs au tir.

Conclusion, il est extrêmement fort, régulier, béton mentalement, sait gérer les grands rendez-vous, a déjà une expérience olympique, a parfaitement géré sa saison, la piste lui convient parfaitement… Je le vois décrocher 4 à 6 médailles dont au moins 2 titres. Concernant les relais, programmés lors de la seconde semaine après les épreuves individuelles, il ne sera que le finisseur, les 3 autres devront avoir fait le travail pour le lancer dans de bonnes conditions. La dynamique de l’équipe peut être déterminante. Si ça s’est bien passé lors des 4 premières épreuves – en réalité les 8, n’oublions pas les femmes – les chances d’avoir des relais performants seront décuplées. Et ça tombe bien, le sprint masculin se déroule dès samedi, Martin peut donc tout de suite lancer l’équipe de France de biathlon et plus généralement l’équipe de France olympique. Un titre le premier jour aurait un effet euphorisant pour toute la délégation.

Chez les hommes, Jean-Guillaume Béatrix est en pleine bourre (premier podium en CdM lors de la dernière épreuve individuelle disputée, son problème est le tir debout, quand il le passe il défouraille, il peut aussi exploser), Simon Fourcade revient fort après un début de saison moisi (moins performant en ski mais de plus en plus fiable au tir) et Simon Desthieux progresse (souvent rapide en fond, mais il est très jeune). En revanche j’ai beaucoup de doutes concernant Alexis Bœuf, physiquement il est apparu au bout du rouleau ces dernières semaines, une véritable catastrophe en ski.

Un de mes rêves serait de voir les frères Fourcade partager un podium (envisageable en individuelle surtout).

Chez les femmes, le facteur X sera la forme de Marie Dorin. Compte tenu de ses progrès l’an passé (4e du général) et de ses perfs lors de la pré-saison puis lors du relais mixte d’ouverture de la Coupe du monde, tout semblait indiquer qu’elle disputerait les premiers rôles. Pas de bol, une grave entorse lors d’un footing juste avant le premier sprint a eu pour effet de la priver de toutes les compétitions jusqu’à dimanche où elle sera aligné en sprint. Une course contre la montre s’est engagée, elle voyait enfin le bout du tunnel, devait participer au relais d’Antholz avant la trêve pré-olympique… mais la course a été arrêtée avant son passage à cause d’une nappe de brouillard qui empêchait carrément de voir les cibles (la France était en tête avant la 3e des 8 séances de tir). Marie aura pour elle la fraîcheur et l’envie, il lui manque des repères en compétition et une qualification automatique pour la mass-start (pour obtenir une des 30 places il faut soit être suffisamment bien classé au général de la CdM, soit l’obtenir en fonction des résultats de la semaine). Si elle est en forme – aux dernières nouvelles c’est très encourageant – la médaillée de bronze du sprint à Vancouver peut être la clé pour les relais en plus de briller en solo (il faudra réussir un bon sprint pour avoir ses chances en poursuite, sa meilleure épreuve avec la mass-start).

N’oublions surtout pas Anaïs Bescond, toujours rapide en ski mais souvent friable au tir (quand les 2 sont au rendez-vous le même jour ça donne un premier podium en carrière, elle l’a connu en remportant le sprint d’Antholz), et la femme des grands rendez-vous, Marie-Laure Brunet. MLB est presque toujours excellente au tir mais a du mal à être au top en fond, ce qui en fait une des concurrentes les plus dangereuses lors d’une individuelle. La concernant, j’ai assez peur des effets de l’altitude, mais en la faisant débuter un relais vous ne prenez aucun risque. Et ne l’oublions pas, c’est presque toujours lors des compétitions majeures qu’elle a scoré. La 4e relayeuse devrait être Sophie Boilley car Marine Boillet et la petite nouvelle, Anaïs Chevalier, ne présentent pas de garanties suffisantes.

Programme : les sprints samedi (H) et dimanche (F) à 15h30, les poursuites les 2 jours suivants à 16h, puis les individuelles jeudi (H) et vendredi (F) à 15h, on finira par la mass-start le dimanche (H) et le lundi (F) à 16h avant le relais mixte mercredi puis le féminin le vendredi, le masculin le samedi (tous les relais à 15h30).

=: Le biathlon devrait être notre principal pourvoyeur de médailles. Je suis optimiste, je vois 4 à 7 médailles chez les hommes, 1 à 3 chez les femmes si Marie Dorin est bien, plus une au relais mixte. Soit un total de 6 à 11 médailles dont les 3 relais.


ski alpin

  • SKI ALPIN

Ne nous voilons pas la face, chez les femmes, sans Tessa Worley ni Marion Rolland l’équipe de France est en galère. En vitesse, Marie Marchand-Arvier est notre seule représentante capable de rentrer dans un top 10. Cette saison MMA a connu beaucoup de tracas entre chutes et manque de confiance, mais sur une course d’un jour, avec un petit coup de pouce du sort – parfois on tire un dossard qui en raison des conditions s’avère être un ticket gagnant à la loterie – ou une résurgence de la championne montée 6 fois sur des podiums depuis le début de sa carrière. Si elle parvient à se lâcher le jour J au lieu de trop réfléchir, pourquoi pas ?

Dans les disciplines techniques, si vous tenez à jouer une très grosse cote, mettez de l’argent sur Anne-Sophie Barthet ou Adeline Baud. Ce sera sans doute à fonds perdus, il faudrait un miracle, comme pour Marion Bertrand (géant). Le dossard risque d’être très important en raison de conditions de neige probablement printanières (la piste devrait se dégrader au fil est passage), or à l’exception d’Anémone Marmottan en slalom géant et Nastasia Noens en slalom, aucun Française ne figue dans le top 15 au classement qui détermine l’ordre de départ[5]. Le nombre limité d’engagés par nation dans chaque épreuve de ski alpin augmente un peu les chances et permet de remonter de quelques dossards, ce qui ne devrait pas changer grand-chose en réalité.

