Environ 2 tiers de cette 13e étape étaient en réalité une longue transition jusqu’à la montagne. Les 134 premiers kilomètres servaient surtout à fatiguer les coureurs avant les 2 grandes ascensions du jour. Compte tenu de la grosse chaleur, les défaillances risquaient d’être nombreuses. On peut difficilement s’étonner de l’abandon d’Arthur Vichot (FDJ), malade depuis plusieurs jours. Aucun des 44 Français engagés n’avait encore quitté les routes du Tour.

En outre, ces 134 bornes offraient aux volontaires l’opportunité de s’échapper pour prendre un peu de champ. A condition d’en prendre suffisamment, il était envisageable de lever les bras en vainqueur à l’arrivée malgré l’inévitable accélération des meilleurs dans la montée vers Chamrousse. Par conséquent, le début de course a été très mouvementé, différents groupes ont tenté de sortir. On s’y attendait. En outre, on a assisté à des chutes, celles de Marcel Kittel (GIA) et de Jurgen Van den Broeck (TLB). Sans gravité a priori.

Dans le Col de la Croix de Montvieux (3e catégorie), un groupe de 8 s’est détaché, il s’est d’abord réduit à 5 éléments, a ensuite été rejoint par un duo, puis par un autre. L’échappée à 5 était composée de Giovanni Visconti (MOV), Blel Kadri (ALM), Alessandro De Marchi (CAN), Kristijan Durasek (LAM) et Daniel Oss (BMC) Brice Feillu (BSE) et Bartosz Huzarski (TNE) formaient le premier duo, Rudy Molard (COF) et Jan Bakelants (OPQS) ont dû fournir un gros effort pour les rejoindre. A noter que de Marchi et Feillu figuraient déjà tous les 2 dans la première échappée.

Visant ouvertement de remporter le classement du meilleur grimpeur, Joaquim Rodriguez (KAT) ne pouvait se satisfaire de la présence à l’avant de concurrents susceptibles de lui ravir son maillot. Après la première difficulté de la journée Kadri (+1) et De Marchi possédaient 18pts chacun, Visconti 14 (+2), Rodriguez en possédant quant à lui 51. La marge était faible : avec le Col de Palaquit répertorié en première catégorie donc attribuant 10pts au premier à le passer, puis la montée finale vers Chamrousse permettant d’engranger 50 points d’un coup (25pts pour le HC, points doublés pour les arrivées au sommet), il pouvait très rapidement se retrouver distancé dans un classement dominé depuis sa longue échappée en direction de la Planche-des-Belles-Filles.

Ceci explique pourquoi l’équipe Katusha a roulé pendant une grande partie de l’étape pour limiter puis réduire l’avance des échappés. Astana n’avait aucune raison de le faire, personne parmi les 9 ne présentait de danger au classement général. L’écart a plafonné à près de 5 minutes puis a fortement décru.

Qui dit grosse chaleur et peloton lancé en chasse très tôt dit étape très rapide et très difficile. Tout ceci a fait des dégâts très tôt. Daniel Navarro (COF) a abandonné au ravitaillement. Il était malade, n’arrivait ni à boire, ni à manger, il ne pouvait continuer. L’Espagnol ne gardera pas un bon souvenir de son anniversaire. Janier Acevedo (GRS) a fait de même quelques minutes plus tard.

Oss a tenté de relancer l’allure du groupe de tête en partant seul mais savait n’avoir aucune chance d’aller loin sans aide, il espérait que 2 ou 3 autres allaient partir avec lui. Résultat, il a désorganisé l’échappée au lieu de la faire progresser. Europcar s’est joint à la chasse quand l’écart entre les proies et les chasseurs était déjà descendu à 2 minutes. Il restait près de 70 kilomètres à parcourir et le message était clair : on n’a personne devant mais on garde espoir de remporter l’étape. J’imaginais Pierre Rolland (EUC) dynamiter la course dès que possible.

Le groupe de tête a fini par exploser, elle s’est plus ou moins reformée pour exploser de nouveau en petits morceaux. De toute façon l’aventure ne pouvait durer, le peloton était à une minute. De Marchi, Bakelants, Kadri et Molard ont essayé de repartir, l’Italien a tenu 5 minutes maximum. Molard environ 2’ de plus. Est-il nécessaire de signaler la formation du gruppetto dès le pied du col ? Ça pétait de partout. Les sprinteurs, les équipiers fatigués, les Peter Sagan (CAN), Thomas Voeckler (EUC) ou encore Tony Gallopin (TLB)… Impossible de tenir.

