Une attaque au kilomètre zéro. Quelle surprise ? Une attaque de Cyril Gautier (EUC) ? On s’y attendait aussi peu que de voir la Tour Eiffel quand on se rend à Paris (l’objectif d’une grande partie du peloton). On ne va pas se mentir, l’objectif du jour pour les échappés était plus de se montrer une dernière fois que remporter une étape longue et destinée aux sprinteurs. A vrai dire Gautier avec surtout pour but d’être élu Super-combatif du Tour. Martin Elmiger (IAM) avait le même objectif, c’est pourquoi il a rejoint le Français accompagné d’Arnaud Gérard (BSE). Un peu plus loin Tom-Jelte Slagter (GRS) puis enfin Rein Taaramae (COF) ont eux aussi réussi à recoller pour former un quintette dont les chances de résister au peloton étaient nulles. En effet, une alliance entre équipes de sprinteurs (Lotto, Cannondale et Giant) a empêché l’écart de se creuser, il n’a jamais atteint les 4’ puis s’est stabilisé entre 2’30 et 2’45.

Notons qu’au cours de ce début d’étape mouvementé Thibaut Pinot (FDJ) et Peter Sagan (CAN) ont figuré un temps dans un groupe de contre-attaque.

En résumé, pendant de très nombreux kilomètres on a surtout vu la pluie – il ne faisait pas vraiment froid – et des crevaisons. A l’avant, on s’économisait, le peloton allait trop vite, notamment à cause des Katusha, venus trop tôt se joindre à la "poursuite"… qui n’en était pas une. Du coup l’écart n’était plus que de 2 grosses minutes à 120 bornes de l’arrivée. Il fallait calmer tout ça.

A un peu plus de 30 kilomètres de la ligne, la marge des hommes de tête était réduite à une grosse minute, Gérard ne passait plus les relais, il pleuvait ses seaux, Slagter a pensé qu’il était temps de se lancer dans un long effort solitaire. Jan Bakelants (OPQS) a ensuite eu la drôle d’idée de partir en contre-attaque. Il restait 19km, Slagter était seul quelques centaines de mètres devant. Cette expérience a fait long feu. Les Cannondale, lancés à fond en tête de peloton, ont dû faire face à de nouvelles contre-attaques, c’était n’importe quoi dans les descentes, une véritable file indienne. Thibaut Pinot se plaçait en fin de peloton pour éviter de se mêler aux nerveux, aux dangereux, à ceux décidés à batailler pour la gagne quitte à prendre des risques et donc à en faire prendre aux autres. Cette configuration a causé des cassures, on a notamment perdu Arnaud Démare (FDJ) et Marcel Kittel (GIA).

On approchait de la Côte de Monbazillac (4e catégorie) située à quelques kilomètres de l’arrivée, le peloton n’était plus très organisé, tout se prêtait à tenter des coups. Cyril Lemoine (COF) a essayé, les Garmin étaient toujours aussi actifs, l’un d’eux est sorti, Alex Howes, puis un autre en la personne de Ramunas Navardauskas. Il a rejoint Slagter mais le peloton était tout proche et Sagan, qui n’entendait pas se faire piéger, s’est fait remonter par un équipier. Après avoir profité quelques instants du travail de son équipier bien cramé par son long parcours d’échappé, le Lituanien a continué seul. Derrière lui le peloton était bien entamé pour ne pas dire décimé, les leaders faisaient très attention à leur placement afin de ne pas se laisser piéger. Sagan avait un seul équipier pour mener le peloton, les autres équipes aidaient peu car il manquait trop de monde. Résultat, Navardauskas a creusé l’écart. Il a fallu attendre d’arriver aux 5 bornes pour retrouver un peloton organisé. Les Tinkoff ont embrayé, un Garmin a tenté de s’infiltrer en tête de peloton pour les gêner… Les Omega Pharma-Quick Step ont alors mis la gomme pour enfin réduire l’écart, mais dans un virage une grosse chute a fait des dégâts, presque un carnage (finalement, il y a eu peu de casse). Romain Bardet et Jean-Christophe Péraud (ALM) sont tombés comme un paquet d’autres dont Peter Sagan (le premier au sol, il a présenté ses excuses ensuite), Fränk Schleck (TFR) ou encore Jack Bauer (GRS). Beaucoup ont été retardés. On a perdu bon nombre de sprinteurs. Heureusement, ça s’est produit dans les 3 derniers kilomètres, tous les retardés ont été classés dans le même temps, personne ne s’est pressé pour repartir, il n’y a pas eu de changement au classement général. Sur ces routes détrempées, on s’attendait à ce type de péripéties.

