On a assisté à une rencontre à la fois très étrange et très représentative de ce que fait le PSG depuis des mois : on met le pied sur le ballon sans foutre le feu (le festival de la possession et de la circulation de la gonfle… qui ne créent aucun danger), on fait preuve de beaucoup de réalisme (but sur la première véritable occasion), puis on fait le break logiquement en ayant enfin décidé d’accélérer (gros dernier quart d’heure de la première période)… et on s’endort complètement, on s’arrête de jouer, on laisse les victimes se rebeller. Pour finalement l’emporter malgré tout. Sainté a réussi à se procurer énormément d’occasions très franches, un grand Sirigu – et de la maladresse stéphanoise – ont permis d’éviter aux Parisiens de se retrouver dans une situation délicate. Alors bien sûr, comme les controverses arbitrales de la première période, ces moments chauds ont permis au match de garder de l’intérêt, de rehausser l’intensité des débats. Pouvait-on se les épargner et coller une grosse bran-bran aux Verts ? Sans le moindre doute.

Pendant les 5 premières minutes, les visiteurs n’ont pas touché un ballon. Presque littéralement. En réalité, ils ont dégagé ou taclé 5 ou 6 fois, donc ils ont touché le ballon. Aucun contrôle, aucune passe, uniquement des interventions défensives. Galtier avait mis en place une tactique beaucoup plus agressive à l’aller avec un pressing très intense particulièrement payant. Cette fois, au lieu de prendre leurs hôtes à la gorge, les Stéphanois ont décidé de rester en place sans trop aller les chercher. Ceci explique en partie ces interminables et hallucinantes séries de passes. Cette démonstration de leur supériorité technique offerte par Cabaye et ses coéquipiers s’est poursuivie bien au-delà de ces 5 minutes, pourtant la première action digne de la qualification d’occasion de but a été conclue par une première parade de… Sirigu (13e). Il y avait déjà eu une petite alerte 3 minutes auparavant, déjà avec une montée de Trémoulinas, à peu près la même, c’est-à-dire en se dirigeant vers l’axe, sauf qu’au lieu de tenter de remettre le ballon dans la course de son latéral (qui n’avait pu se l’emmener dans la surface un peu plus tôt), Tabanou a opté pour une mine des 22 mètres. Bien tentée, très bien sortie.

Beaucoup plus fort dans la maîtrise et la récupération, le PSG n’était absolument pas dangereux. Jusqu’au moment où il a marqué un but assez improbable empreint d’une vive controverse (14e, soit dans la foulée du tir de Tabanou). Les Verts et leur entraîneur ont contesté la validité du but pendant une plombe. Je vais revenir sur la décision de M. Jaffredo après avoir souligné l’ironie du sort : vous multiplier les passes, vous cherchez à construire des actions avec des décalages, vous vous cassez les dents sur la défense faute de précision dans le dernier geste… et vous marquer sur un coup de bol. Bénéficier de 5 ou 6 contres favorables sur une séquence de 8 ou 9 secondes, c’est assez dingue. Il faut relativiser la notion de coup de bol car cette réussite a été provoquée. Quand vous dominez dans l’engagement vous avez généralement le contre favorable. Si vous lâchez l’affaire, vous ne risquez pas de profiter du coup de chance. Matuidi a pressé sur une touche stéphanoise et s’est arraché jusqu’au bout. Zlatan – auteur de la perte de balle à l’origine de l’occasion de l’ASSE – s’est battu, il était présent pour mettre un gros coup de savate dans la gonfle errante. But. Laid, pas construit, un but de clébards, mais OSEF, but quand même. Le froid réalisme venu de Suède.

Pourquoi ces 2’30 (ou 2’40) de palabres entre le franchissement de la ligne de but et la reprise du jeu ? C’est simple : l’arbitre assistant a levé son drapeau pour signaler la position de HJ de Matuidi au moment où Ibra a touché le ballon pour la dernière fois avant sa frappe. Seulement le milieu parisien n’a pas été servi par son coéquipier, il a bénéficié de l’intervention défensive de Bayal Sall. M. Jaffredo était tout près de l’action et a vu la chose. Tout est alors question d’interprétation. La loi XI n’est pas très précise. Sur le site de la FIFA ce cas n’est pas abordé de façon très explicite. En cherchant bien, la seule chose qui s’y rapporte est la définition de la notion de «tirer un avantage d’une position de HJ». Ceci signifie notamment «jouer un ballon (…) qui a rebondi sur, a été dévié par un joueur ou repoussé par le gardien – ou tout joueur suppléant –, alors qu’il était en position de hors-jeu.» Est ajouté ceci : «Un joueur en position de hors-jeu qui reçoit un ballon joué délibérément par un adversaire (à l’exclusion d’un ballon repoussé par le gardien ou par tout joueur suppléant), n’est pas considéré comme tirant un quelconque avantage de sa position.»

