L’OM s’est procuré une unique occasion de but avant la prise en main définitive de la situation par le PSG. Il s’agit d’un tir enroulé de Valbuena repoussé par Sirigu (25e). Même moyen, pas à fond, inefficace, Paris surclasse trop Marseille pour qu’une simple victoire 2-0, devenue chose commune, ait une réelle saveur. Désormais, il en faut plus pour que battre l’ennemi héréditaire procure le plaisir espéré. Le succès doit être accompagné de circonstances particulières ou doté d’un scénario marquant, être la réponse à des provocations venues du camp adverse, ou encore avoir pour conséquence directe l’annihilation de la saison olympienne… Déjà à l’époque préquatarienne le summum était l’humiliation jubilatoire. Comment oublier le 3-0 lors duquel Luis Fernandez a fait sa célèbre danse, le 3-0 avec le show Ronaldinho, le 4-2 au Vélodrome, ou encore le 3-2 en Coupe de la Ligue avec doublé de "Brankignolo" Boskovic et la passe décisive de Lizarazu pour Nanard Mendy ? L’histoire en compte tant ! A l’aller, le scénario avait fait oublier la médiocrité de la prestation parisienne. Renverser la vapeur en jouant près d’une heure 10 contre 12 (M. Turpin étant le 12e), faire passer les Marseillais pour des Guignols… Un orgasme footballistique !

En première période, on a failli assister à des événements susceptibles de faire entrer cette Grande Sardinade dans la légende. Si seulement Rod Fanni avait échoué dans sa tentative de sauvetage sur sa ligne quand Lucas a essayé de nous vendre du rêve avec un rush magique d’au moins 70 mètres (14e)… A vrai dire, en gâchant moins, donc en marquant nettement plus rapidement (dès la 7e minute quand Lavezzi a mangé la feuille, anéantissant un super travail de Lucas), les Parisiens auraient pris le chemin de la bran-bran, on aurait pu se régaler. Raté.

En violant la cage de Mandanda en début de match le PSG aurait pu enclencher une dynamique de destruction massive, marcher sur l’OM, lui faire subir la fessée du siècle. A défaut, ce scénario aurait pu – et même dû – se produire en seconde période grâce à l’ouverture du score assez précoce (50e minute) de Maxwell, décidément beaucoup plus adroit face au gardien qu’un Lavezzi ou même un Lucas. Hélas, Verratti et ses partenaires ont alors fait fi des vœux de leurs supporters pour retomber dans leurs travers, ceux qu’une "équipe type" adepte de la "gestion", trop rarement de l’extermination. L’intensité est tombée, le rythme des 45 premières minutes a été sacrifié sur l’autel des touches de balle inutiles, lesquelles ont commencé à se multiplier. Concomitamment les attaques à se sont raréfiées, le ballon circulait de plus en plus lentement (c’est pourquoi dans la vidéo du match j’ai accéléré des séquences interminables), souvent derrière. Une mollesse générale envahissait le terrain. Seul Matuidi échappe à ce syndrome.

Avant la mi-temps, les visiteurs mettaient des coups, ils s’énervaient, faisaient preuve d’un peu d’agressivité. Après, ils semblaient complètement résignés, on ne sentait plus aucune conviction en eux, y compris lors des phases de jeu au cours desquels ils tentaient de conserver la gonfle, voire de construire des offensives. Il n’y avait plus rien face au PSG, on voyait même des Marseillais se ridiculiser sans l’aide de personne, en particulier Gignac, auteur de glissades et de tentatives de tirs improbables moqués par le public avec un slogan rétro, le fameux «un Big Mac pour Gignac» né à une époque où les PSG-OM ne ressemblaient pas à un concours culinaire entre un chef 3 étoiles et un âne nigaud. Après le match Zlatan s’est moqué de lui en le qualifiant de 5e défenseur parisien.

Pour être honnête, avant la rencontre puis pendant les premières minutes, disons un tout petit quart d’heure pour être hyper généreux, j’y ai cru. Pardon. J’ai voulu y croire. Croire que le PSG rencontrerait quelques difficultés, histoire d’être forcé à envoyer du bois au lieu de se contenter d’avancer en roue libre. En effet, en prenant connaissance de la composition d’équipe de l’OM l’hypothèse d’une petite embrouille semblait plausible. Pas au point d’éviter la défaite aux visiteurs, ne divaguons pas ! Un but paraissait envisageable, il aurait piqué l’orgueil de Zlatan et compagnie. Le onze aligné par José Anigo comprenait une certaine prise de risques. L’intérimaire perpétuel a opté pour la titularisation de 5 éléments offensifs, dont André Ayew – qui est presque systématiquement le meilleur joueur de son équipe quand il affronte le PSG – en n°8. Les visiteurs ne pouvaient pas raisonnablement imaginer avoir le ballon, le plan était probablement de bien l’utiliser en procédant par attaques rapides dès la récupération de la gonfle. Pourquoi pas ? Ça se tente. Quitte à perdre, autant avoir essayé de gagner.

