Mais avant d’aborder cet arbitrage pour le moins générateur de polémiques, intéressons-nous au reste, à commencer par ce qui a précédé ce match d’ouverture. Est-il nécessaire de commenter une cérémonie d’ouverture de Coupe du monde de football ? A la limite, si J-Lo et Pitbull n’avaient pas pointé leur truffe pour chanter un hymne officiel qui est une insulte à la musique, et a fortiori à la musique brésilienne, j’aurais éventuellement pu faire l’effort de me demander si j’allais essayer de la regarder. Heureusement, je commence à avoir pas mal d’expérience, je sais éviter ce genre de pièges. Du coup pendant la cérémonie d’ouverture, je suis allé me faire à manger afin que ce soit cuit pile au bon moment pour regarder le match peinard.

Faire les choses au bon moment pour que ce soit prêt à temps n’est semble-t-il pas une spécialité brésilienne, j’en veux pour preuve ce concept assez particulier : organiser un match d’ouverture dans un stade pas fini, ou faussement terminé. Perso, j’aurais choisi un stade pour lequel existaient des certitudes de n’avoir aucun problème, pas un dont la construction a pris 1 an de retard. C’est comme créer des enceinte de dizaines de milliers de places dans des villes où il n’y a pas de club pro et où les conditions climatiques sont terribles (exemple, Manaus, où sont programmés 3 ou 4 matchs, pas plus), perso, je ne pige pas.

  • Groupe A, J1 : BRESIL-CROATIE (match d’ouverture).

Sao Paulo, bonnes conditions météo.

Brésil : Julio César - Daniel Alves, Thiago Silva (c), David Luiz, Marcelo - Luiz Gustavo, Paulinho (Hernanes 63e) - Hulk (Bernard 68e), Oscar, Neymar (Ramires 88e) - Fred
Croatie : Pletikosa - Srna (c), Corluka, Lovren, Vrsaljko - Modric, Kovacic (Brozovic 61e), Rakitic - Perisic, Olic - Jelavic (Rebic 78e)
Buts : Neymar (29e, 71e s.p.) Oscar (90e+1) - Marcelo (11e csc)
Avertissements : Neymar (27e), Luiz Gustavo (88e) - Corluka (67e), Lovren (69e)
Arbitre : M. Nishimura (JAP)

Pour cette première rencontre du groupe A, la Croatie était privée de Mandzukic, son avant-centre vedette, suspendu 1 match pour une exclusion lors du barrage retour. Sans parler d’un autre joueur puni lourdement – peut-être pas assez – pour avoir été l’auteur de chants racistes. La tâche des joueurs de Niko Kovac s’annonçait très difficile, tout le monde en avait conscience : il leur fallait mettre fin à une très longue série d’invincibilité du Brésil sur ses terres, le faire devant 1 à 2 milliards de téléspectateurs, contre le favori du tournoi, une équipe en principe surmotivée, portée non seulement par un public tout acquis à sa cause, mais carrément par tout un pays de 200 millions d’habitant où cette Coupe du monde dépasse largement le cadre du sport. Une victoire auriverde semblait nécessaire pour lancer la compétition sur des bases saines, les conséquences potentielles d’un autre résultat devaient effrayer pas mal de monde. Comme on l’entend souvent, «l’enjeu a pris le pas sur le jeu». Seulement, cette fois, ça concerne aussi l’arbitrage. M. Nishimura, l’arbitre japonais, ne peut avoir agi sur commande, ce serait beaucoup trop gros, ce serait la conspiration la moins discrète de l’histoire des conspirations, et Dieu sait qu’elles ont été nombreuses dans l’histoire de l’Humanité ! Prendre des décisions aussi grossièrement erronées devant des centaines de millions de témoins, ne déconnons pas ! En revanche, la thèse du conditionnement psychologique se tient parfaitement.