Le groupe de chasse était réduit à quelques éléments. Navarduskas a gagné en conservant quelques mètres de marge sur le reste de peloton réglé par John Degenkolb (GIA) devant Alexander Kristoff (KAT) et Mark Renshaw (OPQS). Il aurait gagné même sans la chute. Les suivants sont arrivés par grappes, Pinot était avec Alejandro Valverde (MOV) dans une des premières, il a appris de ses erreurs, notamment l’énorme qui lui a fait perdre près d’une minute à Reims de façon stupide. Vincenzo Nibali (AST) a franchi la ligne quelques poignées de secondes plus tard, Péraud nettement après.

Quant à Slagter combatif du jour, c’est logique. La Garmin a très bien mené sa barque, elle a réussi à remporter une étape promise aux sprinteurs en utilisant au mieux les qualités individuelles de ses hommes. Il fallait tenter des choses pour perturber le peloton, profiter des possibilités offertes par le terrain, les relais ont servi à lancer la fusée. En cyclisme, quand votre tactique est bonne, vous n’avez aucune assurance qu’elle va fonctionner. Quand elle est mauvaise, en revanche, vous être presque condamné à vous planter.

La dernière véritable épreuve du Tour 2014 était bien évidemment décisive. Il s’agissait de l’unique contre-la-montre du Tour. On n’avait pas réellement de doute sur l’identité du vainqueur tant Tony Martin (OPQS) était favori, le suspense concernait le podium. Les porteurs des maillots avaient déjà tous assuré le coup, le prix du super-combatif du Tour a aussi été attribué, Alessandro De Marchi (CAN) en est le lauréat, il a été élu devant Cyril Gautier. Une fois de plus, Gautier a loupé une victoire.

Qui de Pinot, Péraud et Valverde allait finir 2e, 3e et 4e ? Les écarts étaient ridicules : Pinot avait 13 secondes d’avance sur son compatriote et 15 sur l’Espagnol. Sur plus d’une heure d’effort, ces écarts ne représentent rien. Rappelons l’importance de l’ordre de départ (ordre inverse du classement général), il permet d’avoir des repères chronométriques, de savoir s’il faut accélérer, si on a de l’avance.

En principe le parcours accidenté mais néanmoins très roulant devait favoriser les 2 anciens, déjà champions nationaux de l’effort solitaire sur route. Pinot a beaucoup travaillé pour progresser dans cet exercice, on allait pouvoir mesurer les effets de cette préparation spécifique. Sa technique reste moins bonne mais l’expérience le montre, en fin de Tour de France la fraîcheur et la motivation comptent autant que la technique, or des 3, il était clairement le plus soutenu et a priori le plus frais.

Romain Bardet, qui devait défendre sa 5e place menacée par Tejay Van Garderen (BMC), un véritable spécialiste de cet exercice, a cherché à trouver de la fraîcheur comme il a pu. Il s’est élancé avec une poche de glace sur la nuque pour ne la retirer que quelques minutes après son départ.

Péraud est parti très fort, il semblait au-dessus de ses 2 adversaires directs, mais allait-il tenir ? Bardet n’a pas du tout le niveau de son leader, il a vite perdu beaucoup de temps. Il faut dire que Van Garderen était bien, contrairement à Bauke Mollema (BEL), doublé par l’Américain après une grosse vingtaine de bornes. Le Néerlandais était à l’agonie !

Une grosse info est tombée au point 1, Valverde était à la rue ! Il était déjà pointé à près de 2 minutes de Tony Martin ! Pendant ce temps Pinot résistait très bien à Péraud, il perdait peu de temps, seulement 25 secondes en 19 bornes. L’Espagnol lâchait 43 secondes et se retrouvait donc à près d’une minute au général virtuel. On était donc parti pour avoir 2 Français sur le podium. Valverde manquait vraiment de jus pour se mêler à la lutte, il n’a fait que concéder du temps.

Mais une crevaison a obligé Péraud à changer de vélo, ce qui a dû lui faire perdre 20 à 30 secondes et l’a coupé dans son élan. La lutte pour la 2e place était peut-être relancée, il restait près de 25 bornes, de quoi creuser de nouveau l’écart. Cet incident a permis à Pinot de recoller quasiment à égalité au classement général virtuel.