Seulement dans les faits la promesse n’a pas été tenue. Tant s’en faut. Marseille a surpris en cherchant à prendre le contrôle d’entrée. Avec succès ! Du moins avec succès pendant quoi ? 6 ou 7 minutes. Le temps pour Fanni d’enrhumer Maxwell et de centrer fort devant le but sans surprendre Sirigu (6e). Ensuite le PSG a repris la possession du ballon, c’était fini. Par moments, l’OM a tenté un gros pressing, il n’a pas fonctionné ou pas de la façon voulue et a donc été vite abandonné pour réapparaître très sporadiquement. Dimitri Payet et le fantôme de Florian Thauvin ont alors reculé, ils ne présentaient par conséquent plus aucun danger pour les latéraux parisiens, pourtant passables. Les 4 attaquants d’Anigo ont bénéficié de quelques cadeaux, des pertes de balle idiotes, ils n’ont jamais su en profiter. Un problème de niveau technique et collectif. Ces dernières semaines Ajaccio, Montpellier, Guingamp, Nantes ou encore Toulouse – même Brest – ont réussi à enchaîner des passes pour se procurer des occasions franches et marquer contre le club de la capitale. L’OM, avec son attaque composée de 4 internationaux et sa starlette fantomatique à 15 millions d’euros, a fait moins bien que ces formations de la colonne de droite ou de L2. On peut trouver une excuse partielle à ces garçons : à force de changer tout le temps d’organisation et de compo, difficile d’avoir des repères. Ces derniers mois, improviser tactiquement face au PSG, c’est se condamner de façon inexorable à la défaite. On a par exemple vu des tas d’entraîneurs inventer une défense à 5 inédite, tous sont rentrés chez eux une main devant une main derrière, certains ont dû revenir à du classique en cours de rencontre pour éviter une humiliation trop violente. Les équipes qui s’en sortent le moins mal, voire le mieux, sont celles qui se présentent sans baisser les yeux en appliquant des principes acquis, une stratégie maîtrisée. Il faut de l’agressivité et être capable de ne pas perdre le ballon de suite après l’avoir récupéré. L’OM de cette saison en est incapable. D’où cette noyade et ce renoncement.

Dans ces circonstances, tout était réuni pour que les Parisiens infligent une humiliation aux Olympiens… à l’exception de l’envie de faire de la purée de Sardines. Le spectacle est devenu d’autant plus frustrant que chaque accélération torturait la défense visitée. Créer des décalages s’est avéré chose aisée, notamment côté droit où Florian Thauvin et Jérémy Morel laissaient des boulevards (l’entrée de Giannelli Imbula vers l’heure de jeu à la place du premier nommé n’a eu aucun effet). Malheureusement la volonté d’en créer manquait cruellement. La construction a trop régulièrement été abandonnée au profit du sprint balle au pied et de l’ouverture en profondeur au petit bonheur la chance au terme d’une séquence d’immobilité générale. Les fois où le bloc – de mousse – adverse était mis hors de position, un gâcheur la plupart du temps néerlandais foutait tout en l’air. On reviendra plus loin sur le cas Van der Wiel.

Contre cet OM, il y avait moyen de gagner au moins aussi largement que contre Leverkusen ou Lyon (4-0 à chaque fois). A la 78e minute, on attendait toujours le break, sans avoir buté sur un gardien fantastique. Si Mandanda a fait un arrêt, c’est le bout du monde. Le PSG a seulement tiré 11 fois au but en 90 minutes en ayant le ballon en sa possession plus de 60% du temps. Ces stats confirment les observations faites pendant la rencontre. Pour les joueurs actuels du club, peut-être à l’exception des Français, la Grande Sardinade est un match de championnat comme les autres, ils adoptent exactement le même comportement que contre Nantes, Bordeaux, Nice, Sochaux ou Rennes. C’est fort regrettable. Un Rouge et bleu se doit d’être au taquet contre un Bleu ciel et blanc, peu importe le niveau de l’adversité. Dans l’implication, la concentration, l’agressivité, la volonté d’aller faire mal à la défense, de transpercer le gardien, ils devraient être encore un cran au-dessus de ce dont ils sont capables en Ligue des Champions. Avec cet effectif on ne peut se contenter du service minimum, a fortiori contre l’OM. Ce genre d’affiches teintées d’une rivalité historique – un quart de siècle, à l’échelle du PSG, c’est long – doivent pimenter la saison. Si les Parisiens ne se donnent pas à fond lors de la Grande Sardinade, quand vont-ils le faire ?