Concernant la géantiste on peut parler de petit outsider, elle est très souvent dans le top 10 mais ne parvient toujours pas à claquer ce podium qui changeait tout. En revanche, la slalomeuse niçoise y est parvenue. 2 fois, dont une il y a quelques semaines malgré un dossard foireux. Le week-end dernier, avec encore une fois un mauvais dossard, elle a pris la 4e place. Après plusieurs opérations ces dernières saisons elle a mis un certain temps à retrouver son ski, il est revenu au meilleur moment. Bien sûr, le slalom est une discipline assez aléatoire souvent dominée par les 2 filles (Mickaela Shiffrin, le prodige US, et Marlies Schild, la référence autrichienne), ce qui laisse peu de place aux autres, la chance de médaille est néanmoins bien réelle. Le retour de Nastasia – une des plus belles filles de la délégation soit mentionné en passant – dans les 15[6] peut changer la donne. Avec un dossard 8 au lieu du 20, la donne est bien différente.

Programme : super-combiné lundi (8h et midi), descente mercredi à 8h, super-G samedi 15 à 8h, slalom géant mardi 18 à 8h et 11h30, slalom le vendredi 21 en nocturne (13h30 et 17h15).

Les hommes maintenant… On a plein de cartouches. Je vais me limiter aux plus sérieuses, sachant qu’une bonne surprise est toujours possible à l’image de celles réussie par David Poisson en descente et Gauthier de Tessières en super-G l’an dernier aux Championnats du monde.

Dans les disciplines de vitesses, 2 garçons sortent du lot, Johan Clarey et surtout Adrien Théaux. Le premier a manqué les Mondiaux 2013 à cause d’une blessure de dernière minute, depuis il s’est soigné et a obtenu des résultats intéressants (2 fois 5e, une 3e place en descente fin décembre). Ça peut le faire. Ceci dit, si je devais parier, ce serait sur Théaux. Pourquoi ? 2 fois 3e et 2 fois 4e cette saison, ça veut dire quelque chose. La technique est là, mais ce n’est pas tout, la confiance est au top, elle est renforcée par 2 choses : il y a 2 ans, lors de la descente de Coupe du monde organisée sur la piste olympique, il était monté sur la boîte et était passé tout près de recommencer lors du super-combiné. Psychologiquement, ça compte, normalement la piste lui convient, la descente est très longue, il faudra du coffre pour bien finir, il n’en manque pas, tant s’en faut. On sait en outre que Brice Roger a gagné sa place à l’entraînement, Poisson et Fayed se battront pour la dernière.

Je ne sais pas du tout si la descente du super-combiné créera de gros écarts (parfois on la raccourcit), en revanche je suis certain que celle de slalom sera une horreur pour les descendeurs… comme pour beaucoup de slalomeurs. En effet, elle sera tracée par Ante Kostelic, le père d’Ivica, un terroriste du planté de piquets (qui tracera aussi une manche du slalom… le tirage au sort peut très mal faire les choses). Si la descente crée de très grosses différences, Adrien Théaux a peut-être un coup à jouer, si c’est assez équilibré Thomas Mermillod-Blondin est susceptible de monter sur la boîte. Dans les 2 cas, on parle plutôt de 3e place car si tout va bien les 2 premières sont promises à Ted Ligety (champion du monde en titre et champion olympique à Turin) et à… Alexis Pinturault, battu par Ligety à Wengen avant de le dominer à Kitzbühel (c’était mi et fin janvier).

Si vous consultez la fiche du jeune Français sur le site de la FIS, ça fait presque peur… Afin de bien se préparer pour ses disciplines fortes sans se griller, il a décidé de ne pas prendre le départ du super-G (aux Mondiaux de Schladming le super-G lui était favorable, sa 5e place et les entraînements de descente lui ont coûté du jus, ça s’est terminé par 4 places de 5 ou 6e et une grosse déception car bredouille). Je vous invite donc à regarder ses résultats de la saison. Y figurent toutes les courses lors desquelles il a été classé… Certes, il a galéré en slalom pendant un moment, il sortait à chaque fois, il lui fallait absolument en terminer un pour remettre la machine en marche, ça s’est traduit par une modeste 23e place, sa seule au-delà du top 5 dans les 3 disciplines dans lesquels il va concourir à Sotchi (autrement dit, quand il arrive en bas, c’est 10 fois sur 11 dans le top 5, dont 6 podiums, dont 2 victoires). Depuis ce déblocage psychologique, il a enchaîné d’énormes manches de slalom, ce qui en fait le co-favori du super-combiné (au cours de sa carrière il en a disputé 8 en Coupe du monde et un aux Championnats du monde, ça donne 11e, 4e, 2e, DNF à Sotchi, 1er, 2e, 6e aux Mondiaux, 2e, 1er… il est vrai avec souvent des formats différents qui changent la donne) et un très gros outisder en slalom malgré son absence du top 7 (ça s’est joué à peu, il a failli le réintégrer à l’issue de la dernière course). S’il a enfin de la chance – l’EdF en manque cruellement lors des tirages au sort de dossards, en général les Bleus héritent sont parmi les derniers de leur groupe à s’élancer – et hérite du 8, on n’aura pas à se plaindre.