Cette rencontre a confirmé plusieurs constats déjà effectué concernant cette équipe brésilienne :
-défensivement elle est très friable avec un gardien tout sauf rassurant et des latéraux incapables de faire le travail derrière,
-offensivement elle repose presque exclusivement sur 1 joueurs de 22 ans, Neymar, qui a une pression énorme en tant que superstar annoncée du pays hôte, le "presque" correspondant à la présence d’Oscar, l’autre jeune grand joueur (perso je le préfère à Neymar) grâce auquel il peut se passer quelque chose quand les Brésiliens ont le ballon,
-elle pratique un joga mochito qui lui a permis parfois d’obtenir des résultats sans satisfaire son peuple, amateur de beau jeu. On est loin de la tradition brésilienne. Le talent et la technique manquent cruellement.

Thiago Silva a fait office de locomotive du train auriverde lors de l’entrée sur le terrain, manifestement la chose avait été répétée à l’entraînement, c’est d’ailleurs dans toute cette partie d’avant-match que le collectif brésilien s’est montré le plus appliqué et le plus convaincant. On en l’occurrence, ils avaient préparé une sorte de demi-queue leu-leu épaulée du côté droit, puis un hymne avec poursuite du chant a capella avec tout le public – les tribunes étaient jaunes, sans surprise le maillot de la Seleção est un best-seller dans ce pays – après l’arrêt de la musique. Ils ont fait ça l’an dernier à la Coupe des confédérations, ça a beaucoup été repris ensuite (par exemple lors des matchs des équipes de France de basket), mais pas par les Espagnols… dont l’hymne est sans-parole. Pendant tout ce cérémoniel ils me paraissaient hyper tendus.

J’en profite pour saluer la petite innovation sympa de la réalisation télé de ce Mondial concernant la présentation des équipes. Dans d’autres sports, par exemple en NFL, c’est du classique depuis des lustres, on voit la tête des gars en vidéo au moment de l’annonce de la compo de l’équipe qui entre en jeu[1], ça permet de voir quelle tête ont les gars qui jouent harnachés et casqués (alors qu’en vrai football on voit la véritable tête des gars pendant toute la rencontre). La FIFA a fait filmer chaque joueur de la Coupe du monde, prise de vue de ¾ en train de croiser les bras tout en tournant la tête vers la caméra. Ces mini-films sont insérés dans l’écran de présentation à mesure que la compo défile.

Passons au match à proprement parler.

David Luiz n’a pas attendu 30 secondes pour se lancer dans une première intervention rugueuse, la Croatie moins de 45 pour tirer au but pour la première fois (de loin et à côté, mais c’était bien tenté). La différence entre ces 2 équipes était nette, si le Brésil avait plus le ballon en début de rencontre, il l’utilisait nettement moins bien, avait énormément de mal à en faire quelque chose, la supériorité technique des milieux croates sautait aux yeux. Le poids des attentes de toute une nation peut seulement en partie expliquer l’extrême fébrilité de la Seleção, très facilement débordée défensivement. Le vieux Olic s’est baladé pendant toute la soirée sur son côté droit, Daniel Alves a été calamiteux. La simple idée de voir ce dernier débarquer au PSG pour former une défense 100% brésilienne avec David Luiz et Thiago Silva (plus Maxwell) me terrorise et devrait inquiéter le capitaine parisien. Sauf s’il tient à connaître au moins une fois dans sa vie un burn-out ! Il est souvent tout seul à défendre, nerveusement il aura du mal à tenir longtemps. D’ailleurs je n’ai pas compris pourquoi T.S. a débuté axe droit puis est passé axe gauche pendant une partie de la rencontre, puis de nouveau axe droit. Pour rappel, à Paris il évoluait à la droite de Sakho mais à gauche d’Alex, son insistance pour pousser dehors le vice-capitaine des Bleus ne s’explique pas du tout par une préférence pour l’axe gauche. Il préférait juste jouer avec un pote qu’avec un étranger plus populaire que lui. Voilà, c’est dit.

