Pastore a été excellent, le remplacer par Ménez a nettement affaibli l’équipe. J’ai fait une petite vidéo de 5 minutes de sa prestation avec du Chopin en musique de fond car le jeu de Javier, c’est du Chopin, tout en toucher, en nuance, en technique.

Verratti est sorti en même temps, Cabaye n’a pas été moins bon. A vrai dire, Verratti en a beaucoup trop fait, il a pris des risques débiles dont 2 ont failli se terminer en buts monégasques, a commis des fautes d’agacement, de frustration ou parce qu’il était battu (toujours cette tendance à s’éliminer tout seul en se jetant), ce qui lui a valu un jaune (autant pour sa faute que pour sa réaction juste avant vue par l’arbitre, M. Lannoy, ressorti des tiroirs de la FFF pour l’occasion).

Pendant toute la semaine Claudio Ranieri a fait son cinéma dans les médias. Il a voulu faire passer Monaco pour le petit n’ayant aucune chance contre le gros annoncé champion avant même le début de la compétition. Qui croyait-il endormir ? Privé de Falcao et d’Abdennour, blessés, il a récupéré ses suspendus. Etrangement, l’Italien a opté pour un 4-4-2 inhabituel en faisant débuter Dimitar Berbatov sur le banc. Sa compo était la suivante : SubasicFabinho, Carvalho, Abidal, KurzawaRodriguez, Toulalan, Moutinho, Ocampos - Germain, Rivière (avec Romero, Raggi, Dirar, Obbadi, Kondogbia, Berbatov et Ferreira-Carrasco sur le banc). Probablement l’idée était-elle de profiter des faiblesses parisiennes sur les côtés.

Pour le PSG, du grand classique : Sirigu - Van der Wiel, Alex, Thiago Silva, Maxwell - Verratti, Thiago Motta, Matuidi - Lucas, Ibrahimovic, Pastore. En l’absence de Cavani, la dernière place en attaque est revenue à Pastore. Blanc a donc eu un éclair de lucidité. Jallet et Camara manquaient aussi à l’appel, Douchez, Marquinhos, Digne, Cabaye, Rabiot, Ménez et Lavezzi étaient les 7 réservistes présents sur la feuille de match.

Les données étaient claires : ayant 5 points de retard et une DDB nettement inférieure, Monaco était obligé de gagner pour espérer le titre, sinon c’était quasiment plié, et complètement plié en cas de victoire parisienne. Mais Paris a joué mardi un match difficile à l’extérieur en CdL quand l’ASM a eu toute la semaine pour préparer.

Autant envoyer tout de suite la vidéo, mon habituel résumé ou condensé de la rencontre car par rapport à un résumé basic c’est beaucoup plus long et complet.

A la mi-temps, j’ai écrit ceci : «C’est le genre de matchs qu’on peut attendre entre le 1er et le 2e. Intense, tendu, avec de belles actions et de l’engagement… et aussi pas mal d’erreurs. Javier et Lucas font un très bon match, très actifs défensivement et entreprenants offensivement. Par contre derrière que de prise de risques stupides ! On va finir par leur donner un but !»

Et en effet, le PSG a fini par donner un but.

Mais reprenons les choses dans l’ordre. En début de rencontre, malgré quelques imprécisions plus ou moins grossières, les Parisiens maîtrisaient leur sujet, ils avaient le contrôle du ballon. Une première séquence de passes extrêmement longue a donné lieu à un corner joué étrangement mais qui a donné un autre corner (il aurait pu y avoir péno pour une main de Germain). Motta l’a tiré, Alex a mis la tête aux 6m dans l’axe, je crois que celle de Toulalan a dévié la trajectoire du ballon, parti vers le seconde poteau où Pastore a été assez réactif et opportuniste pour le pousser de la tête dans le but monégasque. L’entame idéale, 0-1 dès la 8e minute. A l’aller aussi l’ouverture du score était intervenue rapidement.