En l’occurrence, tout dépend de la façon dont on juge l’intervention du Sénégalais :
-si on considère son coup de pied dans le ballon comme étant une déviation ou un rebond, autrement dit comme involontaire, Matuidi était HJ, il fallait refuser le but ;
-si on perçoit l’intervention défensive comme volontaire, Matuidi était remis en jeu, la décision de M. Jaffredo était la bonne.

Essayons d’analyser les faits très objectivement. Il ne s’agit ni d’une passe en retrait (ce qui correspond de la façon la plus évidente au fait de jouer délibérément le ballon), ni d’un simple contre ou d’une déviation basique (repousser le ballon en mettant une partie de son corps en opposition, en détourner fortuitement la trajectoire). Le geste est une interception. Même pas une interception ratée car il a bien retiré le ballon à Ibra. Néanmoins, on y décèle clairement un manque de maîtrise dû à sa nature. Il s’agit en effet d’un réflexe. Bayal Sall a dû agir avec le pied gauche – il a déjà du mal avec le droit, alors le gauche… – en bottant dans le ballon sans parvenir à le contrôler ou à le dégager. Le réflexe est par nature involontaire. Sauf en football. Si un défenseur revient sur sa ligne et, dans un mauvais réflexe, repousse un tir en mettant la main, son geste lui sera-t-il pardonné car involontaire/non intentionnel/non délibéré ? Non. S’il l’a vu, l’arbitre lui infligera la double peine immédiate. Pourtant un joueur doit toucher délibérément le ballon de la main pour être fautive, la loi XII est claire à ce sujet. Une parade réflexe est-elle jugée involontaire ? Non, car les réflexes du gardien sont travaillés. Dès lors qu’on bosse pour provoquer ces réactions automatiques du corps face à une situation, le geste en résultant peut difficilement être qualifié de fortuit. Sans être spécialiste du sujet, je pense pouvoir les qualifier de réflexes conditionnels[1].

L’intervention d’un stoppeur face à un attaquant est en partie consciente, réfléchie (anticiper en fonction de ce qu’on a pu observer préalablement ou du mouvement du joueur, essayer de l’obliger à ralentir sa course ou à partir sur son mauvais pied, se positionner de telle façon, etc.), néanmoins elle relève souvent du domaine du réflexe, en particulier quand ça devient imprévisible (ballon détourné, dribble inattendu) ou qu’intervient une situation d’urgence nécessitant une réponse instantanée (exemple : un joueur qui subit un petit pont va presque toujours resserrer les jambes – alors que c’est trop tard – ou faire faute). L’interception au centre de la controverse entre dans cette dernière catégorie. La réaction au passage de la gonfle, Bayal Sall voulait l’avoir. Pas de bol, Matuidi trainait dans le coin. Evidemment, la conséquence du geste est fâcheuse, non délibérée… contrairement au geste en lui-même. D’ailleurs, dans la même veine, si un défenseur dévisse un dégagement, faisant ainsi une passe involontaire à un adversaire HJ de 15 mètres, personne ne contestera la validité du but, tout le monde se foutra de la gueule de l’auteur de la toile. C’est la même chose, une intervention défensive malheureuse.

Conclusion de ce débat, les 2 points de vue opposés ont des arguments recevables, tout est question d’interprétation. Ici l’arbitre était bien placé, il a dû se faire une idée en une fraction de seconde, sans ralenti. Il a pris ses responsabilités. On peut le critiquer sur d’autres décisions, pas sur celle-ci. Il a même pris le temps d’aller l’expliquer à Galtier. Au passage, signalons qu’au cours de l’après-midi l’AS Monaco a gagné 3-2 à Lyon en inscrivant 3 buts entachés de HJ (pas tous visibles en direct).