L’absence de suspense n’est pas un problème si elle est compensée par le spectacle. Ça vaut à l’échelle d’un match comme à celle d’un championnat. En l’occurrence à une première période assez spectaculaire – à la mi-temps je n’aurais pas hésité à parler de super match si les occasions avaient été converties – en a succédé une seconde très décevante à peine assaisonnée par les 2 buts inscrits.

Cette tendance lourde à vouloir gérer même à 1-0 est la spécialité de l’équipe type de Laurent Blanc. Comment résoudre ce problème ? Car oui, c’est un problème. Simplement en faisant jouer la concurrence. Comme par hasard, avec le retour de Cavani, Lucas et Lavezzi étaient conscients qu’un des 2 allait sortir au bout d’une heure (ou un peu plus). Résultat, ils étaient au taquet en première période. Le Brésilien a été phénoménal, l’Argentin très actif à défaut d’être efficace. Ayant beaucoup donné avant le repos, leur niveau s’est effondré par la suite, leur entraîneur aurait dû en tirer les conséquences plus vite. D’autres, ne se sentant pas menacés, ont joué à un train se sénateurs. Pourquoi en serait-il autrement ? Ils l’ont bien compris, un titulaire mauvais plusieurs matchs de suite ne perd pas sa place. A côté de ça, un remplaçant ayant l’opportunité de montrer sa valeur peut être excellent, ses chances de bousculer la hiérarchie sont nulles. Décourageant au possible ! En revanche, si ce remplaçant déçoit, il a toutes les chances de finir comme les jeunes, au placard (Jérémy Ménez était le 19e, donc en tribunes). De bien belles perspectives pour les pensionnaires du banc !

En l’absence de Jallet, de retour en CFA pour retrouver le rythme après une longue convalescence, Van der Wiel a alterné les prestations d’une médiocrité confondante et d’une nullité affligeante. Blanc n’a jamais réessayé Marquinhos à ce poste après le test concluant effectué à Bordeaux en Coupe de la Ligue. Lucas Digne a été monstrueux lors de ses dernières titularisations, Blanc le sous-utilise au grand damne de Didier Deschamps, qui l’a néanmoins appelé chez les Bleus, espérant sans doute inciter son prédécesseur à remédier à ce problème pour le bien du football français. Blanc lui préfère Maxwell y compris quand ce dernier traverse une période plus difficile physiquement, il ne profite pas des occasions de faire tourner (je pense notamment du déplacement à Toulouse). Depuis son arrivée Cabaye a débuté un seul match, c’était contre Valenciennes, il a été particulièrement brillant. Pour le reste, il n’a droit qu’aux miettes. Comme Pastore, qui faisait taire jusqu’aux plus débiles de ses détracteurs les fois où Blanc lui a enfin donné sa chance (entre mi-janvier et mi-février), la recrue hivernale du club est entrée à la 86e minute de cette Grande Sardinade. A quoi cela rime-t-il ? A rien ! Quand l’équipe aura besoin de lui, aura-t-il les repères nécessaires pour être performant ? J’en doute si on ne profite pas des occasions de l’intégrer au collectif. Blessés ces dernières semaines Camara, Jallet et Rabiot sont condamnés à subir le même sort.

Pendant ce temps, les titulaires ne donnent jamais le maximum, ils en gardent systématiquement sous le pied. Pour le moment c’est juste au détriment du spectacle. Si les seules victimes immédiates de ce management douteux sont les méritants non récompensés de leurs efforts, attention aux conséquences à moyen terme. Les jeunes ont envie de se barrer, Cavani vit très mal d’être envoyé sur un côté, d’autres risquent de perdre le rythme de la compétition et d’être en difficultés lors de leurs entrées en jeu. Le plus gros danger est de se manger la porte de plein fouet quand un très gros va se présenter face à cette équipe du PSG dont on sait juste une chose : elle se balade – littéralement – contre les équipes faibles et moyennes. Attention, opposée aux bonnes ou relativement bonnes formations, ses victoires ont été rares. Rappelons-le, Monaco et Lille ont obtenu des matchs nuls, Olympiakos a bien failli, Sainté a bêtement laissé échapper 2 points à l’aller puis n’a été battu qu’en prolongation en CdL. Je suis inquiet de constater un manque d’émulation et de recherche de solution tactiques différentes. Que se passera-t-il contre les très bonnes équipes ? Blanc semblait chercher un plan B avant la blessure de Cavani et l’arrivée de Cabaye, il a tenté un 4-2-3-1, on a vu des bouts de matchs en 4-4-2 (formule non pertinente en l’absence de l’Uruguayen), mais désormais son 4-3-3 apparait de nouveau immuable. Toujours avec la même compo si les titulaires habituels sont aptes.