Pourtant pas relayé en tête, Kadri a un peu augmenté son avance sur le peloton toujours mené par Europcar. Un premier contre-attaquant, Jérôme Pineau (IAM), a tenté sa chance pendant que la plupart des hommes lâchés par l’échappée se faisaient avaler par le peloton. Kadri a dû craquer car De Marchi a pu rentrer et doubler pour devenir à son tour le seul homme de tête. Les terribles conditions météorologiques ont provoqué une véritable hécatombe. On a rapidement vu Michal Kwiatkowski (OPQS) à la peine, l’ancien maillot blanc que certains considéraient parmi les gros outsiders du Tour a fait l’élastique, il allait forcément prendre un énorme éclat à l’arrivée. Rui Costa (LAM) a connu les mêmes difficultés sur les pentes les plus raides.

De Marchi a réussi une belle montée, il a creusé les écarts, Bakelants a fini par lâcher Kadri pour se lancer seul à sa poursuite. Le vainqueur de la 8e étape était cuit, il a facilement été doublé par Luis Angel Maté (COF), parti en contre-attaque, avant de se garer pour rallier l’arrivée à peine 5 minutes avant le gruppetto. L’Espagnol a tenté quelques instants de profiter de l’appui de Molard, ça n’aura pas servi à grand-chose. Le peloton n’allait plus très vite, il était désormais mené par Astana, seulement l’équipe kazakhe semblait peu motivée par la perspective de revenir sur les échappés. De quoi donner de nouveau à Pineau l’envie de contrer.

En réalité, tout le monde s’est laissé endormir par Astana, très content de pouvoir économiser – c’est tout relatif – ses hommes en vue de la dernière montée. La meilleure stratégie pour attaquer Vincenzo Nibali (AST) n’était-elle pas de durcir la course le plus vite possible pour faire sauter ses équipiers ? Un leader isolé est beaucoup plus vulnérable, particulièrement par cette chaleur. D’autant que Nibali adore la pluie, en principe il a plus de mal dans les conditions opposées. Quelques coureurs de Lampre et de Sky ont donné l’impression de vouloir remettre un peu de rythme, plusieurs Astana ont alors accusé le coup. Ça restait très soft, pas mal de lâchés ont même pu revenir avant de basculer. Il y avait probablement moyen d’agir autrement, les adversaires de Nibali manquent d’agressivité, la situation dans laquelle il se trouve est trop confortable.

Au sommet, Bakelants a changé de vélo avant de basculer avec 1’10 de retard sur De Marchi, toujours solitaire. Maté – à 1’37 de l’Italien – et Pineau – oublié par la réalisation télé – restaient intercalés. Le peloton, réglé par Rodriguez, naviguait à 2’50 de l’homme seul. Thibaut Pinot (FDJ) est passé 5e sans réellement disputer les points au porteur du maillot à pois, peut-être avait-il tout de même en tête la possibilité de jouer sur ce tableau grâce à une grosse performance à Chamrousse. Il s’agissait plus probablement d’appliquer sa tactique désormais récurrente, à savoir basculer dans les descentes avec un peu de marge pour limiter les risques. L’intérêt de cette stratégie a été illustré quelques centaines de mètres plus loin.

Si le peloton n’était pas lancé à fond sur cette route assez large, Jakob Fuglsang (AST) a trouvé le moyen de se vautrer violemment sur son côté gauche. Il a été victime d’un bidon jeté par Van den Broeck. Sur du plat, éviter un bidon qui traine au milieu du peloton est très compliqué, alors en descente… La conséquence a été un nouveau ralentissement profitable à l’homme de tête lancé sur le chemin de Grenoble.

Au sprint intermédiaire De Marchi comptait 45s d’avance sur Bakelants et 3’40 sur le peloton, maintenant mené par la FDJ, lassée de la mollesse du peloton. Auparavant quelques-uns ont tenté de lancer de nouveaux contres, toujours sans succès. Il était temps de s’y mettre. Grâce à cette réaction des FDJ la victoire d’étape avait peu de chances d’échapper à un membre du groupe maillot jaune. Au pied de la très longue montée vers Chamrousse (18,5km), De Marchi avait moins de 2’ d’avance sur les favoris. C’est le moment où Movistar a essayé de tout faire péter en durcissant la course. En quelques centaines de mètres le reste du peloton est devenu un groupe assez restreint. Sans surprise, Kwiatkowski a de nouveau sauté. En revanche, surprise, Rodriguez n’a pu résister et a quasiment dit adieu à son maillot à pois, à moins de le porter par défaut. Nibali ou Pinot allait probablement prendre la tête du classement.

Fort logiquement incapable d’accrocher le groupe maillot jaune encore composé d’une vingtaine de concurrents, Bakelants a disparu de la circulation. John Gadret (MOV) a presque fait du Tony Martin dans cette ascension, il a longtemps mené seul pour son patron avant de s’écarter. Il a un moins gros moteur que l’Allemand et un réservoir nettement plus limité. Le dernier équipier de Nibali a alors dû prendre le relais, il restait du monde dans le groupe et un peu plus de 14km à gravir. La situation était propice pour lancer une contre-attaque. Mais un coureur avait-il les jambes pour tenter un coup de si loin ? Quand De Marchi a été repris, il n’a pu s’accrocher au groupe (le lot de consolation : élu combatif du jour). Une course de côte a donc débuté… après 180 bornes en plein cagnard pour user les organismes.