Jean-Baptiste Grange, revenu en force dans les 15, sera dans le même cas, à une différence près : s’il a le niveau pour monter sur la boîte, il lui manque encore le déclic, le brin de réussite nécessaire pour scorer. En réalité, la régularité, aux JO, on s’en fout. C’est aussi la raison pour laquelle Steve Missillier a une petite chance. Après avoir débuté la saison par une 4e place en géant il a multiplié les résultats moyens, ce qui lui a fait perdre des dossards et a failli lui coûter son billet en géant (il est 17e en slalom et est passé 16e en géant à l’issue du week-end dernier… très mauvaise opération), Cyprien Richard était plus rapide mais est sorti lors de la course choisie pour faire la sélection entre les 2. Dernièrement il a retrouvé le top 10 à l’occasion d’un slalom, on le sait en outre capable de sortir une manche de mutant de temps en temps (rarement 2 le même jour), alors pourquoi pas ? Julien Lizeroux, de retour après 107 ans de galères physiques, a réussi à décrocher son quota olympique. Ses chances de médailles sont à peu près nulles, il devrait disposer d’un dossard compris entre 30 et 35, sa présence est plus la récompense de son obstination et le choix de l’expérience. S’il peut donner quelques conseils aux jeunes et être bon devant la presse…

A vrai dit, la logique voudrait qu’en slalom on retrouve sur le podium 3 skieurs parmi Marcel Hirscher, Felix Neureuther, Henrik Kristoffersen et Alexis Pinturault. En ce moment ils sont au-dessus du lot (je n’oublie pas Thaler). En géant, on retrouve aussi 4 noms pour 3 places : toujours Hirscher et Pinturault, mais aussi l’ogre Ted Ligety et un autre Français, Thomas Fanara, 3 podiums cette saison, un des rares capables de se hisser tout près de Ligety les jours où il survole la concurrence. Cette saison les 4 représentants des Bleus ont tous pour meilleur résultat une 2, 3 ou 4e place, c’est donc du très lourd. Clairement, ne pas avoir au moins un Bleu sur la boîte serait une grosse déception, la densité française en géant est impressionnante, on l’a vu dès l’ouverture de la CdM, ils étaient 6 dans le top 11 à Sölden ! Depuis, c’est une ribambelle de podiums et de places d’honneur, 6 ont fini une ou plusieurs fois parmi les 7 premiers. Dans le rôle d’outsider je crois plus en Mathieu Faivre, resté in extremis dans les 15, qu’en Steve Missillier, sorti in extremis des 15.

Programme : descente samedi à 8h, super-combiné le 14 à 8h et midi ½, super-G le dimanche 16 (tracé par l’entraîneur de l’équipe de France), slalom géant le 19 (8h pour la manche tracée par l’entraîneur français et 11h30) et slalom le samedi 22 (13h30 et 17h15)

=: Avec une médaille de Nasta ou de Marmott’, on aurait déjà de quoi se réjouir pour les Françaises. Chez les hommes, dans le meilleur des mondes on monterait le curseur à 7 ou 8 médailles (une dans chacune des 2 disciplines de vitesse, 2 en super-combiné, 2 en géant, 1 ou 2 en slalom)… Mais nous ne sommes pas dans le meilleur des mondes, souvenons-nous qu’à Vancouver les ambitions étaient élevées et légitimes, on n’a rien ramené, c’était la bérézina. J’y crois tout de même car je me dis que la chance va finir par tourner. En effet, depuis le début de la saison le tirage au sort des dossards et les centièmes sont très rarement favorables aux Français (d’où une tonne de médailles en chocolat, 3 pour Pinpin, 2 pour Théaux, une pour Missillier, Faivre, Grange, Mermillod-Blondin et Noens, plus une 5e place pour Clarey à quelques centièmes du podium lors de la course où y a eu des ex-aequo à la 3e place).

Théaux sur un podium, Pinpin champion en combiné (Mermillod-Blondin est capable de bronzer), une médaille en géant (Pinpin ou Fanara) et/ou en slalom (Pinpin, voire Grange), ce serait déjà bien, mais surtout ça correspondrait à la forme du moment. Donc j’y crois. Je dis 4 à 7 médailles.


Combiné nordique

Il y a encore 3 saisons, les Français dominaient en saut. Depuis, c’est de moins en moins bien, ils se mangent souvent des écarts très difficilement rattrapables sur la piste. La clé sera donc le saut, car en fond le niveau est plutôt bon, voire très bon. Dans un bon jour, comme lors de l’épreuve par équipes de la dernière étape de Coupe du monde avant les JO, ils sont encore capables d’exploits. Malgré son raté sur le tremplin à l’occasion de l’épreuve individuelle de ce même week-end, Jason Lamy-Chappuis m’a rassuré, il a été lancé par le jury avec vent dans le dos, ce qui lui a fait totalement manquer son saut, mais chacun de ses autres envols était bon ou très bon, signe qu’il a retrouvé ses sensations… comme la saison passée lors des Championnats du monde où, arrivé un peu dans les mêmes conditions, il a tout fait péter (3 titres et une médaille de bronze en 4 courses). Qui plus est, lors de cette course il est parvenu à remonter de la 30e à la 14e place. La forme est là. J’ajoute enfin que cet hiver, s’il a souvent galéré, on l’a tout de même vu remporter 2 courses individuelles, ce n’est pas rien.

Une médaille individuelle le satisferait sans doute, même s’il ne devait pas s’agir d’or. Eric Frenzel réalise une saison "jezesque", le Français n’est donc pas dans la peau du favori, ça compense un peu avec la pression due à son rôle de porte-drapeau (qui ajoute à ses obligations et peut générer une fatigue supplémentaire). Le rêve ? Remporter l’épreuve par équipes. C’est faisable malgré la supériorité logique des Norvégiens et en principe des Allemands. Le concours a lieu au grand tremplin, si les Bleus nous font le même concours que lors de leurs dernières grandes performances, on peut espérer rivaliser. Ils l’ont fait l’an dernier lors des Championnats du monde en déjouant les pronostics pour toiser tout le monde depuis le sommet du podium. Les Autrichiens, les Américains et les Japonais seront toutefois à surveiller. Une médaille avec ses potes – de véritables amis, ils ont plus ou moins grandi ensemble – serait un véritable accomplissement, elle marquerait le début de la fin d’une génération aussi dorée que frustrée. Jason Lamy-Chappuis, Sébastien Lacroix, Maxime Laheurte et François Braud vont sans doute bientôt arrêter (certains annoncent une fin de carrière en 2015), ils ont longtemps échoué au pied du podium, on se souvient notamment de l’erreur tactique de Lacroix à Vancouver, il s’était grillé en voulant envoyer trop tôt, d’où cette odieuse 4e place… Pas question que Jez finisse sa carrière olympique sur une 4e place !