Peut-on jouer de la même façon face au Barça qui aime avoir le ballon et a récupéré un Messi en grande forme, face au Real qui désormais aime avoir le ballon mais possède surtout des flèches surpuissantes devant, face à l’Atlético de Madrid qui envoie du pâté comme aucune autre formation, face à Chelsea qui applique les recettes de Mourinho (très chi*nt à jouer, solide, avec beaucoup de vitesse sur les côtés notamment), face à Dortmund qui vous met systématiquement le feu à la récupération du ballon, ou encore face au Bayern qui applique les principes du Barça de Guardiola avec une force de frappe impressionnante ? Il n’est pas interdit d’essayer. De là à s’en sortir… Se préparer à affronter ces différents profils d’équipes ne serait pas du luxe. Il me semblerait pertinent de préparer une organisation à 4 milieux pour bloquer les côtés, de travailler un milieu plus efficace pour récupérer le ballon, de tester des formules offrant une efficacité supérieure en contre-attaque ou au contraire en jeu placé (avec par exemple 2 avant-centres et des frappeurs). Peut-être Blanc le fait-il à l’entraînement, j’en serais étonné. Pour savoir si ça peut fonctionner le seul révélateur est la compétition. Devoir improviser – à la Anigo – contre un grand d’Europe en quart ou en demi-finale de la Ligue des Champions serait douloureux. Comme s’engluer dans un plan A inefficace sans disposer d’un plan B.

Le onze type de Blanc a-t-il fait ses preuves contre une équipe de niveau top 6 en Ligue des Champions ? Non. Pour une raison simple, hormis le Real 2 fois en amical (2 défaites frustrantes), le PSG n’en a rencontré aucune. La fébrilité défensive générale, le niveau de Van der Wiel, la lourdeur d’Alex (pas fiable dès que ça va un peu vite en face), la propension de Thiago Motta à oublier le ballon pour jouer la carte de la violence et de la provocation, les mauvaises manies de Verratti, le manque d’efficacité de Lavezzi, l’utilisation de Cavani d’une façon qui le bride… Les doutes concernant le réel niveau de l’équipe sont nombreux. Attendez-vous à ce que les staffs des clubs adverses disposant des hommes pour exploiter ces faiblesses les repèrent et insistent dessus.

Certains répondent à mes critiques par un argument massue : les résultats donne raison à Blanc. Ou plutôt "donneraient". J’aimerais sincèrement pouvoir affirmer qu’ils lui donneront raison. En regardant le derby madrilène de dimanche entre l’Atlético et le Real, impossible de faire une crise d’optimisme. Avez-vous vu un match du PSG cette saison avec une intensité similaire ? Les Parisiens n’ont l’habitude ni de la subir, ni de l’imposer. Certains en ont vécu au cours de saisons précédentes et/ou en sélection. Ensemble, non. Ils ont seulement été bousculés lors de morceaux de matchs comme le début de la rencontre au Pirée… où ils avaient pris la marée, idem à Sainté… où ils avaient aussi pris cher. On pourrait aussi évoquer l’aller à Nantes, le PSG-Lille et un bout du Monaco-PSG du mois dernier. Cette équipe déteste être bousculée.

A défaut de multiplier les opportunités de se tester contre des équipes aptes à offrir du répondant pendant 90 minutes, les Parisiens ne devraient-ils pas eux-mêmes s’habituer à rester au taquet du début à la fin d’une rencontre ? Les rares fois où le PSG a mis le feu d’entrée puis n’a pas relâché l’étreinte après avoir ouvert le score ou au mieux fait le break, les remplaçants étaient sur le terrain. Les prestations collectives les plus abouties et intenses leur sont dues. Contrairement aux titulaires, ils n’ont pas cette tendance irritante à s’arrêter de jouer. Au contraire, ils cherchent toujours à en mettre un de plus, d’où des scores fleuves mais surtout de régalades avec des occasions à foison, une multitude d’actions magiques. Avant la Ligue des Champions, Blanc fait en général tourner, ça a donné notamment le 4-0 contre Bastia, celui aussi magnifique contre Lorient, ou récemment le 3-0 face à Valenciennes. En Coupe de France contre Montpellier, le PSG a sombré après les entrées d’Ibra et Motta, il avait fait une énorme première période, comme à Annecy où ETG a gagné sur un terrain gelé après la mi-temps mais aurait dû être mené 4-0 à la mi-temps avec un Cavani – et un Ménez – moins croqueurs.

Si vous avez en mémoire des matchs lors desquels Lucas Digne et ses voisins – de banc – ont joué à l’économie, n’hésitez pas à les citer[1]. Bien sûr, au cours de ces rencontres il a pu y avoir des périodes de moins bien, lesquelles ont 2 causes différentes :
-le manque d’implication ou d’efficacité des habituels titulaires qui leur ont été adjoints,
-un défaut structurel de l’équipe, en particulier l’absence simultanée d’Ibra et Cavani.