Bardet a fait de son mieux pour limiter la casse, il était déjà à 3’10 de Martin au 2e point intermédiaire, il ne lui restait que 13 secondes de marge sur Van Garderen. Valverde a pris encore plus cher : 3’38 ! A cause de sa crevaison Péraud est passé à 1’51 du temps de référence, il aurait pu être beaucoup mieux classé. Pinot semblait commencer à fléchir mais montrait surtout des signes d’inquiétudes due à un problème gênant, il n’entendait plus les infos dans l’oreillette. Ce n’était pas mal du tout, 2’15 de plus que Martin, 11e temps avant le passage de Nibali, dont on ne nous montrait quasiment aucune image. L’Italien est passé 4e à 1’21 de Martin, il était de mieux en mieux.

Leopold König (TNE) a réussi une performance remarquable, 4e provisoire à l’arrivée devant Sylvain Chavanel (IAM), le champion de France. Il a même battu Van Garderen et en a profité pour prendre la 7e place du général. L’Américain s’est classé 5e de l’étape, quelques secondes derrière le Tchèque. Bardet, qui avait encore une petite chance de sauver sa 5e place au général, l’a perdu en crevant en fin de course, à peut-être 3 ou 4 bornes de l’arrivée. Ça s’est joué à 2 secondes. L’horreur. Heureusement, il ne s’agissait pas d’une place sur le podium. Cette mésaventure restera une grosse frustration pendant des années… sauf s’il claque un top 3 l’année prochaine.

Dans la dernière côte, c’était impressionnant, les coureurs fendaient la foule comme en haute montagne ! Le public scandait le nom des Français. Ils s’en souviendront toute leur vie.

Si la plus grosse contre-performance du jour est celle de Mollema, largué en fond de classement (140e à 9’26). Celle de Valverde est belle : 28e à 4’28. Pour un gars qui se voyait nettement supérieur aux Français, ça pique ! Même Bardet – après crevaison – l’a battu (26e à 4’17) ! Péraud l’a humilié en terminant 7e à 2’27, juste devant Chavanel.

Sachant que sa place était assurée sauf accident, Pinot n’a pas pris tous les risques dans les dernières portions de descente. Il s’est finalement classé 12e à 3’12, une performance honorable. Le classement final de ce contre-la-montre est le suivant : Tony Martin vainqueur en 1h06’21, Tom Dumoulin (GIA) 2e à 1’39, Jan Barta (TNE) 3e à 1’47. Nibali a pris la 4e place à 1’58 de Martin. Je ne sais pas s’il a tout donné ou s’est contenté de gérer, je l’attendais un peu mieux que ça. Peut-être faisait-il trop chaud pour lui, qui préfère la pluie.

2 Français sur le podium du classement général, je n’avais jamais vu ça depuis que je suis le Tour, et ça commence à faire un paquet d’années ! C’est à l’évidence un des grands moments du sport français en 2014, comme si on avait un demi-finaliste et un finalise à Roland-Garros la même année, comme si on avait 2 clubs dans le dernier carré de la Ligue des Champions… Il n’y a plus qu’à remporter ces compétitions !

  • Etape 21 : Evry - Paris Champs-Elysées (137,5km).

Le départ a été donné assez tard dans l’après-midi, non pas à cause du transfert entre Bergerac et Evreux mais pour permettre la tenue de la nouveauté 2014, "La Course by Le Tour" (nom ridicule pour le critérium féminin des Champs Elysées). Sans surprise, après quelques tours sur le circuit des Champs, tours ponctués par de nombreuses attaques, toutes vaines, la grande patronne du peloton féminin s’est imposée au sprint. Marianne Vos (Rabo Women) est plus puissante, plus expérimentée et plus habile sur le vélo que ses adversaires. Voilà, les féministes croient avoir obtenu une grande victoire en voyant cette course être organisée dans le même cadre que la compétition masculine. D’ailleurs vous aurez remarqué que les cadres sont les mêmes que pour les hommes, contrairement aux vélos classiques pour le grand public.^^

Côté français on retiendra surtout que Pauline Ferrand-Prévot (RAB) est tombé à quelques centaines de mètres de la ligne alors que Marion Rousse, la fiancée de Tony Gallopin (TLB), n’a pas participé. Etant hôtesse et consultante sur le Tour, elle n’a pu s’entraîner suffisamment ces dernières semaines pour prendre un des 6 dossards dévolus à l’équipe Lotto-Belisol. De Marchi a dû s’en réjouir, ça lui a permis d’avoir sa bise sur le podium final en recevant son prix du super-combatif du Tour.