Qui et quand ? Qui allait oser se lancer le premier et à quel moment ? Telles étaient les questions. Il fallait être patient sans trop attendre, savoir ne pas présager de ses forces. En réalité, je ne me posais pas les bonnes questions. Qui et quand, oui, mais qui… allait sauter en premier ? Richie Porte (SKY) a craqué à plus de 12 bornes du sommet, le train et la chaleur étaient trop soutenus pour lui. Il avait Mikel Nieve pour l’aider, il allait tout de même prendre très cher.

Constatant la défaillance du 2e du général, Pinot a accéléré aux 12km, il a fait exploser le peloton. Pierre Rolland a coincé, Rui Costa aussi… Il s’agissait juste d’un test, le jeune Français n’a pas insisté. Leopold König (TNE) a saisi l’opportunité de contre-attaquer. Pinot a préféré observer, l’étape comptait moins que le général, c’est pourquoi il n’a pas répondu quand Rafal Majka (TCS) est sorti pour rejoindre le coureur de NetApp. Un Belkin (Laurens Ten Dam) est à son tour parti en chasse.

Pendant ce temps le groupe des leaders a ralenti en attendant le coup d’envoi des hostilités. Alejandro Valverde (MOV) a pris l’initiative, Nibali y est allé, seul Pinot est parvenu à recoller au duo, il y avait moyen pour lui de jouer le podium à Paris, il a donc relayé. Derrière, Romain Bardet et Jean-Christophe Péraud (ALM) ont tenté de rouler pour ne pas laisser s’échapper ces dangereux concurrents au général, Pinot étant aussi l’adversaire principal – ou unique – de Bardet au classement du maillot blanc. Dans leur groupe, on se regardait, Van den Broeck a relancé, les 2 Français d’AG2R ont sauté dans sa roue pour en remettre une couche. Tejay Van Garderen (BMC) s’y est mis à son tour. En réalité, ça ressemblait plus à du marquage qu’à de la collaboration. Du coup Costa et Rolland sont rentrés. Cette grappe de battus avançait par à-coups à cause d’une multitude de contres avortés. Heureusement pour elle, devant eux, l’entente laissait à désirer. Le maillot jaune ne voulait pas rouler, il laissait Valverde et Pinot faire tout le travail. Le jeune leader d’FDJ était de loin le plus actif.

Tactiquement, Nibali a bien joué le coup, il a profité de la situation pour contrer, Pinot a essayé de répondre, c’était très dur, Valverde est resté dans la roue du Français, contrairement à Ten Dam. Il restait plus de 6 bornes à parcourir, Nibali a facilement rejoint le duo alors en tête. Un peu plus bas, Bardet continuait à placer des accélérations mais il plafonnait. On l’a vu se détacher à plusieurs reprises, Van Garderen revenait inéluctablement (les autres aussi).

Les circonstances imposaient à Nibali de rouler en tête avec ses 2 compagnons, il semblait vouloir négocier l’aide de ses acolytes. Le procédé est classique en cyclisme. On connaît de nombreux cas de victoires achetées – je n’ai aucune preuve concernant celle de Vinokourov aux JO de Londres, ça sautait juste aux yeux – mais en l’occurrence promettre à 2 coureurs de les laisser se disputer la victoire s’ils l’aidaient à creuser le plus grand écart possible n’aurait rien eu de choquant. L’Italien était dans l’inconnue, il ne disposait d’aucune information concernant le comportement de ses adversaires. Peut-être lui a-t-on ensuite rapporté l’attitude de Valverde. Si tel est le cas, il l’a certainement compris, plus personne ne lui conteste sa suprématie, la lutte concernait déjà uniquement les places sur le podium. Ainsi, quand Pinot a demandé des relais à Valverde, il s’est vu opposer des refus systématiques. L’Espagnol faisait mine d’être dans le dur. Juste après, ce vieil escroc a tenté de la lui faire à l’envers en le contrant. Grillé ! Il ne pouvait plus se cacher. Ce genre d’attitudes laisse des traces, si on se cherche des ennemis, on peut difficilement mieux s'y prendre. A mon avis, si d’ici à la fin du Tour la FDJ peut emm*rder la Movistar, elle ne s’en privera pas. Et si Pinot peut faire péter Valverde dans une ascension, il y prendra 2 fois plus de plaisir !

Après de multiples tentatives Bardet et Van Garderen ont pu lâcher les autres, pour de bon cette fois. Jean-Christophe Péraud et Fränk Schleck (TFR) tentaient encore de s’accrocher. En s’entendant pour avancer à un rythme régulier au lieu de multiplier les attaques suivies de ralentissements, Bardet, Péraud et Van Garderen auraient sans doute plus facilement limité la casse.