Programme : épreuve petit tremplin mercredi 12 (saut à 10h30, Gundersen à 13h30), grand tremplin mardi 18 (saut à 10h30, Gundersen à 13h30), par équipes jeudi 20 (saut à 9h, relais à midi).

=: On signe où pour une médaille d’or et une de bronze ? Sur 3 chances, ça devrait faire 0 à 2 médailles.


saut à skis

La France compte 4 sauteurs spéciaux[7], un seul homme – dont l’objectif est de bien figurer – en la personne de Ronan Lamy-Chappuis, cousin de Jez, et 3 jeunes filles, à savoir Léa Lemare, Julia Clair et bien évidemment Coline Mattel, notre chance de médaille. Il n’y a qu’un concours féminin, le premier de l’histoire des JO (les hommes en ont 3, le même programme que pour les combinés, petit tremplin, grand tremplin, par équipes), donc une seule chance, et ça se résume à 2 sauts. Autrement dit si vous vous loupez au premier c’est mort et si vous réussissez le premier vous pouvez encore vous louper au second… Sachant qu’une jeune Japonaise survole la Coupe du monde, que d’autres filles sont aussi très fortes et très régulières, je pense notamment à une Autrichienne et une Japonaise, voir Coline Mattel décrocher l’or est de l’ordre du rêve. C’est peu probable mais pas impossible, réaliser un exploit historique ne lui est pas interdit. Ces dernières semaines elle a pu reprendre confiance après une période de doute, son succès au Japon sur un tremplin identique à celui de Sotchi – si je ne m’abuse – est de nature à donner confiance à celle qui n’a jamais participé aux JO… ni même eu l’occasion de les regarder à la télé.

Programme : le concours féminin est prévu mardi 11 à 18h30 (seconde manche dans la foulée).

=: On prendrait avec joie n’importe quelle médaille, sauf celle en chocolat. Tablons donc sur 0 ou 1 médaille.


ski de fond

Restons dans le ski nordique avec une des disciplines de base des JO d’hiver. Les épreuves changent à chaque JO, on passe du style libre au classique, histoire d’en avoir pour tous les goûts. Cette année on a du skiathlon pour commencer (du fond long avec première moitié en classique et seconde en libre, il y a changement de skis pendant la course), puis du sprint individuel en libre, on continuera avec du classique (le 10km pour les femmes, 15km pour les hommes), après les relais les sprints par équipes seront aussi en classique, on terminera par l’équivalent du marathon, la mass-start, elle sera en libre. Certains sont beaucoup plus à l’aise dans un style ou dans l’autre, l’exercice étant vraiment différent. Qu’en est-il des membres de l’équipe de France ? Très honnêtement, je n’en sais rien, difficile de dire qui préfère quoi, donc de faire des pronostics car je suis beaucoup moins le ski de fond, je regardais plus il y a 2 ou 3 ans, je ne suis plus au fait de ces subtilités. Pour ne rien arranger les épreuves disputées tout au long de la saison ont quarante-douze formats différents et les impasses sont nombreuses, du coup le plateau est parfois plus faible. Difficile, pour ces raisons, d’avoir des indications fiables de ce que peuvent faire les Bleu(e)s lors des JO. Que valent vraiment les résultats obtenus en Coupe du monde ? Maurice Manificat a remporté un 30km en décembre et s’était classé 4e un peu plus tôt, dernièrement Baptiste Gros a pris la 3e place d’un sprint, Robin Duvillard a terminé 5e et 6e en décembre, il y a eu quelques top 10 pour les autres… ça nous avance bien.

Certains des membres de l’équipe de France ont peut-être une chance de médaille. Dans des épreuves de sprint (individuel ou par équipes) une surprise est éventuellement possible, rappelons que la seule médaille de l’histoire du ski alpin français a été obtenue à la surprise générale par Roddy Darragon en sprint. Ça reste donc exceptionnel. Il y a 4 ans les places d’honneur de Vittoz (5e, 7e), Manificat (6e), Miranda (7e) et du relais (4e) n’ont pas manqué, on aurait aimé les troquer pour une médaille de bronze, Vittoz la méritait.

Programme : skiathlon samedi (F) et dimanche (H) à 11h, puis les sprints mardi 11 (de 11h à environ 14h30 pour les finales), on enchaînera ensuite tous les jours à 11h entre jeudi et dimanche avec dans l’ordre le 10km féminin (jeudi 13), le 15 kilomètres masculin (vendredi 14), le relais féminin (samedi 15) et le relais masculin (dimanche 16), il faudra ensuite attendre le mercredi 19 à parti de 10h15 pour le team sprint (F et H), on finira par le 30km féminin le dernier samedi à 10h30 et le 50km masculin le lendemain à 8h (dernière épreuve de neige).