Bref, le comportement des titulaires habituels m’insupporte, si l’OM annonce aller droit au but mais finit dans le mur, je ne comprends pas où veut aller le PSG. Une chose est certaine, s’il ne s’habitue qu’à rouler en Vélib, il aura bien du mal à s’en sortir quand on lui demandera de négocier des virages à 320km/h…

Revenons-en au match. Vous pouvez regarder le grand format (39 minutes) concocté par mes soins avant ou après avoir lu le récit des événements. Ou vous contenter de l’un ou de l’autre.

Les équipes étaient celles-ci :
Sirigu - Van der Wiel, Alex, Thiago Silva (C), Maxwell - Verratti, Motta, Matuidi - Lucas, Ibra, Lavezzi. (Et sur le banc Douchez, Digne, Marquinhos, Rabiot, Cabaye, Pastore et Cavani).
Mandanda (C) - Fanni, Nkoulou, Mendes, Morel - Romao, Ayew - Thauvin, Valbuena, Payet - Gignac.

Le début de rencontre a été assez agité, les 2 équipes avaient des intentions de maîtrise du ballon, mais l’activité de Lavezzi et un Lucas bouillant ont permis au PSG de prendre le dessus. Je me suis demandé si Erding n’avait pas mis le maillot et un masque de Lavezzi car les appels de l’Argentin étaient excellents mais les gestes avec le ballon absolument lamentables, à l’image de son loupé incroyable de la 7e minute (lancé en profondeur, il élimine le gardien, n’a plus qu’à frapper mais croise trop… ou pas assez pour que son tir devienne une passe pour Zlatan). La défense de l’OM a réussi à se mettre le feu toute seule (5e), un de ses membres, Fanni, l’a aussi fait dans la surface parisienne en enrhumant Maxwell (6e). En réalité, la plupart du temps Lavezzi jouait en pointe et Ibra décrochait assez voire très bas.

Les visiteurs tentaient de presser haut avec une certaine efficacité, ils bloquaient plutôt bien leurs adversaires et récupéraient quelques ballons… mal exploités par la suite. Les Parisiens gâchaient aussi des munitions, ça commençait à se tendre, Motta a pris le premier coup de Valbuena (12e), ce qui a lancé une série de coups et d’exagérations impliquant quelques joueurs des 2 équipes. M. Buquet laissait beaucoup jouer, y compris quand la faute était évidente, ce qui énervé certains joueurs. Cet arbitrage très permissif a failli donner lieu à de gros dérapages. Il a attendu la 20e minute pour siffler la première faute parisienne (Verratti), celle de l’OM était intervenue au bout d’une vingtaine de secondes.

L’action folle de Lucas a mis une put*in d’ambiance, il a éliminé tout le monde sur 70 mètres en partant plein axe suite à un bon retour défensif de Matuidi. Sur son passage, il a mis dans le vent tout ce qui essayait de l’attraper ou de le tacler. L’impression de vitesse et de puissance étaient dingues, il a néanmoins pu maîtriser la fin de son action en tentant le tir piqué au-dessus de Mandanda imposé par la situation. Malheureusement Fanni a été intelligent, il ne s’est jamais jeté – ce qui l’aurait éliminé – afin de se donner la possibilité d’intervenir en pompier sur sa ligne de but. Il l’a fait. Arf. C’était du Ronnie en moins chaloupé, en fait il est allé tout-droit de façon hyper efficace, sauf à la fin (14e). Ça nous aurait fait un but incroyable…

Il y a eu de bonnes séquences, notamment avec Ibra en passeur et Matuidi en attaquant supplémentaire, des décalages créés pour être souvent sous-exploités ou gâchés par Van der Wiel. Le PSG a pu installer son jeu à mesure que le pressing olympien se faisait moins prégnant. L’OM ne présentait plus de danger, se contentant d’une mauvaise frappe de loin de temps en temps. Ne plus trop toucher le ballon a dû générer pas mal de frustration, d’où le nombre de fautes (ou taquets non sanctionnés) en forte hausse en milieu de première période. Sirigu a essentiellement été sollicité par la frappe enroulée de Valbuena qui s’était décalé sur la gauche contrairement aux autres, tous partis dans l’axe (25e). Il faisait pâle figure à côté de Lucas, auteur d’un festival. Chaque prise de balle, chaque contrôle, chaque dribble, tout allait à 200 à l’heure et était souvent pertinent car il faisait même des passes ! L’attaquant brésilien apportait de la vitesse et de la percussion. On l’a rarement vu dans cet état. En revanche, ses CPA… pas formidables. Tant s’en faut.