Une fois les positions figées, seuls les écarts ont évolué. Un seul changement d’importance s’est produit : Nibali ne pouvait attendre l’improbable duo présent à ses côtés, il a donc fini par accélérer pour aller gagner l’étape en solitaire. L’idée de laisser le gain de l’étape à König ou Majka a donc été mise de côté. Avoir l’opportunité de remporter une étape dans les Alpes est privilège trop rare au cours d’une carrière pour être bradé.

Cet envol – tout relatif car Nibali a fait forte impression sans pour autant sembler survoler la route – en solo a fait s’accroitre l’écart dans des proportions toutes relatives. König a presque fait jeu égal après avoir été distancé de quelques mètres, avec l’aide de ce gros suceur de roue qu’est Majka rentrer était probablement envisageable. Derrière, Pinot se débattait tout seul, Valverde continuant à lui faire perdre pas mal de temps, si bien que le duo Bardet-Van Garderen a pu réduire l’écart à 36 secondes à 2 bornes de l’arrivée grâce à une collaboration totale.

En réalité, en fin de course, tout le monde était dans le rouge. Nibali a tout de même gagné sans souci devant Majka et König (à 10 et 11"). Cette petite p*te de Valverde a attaqué près de l’arrivée pour prendre 3 secondes à Pinot (ils ont fini respectivement à 50 et 53"). Majka et Valverde ont dû fréquenter la même école de cyclisme et de cynisme, ils ont adopté exactement la même stratégie. Bien aidé par Van Garderen, Bardet a franchi la ligne 1’23 après Nibali, ce qui lui a permis de conserver son maillot blanc et de prendre la 3e place au général avec une marge de seulement 16 secondes sur Pinot. Ten Dam s’est intercalé dans le classement 13 secondes plus tard. Péraud a terminé à 2’09 avec Van den Broeck, Bauke Mollema (BEL), Schleck et Haimar Zubeldia (TFR). Rui Costa et Rolland ont concédé pile 1’ de plus, Christopher Horner (LAM) quelques secondes supplémentaires.

Kwiatkowski a pris cher (4’12), mais que dire de Porte ? Près de 9’ dans la gueule d’un seul coup ! Il est passé de la 2e à la 16e place. Porte est passé par la fenêtre. (^^) Au moins, il est resté en course, contrairement à un Russe, Alexander Porsev (KAT), le poisson-pilote d’Alexander Kristoff dans les sprints, est arrivé hors-délais.

Si, sauf accident ou implosion, la victoire finale semblait déjà promise à Nibali, la suite de la lutte pour le podium s’annonçait palpitante : Valverde, 2e du général à 3’37, n’a pas fait une grosse impression, Bardet et Pinot (respectivement à 4’24 et 4’40) pouvaient tous les 2 espérer la 2e ou la 3e place, tout en devant se méfier du 5e, Van Garderen, de nouveau en forme et désormais 5e à 5’19. Concernant Péraud, 6e à 6’06 avec Mollema et Van den Broeck au c*l, l’objectif le plus raisonnable à court terme était de garder sa position. Ceci dit, avec encore autant d’étapes à parcourir, les plus difficiles de surcroît, rien n’est jamais fixé.

Comme prévu, le maillot à pois a aussi changé d’épaules, du moins sur le podium protocolaire (pas sur la route car en cas de cumul de maillots le 2e du classement le porte) : 70 points pour Nibali, 53 pour Rodriguez, 41 pour Pinot, 40 pour Valverde et Majka.

Enfin, signalons la nouvelle performance d’AG2R, encore vainqueur au classement par équipes et plus que jamais en tête du général.

La seconde étape des Alpes était l’étape reine. En principe du moins. Compte tenu du spectacle de la veille, il allait être difficile de faire beaucoup mieux.

Manuel Valls était attendu sur cette étape, Rafael Valls (LAM) a abandonné au bout de quelques kilomètres. Normal.

Sans surprise, des concurrents comme Sylvain Chavanel (IAM), Brice Feillu et Joaquim Rodriguez – très motivé pour reprendre un maillot à pois porté par défaut – sont immédiatement passés à l’offensive. L’Espagnol a relancé encore et encore dans l’espoir de créer un groupe susceptible de partir avec lui jusqu’au pied du Col du Lautaret (1ère catégorie). Cyril Gautier (EUC) a été le seul à se détacher, ça n’a pas duré longtemps, un très gros groupe l’a rejoint, on y trouvait environ 35 coureurs, notamment Nibali, Valverde et Van Garderen, mais ni Pinot ni Bardet. Les FDJ ont dû rouler à cause de leur erreur d’inattention. Heureusement les Trek puis les AG2R ont aidé car leurs leaders étaient aussi pris dans la cassure.