=: Si la France peut ramener une breloque, c’est probablement en équipe. Rappelons que les hommes ont été volés à Turin (4e place avec, de mémoire, une magouille des Suédois qui devaient être disqualifiés pour avoir coupé à travers un virage pour rattraper une erreur de parcours), à Vancouver aussi ils ont échoué au pied du podium. Ils sont abonnés à la 4e place, il faut que ça cesse ! Je dis donc 0 ou 1 médaille.


ski acrobatique

4 disciplines différentes nous intéressent : le ski de bosses est au programme depuis 1992, le ski cross depuis 2010, le half-pipe et le slopestyle font leur première apparition. La France a des cadors dans ces disciplines avec des champions du monde (actuels ou anciens), des vainqueurs et/ou médaillés aux X-Games. Du très lourd. La France n’est pas représentée en saut acrobatique[8], on laisse ça aux Chinois et aux Biélorusses…

Avec une seule épreuve pour chacune de ces disciplines, il est interdit de se rater. Or qui dit acrobatique dit risques de chute, de blessures, d’accidents (particulièrement en ski cross où vous dépendez aussi de la maîtrise de vos adversaires susceptibles de vous percuter ou de vous couper la route à tout instant)…

Penchons-nous sur ces disciplines dans l’ordre du programme.

Le ski de bosses a déjà débuté avec les qualifications féminines. Sandra Laoura y a brillé à Turin (bronze), c’était la première médaille de la délégation, obtenue dès le premier jour, qui plus est à une heure de grande écoute. 4 ans plus tôt Richard Gay avait aussi perpétué la tradition lancée en par Edgar Grospiron[9] et Olivier Allamand[10]. Ces 4 champions vont-ils trouver un successeur cette semaine ? En principe non, c’est très improbable. Seulement, impossible n’est pas français (et improbable n’est pas impossible)…

Perrine Laffont a 15 ans[11], vous ne trouverez pas plus jeune au sein de la délégation. Il y a presque un an, ses débuts en Coupe d’Europe ont été fracassants : 5 podiums consécutifs, dont 2 victoires. Dans la foulée, aux Championnats du monde juniors, elle s’est classée 5e et 3e… Tout ça à 14 ans. Elle méritait donc d’avoir – déjà – sa chance en Coupe du monde. En janvier, lors de la tournée américaine aux Etats-Unis et au Canada, sa sélection pour Sotchi est devenue une évidence. Quand à cet âge vous enchaînez des places de 20e, 19e, 21e, 11e et 17e, vous avez à l’évidence un potentiel de médaillable à l’avenir, ne pas vous emmener pour vous offrir une première expérience olympique serait une grossière erreur de management. Ce petit investissement peut rapporter gros dans 4 ou 8 ans… A moins de faire sauter la banque immédiatement. A la surprise générale, la jeune Ariégeoise a décroché la 5e place des qualifications, s’assurant une place en finale sans passer par les demi-finales organisées quelques heures avant le début de la finale… Alors bien sûr, dans une discipline archi-dominée par 2 ou 3 cadors où environ les 3/4 de la note sont constituées par un jugement technique, voir une gamine débarquer directement sur un podium olympique très très très improbable.

Chez les hommes, un de nos représentants (Benjamin Cavet) est une jeune de 20 ans, les 2 autres ont des références qui commencent à dater. Anthony Benna a une 9e place pour meilleur résultat cette saison, son dernier podium date de décembre 2011… Quant à Guilbaut Colas, c’est pire. Parti à Vancouver pour décrocher la timbale après avoir parfaitement réussi son retour sur le circuit en enchaînant les victoires (déjà suite à des blessures), il a déchanté. Ses qualifications aux JO étaient top… mais il s’est loupé en finale (6e). Dans la foulée de cette énorme déception, il a atteint son meilleur niveau, faisant montre d’une constance impressionnante traduite par le titre mondial tant recherché, le petit globe, le gros globe du ski acrobatique… Son corps a ensuite failli. De mars 2011 à mars 2013, plus rien, aucune participation à la moindre épreuve, il était blessé. Sa tentative de retour aux championnats du monde 2013 a été un ratage. Il bataille pour être compétitif à Sotchi, seulement les résultats ne sont pas au rendez-vous. 10e au mieux en janvier, ce n’est guère encourageant. Ceci dit, avec un champion qui a bien bossé, tout peut arriver.

Programme : finale féminine samedi à partir de 19h, qualifications masculines lundi à 15h, finale le même jour à partir de 19h.

Le slopestyle, je ne suis pas fan. Quitte à mettre une discipline spectaculaire et "fun" de plus au programme des JO d’hiver, j’aurais choisi le Big Air. Mon problème, ce sont surtout les rampes. N’ayant engagé personne dans la compétition féminine, la France comptera sur ses 3 spécialistes qui, paraît-il, sont bons, peut-être même très bons. Jérémy Pancras et Jules Bonnaire sont de 1991, Antoine Adelisse aura 18 ans en juin (il était 5e aux derniers ChM). 2 d’entre eux ont pu se classer dans le top 10 de la dernière épreuve de Coupe du monde organisée par la FIS, seulement dans cette discipline comme dans d’autres, globalement celles issues des X-Games, les compétitions FIS sont secondaires, certains des meilleurs y participent uniquement quand ils ont besoin de points pour se qualifier pour les JO.

On va les classer dans les bonnes surprises éventuelles.

Programme : jeudi 13 février pour les hommes, qualifications à 7h15, finale à 10h30.