La course masculine a débuté avec la traditionnelle parade sur les routes d’Ile-de-France, j’ai revu la caravane et les coureurs pour la première fois depuis 2010, un Cannondale a même changé une roue à quelques mètres de moi. Cool ! En au moins 8 Tours de France c’est la première fois que ça m’arrive. J’étais sûr qu’il s’agissait de Peter Sagan… un maillot vert avec le dossard 51, pas de doute, c’est lui. Seulement en regardant ma vidéo j’ai remarqué que le vert était probablement le maillot normal de l’équipe (la couleur est sensiblement identique, la seule différence est la bande blanche et noire). Du coup je me demande si ce que je pensais être un 1 ne serait pas en réalité un 7.

A l’arrivée dans Paris, Sylvain Chavanel a été le premier à attaquer. Au 2e tour de circuit Jens Voigt (TFR) a mené sa dernière offensive sur un Tour de France. On a ensuite assisté à une succession d’attaques en solo ou en petits groupes. Comme d’habitude. Les habitudes ont été modifiées par une grosse chute, Jean-Christophe Péraud a glissé sur les pavés juste avant de revenir sur les Champs, il a emmené par mal de concurrents. Un joli strike ! Il a expliqué ensuite avoir été piégé par une vague causée par un bidon qui trainait sur la route.

3 coéquipiers ont dû aider pour le ramener dans le peloton, il restait 40 bornes, cette chute n’aura donc été qu’une grosse frayeur, pas une véritable tuile. Notons que Nibali et quelques autres sont montés en tête de peloton pour demander d’attendre le retour de Péraud, les Sky n’en ont rien eu à faire, ils ont continué à attaquer. Pas très classe.

Un quatuor formé d’Armindo Fonseca (BSE), Michael Morkov (TCS), Richie Porte (SKY) et José Serpa (LAM) a pris une grosse vingtaine de secondes d’avance. La Lotto a rapidement bourriné pour revenir sans attendre. Fonseca a disparu de l’échappée, de nouvelles tentatives de contre-attaques ont été lancées, sans succès. La formation belge aidée par un Giant et un Cannondale a imprimé un train permettant de laisser le trio naviguer seulement quelques dizaines de mètres à l’avant sans mettre en péril pour leur dessein commun : arriver au sprint. Un Europcar et un Katusha ont rejoint la chasse. 5 équipes contre 3 hommes, c’était déjà réglé même si Porte est reparti seul à 2 tours de l’arrivée.

Chose cocasse, Ji Cheng (GIA), déjà lanterne rouge, a pris un tour à 10 grosses bornes de l’arrivée, moment où quelques gouttes de pluie ont commencé à tomber (les seules, une fois de plus il a fait très beau). Je n’avais jamais vu un gars prendre un tour sur les Champs ! Kristoff a perdu son poisson-pilote sur crevaison quelques minutes plus tard. Porte a été avalé juste avant la cloche et on est parti pour un dernier passage sur le circuit. Tout le monde était en ordre de marche pour préparer le sprint massif. Les sprinteurs ont commencé à se placer. Aux 5 kilomètres Simon Clarke (OGE) a été le dernier à tenter le coup en solo.

4 hommes d’André Greipel (TLB) menaient le peloton devant le leader allemand, ceux de Marcel Kittel ont alors embrayé, avalant Clarke comme une baleine avale du plancton. Les Lotto ont complètement disparu par la même occasion. Coquard était bien placé à la sortie du tunnel, Sagan était dans sa roue mais dans le virage ils ont été condamnés par le freinage de Greipel, ils ont aussi été obligés de ralentir et n’ont pu se mêler à la lutte. De toute façon le travail impressionnant des Giant n’a laissé aucune chance à personne, sauf à Kristoff, qui a bien cru l’emporter mais… a été sauté sur la ligne par Kittel, vainqueur de sa 4e étape sur ce Tour (un bout de temps après la 3e). 4 victoires, comme l’an dernier. L’Allemand était vraiment trop puissant.