M. Buquet a dû sévir pour enrayer la vague de sales coups et de fautes répétées. Payet a pris le premier carton pour antijeu sur Van der Wiel (30e). Motta a pris le sien pour un coup de coude donné à Valbuena (40e). Ce geste enjolivé par le meneur de jeu des Sardines ne méritait pas forcément le jaune, il a fait bien pire au cours de cette rencontre sans être inquiété. Matuidi a ensuite été averti pour semelle réelle mais totalement involontaire (43e) juste après avoir été sanctionné pour une main… car il était tombé sur le ballon en se faisant balancer par un défenseur qui méritait le carton.

Le PSG aurait dû ouvrir le score lors des 10 dernières minutes de la première période, il en a eu l’opportunité à plusieurs reprise… sans pouvoir cadrer plus d’une frappe (Lucas à angle fermé, 35e). Le jeu manquait souvent de vitesse, la précision des gestes décisifs laissait à désirer. Quand Van der Wiel a enfin réussi un assez bon centre, Lavezzi n’a pu le couper (39e). Surtout, Zlatan a manqué sa tête au second poteau en héritant d’un super centre de l’Argentin (44e). Du coup on oubliera cette action magnifique au coup de laquelle Nkoulou a fini sur les fesses.

Lucas et Lavezzi se battaient pour ne pas être le joueur remplacé par Cavani à l’heure de jeu… Lucas a gagné par KO, il était énorme, y compris en défense où ses retours ont fait du bien. Lavezzi a gâché, comme Ibra, le PSG devait mener au score à la mi-temps de cette rencontre alors assez intéressante, plutôt intense et/ou engagée. Que l’arbitre laisse jouer, très bien, c’était un peu excessif.

Au retour des vestiaires Valbuena dit à Paga… que le PSG n’a pas dominé. Un terrible manque de lucidité.

En début de seconde période les Parisiens semblaient surtout avoir pour but de faire courir leurs visiteurs. Lucas a pris un carton jaune (49e), puis soudain, match plié. Au terme d’une action un peu étrange. Ça partait comme une contre-attaque avec du jeu long pour Ibra côté gauche, Maxwell est monté en attaque vers l’axe pour compenser le manque de présence dans cette zone dû au décalage du Suédois à l’aile, ce dernier a cherché son compère mais sa passe a été repoussée par un défenseur, Ibra a récupéré le ballon à l’angle de la surface… pour servir Maxwell dans l’instant d’une sublime passe en une touche de balle. Couvert par un trainard (Morel), le latéral gauche a eu le temps de contrôler et de viser entre le 1er poteau et le gardien, soit la zone à cibler face à Mandanda, ça marque presque à chaque fois. Après avoir égalisé de la tête à l’aller, Maxwell a encore marqué lors d’une Grande Sardinade, cette fois d’un plat du pied (50e). Il monte assez peu, c’est souvent très efficace. Cette semaine son salaire a été revalorisé. Son contrat se terminera en 2015, il ne me semble pas avoir été prolongé. Je le sens bien rester jusqu’en 2016 (avec Zlatan) et intégrer le staff ensuite. Si d’ici-là il en plante encore 1 ou 2 à l’OM…

Il y a eu réaction marseillaise. Rien de bien méchant ou dangereux. Les visiteurs ne parvenaient pas à enchaîner assez rapidement, au contraire des Parisiens, capables de temps à autres d’accélérer comme à la 56e minute quand une frappe de Lucas décalé par Ibra (petit pont devenu une passe) a été contrée in extremis par Nkoulou. Pour une fois, Zlatan était en position d’avant-centre, le reste du temps on le voyait un peu partout sauf là.

C’est devenu assez terrible quand Thauvin (mauvais) a laissé sa place à Imbula (58e) pour permettre à l’OM d’avoir 2 véritables milieux défensifs, André Ayew remontant ainsi d’un cran. Ensuite, l’OM n’est plus sorti au pressing, du coup le PSG a encore plus fait tourner derrière pour finir par des pertes de balle, notamment en raison d’un jeu long imprécis (de Verratti comme des autres).

La suite, c’est du folklore, des traditions à respecter : Van der Wiel qui gâche des décalages magiques d’Ibra (62e, 69e), Gignac qui se ridiculise (plusieurs fois), Lavezzi qui donne signe de vie en fait prendre un jaune à un Lucas Mendes naïf (65e), Lucas qui tente encore mais ne passe plus, Blanc qui ne réagit pas en voyant ses 2 attaquants de côtés manquer de jus, Ibra qui tire un CF en force dans le mur… Mais surtout, des centaines de touches de balle excédentaires, notamment de Verratti, jamais attaqué, et des dizaines de passes ne servant qu’à faire passer le temps. A 1-0… Tu es le PSG, tu joues une Grande Sardinade à la maison, tu veux gérer le 1-0. Suis-je le seul à m’insurger ? Qui plus est, il n’y avait même pas d’application dans ces passes. Prise de risques inutiles, cagades, on a eu droit à tout ! C’est devenu une parodie. Le paroxysme du ridicule a été atteint un peu plus tard, on va y arriver.