Le half-pipe… J’attends ça depuis 5 ans et la victoire de Xavier Bertoni aux X-Games. Je suis tombé par hasard sur la retransmission, j’ai tout de suite accroché. C’est juste énormissime. JO d’été et d’hiver confondus, je ne vois pas quelle épreuve peut être qualifiée de plus spectaculaire. Que les Français y soient très performants ne gâche rien. Ma crainte a longtemps été qu’ils soient performants trop tôt. Dans ce genre de disciplines il est difficile d’atteindre les sommets, mais encore plus de s’y maintenir car des jeunes débarquent en permanence en ayant commencé plus tôt, ils s’inspirent de ce que font les cadors et poussent encore plus loin le curseur de la difficulté. Au moindre relâchement ou coup de mou, vous êtes dépassé. L’annonce de l’admission au programme olympique génère une émulation supplémentaire, les gars en de plus en plus faim, certains peuvent alors bénéficier de meilleures conditions d’entraînement (façon Shaun White en snowboard qui a son pipe privé), ce qui élève encore le niveau. On a aussi pu constater ceci dans d’autres sports, par exemple le saut à sakis féminin. Bertoni a été victime de ce syndrome, il participera aux JO mais n’est plus au top depuis 2 ou 3 saisons. J’ai aussi eu peur que Kevin Rolland soit dans ce cas, il a côtoyé puis remplacé son pote tout en haut de la hiérarchie (titre mondial et globe de cristal en 2009, médaille d’argent en 2011, 4 titres aux X-Games pendant cette période) avant d’être freiné par des blessures – les croisés – et de descendre dans la hiérarchie, doublé notamment par un très jeune américain. Heureusement, ses dernières performances lors de la tournée américaine en janvier sont très rassurantes, notamment sa 2e place aux X-Games. Normalement, l’or se jouera entre lui et l’Américain David Wise. Parmi les outsiders on comptera Thomas Krief (médaillé mondial en 2013 et aux X-Games Europe en 2012) et Ben Valentin (petit globe de cristal en 2011).

Mais ce n’est pas fini ! Chez les femmes aussi la France va envoyer du lourd ! Vous pouvez raisonnablement mettre une pièce sur Marie Martinod, revenue à la compétition l’hiver dernier après avoir stoppé sa carrière en 2007. A bientôt 30 ans, cette jeune maman a de grandes chances d’écrire une page de l’histoire des sports olympiques. Son histoire est fascinante, elle a quitté le monde du ski presque sur un coup de tête en décidant de suivre l’homme dont elle était tombée amoureuse et avec qui elle a ensuite eu sa fille, puis a décidé de s’y remettre, poussée à cela par l’introduction de sa discipline au programme olympique et par une visite de son amie Sarah Burke, légende du ski half-pipe, passée chez elle à l’occasion des X-Games de Tignes en 2011. Un accident de voiture a été un autre déclencheur, Marie a compris pendant ses mois de réhabilitation que la vie est trop courte pour passer à côté de ça. Au début, il s’agissait juste de se faire plaisir mais elle a remporté ses premières compétitions. Du coup, elle a continué avec encore plus d’envie. On connaît la suite, Sarah Burke est décédée tragiquement quelques mois plus tard, le 19 janvier 2012, au terme de plusieurs jours de coma consécutifs à un accident subi à l’entraînement. Son amie savoyarde a eu du mal à s’en remettre, néanmoins cet événement a eu pour effet de la pousser à s’engager avec encore plus de détermination dans sa quête olympique. La Canadienne a été l’ambassadrice de la discipline, elle a œuvré pour faire accepter le ski half-pipe par la CIO, comment mieux honorer sa mémoire qu’en faisant tout pour participer à l’événement comme elle le lui avait demandé ?

Cette histoire ne vous rappelle-t-elle pas quelque chose ? L’effet du décès de Régine Cavagnoud sur Carole Montillet… Oui, mais surtout celui du décès de Karine Ruby – la Sarah Burke du snowboard – sur Mathieu Bozzetto. Dans ce dernier cas la ressemblance est troublante. Karine avait poussé son vieux pote de l’équipe de France à sortir de sa retraite pour enfin accomplir son rêve olympique. Grâce à ce supplément d’âme, il l’a fait malgré des conditions improbables absolument pas faite pour lui (neige molle, brouillard à couper au couteau), avec par moments de troublants coups de pouce du destin, en particulier quand le Russe est resté bloqué au départ. Souhaitons la même chose à Marie Martinod. Elle a travaillé dur pour se hisser au niveau des meilleures filles en activité et être capable de faire ce qui aurait rendu fière d’elle son amie. Depuis, les résultats sont là : victoire aux X-Games Europe en 2013, 4e de l’épreuve préolympique, 5e aux ChM, médaille de bronze aux X-Games d’Aspen en janvier dernier après un podium en Coupe du monde…

Et attention car la 2nde lame s’appelle Anaïs Caradeux, à 23 ans elle en a presque 10 d’expérience, son palmarès est tout sauf dégueulasses : petit globe en 2006, 2e en 2009, très souvent bien classée ou même médaillée lors des X-Games et autres compétitions professionnelles, vice-championne du monde en 2013…

Programme : mardi 18 février pour les hommes (qualifications à 14h45, finale à 18h30), jeudi 20 pour les femmes (qualifications à 15h30, finale à 18h30).

Le ski cross féminin sera la dernière épreuve de ski acrobatique de ces JO. Le rêve de 99% des membres de la délégation française ? Qu’Ophélie David nous fasse une Bozzetto. Après son échec à Vancouver, on l’imaginait arrêter sa carrière. Finalement, elle est toujours là à 37 ans (après une grave chute lors des ChM 2011). Mieux, elle a tout pour couronner sa carrière phénoménale avec ce qui lui manque encore, la médaille olympique. J’y crois d’autant plus après avoir regardé la dernière étape de la Coupe du monde. Magistrale tour après tour en menant tout du long, elle est beaucoup moins bien partie en finale… remportant tout de même la course en prenant l’intérieur dans le dernier virage pour griller Fanny Smith sur la ligne ! Fantastique. Avec la confiance, l’expérience – y compris celle d’être attendue aux JO – et le bagage technique dont elle jouit, ça doit le faire. Encore une fois, le ski cross est une discipline où on ne maîtrise pas tout, les concurrents peuvent vous éliminer en tombant ou en faisant tomber (ce qui s’est produit en 2010). On croise les doigts.