L’occasion et le but ont permis d’évacuer le nuage de mollesse qui enveloppait ce début de rencontre. Enfin de l’action ! Intensité, engagement, sprints… A la 18e, Cavani s’est effondré dans la surface au terme d’une contre-attaque jouée à 200 à l’heure. Péno ou pas ? Bayal Sall – encore lui ! – a mis la jambe en opposition. Y a-t-il eu contact ? Selon l’angle de la caméra, l’impression est contradictoire. En regardant le dernier je suis sûr qu’il y a faute, en regardant le premier j’étais sûr du contraire. C’est donc hyper difficile à juger. Une chose est certaine, il en a rajouté, ce qui fait pencher la balance contre lui. Sans la controverse de l’ouverture du score, M. Jaffredo aurait peut-être sifflé. Lui aussi a dû avoir un doute, d’où l’absence de carton jaune pour simulation (en principe c’était l’un ou l’autre, péno ou jaune).

On reprend le même défenseur pour un tacle avec les 2 pieds dans sa surface (20e). Bayal Sall a pris le ballon et a même obtenu la sortie de but. Son geste particulièrement hasardeux lui aurait coûté cher s’il avait attrapé Maxwell. Il a eu de la chance. Cabaye moins. J’ose espérer que Brandao marchera en canard après son passage devant la Commission de discipline. Elle va forcément le convoquer pour son agression scandaleuse. La violence de son coup de coude dans le menton et le cou de Cabaye est affolante. Il y a eu saignement, ça aurait pu être encore beaucoup plus grave. La place de ce type est en prison. A quoi sert-il à part à mettre des coups ? 16 ballons joués en 90 minutes dont 6 perdus, aucun tir, 4 fautes. L’ASSE aurait dû se retrouver à 10 au bout de 23 minutes, M. Jaffredo s’est clairement trompé. Il s’est d’ailleurs souvent trompé en sifflant trop facilement. On voyait pourtant un spectacle de qualité avec beaucoup d’engagement, ça méritait un arbitrage moins interventionniste.

Le PSG a vraiment pris le dessus lors de cette seconde partie de la première période, les tirs ont commencé à s’accumuler. Ibra (29e) puis Cavani (32e) ont respectivement raté le ballon et le cadre. Comment, seul à 5m50, Zlatan a-t-il pu se louper de façon aussi grossière ? Lavezzi ayant permuté avec Cavani, il est parti côté droit suite à un corner vert, son centre pour le patron était parfait. L’Uruguayen a quant à lui reçu un ballon venu d’Ibra, il a dû reprendre du gauche à angle assez fermé et a trop croisé son tir, c’était beaucoup plus compliqué. Au bout d’une très longue séquence, Cabaye a ensuite tenté une énorme volée lointaine détournée par Ruffier bien que probablement hors cadre (34e). Dans ce genre de situations, les frappes de loin sont très intéressantes, elles obligent la défense à sortir. Ibra s’y est ensuite essayé à son tour, le PSG poussait pour faire le break avant la mi-temps.

En enchaînant bien suite à une récupération du ballon de Lavezzi au niveau de la ligne médiane, l’objectif a été atteint. Ibra a réussi un joli numéro pour fixer les milieux et une partie de la défense afin de décaler Matuidi qui a ensuite pu lancer Cavani sur la gauche. Restait alors à éliminer Zouma avec un passement de jambe et à centrer. Un parfait centre dosé du gauche coupé par Zlatan au plein axe à 3 ou 4m de la ligne de but. Une petite reprise de volée en douceur de l’exter. Le geste juste pour devancer Ruffier en ne lui laissant aucune chance. 2-0 au bout de pile 40 minutes de jeu. Et un doublé de plus pour Zlatan, qui, grand seigneur, a ensuite laissé Cavani tirer un CF bien placé. Jusqu’alors, Ibra avait seulement marqué une fois contre les Verts (sur péno), une anomalie. Avec ces 2 pions, il est devenu le meilleur buteur de l’histoire du club au cours d’une saison (40 buts). Et nous sommes seulement en mars !

Pour mémoire, lors des 2 dernières confrontations entre ces clubs, l’équipe qui menait 2-0 a concédé le nul 2-2. On aurait pu assister à la reproduction de ce scénario. Quand vous laissez faire le 4e du championnat qui, de surcroît, n’a plus rien à perdre, vous vous exposez à ce genre de soucis. D’habitude, Paris garde le ballon, qui tourne de joueur en joueur sans prendre de risque. On s’ennuie sans être en danger. Cette fois, rien à voir, la possession du ballon est passée de 60 à 52% entre la mi-temps et la fin du match. Autrement dit les Verts ont nettement plus eu la gonfle en seconde période, le PSG a subi. Plus grave, il a concédé nombre d’occasions. La stat qui l’illustre est le nombre de tirs, 12 tirs à 5 en seconde période (5 cadrés à 1), Sirigu a été énorme, Corgnet et Guilavogui ont été maladroits, d’où l’incapacité des visiteurs à réduire l’écart.