Le groupe de tête avançait à coups d’accélération successives, notamment de Gautier et de De Marchi, décidé à emmener Sagan jusqu’au sprint intermédiaire, il a fini par être en partie repris. En partie seulement car une grosse moitié s’est échappée pour de bon. Ils étaient 17 à l’avant dont toujours Gautier, De Marchi, Sagan et Rodriguez, très offensifs depuis le début de départ, mais aussi 2 Sky (Mikel Nieve et Geraint Thomas), 2 Tinkoff (Rafal Majka et Nicolas Roche), 2 Cofidis (Nicolas Edet et Rein Taaramae), plus 7 autres coureurs sans équipier : Jesus Herrada (MOV), Steven Kruijswijk (BEL), Albert Timmer (GIA), José Serpa (LAM), Amaël Moinard (BMC), Christophe Riblon (ALM) et Simon Yates (OGE).

Une fois tout rentré dans l’ordre, Astana a pris la tête du peloton, on a demandé par voie d’oreillettes si personne de dangereux n’était à l’avant et on a ralenti pour laisser partir. Parmi les 17, les meilleurs étaient suffisamment mal classés (en fin de top 20) pour ne pas s’inquiéter, en revanche les équipes espérant remporter l’étape pouvaient s’en vouloir. Avec les très bons grimpeurs présents à l’avant, l’échappée avait de bonnes chances d’aller au bout si Astana décidait de lui offrir une avance confortable avant la première ascension.

Sagan n’a eu aucun mal à prendre les points au sprint intermédiaire, car pour les fuyards l’important n’était pas là, ils avaient surtout besoin de creuser l’écart. L’entente était assez bonne malgré le comportement d’Herrada, pas décidé à relayer (sans doute pour servir plus tard d’appui à Valverde, autre grand sauteur de relais). L’avance a plafonné à 3’40 puis a décru pour augmenter de nouveau sans atteindre des proportions trop importantes. Gourmand, Nibali semblait avoir l’intention de remporter aussi cette étape.

Le Col du Lautaret est long mais très roulant, il a été totalement escamoté. Décevant. A 103km de l’arrivée, c’est-à-dire à quelques kilomètres su somment, le rythme était si lent qu’Arnaud Démare a attaqué en tête du peloton pour… aller se servir des toilettes d’un camping-car. On ne peut mieux résumer ce début d’étape ! Les sprinteurs pouvaient suivre sans grande difficulté, on se faisait chi*r…

Rodriguez a pris les 10 points convoités avant de basculer dans la descente. Le peloton est passé au sommet 5 grosses minutes plus tard. On espérait plus de mouvement dans le Col d’Izoard (hors-catégorie), dont le pied se situe 30 bornes plus loin. Un signe encourageant a été donné par les NetApp de König, ils ont mis 3 hommes en tête à 80km de l’arrivée pour réduire l’écart, sans doute de façon à viser à terme la victoire d’étape. Peut-être aussi pour se venger de Majka, gros suceur de roues à cause duquel le Tchèque n’a pu jouer la victoire à Chamrousse. Eventuellement pour préserver la place dans le top 10 du général obtenue par König depuis moins de 24 heures. Cette accélération a fait fondre l’écart comme neiges non éternelles au soleil. Elle est retombée à un peu plus de 2’30 au pied du col.

Dès les premières pentes, le groupe de tête a lâché ses membres les moins à l’aise, les plus fatigués et ceux qui n’avaient pas vocation à poursuivre l’aventure (Sagan a d’ailleurs été le premier à décrocher). Les Sky – essentiellement Thomas – ont accéléré le rythme pour tenter de retarder le retour du peloton. Ils avaient prévu de rouler pour Froome en montagne, les circonstances de course ont fait qu’ils ont dû rouler dans l’échappée. D’autres ont suivi le mouvement mais au sein du groupe tout le monde ne fournissait pas les mêmes efforts. L’avance s’est alors stabilisée à 3’ pendant de longs kilomètres.

Si le début d’étape offrait des conditions climatiques plus clémentes, l’ascension du Col d’Izoard était rendue beaucoup plus difficile par la chaleur de nouveau présente, il faisait lourd, humide. Heureusement, les coureurs avaient souvent vent dans le dos avant la forêt et les lacets. Fort logiquement, les sprinteurs ont dû lâcher l’affaire plus ou moins rapidement pour former le gruppetto. Dries Devenyns (GIA) a abandonné en montant ou en descendant ce col. OSEF ? Oui.

A l’avant, le rythme imposé par les Sky et Rodriguez a commencé à provoquer des dégâts. Gautier a craqué à moins de 5 bornes du sommet, Riblon aussi. Taaramae a explosé un peu plus loin. Edet n’a pas tenu beaucoup plus longtemps. Roche a lui aussi été lâché. En altitude il y a moins d’oxygène dans l’air, les organismes réagissent différemment, ceci explique les difficultés rencontrées par beaucoup de coureurs capables de bien grimper en moyenne montagne.

En tête de peloton, AG2R a décidé de durcir la course, il fallait faire péter le plus de monde possible sans attendre la dernière ascension. Mikaël Chérel s’est positionné en tête de peloton avec Bardet dans la roue. Ceux qui peinaient déjà à suivre le rythme ont été lâchés.