Les autres Français(es) ont de moins bons résultats cette saison, disons que c’est plus mitigé. Jean-Frédéric Chapuis, champion du monde en titre, alterne bons (4e, 3e, 5e) et les mauvais (20 à 30e), Jonas Devouassoux a remporté la première épreuve de CdM cette saison mais est à la peine depuis, Jonathan Midol (dont le frère, Bastien, était le dauphin de Chappuis aux ChM 2013... mais s'est sévèrement blessé juste avant Noël) et Arnaud Bovolenta ont chacun dû se contenter d’une demi-finale en CdM cette saison (6e début et mi-décembre). Pas très rassurant tout ça. C’est tout de même mieux chez les femmes. Outre Ophélie David, on a Alizée Baron qui restait sur 2 ratés après une série de places d’honneur, elle a pu reprendre confiance en Coupe d’Europe il y a quelques jours, Marielle Berger-Sabbatel, qui semble en grande forme (lors de l’épreuve remportée par sa compatriote elle parvenait à doubler pour se qualifier malgré un mauvais départ), et Marion Josserand, médaillée olympique il y a 4 ans, très souvent dans le dur depuis (particulièrement cette saison). Attention car l’histoire le montre, sur un parcours de cross (en ski comme en snowboard ou même en vélo), on en attend souvent certains et au final ce sont d’autres Français qui tirent leur épingle du jeu. Ça reste une course d’un jour.

Programme : jeudi 20 à partir de 8h45 pour les hommes (finale prévue à 11h41), le lendemain pour les femmes aux mêmes horaires.

=: En bosses, rien sauf miracle, en slopestype, rien car je suis incapable de dire ce que valent réellement nos 3 Français, en half-pipe on peut espérer 2 médailles, disons de 1 à 3 pour se couvrir, et 1 ou 2 en ski cross. Ce qui nous fait 2 à 5 médailles, 3 étant la prévision la plus cohérente.


Snowboard

  • SNOWBOARD

On y trouve 3 disciplines équivalentes à celles du ski freestyle (le snowboard cross, le slopestyle et le half-pipe) plus 2 plus proches du ski alpin (slalom parallèle et slalom géant parallèle). La France n’a envoyé personne en slopestyle.

Commençons pas le snowboard alpin où Sylvain Dufour, notre unique représentant, jouera le titre dans les 2 spécialités. Double vice-champion du monde en 2009, il réalise actuellement une excellente saison avec déjà à la clé le petit globe du slalom parallèle, une nouvelle d’autant plus intéressante que jusqu’ici seul le géant parallèle était au programme olympique. Il aura donc 2 chances au lieu d’une.

Programme : mercredi 19 pour le géant parallèle, samedi 22 pour le slalom parallèle, les hommes et les femmes le même jour en alternance, ça commencera à 6h42, les finales après 11h30.

Le half-pipe est olympique depuis 1998. La France a obtenu une médaille en 4 éditions (l’argent pour Doriane Vidal à Salt-Lake City). Cette année, Shaun White sera encore l’immense favori, surtout depuis qu’il s’est défilé en slopestyle, ce qui laisse tout de même 2 places sur le podium.

Arthur Longo peut viser le top 5, Johan Baisamy est peut-être susceptible de surprendre, chez les femmes Sophie Rodriguez est une valeur sûre (l’an dernier elle a pris la 3e place aux ChM et lors de l’épreuve préolympique à Sotchi, elle a aussi a remporté une épreuve de CdM), pour le moment Mirabelle Thovex est surtout la sœur de Candide, et Clémence Grimal, pas encore 20 ans, est montée sur le podium en CdM cette saison.

Ceci dit, dans ce sport aussi il est toujours très difficile d’avoir une idée de ce que valent les performances en Coupe du monde et même aux Mondiaux, car beaucoup de très bons y participent uniquement à l’occasion, préférant les circuits professionnels.

Programme : les hommes mardi 11, les femmes mercredi 12, qualifications à 11h, demi-finale à 16h, finale à 18h30.

Le snowboard cross était traditionnellement une discipline très forte de l’équipe de France qui compte 3 médaillés olympiques (Déborah Anthonioz, Tony Ramoin et Paul-Henri de le Rue), une médaillée mondiale (Nelly Moenne-Loccoz en 2011) et un triple vainqueur de globes de cristal (Pierre Vaultier ) sur ses 7 sélectionnés… Seulement, cette saison, hormis une 3e place en relais obtenue par Chloé Trespeuch et Nelly Moenne-Loccoz, aucun n’est monté sur le moindre podium cet hiver. Une 5e place de Charlotte Bankes (qui a gagné en Coupe d’Europe) à Lake Louise, Chloé Trespeuch 4e à Montafon, le tout en décembre, ce n’est pas lourd… Concernant les hommes, la situation est encore pire. Paulo de le Rue, pas monté sur un podium de CdM depuis 2011, s’est mangé une gamelle monumentale en compétition le mois dernier, il a passé un peu de temps dans le coma, s’en est sorti sans trop savoir comment avec des fractures au visage. Le miraculé des Pyrénées va tout de même participer (il est totalement fou, on le savait déjà^^). Pierre Vaultier, en panne de résultats depuis 2 ans et une sale blessure à la cheville (seulement une victoire et une 4e place aux ChM), a actuellement un genou dans la boîte à gants, il ne sait même pas s’il va pouvoir participer. Ce sont les dangers de ce sport, lui aussi s’est fait percuter par un concurrent. Lui et les JO, décidément… Quant à Tony Ramoin, depuis 4 ans, 3 top 10 en CdM et un aux ChM (9e en 2013), on peut dire que la surprise de Vancouver n’a pas vraiment confirmé. Rappelons aussi que l’encadrement de l’EdF s’est loupé, certains candidats à la sélection manquaient de points FIS car on ne leur a pas fait disputer assez de compétitions. Une boulette majuscule.

Programme : dimanche 16 (F) et lundi 17 (H) à partir de 8h pour les qualifications, puis respectivement 10h15 et 10h30 pour le début des manches à élimination.