On peut citer la parade de Sirigu devant Mollo suivie d’un tir à bout portant non cadré par Corgnet avec au passage un peu de grabuge dans la surface car Thiago Silva et Alex ont dû se jeter, attrapant malencontreusement Mollo du même coup (48e). Après ce raté miraculeux, la défense s’est totalement oubliée sur un long CF, Bayal Sall – encore lui ! – a hérité du ballon au second poteau avec assez de temps pour contrôler et frapper de volée. Nouvelle parade (52e) ! On continue avec un CF de Mollo côté gauche et une tête de Guilavogui au-dessus malgré une position idéale (à 5m de la cage) et une absence totale de marquage (Motta ?). Il était tout seul (59e). Le PSG n’y était plus ni dans l’engagement, ni dans la concentration, il se faisait facilement transpercer, ne maîtrisait plus rien, se contentait d’une action plus ou moins aboutie de temps en temps. Les Verts ont continué à y croire. 3 minutes après l’entrée d’Erding (à la place de Tabanou), une volée à angle fermé de l’international turc a obligé Sirigu à effectuer une super manchette (60e). Le rapport de force de la première période s’était inversé, désormais Sainté construisait, pressait, Paris en était souvent réduit à dégager à l’arrache. Sirigu a encore dû sortir le grand jeu pour détourner une frappe de Mollo à ras de terre. Le Cristiano Ronaldo du très pauvre a tenté sa chance de loin en profitant d’une balle récupérée dans l’axe à environ 30m (66e). Sirigu était aussi présent sur les corners pour faire le nettoyage.

Ensuite Galtier a décidé de remplacer Clément par Lemoine (69e) puis Corgnet par Hamouma (très – trop – tard, à la 80e), mais le train était déjà passé. Hormis 2 frappes de loin, une de Guilavogui contrée (74e) et une de Lemoine à côté (76e), R.A.S. jusqu’au temps additionnel. Pendant d’assez longues séquences les Verts avaient le ballon sans trop savoir quoi en faire, ils avaient de plus en plus de mal à trouver des décalages. Le PSG a repris le dessus grâce à un pressing assez haut, celui abandonné après la mi-temps. Il a ainsi de nouveau pu imposer son rythme. L’intensité a diminué. Hormis peut-être par un énième centre de Trémoulinas repris de la tête par Erding (non cadrée, 91e) et une dernière frappe lointaine repoussée par Sirigu (Hamouma, 93e), Sainté n’a plus rien fait d’inquiétant.

Au cours de la seconde période Ibra et ses partenaires ont tout de même eu des occasions. Seul un CF à 20m dans l’axe tiré en force par le Suédois aurait pu finir au fond (86e)… car aucune autre ne s’est conclue par une frappe cadrée. Ruffier a eu peu de travail. Juste après la mi-temps il avait manqué 5cm à Zlatan pour reprendre un CF de Cabaye (46e), puis, involontairement lancé par Ibra, Lavezzi a trop croisé sa frappe (50e). Ensuite plus rien de notable pendant un quart d’heure. Après la double entrée de Verratti et Lucas (sorties de Cabaye sur blessure et de Lavezzi, 64e) une action côté droit dans de petits espaces s’est terminée par un excellent centre de Jallet mais un coup de tête tout moisi de Lucas pourtant bien trouvé à 8m plein axe (65e). La plupart des situations chaudes dans la surface stéphanoise ont été générées en contre-attaquant de façon très collective suite à une bonne récupération du ballon (celle de Thiago Silva à la 68e est à voir !). Matuidi, Ibra et Maxwell ont presque toujours été impliqués (68e, 70e, 85e). En outre, Cavani a tiré à côté en fin de rencontre après un très gros travail de Maxwell (87e). A ce rythme il va gamberger, d’autant qu’il a pas mal gâché.

On a fini par entendre des «olé !» à chaque passe parisienne. Le faire quand votre équipe se fait des passes inutiles en reculant jusqu’à obliger son gardien à dégager, ça frise le ridicule. Mais bon, si certains ont envie de se taper l’affiche, grand bien leur fasse.