Ayant déjà concédé la première véritable occasion de la rencontre (tête d’Olic au 2nd poteau), les Brésiliens ont logiquement encaisse le premier but, un BALC sur un nouveau centre d’Olic, un centre au sol depuis son côté gauche où il y avait un 2 contre 1 avec Modric pour l’épauler. Il cherchait son n°9 et l’a trouvé, Jelavic a coupé devant Luiz sans réussir sa reprise, Marcelo arrivait derrière eux et a poussé le ballon au fond (11e). Le pays hôte a donc débuté sa Coupe du monde en se plantant un but contre son camp assez ridicule. Marcelo maladroit ? Surtout en retard et peu réactif, comme toute la défense.

Oscar était tétanisé par l’enjeu, Neymar devait prendre les choses en main, il a essayé, on entendait d’ailleurs le public monter le son dès qu’il touchait le ballon. Seulement ça ne donnait jamais rien. Progressivement, Oscar s’est réveillé en se déportant régulièrement sur le côté droit, permettant à son équipe de sortir la tête de l’eau. Premier sursaut d’orgueil. On a même vu une action collective digne de ce nom ! Enfin ! Sursaut d’orgueil, oui, mais pas au point de se montrer réellement menaçants. Branchée sur courant alternatif, bouillonne, manquant d’inspiration et de précision, la sélection dirigée par Luis Felipe Scolari était à la ramasse. A lui-seul, Olic était plus dangereux que l’ensemble de la Seleção, il continuait à s’amuser avec Alves.

Lancé par Oscar, Paulinho a été le premier à solliciter réellement Pletikosa (21e), puis le jeune milieu offensif de Chelsea a lui-même obligé le gardien à plonger pour repousser son tir enroulé du gauche consécutif à centre en retrait repoussé à l’arrache (22e). Cette action ayant été initiée par un débordement de Neymar. Ce double coup de chaud imposait aux Croates de calmer le jeu, ils ont parfaitement su y parvenir en faisant preuve de beaucoup d’expérience. Mieux, ils ont même réussi à remettre un coup de pression.

C’est alors qu’a eu lieu le premier épisode de la soirée noire de l’arbitre. Le coup de coude de Neymar sur Modric (2e coup de coude brésilien en quelques minutes) méritait-il une sanction supérieure au carton jaune ? Peut-être, car il était volontaire. Seulement pour oser exclure LA superstar du Brésil lors du match d’ouverture de la Coupe du monde organisée au Brésil, qui plus est à la 27e minute, il faut plus qu’une sacrée paire de c*uilles. Il faut en plus être suicidaire et/ou totalement inconscient. Aucun arbitre n’aurait sorti un rouge dans cette situation. Même pas M. Chapron. Quand vous héritez d’un tirage au sort aussi défavorable, vous avez conscience de ne pouvoir compter sur aucune décision favorable à votre équipe les fois où l’homme au sifflet hésitera entre faute ou pas faute, carton ou pas carton, carton jaune ou exclusion. Aussi déplorable cette situation soit-elle, il s’agit d’une fatalité. Votre seule chance de vous en sortir est d’être nettement supérieur à l’équipe qui vous reçoit, notamment en ce qui concerne l’efficacité offensive. Le CF consécutif à cette faute puis une tête cadrée de Jelavic au 2nd poteau ont encore mis en évidence les soucis de la défense auriverde sans permettre à la Croatie de faire le break… Elle a loupé le coche. En effet, ces faits de jeu ont eu lieu juste avant un renversement de situation assez inattendu.

Neymar a été particulièrement heureux d’égaliser d’un tir du gauche peu puissant. Il a trouvé le poteau… Un poteau rentrant. 1-1 (29e)… Pletikosa aurait dû arrêter cette frappe molle des 22 mètres en se montrant un peu plus prompt à réagir. Il a mis 3 siècles à plonger, d’où les quelques centimètres manquant pour la détourner. Cette action s’est produite tout de suite après l’occasion de Jelavic, elle a débuté par une bataille au milieu remportée par Paulinho dont la récupération de balle dans le camp croate a été particulièrement décisive. Ces duels remportés ont éliminé des joueurs dont le rôle aurait dû être de monter sur Neymar pour l’empêcher de frapper. D’où l’intérêt de cette façon d’attaquer, elle évite d’avoir à mettre hors de position le bloc défensif, celui-ci étant déjà désorganisé au moment de la récupération du ballon. On ne créer rien, on se contente d’utiliser. En l’occurrence, la vitesse de la transmission et de l’enchaînement avec le tir ont été suffisants pour empêcher les Croates de se réorganiser. Pour une équipe si peu inspirée, si peu créative que CE Brésil, les attaques rapides après une récupération en zone offensive sont, avec les CPA, la principale source d’occasions. La Seleção en est réduit à ça.