=: 0 à 2 médailles pour Dufour, très éventuellement 1 médaille en half-pipe mais ça semble très difficile, disons donc 0 à 1 breloque, c’est mal parti pour le cross, on va dire 0 à 1 médaille, soit un total pour le snowboard de 0 à 4 médailles, plus plausiblement 0 ou 1 que 4.


  • LES SPORTS DE GLACE


Je vous fais un premier lot avec bobsleigh, luge, skeleton, curling, hockey sur glace. On a 3 bobs engagés pour faire de la figuration, une lugeuse qui n’a aucune chance, personne dans les 3 autres (l’équipe de France de hockey n’est pas bidon, seulement les qualifications se font de façon assez discutable).

Il nous reste le patinage artistique, le short-track et le patinage de vitesse.

patinage artistique
Ça va aller vite car en artistique Nathalie Péchalat – magnifique – et Fabian Bourzat ont environ une chance sur 2 de décrocher le bronze, les 2 premières places étant garanties aux Canadiens – Tessa Virtue est aussi une bombe – et aux Américains, il faudra se battre avec les Russes qui, à domicile, risquent d’être favorisés par les juges. Les autres patineurs français sont là pour s’affirmer (Maé-Bérénice Méité, le couple James-Ciprès), ou faire de la figuration non honteuse.

Concernant l’épreuve par équipes ajoutée cette année, je ne lui trouve aucune légitimité, c’est hyper artificiel. Certains espéraient une médaille, il ne faut pas rêver ! Et on ne va pas se mentir, si elle est là, c’est pour faire plaisir à Vladimir Poutine, la Russie sera sur la boîte.

Programme : programme court de la danse sur glace dimanche 16 à 16h, danse libre le lendemain à la même heure. Les autres, OSEF.

patinage de vitesse Le patinage de vitesse est le parent pauvre miséreux de la FFSG[12], il n’y a aucune structure, très peu d’aides, malgré tout Alexis Contin espérait décrocher une médaille… Avant qu’on lui découvre une maladie de la thyroïde il y a peu. On peut parler de catastrophe, adieu chance de médaille. S’il n’a pas déclaré forfait pour toute la compétition, c’est par loyauté envers ses 2 coéquipiers qui ont besoin de lui pour pouvoir disputer la poursuite. Macé et Fernandez tenteront de faire de leur mieux.

Programme : samedi 8 à 12h30 pour le 5000m, puis mercredi 12 à 15h pour le 1000m, le 1500m samedi 15 à 14h30, mardi 18 à 14h c’est le 10000m (mais Contin ne participera sans doute pas), vendredi 21 (14h30 les séries, 16h13 les demi-finales) et samedi 22 (finales à 14h51).

short-track Le short-track, si vous êtes un super cador, c’est 10 à 20% d’aléa selon les courses. Si vous avez le niveau des Français (loin d’être bidon), ça monte à 40 ou 50%. Ce qui permet tout de même d’y croire. Maxime Chataignier et Thibaut Fauconnet[13] sont susceptibles de tirer leur épingle du jeu, je n’ai pas souvenir d’avoir entendu parler du 3e, Sébastien Lepape. Enfin, Véronique Pierron peut toujours tenter…

Programme : 1500m H le lundi 10 (10h45, midi 05, 13h05)
500m F le lundi 10 à partir de 11h27 pour les séries, jeudi 13 pour le tableau jusqu’à la finale (à partir de 11h)
1000m H série à 11h25 jeudi 13, tableau jusqu’à la finale samedi 15 à partir de 11h43
1500m F samedi 15 à partir de 11h.
1000m F séries le mardi 18 (10h30), tableau jusqu’à la finale vendredi 21 à partir de 17h44
500m H séries le mardi 18 (11h15), tableau jusqu’à la finale vendredi 21 à partir de 17h30

=: Une médaille, par pitié ! La dernière de la FFSG date de Salt-Lake City ! On va dire 1 médaille en comptant sur nos danseurs, 2, ce serait incroyable et fantastique.


Sotchi 2014
6 à 11 plus 4 à 7 médailles, plus 0 à 2, plus 0 ou 1, plus 0 ou 1, plus 2 à 5 médailles (3 en fait), plus 0 à 4 médailles (plutôt 0 ou 1), plus 1… ça nous fait 13 médailles minimum, environ 32 chances… Je dis 15 à 19 en espérant 20 ou 21 dont 5 à 10 titres (3 à 5 en biathlon, 1 ou 2 en ski acrobatique, 1 ou 2 en ski alpin, éventuellement 1 en snowboard).

Notes

[1] Le dernier a été obtenu en 1956.

[2] Décédé en 1934… il ne s’agissait pas tout à fait des mêmes Jeux Olympiques.

[3] En individuelle, il gagne toujours mais il a manqué la seconde des 2 au programme de la Coupe du monde 2014, laissant le champ libre aux autres.

[4] Il l’a fait une fois cette saison lors du premier relais mixte, la course d’ouverture, il a répondu dès la course suivante en écrasant tout le monde. Les 2 ou 3 autres fois où il a été moyen au tir, je pense en particulier à la dernière étape avant les Jeux, celle d’Antholz-Anterselva, il a aussi su réagir avec une énorme performance ayant permis au relais français de s’imposer.

[5] Un tirage au sort détermine les dossards 1 à 7 entre les 7 mieux classés, un autre tirage concerne les numéros 8 à 15, ensuite c’est le classement.

[6] En réalité elle est 16e mais avec 5 Autrichiennes devant, ce qui libère une place.

[7] La discipline est appelée le saut spécial, comme le slalom spécial.

[8] Sébastien Foucras, le mari ou compagnon de Marie-Jo Pérec, était vice-champion en 1998.

[9] Or en 1992, bronze en 1994.

[10] Argent en 1992

[11] Née le 18 octobre 1998.

[12] Fédération Française des Sports de Glace.

[13] Suspendu 18 mois à partir de décembre 2010, je n’ai plus les détails de l’histoire en tête.