Un quatuor s’est détaché en haut de l’Izoard, Rodriguez a pris les points devant Majka, manifestement en forme, les autres étaient tout près et n’ont pas eu de mal à recoller pour la descente. Avec ces 25 points, le porteur du maillot à pois est redevenu légitime.

Plus mené par Chérel, décramponné après avoir fait son travail, mais par Pinot en personne, le peloton – dont faisait encore partie Tony Gallopin – comptait environ 3’ de retard au sommet. La position du leader d’FDJ s’expliquait comme toujours par cette stratégie qui a fait ses preuves lors des journées précédentes, il pensait se mettre à l’abri de toute mauvaise surprise dans la descente. Seulement Péraud a fait un énorme numéro d’ancien vététiste pour emmener Bardet et creuser un écart. Il s’agissait d’un coup tactique prévu au briefing. Le but était de mettre la pression à Pinot, réputé pour son manque d’aisance dans cet exercice. Seuls Fuglsang et Nibali ont pu suivre les AG2R. Valverde a fait l’effort pour recoller, lâchant à son tour Pinot, seul. Rappelons que l’an dernier il avait gâché son Tour de France en raison de sa peur de la descente. Après s’être relancé au Tour d’Espagne il a passé l’hiver à travailler sur ses points faibles, notamment pour dompter sa peur de la vitesse. On a pu constater ses progrès, il est parvenu à bien limiter la casse, même sans avoir pu accrocher Mollema et Taaramae, revenus à leur tour. Puis a fini par raccrocher le groupe malgré les relances de Bardet et Péraud. Dans ce groupe, Nibali était accompagné de 2 équipiers, on y trouvait 3 AG2R (Riblon a été repris) très motivés pour accélérer à chaque occasion. Dès qu’ils le pouvaient, ils en remettaient une couche. Tactiquement c’était très intelligent. Pinot a dû se battre et par conséquent user beaucoup d’énergie dans cette descente. Le vent défavorable n’aidait pas un homme seul, il lui fallait absolument rester abrité dans les roues.

Au prix d’une descente de mutant, Edet a rejoint les 10 autres hommes de tête, emmenés par Rodriguez. Mais en raison de la bagarre entre leaders, l’avance de l’échappée a encore été fortement entamée. Il restait 1’45 d’avance à ce groupe, a priori condamné.

Sur le plat, où Riblon roulait seul en tête du "peloton" maillot jaune, les lâchés ont fait la jonction. Le coup tactique a donc coûté beaucoup plus de forces aux Français (Pinot, Péraud et Bardet) qu’aux Van Garderen et autres Van den Broeck, Rui Costa et König, ramenés par leurs équipiers, présents en nombre. Kwiatkowski et Horner, encore dans le top 15 au général, avaient explosé depuis longtemps.

Riblon a tout donné dans la vallée devant 4 autres AG2R pour emmener le peloton à très vive allure jusqu’au pied de la dernière ascension vers Risoul. Le groupe de tête possédait désormais moins d’une minute d’avance. Chérel a encore accéléré dès le pied pour écrémer, Porte a de nouveau lâché. Rui Costa (9e du général) est resté collé à la route. Il restait 40 secondes à combler pour rattraper les échappés, De Marchi a attaqué afin de marquer les esprits – s’il ne vise pas le prix du super-combatif du tour, il fait bien semblant ! – mais a vu Serpa le rejoindre quelques dizaines de mètres plus loin. Majka puis Edet ont fait l'effort pour les rejoindre. Si De Marchi a décramponné Serpa, il n’a ensuite pu résister au retour de Majka, beaucoup plus fort. Cuit, l’Italien a fini par craquer. Entre-temps Rodriguez s’était approché du duo de tête en ayant amorti les accélérations.

AG2R continuait à durcir la course. Van den Broeck l’a payé, il n’avait pas assez d’essence pour rester au contact. Le Belge a volé en éclats, tout comme beaucoup d’équipiers des différents leaders . En voyant Rolland entre la 3e et la 5e place, je m’attendais à le voir attaquer. Il avait l’air très bien, beaucoup mieux que Pinot, accompagné par Arnold Jeannesson en milieu de groupe maillot jaune.

Seul, Majka tenait en respect les cadors, toujours conduits par le même homme (Matteo Montaguti). Il leur a même repris quelques secondes. Ensemble, De Marchi et Rodriguez ont en revanche été incapables de résister. Il était temps de bouger au sein du reste de peloton sans quoi Majka allait forcément l’emporter. Son avance continuait à augmenter.