Dans le stade, l’ambiance a immédiatement changé. La dynamique, pas vraiment. La Croatie ne s’est pas affolée, le Brésil avait toujours autant de mal à passer le milieu de terrain. De temps en temps, sur une perte de balle dans leur moitié de terrain (dont au moins 2 d’Olic qui s’est vu trop beau et a fait des Verratti en voulant dribbler n’importe comment dans son camp), les visiteurs ont connu une frayeur, ils réussissaient néanmoins à s’en sortir, y compris sur les CPA (très mal exploités par la Seleção).

Un match d’ouverture étant un match de premières, on a vu pas mal de nouveautés : l’utilisation de la fameuse bombe pour placer le ballon et le mur sur les CF (très connu mais pas utilisée en Europe, on devrait s’y mettre), l’image de la technologie sur la ligne de but (juste histoire de nous la montrer car ici elle ne servait strictement à rien), ou encore le panneau du temps additionnel… sponsorisé par un horloger, c’est pourquoi il est habillé d’une structure en forme de montre, le truc doit faite 1m50 de large, il est énorme. Bien sûr, on a aussi assisté à des premières de choses assez classiques en football, comme un oubli de revenir à une faute et un HJ bidon.

J’imaginais les Brésiliens revenir sur le terrain au taquet. En fait, pas du tout, ils restaient aussi mous, imprécis, statiques, peu créatifs, leurs erreurs techniques étaient toujours aussi nombreuses. Seulement les Croates ont commencé à rendre le ballon de plus en plus rapidement, ils ne le touchaient plus que pour dégager. Même face à une équipe très décevante, accepter de subir à ce point est suicidaire, ils allaient forcément finir par en prendre un. Au bout d’un moment, pour respirer un peu, ils ont compris la nécessite de reprendre le contrôle en faisant circuler proprement la gonfle, ce qui leur a permis de casser le rythme puis de reprendre un petit ascendant. Avec des milieux très techniques, pas hyper physiques, leur intérêt est bien d’avoir la possession.

Il a suffi à la formation européenne de le décider de mettre le pied sur le ballon pour y parvenir. Ceci en dit long à la fois sur ses qualités et sur les défauts du grand favori de la Coupe du monde. Le spectacle offert par le Brésil n’a pu régaler personne. Quelle tristesse ! Quelle insulte pour l’histoire du football ! Je me suis même dit que Scolari avait été bien bête de ne jamais essayer Nenê et de laisser Lucas à la maison, c’est dire ! Entre la fébrilité derrière, l’absence d’inspiration au milieu et le manque de précision dans le jeu offensif, ils brillaient surtout par leurs défauts. Pas de folie, pas d’enthousiasme, pas de gestes techniques déroutants ou très peu… Même pas d’intensité. Comment une équipe disputant chez-elle le match d’ouverture d’une Coupe du monde peut-être imposer aussi peu d’intensité ? Et on parle du Brésil, pas de l’Afrique du Sud !

Et bien sûr, pendant ce temps, Olic continuait à se balader sur son aile.