L’ASM a immédiatement réagi, se procurant une double occasion pratiquement sur l’engagement. Heureusement Van der Wiel puis Verratti ont pu contrer les 2 frappes. Pendant quelques instants, c’était la panique dans la défense. Monaco a encore essayé de pousser pendant environ 5 minutes mais à chaque fois un défenseur parvenait à dégager tant bien que mal. Sauf à la 13e, quand Sirigu a dû sauver la maison à la suite d’une perte de balle stupide de Verratti dans l’axe juste devant sa surface. Le tir d’Ocampos des 16m50 était très dangereux, Rivière a failli pouvoir en profiter après le plongeon de Sirigu. Le milieu italien s’est fait pourrir par Thiago Silva et Ibra… On n’a pas le droit de commettre de telles boulettes. Surtout lors d’une rencontre si importante. Quelques instants plus tard, c’était au tour de Thiago Silva de sauver la maison en intervenant à l’arrache dans les pieds de Rivière. Un super tacle dans la surface de but nécessaire car Van der Wiel s’était fait manger sur son aile et Alex n’a pas su intercepter le centre.

Les visiteurs ont alors remis le pied sur le ballon, ils l’ont fait circuler en essayant de créer des décalages. On sentait le PSG en contrôle, assez nettement supérieur à Monaco, ça jouait bien, il y avait de l’intensité, un excellent niveau technique, la défense principautale[1] était régulièrement mise en danger. Ibra aurait alors dû réussir le break en reprenant un très bon centre de son pote Maxwell (16e), il aurait pu y parvenir sur CF sans une parade de Subasic (24e).

Toutefois, de temps en temps, les locaux se montraient menaçants, obligeant leurs adversaires à tenter des interventions défensives dans l’urgence donc pas forcément très maîtrisées. C’était souvent à l’arrache. Mais bon, ça tenait, il y avait de l’engagement physique et l’implication y compris de Lucas et Pastore, pas avares d’efforts. Alors qu’Ibra avait plutôt tendance à rester en pointe, chose nécessaire en l’absence de Cavani, les 2 Sud-Américains n’hésitaient pas à provoquer balle au pied, créant ainsi le déséquilibre – ou carrément des tunnels – dans le bloc du Rocher.

Ceci dit, au cours du dernier quart d’heure, hormis un long CF cadré pas réellement dangereux pour chaque équipe (Moutinho 32e, Ibra 37e), les gardiens ont été très peu sollicités. M. Lannoy l’a été beaucoup plus.

Grâce à sa capacité à garder ou protéger le ballon, Ibra a provoqué 2 cartons jaunes en 2 minutes pour Carvalho (faute par derrière sur le Suédois qui a failli y laisser son entrejambe à cause d’un grand écart forcé, 36e) et James (coup de pied dans la cheville suite à un joli numéro de dribbles de Zlatan, 38e). Le public a réagi de façon bien étrange[2]. Verratti a ensuite pris son carton (40e) à force d’accumuler les excès (trop de prises de risques idiots – excès de confiance – et de mauvais choix, de pertes de balle dont une nouvelle a failli avoir de lourdes conséquences, trop d’engagement non maîtrisé, de nervosité) qui gâchaient ce qu’il pouvait faire de bien (quelques récupérations de balle en avançant).

Les locaux ont fini la première période en poussant de nouveau. A chaque fois un pied, une jambe, un dos ou une tête venait contrarier leurs desseins. J’ai presque envie de parler de sens du sacrifice. A la mi-temps, le PSG menait donc 1-0. Il était important de chercher le break car Monaco allait certainement tout essayer pour revenir. Et pourtant, Ranieri a opté pour un changement défensif. Il a sorti Ocampos, loin d’être le plus mauvais, pour ajouter un milieu défensif supplémentaire, Kondogbia. Sans doute espérait-il rééquilibrer son équipe pour avoir un plus grand contrôle du ballon. Mouais… Pas très efficace.

Et ce n’est pas faute d’avoir essayé. Pendant les 4 premières minutes de la seconde période, Monaco a eu la gonfle, a de nouveau poussé, mais de façon très inefficace. Les Parisiens n’ont pas paniqué, ils ont encore effectué quelques bonnes séquences de jeu ou de circulation de balle jusqu’à être réellement dangereux grâce à un nouveau CF direct de Zlatan détourné par Subasic (55e). Le niveau était déjà nettement descendu par rapport à la première période, les occasions dans le jeu étaient très rares, on a juste vu quelques têtes sur CPA dont une cadrée de Kurzawa qui n’a posé aucun souci à Sirigu (une tête en arrière sans puissance plein centre alors que Thiago Silva a sauté à contretemps, 58e). Monaco a retrouvé des intentions offensives un peu avant l’heure de jeu en impliquant nettement plus ses latéraux (avec notamment une patate de Fabinho contrée par Maxwell et un centre de Kurzawa boxé par Sirigu, plus d’autres centres imprécis). La principale frayeur a été le fait d’une incompréhension entre le gardien et le capitaine du PSG sur une frappe de loin contrée. Le ballon retombait en cloche dans l’axe en plein milieu de la surface, un Monégasque était plus ou moins en-dessus, Thiago Silva a voulu l’écarter, ce qui a probablement perturbé Sirigu qui, du coup, en a très mal évalué la trajectoire, il a beaucoup trop avancé ! C’est ça ou un aveuglement par les spots, je ne vois pas d’autre explication. Heureusement il a pu se reprendre après le rebond. Il suffisait aux Parisiens de se parler pour s’éviter ça.