Cavani est entré à la 70e minute, succédant à Lavezzi. L’Uruguayen n’avait pas joué depuis le 31 janvier, il aura manqué pile 4 semaines. Dans la foulée, l’OM a poussé. Suite à un corner obtenu par Payet en mettant Van der Wiel dans le vent, les visiteurs ont enchaîné 3 récupérations de balle et 3 frappes contrées (Alex a fini à moitié KO sur la 3e). Défensivement, sur plusieurs séquences le PSG s’est mis à ressembler au petit qui subit contre l’ogre : tout le monde derrière, on s’arrache, on dégage comme on peut sans même penser à relancer. Un tacle en retard de Fanni (carton jaune, 74e) a permis de relâcher la pression. Je préfère passer directement au but de Cavani en oubliant ce qui a précédé. L’attitude de certains mériterait des coups de pied au c*l et de bonnes grosses mandales qui vous retournent la tête. Juste histoire de leur remettre la tête à l’endroit et de les obliger à se bouger le c*l. Une honte.

Pendant près de 8 minutes, Cavani a dû toucher la bagatelle de… 1 ballon. En défense. Il ne me semble pas avoir été le destinataire de la moindre passe. Au cours de l’action de son but, une action très longue et très lente, il a reçu et fait une passe avant d’être à la finition. Lucas sollicitait le une-deux avec Verratti, l’Italien n’y a pas répondu, il a envoyé une sorte de ballon en cloche dans la zone désertée par Morel, monté vers lui. Van der Wiel s’est engouffré dans la brèche, Ayew était en retard, le Néerlandais a pu remettre le ballon dans l’axe d’une sorte de centre de volée du plat du pied. Le ballon est retombé devant le point de penalty, Cavani s’y trouvait totalement démarqué car totalement oublié par les défenseurs, il a marqué de la tête (79e). Le break… ENFIN ! Ça donne une action magnifique. Si on la découpe pour en examiner toutes les phases, on distingue une série d’erreurs défensives grossières et on peut douter du caractère volontaire ou maîtrisé des différents gestes.

Vous menez 2-0 à 10 minutes de la fin contre l’ennemi juré. Que faites-vous ? Vous tenter d’en planter un 3e. Logique. Les joueurs du PSG pensent différemment. Ils préfèrent se relâcher, jouer aux c*ns. D’où des pertes de balle (celle de Motta a donné lieu à une frappe cadrée de Valbuena, 82e), 7 ou 8 passements de jambes ridicules de Lucas à l’arrêt devant un Morel médusé (84e), une grosse occasion concédée sur corner (tête de Romao – ? – sur le poteau, 85e), une tentative de lob d’Ibra effectuée avec une désinvolture agaçante (85e)…

C’est alors que Blanc a décidé de remplacer Matuidi et Lucas par Cabaye et Pastore. A la 86e minute. A quand les changements APRES le match ? Pastore a seulement eu le temps de décaler Van der Wiel pour un centre au sol qu’Ibra aurait dû être capable de bien rependre (88e) et de lancer Cavani en profondeur pour un but refusé (HJ extrêmement douteux, dans le doute l’assistant devait s’abstenir de lever son drapeau, 92e).

Conclusions, dernières appréciations.

J’espérais mieux. Et ne me répondez-pas que je suis exigeant car oui, je le suis, et si le PSG vise réellement les sommets, il serait bon que tout le monde le soit, en particulier en interne.

J’ai nettement préféré la 1ère période. En seconde, voir les joueurs faire tourner le ballon pour rien sans chercher le décalage ou alors en le gâchant bêtement est devenu horripilant. L’absence de rythme, cette manie de jouer à 15 à 20 touches de balle avant de faire une passe (ça en concerne surtout un en fait, vous voyez de qui je parle), de vouloir gérer un unique but d’avance comme si le PSG était à l’abri d’un fait de jeu défavorable. Arrêtons les c*nneries ! Jouons du coup d’envoi au coup de sifflet final ! Jouons au FOOTBALL, pas à la BA-BALLE ! Entraînons-nous à faire des matchs complets en gardant un haut niveau d’intensité pendant 90 minutes ! Le championnat est plié (8 points d’avance sur Monaco, défait à Saint-Etienne), préparons la Ligue des Champions en utilisant ces grosses affiches pour se hisser au niveau nécessaire pour atteindre le dernier carré de cette compétition !

De cette rencontre je ne sais pas encore si on retiendra les buts marqués ou le presque-but de Lucas. A mon avis, ce sera plus cette action malgré la classe de la réalisation de Maxwell – classe du passeur et combinaison sang-froid/intelligence du latéral gauche pour placer son ballon au bon endroit – et la qualité esthétique du but de Cavani. Une chose est sure, on en oubliera vite le niveau très moyen. Cette Grande Sardinade sans réelle saveur va probablement entrer dans l’anonymat comme simple épisode d’une série de victoires sur l’OM en marquant à chaque fois 2 buts (ça doit faire 7 fois de suite que le PSG en colle 2 à l’OM… dont, c’est fait, un nul 2-2 qui restera dans les mémoires grâce au doublé monstrueux de Zlatan).