En plus de celui de Brandao, les Verts ont pris 2 autres cartons en fin de rencontre, un pour Perrin qui a découpé Motta (il aurait pu être exclu car le Brésilo-italien allait se présenter face à Ruffier suite à une récupération dans les 30 derniers mètres ; 86e), puis un pour Mollo (semelle sur Maxwell, 94e). On a aussi eu peur pour Zlatan, victime d’un choc assez flippant dans le rond central dont il a mis du temps à se remettre (Guilavogui lui a involontairement mis un coup de pied par derrière dans la jambe d’appui). Maintenant, reste à savoir si Cabaye sera absent longtemps à cause de sa vive douleur au dos consécutive à une extension zlatanesque… tentée sans avoir ni le corps, ni l’entraînement de taekwondo de son coéquipier. Peu avant il avait pris un jaune assez sévère (58e).

Dans l’ensemble, ça reste une très bonne soirée de L1, le démarrage a été un peu poussif faute d’opposition, au bout d’un petit quart d’heure l’intensité est montée grâce aux circonstances. Les longues séquences de passes n’ont pas toujours donné lieu à grand-chose, du coup le PSG s’est mis à beaucoup plus varier, n’hésitant pas à jouer en contre sans tomber dans l’individualisme. Il y a eu de la frappe de loin, du CPA, du jeu direct, des combinaisons, des centres, de l’altruisme et de l’opportunisme, le tout avec un phénomène à la baguette. Ibra vend du rêve ! Ce qu’il réussit est magique, ce qu’il rate l’est tout autant.

La capacité des Parisiens à récupérer très rapidement le ballon dans le camp adverse a été décisive. Matuidi mérite des éloges, car en plus de ratisser il se projette vers l’avant, il est dans tous les bons coups. Il me fait penser à Joakim Noah (en moins vocal bien sûr). Techniquement, ce n’est pas le plus fort, mais sur le terrain il est indispensable. Personne ne peut le dominer dans l’engagement, envoyer plus de pâté que lui, il est monstrueux défensivement, c’est un incroyable leader d’effort qui montre l’exemple à suivre. Le point commun concerne aussi la progression dans le domaine offensif, la capacité à répéter les efforts, à multiplier les courses vers l’avant, à s’impliquer dans le jeu en étant passeur ou finisseur. Matuidi mériterait beaucoup plus de reconnaissance hors de France, j’espère que la Coupe du monde lui permettra de l’obtenir.

J’ai envie de mettre en avant un autre joueur vraiment excellent lors de cette rencontre, à savoir Cabaye. Il a été particulièrement bon dans son rôle de milieu récupérateur/relayeur. Pressing, relance, circulation, distribution (jeu court et excellent jeu long), montées offensives, frappe de loin, CPA bien tirés. Tout était bon, on l’a tout de suite vu, il était dans le rythme, à l’aise, c’était parfait jusqu’à sa blessure. Quel manque de pot de se blesser ainsi après avoir survécu à une attaque de Brandao !

On en arrive enfin au titre : les bons, la brute et le très grand.
Les bons (ou très bons, Sirigu, Thiago Silva, Matuidi, Cabaye, Lavezzi, Maxwell surtout offensivement, il y a aussi eu une assez bonne entrée de Verratti).
La brute (Brandao… Bayal Sall en est une autre dans un genre différent).
Le très grand (Zlatan). Il pourrait être qualifié d’immense.

Ajoutons-y les moyens/pas top/médiocres (Jallet fait un match correct sans plus, Alex moyen, Motta douteux, notamment son marquage sur CPA, Cavani a eu beaucoup de mal sauf sur l’action du 2nd but, Lucas n’a presque rien fait).
Mais aussi les erreurs de casting : peut-on m’expliquer le concept du côté droit Zouma-Mollo ? Avec Brandao en prime, quel désastre ! Je n’ai rien compris aux choix de Galtier. Trémoulinas a été un des rares au niveau, Tabanou ne me semblait pas catastrophique (il s’est énervé sur le banc après sa sortie).
Comment oublier le Hulk stéphanois ? C’est le seul Vert à ne pas être habillé en vert, en revanche il a un caractère assez particulier. Il ne faut pas l’énerver, le gars pète un câble à chaque CF, ses défenseurs se font systématiquement pourrir quand il place son mur, c’est du grand spectacle !

Au-delà des données purement comptables, cette rencontre peut être extrêmement positive si les toutes les leçons sont tirées de cette baisse de tension. Elle sera interdite en quarts de finale de la Ligue des Champions sous peine de grosse déception. C’est pour bientôt mais en attendant, on s’en contentera amplement, j’avais au moins besoin d’un match comme celui-ci pour me faire oublier que je suis en pleine déprime post-olympique/paralympique !

Note

[1] J’ai toujours parlé de réflexe conditionné, j’ai découvert que le terme juste est réflexe conditionnel.