Agacé par le comportement de Verratti, Blanc a fait son double changement. Ranieri venait de remplacer Germain par Berbatov pour les débuts du Bulgare en L1 (il devrait marquer 5 ou 6 buts d’ici la fin de la saison s’il tire les pénos, pas plus, la date de péremption est dépassée, il ne mérite pas pour autant la poubelle dans l’immédiat… comme un yaourt). Il restait une petite demi-heure TAC.

L’ensemble est resté extrêmement brouillon, les débuts d’actions n’allaient jamais à leur terme. Un centre ou CPA de temps en temps, un tir lointain de Lucas plein axe repoussé maladroitement par Subasic (73e)… Il ne se passait pas grand-chose d’intéressant. Difficile quand on attaque rarement à plus de 3. Et soudain, le PSG a offert l’égalisation à Monaco (74e). Les Monégasques se faisaient des passes, ils ont fini par trouver James entres les lignes près de l’angle de la surface sur la droite, Maxwell est monté sur lui (logique, il est allé vers le porteur du ballon entré dans sa zone), Matuidi était un peu en retard, Ménez s’est aussi dirigé vers lui en ayant complètement oublié de s’occuper de Fabinho. James a donc pu tranquillement décaler son latéral, libre de centrer sans aucune opposition. Le Brésilien a cherché Rivière devant le but au premier poteau, il ne l’a pas trouvé car l’attaquant a été devancé… En se jetant pour couper ce centre au sol, Thiago Silva a dévié la course du ballon, l’envoyant dans le petit filet opposé.

C’est d’autant plus rageant que Thiago Silva avait juste à faire un pas en avant pour mettre Rivière en position de HJ (ils étaient sur la même ligne). Il a tenté d’intervenir, cette fois ça s’est mal passé. J’ai même tendance à penser que Rivière aurait raté l’occasion si le ballon lui était arrivé. On connaît le garçon ! L’ASM ne parvenait strictement à rien jusqu’à ce coup du sort, ne trouvait aucune solution, semblait incapable de marquer, presque résignée. A vrai dire on s’endormait, ce BALC a réveillé tout le monde. J’en veux à Ménez, beaucoup trop nonchalant sur cette action, mais surtout à Blanc dont le choix de sortir Pastore aura surtout eu pour effet de préserver un peu de suspense concernant l’attribution du titre de champion de France. Javier s’impliquait beaucoup plus en défense.

Après ce but, le néant footballistique (je compte le déchet technique grossier dans le néant), ou presque. Hormis un petit coup de chaud dans la surface de Monaco, c’était le calme plat. Le match était décédé. Les replacements de Lucas par Lavezzi (82e) et de James par YFC (85e) devaient lui redonner un souffle de vie. Impact ? Aucun.

A la 88e, tout a failli basculer. Encore sur un oubli. Encore le même. Maxwell est allé défendre dans l’axe, Ménez aussi, il a oublié Fabinho qui cette fois n’a pas centré mais bel et bien tiré en force en direction du premier poteau après s’être infiltré dans la surface. Le champ était libre, il a eu la bonne idée de réaliser un contrôle assez moyen, ce qui lui a fermé l’angle. Cette approximation technique a aussi permis à Alex et Ménez de venir se jeter pour lui compliquer encore la tâche et ainsi faciliter celle de leur gardien. La parade de Sirigu a évité la victoire des locaux, puis 75 secondes plus tard c’était au tour de Subasic de sauver son équipe (90e).

Un très bon centre de Cabaye, un magnifique contrôle acrobatique de Zlatan au second poteau en se retournant, une frappe enchaînée du gauche depuis l’angle de la surface de but côté gauche, un bon réflexe de Subasic (OK, il s’est fait tirer dessus), Abidal qui hésite à dégager, Lavezzi qui arrive et se jette pour profiter de la confusion, un ballon qui va sortir du terrain quelques mètres plus loin… La rencontre aurait pu basculer dans un sens ou dans l’autre en l’espace de 75 secondes. Finalement, le statu quo a triomphé.