Les visiteurs ont affiché des intentions offensives, ils ont tenu en première période parce que leurs hôtes ont croqué. Il y a 3 classes d’écart. Quand ils ont réussi à bien presser, leur équipe ressemblait à quelque-chose, elle a même réalisé de bonnes séquences de conservation ou des remontées de balle intéressantes, seulement la finalité, se créer des occasions, n’a presque jamais été atteinte. Le pressing haut a fonctionné à plusieurs reprises, encore faut-il être capable d’enchaîner rapidement sinon il ne sert qu’à griller vos cartouches.

Sirigu fait son taf (une parade, un arrêt, quelques sorties).
Van der Wiel, ou le centre qui ne cache pas la forêt. Il mérite une mention spéciale suite à cette passe décisive… Un latéral si souvent décalé par ses partenaires qui gâche autant de décalages est obligé de trouver au moins une fois de temps en temps un partenaire, surtout quand il s’agit d’Ibra ou Cavani au milieu de l’absence de défense de l’OM. Vous aurez remarqué que ce centre décisif est le plus hasardeux qu’il ait eu à tenter, en extension, de volée. Il a dû y en avoir 2 autres à peu près réussi, mais quand il avait le temps de s’appliquer ou devait faire le bon choix, les ¾ du temps il chi*it le truc. Et défensivement… Le mec se fait passer par Payet et Morel !
Alex et Thiago Silva ont juste rempli leurs tâches défensives, la relance la plus marquante est celle d’Alex à l’origine du 1er but.
Maxwell monte relativement peu mais bien. Lucas et Lavezzi devraient s'inspirer de son efficacité devant le but. Défensivement il n’a pas été vraiment attaqué, sauf par Fanni, qui l’a enrhumé en début de rencontre.
Motta en première période il a passé son temps à en rajouter et à chercher à provoquer verbalement ou physiquement en mettant des coups. En seconde, il a un peu joué au foot mais aussi beaucoup à l’anti-football en se contentant de passes dans son camp, a perdu des ballons bêtement, mettant en difficultés l’équipe.
Verratti, comme Motta, a touché énormément de fois le ballon. Il a dû le toucher 4 milliards de fois, dont beaucoup en se faisant des passes inutiles avec son compère. Il a beaucoup de chance qu’on montre et remontre les fois où ce qu’il fait a réussi, notamment – voire essentiellement – sur le second but car entre les les transversales en touche ou pour personne dès qu’on vient vraiment le presser, les ouvertures mal ajustées, les prises de risques stupides, il y aura beaucoup à mettre dans une vidéo si j’avais le temps de monter la vidéo de sa prestation. Ses défauts sauteraient aux yeux. D’ailleurs dans le grand format on en voit une bonne partie.
Matuidi moins efficace que d’habitude offensivement mais encore partout. C’est le seul à ne jamais faire semblant.
Lucas énorme en 1ère période, plus quelconque en 2nde, et même ridicule à la fin avec ses 7 ou 8 passements de jambes suivis d’une passe en arrière.
Lavezzi en mode Erding. De bons appels mais b*rdel, le dernier geste !!! En prime il s’est rapidement éteint.
Ibra a joué à 32,8% de ses possibilités… presque jamais en 9, en général hyper décroché ou sur les côtés. Ça donne néanmoins un tas de décalages, une super passe décisive (de plus). Notons qu’il avait marqué 6 buts en 4 matchs contre l’OM, c’est la première fois qu’il ne plante pas dans une Grande Sardinade, la première fois depuis longtemps qu’il ne marque pas au Parc en L1, et une des rares rencontres au cours desquelles il n’a cadré aucun tir.

J’espère qu’on a retrouvé le Cavani de 2013, pas celui de janvier (on va voir ces prochaines semaines). Cabaye et Pastore sont entrés trop tard. Cavani à la 60 et les 2 autres à la 75e, ça aurait eu plus de sens. Le coaching de Blanc est particulièrement douteux.

Cette fois le championnat est terminé, vivement les titularisations de Digne, Cabaye et Pastore ! Le PSG a besoin de sang frais et de concurrence ! L’objectif Ligue 1 est atteint, il en reste 2 autres, il faudra plus de 11 ou 13 joueurs pour faire mieux que la saison passée.

Note

[1] Benfica-PSG est un match trop particulier pour être considéré, l’équipe sans queue ni tête avait été nulle, notamment avec un Motta totalement désintéressé par les débats.