Malheureusement, la suite a fait très mal au football. L’arbitre est devenu l’homme du match. Le vice brésilien a pris le dessus sur la vertu croate. Avec la complicité – non préméditée – de l’arbitre. Je pense notamment à cette faute en loucedé d’Alves sur Olic pour l’empêcher d’aller contester le ballon à Julio César. Changer la direction de sa course pour accrocher la jambe de son adversaire de façon faussement fortuite[2] est clairement un geste d’antijeu, il méritait un jaune (57e). La filouterie a encore été récompensée. La triche l’a été à une vingtaine de minutes de la fin suite à une série de changements, notamment les entrées d’Hernanes et de Bernard aux places de Paulinho et du fantôme d’Hulk. Il fallait apporter un peu de technique dans cette équipe moribonde, presque incapable de se créer une occasion, si ce n’est par Alvès sur un CF direct passé au-dessus de la barre (obtenu une nouvelle fois grâce à une perte de balle évitable d’un Croate… d’ailleurs Corluka a pris un jaune en revenant découper Neymar).

Fred et Lovren n’ont jamais joué ensemble, le premier avait quitté l’OL quand le second y a signé. Ils n’ont pas laissé que de bons souvenirs en France. L’attitude du buteur a souvent été critiquée (sans parler de son coup de coude sur Chivu en Ligue des Champions). Mais là… Quel cinéma ! Remarquez, dans la mesure où les règlements de la FIFA et les lois du jeu ne sanctionnent pas ou quasiment pas les simulations, il pouvait faire ce qu’il voulait, même un sketch bien grossier, il avait tout à y gagner, ce "tout" étant un péno. Au pire, il ne se passait rien. Ses chances d’obtenir le penalty espéré augmentaient à mesure que le temps passait car avec ce score la pression psychologique subie par l’arbitre était terrible. Imaginez-vous à sa place. Vous voyez Lovren toucher l’épaule de Fred et ce dernier s’effondrer en réclamant un coup de sifflet en sa faveur. S’il y a faute mais que vous ne réagissez pas, vous allez être l’arbitre qui a privé le Brésil du penalty du 2-1 et peut-être même l’homme qui a pourri la Coupe du monde au "pays du futebol" en précipitant la chute de la Seleção. Dans le doute, siffler devenait la décision la plus rationnelle. Même en cas de gros doute. Si M. Nishimura avait pris sur lui de résister à la pression, un nouveau plongeon de Fred ou de Neymar l’aurait très certainement fait craquer. Au passage, fou de rage, Lovren a eu droit à un jaune. La course du n°10 auriverde est à montrer dans toutes les écoles de foot dans la catégorie "à ne surtout pas faire", en tentant de piéger le gardien il a presque réussi à en faire un héros national. Pletikosa a détourné ce tir mal placé à mi-hauteur, ses mains ont manqué de fermeté. Arf. 2-1 (71e).

Par la suite, l’arbitre a continué à faire preuve d’une mansuétude particulièrement agaçante au profit des Brésiliens. Seul Luiz Gustavo a été averti (pour une faute d’antijeu évidente à la 88e). Oscar méritait un jaune pour un coup de pied dans une cheville, en fin de match il a oublié de revenir à la faute pour sortir un autre carton pour un ceinturage évident sur une contre-attaque. On peut aussi mentionner l’intervention très limite de Ramires directement à l’origine du 3e but (3-1, 91e). Le pointu surprise d’Oscar aux 18m après un raid solitaire est absolument génial, le plongeon à retardement de Pletikosa est tout à fait pathétique, mais cet impact en arrivant dans le dos de Modric était particulièrement suspect. Dans le sens inverse, j’en suis persuadé, M. Nishimura aurait interrompu l’action.

Il y a eu de d’agitation au cours des 20 minutes entre les 2 derniers buts. David Luiz s’est mis en évidence avec notamment :
-une intervention défensive en catastrophe (pas loin du csc),
-une tête plongeante manquée alors qu’il était super bien placé à la réception d’un centre d’Oscar (il avait mis à terre son adversaire),
-une sorte de tacle aérien à la barbare dans sa surface pour contrer un centre (à quelques centimètres près il attrapait le joueur dans la surface),
-un presque sauvetage vain du tibia devant sa ligne lors d’une action dont il sera question un peu plus bas,
-un contre décisif sur un tir de Brozovic quelques secondes avant le "break".
On l’a aussi vu tenter un coup du sombrero dans son camp, ça m’a fait mal à la tête en pensant à la saison prochaine quand il jouera au PSG. Pas vraiment rassurant le garçon !