  • Evaluations individuelles.

Sirigu : décisif à plusieurs reprises, il a connu quelques frayeurs dont une énorme que j’attribue à un manque de communication entre ses défenseurs et lui. Au final, il a surtout été très précieux.
Van der Wiel : assez lamentable car bon ni en attaque (beaucoup trop imprécis techniquement, pas assez actif à mon avis), ni en défense (souvent totalement à la rue). Ce mec est MAUVAIS.
Maxwell : beaucoup de dégagements et de contres défensifs à son crédit, mais aussi des erreurs de placement et de relance assez peu rassurantes. Un apport offensif trop sporadique.
Thiago Silva : pendant longtemps il a réussi des retours impressionnants, des interventions salvatrices fabuleuses, des gestes de grande classe. C’était surtout en première période. Mais ensuite il s’est rendu coupable d’erreurs de concentration ou de communication, ça a fini par tourner au désastre avec un nouveau csc. Mitigé, donc.
Alex : trop souvent à l’arrache dans ses dégagements, il ne respirait pas la sérénité. A son crédit la tête qui devient presque une passe décisive pour Pastore.
Thiago Motta : le meilleur et le pire de Motta. Quand il a décidé de jouer au ballon en relançant vers l’avant, ça m’a pas mal plu, il a aussi réussi quelques bons gestes défensifs. Mais il a aussi laissé parler sa nature profonde de méchant qui met des coups et cherche les embrouilles (en plus de parfois prendre trop de risques derrière). Et bien sûr, ça, je n’aime pas. Mais l’ensemble est dans la moyenne haute de ses prestations.
Verratti : sorti par Blanc à force d’être agaçant. Les 2 pertes de balle stupides tout près de sa surface (dont une qui a failli offrir l’égalisation) reflètent bien le garçon. Il est beaucoup trop confiant, insolent, prend trop de risques (j’ai envie de citer sa tête en retrait pour Sirigu… une tête cadrée). En défense il se jette, s’éliminant souvent tout seul. Dans le jeu il est capable d’éliminer et de faire une bonne passe (il l’a fait quelques fois en attaque), seulement ça lui donne envie de se lance dans des dribbles non pertinents – pour ne pas dire très dangereux, voire débiles – et des ouvertures improbables occasionnant des pertes de balle idiotes. Il porte trop le ballon. Il gâche. S’agace. Conteste et réclame en permanence jusqu’à souler les arbitres. Et bien sûr, il a pris son jaune. Il devrait comprendre qu’il est là pour gagner des matchs, pas pour amuser la galerie. Simplifier son jeu est impératif.
Matuidi : habituellement actif mais surtout défensivement. Généralement son apport offensif est bien supérieur.
Pastore : la vidéo est explicite, non ? En plus de son but et de son génie, j’ai envie de souligner son implication défensive, il s’est battu, n’a pas rechigné à prendre des coups.
Lucas : comme Pastore, il est allé au charbon des 2 côtés, en attaque comme en défense. Sa combativité mérite d’être saluée même s’il n’a pas été décisif offensivement.
Ibrahimovic : il n’a pas marqué, pourtant il a eu de grosses occasions (les CF, le centre de Maxwell, la frappe à la fin…). Difficile de lui en vouloir, il n’a pas failli, tant s’en faut. Je l’ai aimé dans son rôle de leader physique, technique et vocal.
Ménez : trop laxiste défensivement ! Offensivement il y a eu du correct et du mauvais, mais OSEF, car on lui demandait juste de suivre Fabinho dans ses montées ! Etait-ce si compliqué ?
Cabaye : entrée très correcte à défaut d’être remarquable. Si Ibra avait pu convertir son centre en but, l’appréciation globale serait différente.
Lavezzi : n’a pas eu le temps de se mettre en valeur.

Blanc : il a relancé Monaco en sortant Pastore.

Le résultat final est décevant car comme à l’aller le PSG avait toutes les cartes en main pour gagner, sa supériorité était nette. Il y a moyen de se consoler en regardant le classement : avec 5pts ½ d’avance sur Monaco, la marge reste très conséquente.

Notes

[1] Ce mot n’existe pas.

[2] Il a cru voulu avoir des rapports sexuels anaux avec Zlatan, mais en position dominante, comme semble le signifier l’expression «on t’enc*le !». Pourtant si enc*lage il y avait, Ibra était actif, pas passif !