Navardauskas a pris la 3e place devant Greipel et Renshaw, Coquard a terminé 7e, Sagan seulement 9e. Du coup Kristoff a pris la 2e place du classement par points devant Coquard.

  • Bilan : encore un Tour de France réussi.

Le Tour 2014, c’est avant tout une réussite pour le cyclisme français :
-2 étapes remportées (Kadri à Gérardmer, Gallopin à Oyonnax) ;
-2 coureurs sur le podium (Péraud et Pinot), 3 dans le top 6 (+Bardet), 4 dans le top 11 (+Rolland) ;
-1 maillot distinctif remporté, le maillot banc (Pinot a devancé Bardet de 3 grosses minutes au terme d’une grosse baston, le suivant s’est classé à une heure !);
-la victoire au classement par équipes (AG2R La Mondiale) ;
-1 jour en jaune (Gallopin le 14 juillet), 7 jours avec le maillot à pois sur les épaules (Lemoine pendant 6 étapes, Kadri pendant une), 12 jours en blanc (7 pour Bardet, 5 pour Pinot) ;
-4 prix de combatif du jour (Kadri x2, Gautier, Bardet) ;
-entre 1 et 5 Français dans le top 10 lors de chaque étape, peu importe le terrain (53 places dans le top 10, dont 22 top 5, dont 12 top 3), notamment lors des grandes étapes arrivées au sommet (2-4-5 lors de la 10e étape, 3-4-5 à la 14e étape, 2-4-6 lors de la 18e), preuve qu’ils ont été des acteurs majeurs de la course) ;
-43 Français sur 44 à l’arrivée (1 seul Français a abandonné, Vichot).

Il a juste manqué un sprinteur capable de la mettre au fond (Coquard a été très régulier, 7 fois entre 4 et 8, Démare a fini 2 fois 3e), ils manquent d’expérience et de soutien pour batailler avec les meilleurs sprinteurs, ceux qui disposent d’une équipe dévouée à leur réussite, alors qu’Europcar et FDJ ont d’autres cartes à jouer. Notons aussi qu’Europcar a déconné plusieurs fois au niveau tactique.

Le Tour de France 2014, c’est aussi…
-Nibali, beaucoup plus fort que ses adversaires (4 victoires d’étapes, 9 fois dans le top 4 des étapes) mais surtout plus habile et plus malin (il avait pris de l’avance en gagnant dès le 2e jour en surprenant ses adversaires puis en étant fantastique sur les pavés du Nord).
-Sagan lauréat du maillot vert sans avoir remporté la moindre étape.
-Majka appelé de dernière minutes sur le Tour pour remplacer Kreuziger (suspendu à titre provisoire suite à des anomalies dans son passeport biologique)… mais finalement vainqueur du classement des grimpeurs grâce à 2 succès en montagne (plus 2e place et une 3e place pour finir). Il a profité de l’abandon de Contador (comme Rodgers), cet accident lui ayant offert la liberté de jouer sa carte personnelle.
-Une lanterne rouge made in China.

Au fait, voici le classement final. General_TdF_2014_classement_final.jpg

Le départ à l’étranger, je ne suis pas trop fan mais une année de Coupe du monde, ça passe (d’ailleurs en 2016, avec l’Euro de football en France, autant aller prendre des sous en partant de l’étranger afin d’éviter le télescopage). L’important est d’avoir un parcours varié, avec des étapes en tous genres, c’est-à-dire un terrain de jeu permettant à chaque profil de coureur de s’exprimer. On en a eu pour tous les goûts, du sprinteur lourd au pur grimpeur tout léger en passant par le sprinteur qui passe bien les bosses, le coureur de classiques (plusieurs types de classiques), le rouleur, le baroudeur, le puncheur, et que sais-je encore. Bien sûr, on peut regretter l’absence de baston pour le maillot jaune comme pour le maillot vert mais les enjeux étaient suffisamment nombreux pour assurer du spectacle à tous les étages.

L’an prochain on devrait retrouver Froome, Quintana, Contador et sans doute d’autres qui ont brillé sur le Tour d’Italie notamment. Nibali les battra-t-il ? Peut-être. Les Français pourront-ils récidiver ? Et pourquoi pas ? Pinot, Bardet, Barguil et d’autres vont continuer à progresser, Bouhani va revenir avec une nouvelle équipe. La nouvelle génération du cyclisme tricolore, moi, j’y crois !