Pierre Rolland a attaqué à 5 bornes, Péraud est parti le rejoindre pour obliger les FDJ à rouler, ce qu’a fait Jeannesson. Rolland ne voulait manifestement pas aider Péraud… ce qui s’est passé à Sheffield a laissé des traces. Peut-être était-il simplement limité. On a ensuite assisté à de nouvelles accélérations jusqu’à celle de Nibali sous la banderole des 4km. Seul Péraud a eu les forces d’y aller et de se caler dans sa roue. Les autres étaient tous dans le dur. Nibali a creusé un bel écart, Valverde a accéléré pour tenter de remonter à hauteur du maillot jaune, Pinot et Bardet n’avaient pas les moyens de le faire, ils ont simplement essayé de s’accrocher. Voyant ceci, Van Garderen est parti aider Valverde. Pinot s’est décidé à y aller, Bardet faisait du marquage individuel.

Le groupe composé notamment par les 4 premiers dauphins de Nibali au général a essayé de recoller à l’Italien. Une fois de plus, son rythme était saccadé, il avançait par à-coups. Les nouvelles accélérations de Nibali ne suffisaient pas à décrocher Péraud, en revanche, elles permettaient de bien réduire le retard par rapport à Majka. Le Polonais apparaissait en sursis. Le grand retournement de situation s’est produit à 2 ou 3 kilomètres de l’arrivée quand Valverde a été lâché par Van Garderen – fort – et les 2 jeunes Français, encore accompagnés par Schleck. Pinot a fort logiquement pris des relais, l’opportunité de larguer le 2e du général était trop belle. Valverde a même été lâché par Mollema et König.

Majka, remplaçant de dernière minute de Roman Kreuziger (écarté en raison d’anomalies dans son suivi biologique), avait pour mission d’aider Contador en montagne. L’abandon de son leader lui a offert beaucoup de liberté pour jouer sa carte personnelle. Après un excellent Giro (6e au final et déjà très offensif), il a su trouver les ressources pour terminer 2e de la première étape des Alpes puis remporter la seconde en solitaire au terme d’une dernière ascension impressionnante. J’espère que ces performances sont juste la révélation d’un grand talent, pas celle d’un nouveau tricheur. Vous vous exposez aux doutes quand vous signez avec l’équipe de Bjarne Riis, Contador et de tout un tas de gars pris par la patrouille par le passé. Si en plus vous réussissez des performances très impressionnantes – il n’a ou presque rien perdu par rapport à Nibali dans la dernière ascension vers Risoul – 2 jours de suite en montagne, la porte est ouverte à toutes les interrogations. Il faut assumer ses choix de carrière et ses performances. Ne rien avoir br*nlé sur les étapes inintéressantes pour lui au point de franchir la ligne très souvent loin derrière les autres ne suffit pas à expliquer son niveau dans ces ascensions. J’attends de voir la suite de sa carrière pour me faire une idée plus précise du bonhomme.

Péraud a essayé de prendre la 2e place de l’étape, Nibali l’a contré pour s’en emparer (à 24", Péraud à 26). Il y a eu sprint pour la 4e place, Bardet a tenté de décrocher Pinot… qui l’a sauté sur la ligne (à 50"). Quelques secondes ont été gagnées par rapport à Van Garderen (6e à 54"), c’est toujours bon à prendre. Au passage, 3 Français dans le top 5 d’une étape de montage conclue par une baston entre cadors… quel plaisir !

Valverde a tout donné pour limiter la casse, il a sauvé son statut de premier dauphin au général. De justesse ! Pour 13 secondes ! Il a terminé 10e à 1’24 avec Rolland et Zubeldia. Schleck, König et Ten Dam les ont devancés (entre 1’01 et 1’20). Mollema a concédé pratiquement le double de temps (2’40), ce qui n’est rien par rapport à Rui Costa, largué à 4’46, à peine moins que Van den Broeck. Oublions les Porte, Nieve, Feillu et autres Kwiatkowski, déjà trop loin.

Rolland a profité de cette étape pour remonter dans le top 10, mais l’excellente opération a été faite par Péraud, revenu à 19 secondes de Van Garderen tout en repoussant les suivants à plus de 2’. Il a fait le ménage derrière lui. Je ne serais pas étonné de voir Valverde craquer dans les Pyrénées, ses déclarations suite à l’arrivée – il aurait été lâché en raison d’un incident mécanique, Pinot aurait tapé dans son dérailleur, pas à cause d’un coup de moins bien – sonnent comme une tentative désespérée de camoufler sa faiblesse.

Le 2e tiers du Tour s’est achevé à Risoul, le suspense pour le maillot jaune n’existait plus (déjà plus de 4’30 de marge pour Nibali), idem concernant le maillot vert (361pts pour Sagan contre 191 au 2e), idem concernant le classement par équipes (AG2R a relégué Belkin à 12’42 et Sky à plus de 38’). Sauf accident bien entendu. En revanche, pour ce qui est de la lutte pour les places sur le podium (1’31 d’écart entre le 2e et le 6e), pour le maillot blanc (16 secondes entre Bardet et Pinot) mais surtout le maillot à pois, on pouvait difficilement imaginer scénario plus prenant. Le titre de meilleur grimpeur promettait d’être extrêmement disputé : Rodriguez a officiellement repris la tunique popularisée par Virenque grâce à un total de 88pts devant Majka, 2e avec… 88pts, et Nibali 3e avec 86pts !