Au moment où Oscar a marqué, le Brésil était au plus mal, Julio César venait de repousser un peu n’importe comment un missile de Perisic, les Croates dominaient techniquement et physiquement, la fébrilité défensive de la Seleção sautait aux yeux, en particulier celle de son gardien. La formation européenne a tout tenté, elle a créé le danger sur CPA, en frappant de loin par Modric – quelle parade dégueulasse sur ce tir des 30m ! – puis par Perisic, donc, mais surtout… elle a égalisé à 2-2. En l’absence de Mandzukic, Jelavic a occupé le poste de n°9, il a été remplacé à la 78e minute, Olic est alors passé en pointe. Quelques minutes plus tard, sa remise de la tête a trouvé Brozovic dont la reprise instantanée, contrée par le tibia de David Luiz, a profité à Perisic. But. En fait non, pas but, car un coup de sifflet a retenti juste avant pour une charge aérienne d’Olic sur Julio César. Une belle arnaque. Le Croate a juste sauté pour jouer le ballon de la tête, ce qu’il a fait. Bien sûr, il y a eu contact avec le gardien, mais pourquoi ? Simplement en raison de l’erreur de celui-ci. Il s’est raté, a manqué d’engagement, n’a pas voulu sauter, s’est juste déplacé vers l’arrière en pensant prendre le ballon tranquillement des mains, d’où le tampon. Le gardien a donc bénéficié de sa propre boulette. Vive le foot !

On ne peut rien reprocher à cette Croatie plutôt solide, calme et solidaire, bonne dans l’utilisation du ballon. Sauf d’avoir porté le mauvais maillot. Il fallait jouer en jaune. Ils n’ont jamais abdiqué, ont produit au moins autant de football, nettement plus à mon sens, en ayant eu une possession du ballon très inférieure. Le Brésil, bouffé dans le jeu, a fini avec Ramires à la place de Neymar, Oscar avait des crampes, c’est dire s’ils étaient mal.

La Croatie est vraiment mal payée, le Brésil l’est plus que bien. Arbitrage maison, joga mochito et réussite insolente, avec ça tu peux gagner une Coupe du monde… Seulement, cette recette ne tiendra probablement pas jusqu’au bout. La défense faible, le gardien en bois, le manque de créativité au milieu, la faiblesse insigne des attaquants, à un moment, même avec un arbitrage maison, ça ne gagne plus. L’impression laissée est terrible, Scolari va être obligé de modifier son équipe, sinon il court à la catastrophe. Ceci dit, on s’y attendait suite à ses 2 matchs de préparation contre le Panama et la Serbie.

MOT DE PASSE : 2014

Homme du matchs : Oscar, nettement au-dessus du lot dans l’équipe qui a gagné. Mais je suis obligé d’ajouter M. Nishimura
Félicitations du jury : Neymar qui a tout de même réussi à marquer un but très important plus un péno (injustifié et mal tiré), tous les milieux croates (Rakitic, Modric, mois le 3e, Kovacic, qui est aussi un 10, il n’y a pas de 6 dans cette équipe), plus Olic, parfois très bête à faire n’importe quoi dans son camp mais quel poison pour les adversaires !
Bons pour nourrir les piranhas : Alvès, CATASTROPHIQUE, M. Nishimura qui mérite d’être cité dans 2 catégories, et bien sûr les 2 gardiens, Julio César et Pletikosa, pas net sur les 3 buts encaissés.
Perdus dans la jungle amazonienne : Fred et Hulk. Le premier a seulement brillé en trichant, le second n’a rien fait pour sortir de l’anonymat.

Notes

[1] Pour rappel en foot US il y a plusieurs équipes au sein d’une équipe, l’équipe offensive, l’équipe défensive, l’équipe spéciale, etc.

[2] Regardez le déplacement, pas seulement le contact du genou avec le pied.