Au fait, est-ce que quelqu’un peut aller surveiller les réunions du jury du prix de la combativité ? L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. De Marchi encore été élu. Une vaste escroquerie ! Il attaque seulement pour la galerie !

Il devait s’agit d’une longue – la 3e plus longue du Tour – étape de transition, une étape promise aux sprinteurs, on a eu… une drôle d’étape remportée par un sprinteur.

Pour qu’une échappée aille au bout, il fallait qu’elle compte une vingtaine de coureurs représentant au moins une quinzaine d’équipes. Ils sont partis à 2. Dès lors, en voir un des 2 s’imposer était aussi improbable que de voir un homme sauver le monde en 24 heures à 8 ou 9 reprises sans jamais aller aux chiottes ou même pisser derrière une poubelle. Martin Elmiger (IAM) et Jack Bauer (GRS) ont eu jusqu’à 8 minutes et quelques d’avance, l’écart a décru sous l’impulsion de quelques équipes de sprinteurs mais aussi en raison de tentatives de coups tactiques menées par Omega Pharma-Quick Step puis par les AG2R de Péraud et Bardet, remplacés ensuite par les BMC de Van Garderen. Il y avait du vent, ils ont essayé de provoquer des bordures, ça n’a pas fonctionné.

La suite a été marquée par un incroyable déluge, notamment au niveau du sprint intermédiaire où Bryan Coquard (EUC) a réglé le peloton sans prendre véritablement de risques.

Le peloton s’est un peu trop calmé avant de mettre la gomme. Des garçons comme Démare ont immédiatement lâché. Néanmoins, le train était celui d’un peloton fatigué par 2 semaines de course, donc pas hyper rapide. Kwiatkowski s’est dit qu’il avait un coup à jouer, on l’a vu se lancer en chasse-patate à au moins 15 bornes de l’arrivée.

Conséquence de tout ceci, au lieu d’être repris loin de l’arrivée les 2 hommes ont résisté très longtemps. Très très longtemps ! Aidés par le vent favorable sur des routes toutes plates, pas défavorisés par les nombreux ronds-points, ils avaient encore 30 secondes d’avance à 5 bornes de l’arrivée. La Lotto, qui roulait seule depuis de nombreux kilomètres, a enfin reçu du soutien. L’équipe Katusha s’y est mise en voyant un duo formé de Tony Martin (OPQS) et d’un Lotto se détacher sans le vouloir. A l’avant, les 2 hommes continuaient à s’entendre, à l’arrière la poursuite était désorganisée, d’où une nouvelle tentative de contre de Bakelants. Cannondale n’a commencé à rouler qu’à un peu plus de 3 bornes de la ligne. A son tour, Daniele Bennati (TCS) s’est lancé à l’attaque… il a crevé. La loose. Tony Martin a plus ou moins essayé sans grande conviction. Giant a accéléré à seulement 1,5km de l’arrivée, il restait 13 secondes d’écart à la flamme rouge, en ne se regardant pas trop tôt les échappés allaient immanquablement se disputer la victoire…

Seulement ils ont fait ce qu’ils ne fallait pas faire et ont permis le retour du peloton… Bauer a été doublé à moins de 30 mètres de l’arrivée ! Il a fini 10e, battu par Alexander Kristoff, pourtant tassé au démarrage par André Greipel (TLB) mais seulement 4e. Heinrich Haussler (IAM) a terminé 2e, Sagan… 3e, Coquard 6e. Le peloton a fait appliquer la loi du plus fort. Et Kristoff est bien le plus fort des sprinteurs.

(Pas de Jean-René Godart pour ce résumé, c’est Thierry Adam… Outch.)

Jack Bauer était inconsolable, il a failli réussir le coup improbable du Tour ! C’est comme si dans une série télé un héros manquait le désamorçage d’une bombe atomique à 3 secondes près pour avoir voulu se faire une manucure avec son coupe-ongle avant de s’en servir pour couper le fil vert. Elmiger a au moins obtenu le prix du combatif du jour, Bauer rien du tout. Pas le moindre trophée, pas la moindre médaille. Heureusement, ça s’est produit la veille de 24 heures de repos…

Résumons : une journée pourrie, rien à signaler dans les classements, aucun incident notable, mais beaucoup de suspense à la fin.

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Après les Alpes, la longue étape de transition vers Nîmes et le transfert en voiture (ou plutôt dans les bus des équipes) jusqu’à Carcassonne, les coureurs ont droit à leur journée de repos… et de sollicitations médiatiques. Avec 3 étapes pyrénéennes dans la foulée, attention à ne pas trop se reposer – pour ne pas avoir les jambes dures comme du bois au départ – mais aussi à ne pas trop en faire.