En début de programme, les Britanniques ont eu l’opportunité de reprendre la tête du classement des médailles avec le 400m masculin, une finale dans laquelle ils avaient 3 représentants, dont les favoris. Jonathan Borlée ne s’est pas présenté au départ, puis il y a eu un faux départ. Le jeune Matthew Hudson-Smith aurait pu être disqualifié, il a pris un simple carton jaune. C’est la 2e fois qu’un Britannique commet un faux-départ mais est repêché. Toutefois, celui-ci était seulement marqué par une pression anticipée sur les blocks, pas par un mouvement évident des épaules, donc admettons. Ce garçon a bien sûr fini sur le podium (44"77, PB), 2e derrière Martin Rooney (44"72, EL). Donald Stanford, l’Américain devenu Israélien, a fini 3e en 45"27 (record national) devant le 3e Britannique.

Après ce moment de dégoût (oui, voir les GB gagner, je n’aime pas… on ne se refait pas !), le podium du 3000m steeple avec sur la 3e marche la lie de l’humanité. L’Espagnol a été hué. Yoann Kowal n’était même pas heureux sur le podium. Pour montrer le fond de sa pensée, le champion par défaut est descendu sur la 2e marche pour la photo pour poser avec le Polonais (un concurrent qu’il apprécie, il s’est déjà entraîné avec lui). Il a ensuite été forcé de monter sur la première marche à côté du tricheur. L’image était saisissante. Angel Mullera a dû se sentir bien seul.

On a enchaîné avec le podium du 110m haies.

Libania Grenot s’est imposée sans souci en finale du 400m féminin. L’Italienne a nettement devancé ses adversaires, remportant la course en 51"10. Il y a eu grosse baston pour les 2 places suivantes, elles étaient 3, Christine Ohuruogu, pas fantastique en demi-finale, a été battue sur le fil par Olga Zemlyak (51"36) et Indira Terrero (51"38), on a eu recours à la photo. Marie Gayot, qui était au couloir 2, a pris tous les risques, elle était dans le coup à l’entrée de la dernière ligne droite mais n’a pu tenir le choc, d’où sa 7e place en 52"14.

La finale du 1500m féminin devait être une bataille entre Ethiopiennes naturalisée. Abeba Aregawi (représentant la Suède) et Sifan Hassan (Pays-Bas) ont débuté à l’arrière. A vrai dire, la Néerlandaise a fait presque toute la course à l’arrière, la Suédoise s’est replacée en tête beaucoup plus tôt. Hassan a accéléré à 550m pour rejoindre la tête de peloton à la cloche et a attaqué sans plus attendre. Aregawi a contré, le duo s’est facilement détaché, seule une Britannique est parvenue à s’intercaler en 3e position. Hassan est restée derrière sa concurrente et a tout envoyé dans la dernière ligne droite, elle était nettement plus forte. Elle a mis 9 dixièmes à son ancienne compatriote. Laura Weightman a fini à plus d’une seconde de la Suédoise.

Le lancer du javelot était extrêmement important pour déterminer qui allait pouvoir monter sur le podium de l’heptathlon. En étant à son meilleur niveau, Antoinette Nana Djimou avait toutes les chances de conserver son titre. Son premier jet très inférieur son record (48m21) devait absolument être amélioré. Le 2e essai raté la mettait dos au mur. Il lui fallait tout jouer sur un dernier jet… Elle aurait aimé approcher ou battre son record (57m27), elle a été déçue par sa marque à 54m18. A 3m de son record, ça pourrait sembler décevant, mais ça a tout changé. Lancer encore plus loin lui aurait permis d’écraser la concurrence, son record (6576pts) aurait forcément explosé. Le plus important restait de se placer au mieux avant la dernière épreuve, le 800m. Antoinette y est parvenue en ajoutant 941 unités à son total, elle a pris la tête du classement (5561pts) devant Nadine Broersen (5542pts, 52m18 au dernier essai, elle était extrêmement mal barrée avant son ultime tentative) et Nafissatou Thiam (5610pts avec 49m69, là aussi en améliorant au 3e essai, mais de seulement 35cm).

Compte tenu des records sur 800m, la Néerlandaise était légèrement favorite, la Belge pouvait craindre l’Allemande Caroline Schäfer (5536), plombée par le javelot (44m19, 748 unités). A noter que l’Ukrainienne Anastasiya Mokhnyuk, longtemps dans le coup, a été reléguée très loin car elle a lancé… très près, à moins de 35 mètres (571pts).

La finale du 800m me faisait un peu peur car Pierre-Ambroise Bosse était entouré de 3 Polonais plus dangereux les uns que les autres. PAB allait-il pouvoir courir à son meilleur niveau (1’42"53, RF) sans lièvre après avoir dû enchaîné les tours ces derniers jours ? Non, ce n’était pas possible, au mieux il allait avoir besoin d’une seconde de plus pour boucler ses 2 tours de piste.

La tactique était connue : prendre les choses en main d’entrée et tout faire seul en ne laissant aucune chance à ses adversaires de le suivre. Fort logiquement, il s’est rabattu en tête avec un Polonais au c*l et a tout de suite envoyé du pâté. 50"97 au 400m, il a tenté de faire du Rudisha en version très light (lors de son record du monde le Kenyan est passé en 49"28 pour finir en 1’40"91). PAB est passé en 1’17"24 aux 600m… Adam Kszczot est revenu, a doublé à l’entrée du dernier virage, le Français a coincé, tout le monde est passé. Le Polonais a gagné en 1’44"15 devant son compatriote Artur Kuciapski (1’44"89, PB) et l’Irlandais Mark English (1’45"03). PAB a terminé dernier en 1’46"55, il a tenté ce qu’il devait tenter. Bien sûr, avec une autre tactique, il pouvait assurer la médaille sans aucun problème, mais avec le finish de Kszczot et des autres Polonais, comment pouvait-il s’y prendre pour gagner ? En laissant les autres imprimer leur rythme il offrait la victoire aux Polonais. Cette tactique a permis de faire exploser Marcin Lewandowski, malheureusement elle a fait d’autres victimes, donc… lui-même.

A 22 ans, il est en effet en plein apprentissage. Cette situation était nouvelle. En Diamond League il est habitué à affronter des concurrents au moins aussi rapides que lui, c’est ce qui lui a permis de pulvériser le record de France à Monaco en 1’42"53. Pour cette raison, j’en suis convaincu, PAB sera plus fort aux JO et aux Mondiaux où il disposera de lièvres de luxe et n’aura pas la pression du favori. D’ailleurs avec un coéquipier dans la course pour l’aider en se sacrifiant, la course aurait eu une autre allure. D’autant qu’être accompagné lui aurait évité cette situation de match à handicap. Se sentir seul contre 3 Polonais a dû avoir un impact psychologique non négligeable. Obligé de tenter une tactique risquée, cerné, pas sûr de pouvoir reproduire en course ce dont il est capable à l’entraînement faute d’avoir déjà eu l’occasion de disputer une course dans ces conditions en agissant ainsi, le médaillé de bronze d’Helsinki a forcément douté. Ce stess s’est manifesté physiquement par de la tachycardie juste avant le départ[1], ça l’a déstabilisé car ce souci lui a fait prendre conscience de la situation. C’est une sorte de cercle vicieux, ce stress autoalimenté l’a empêché d’exprimer tout son potentiel physique en engendrant de la crispation. Il avait besoin de relâchement musculaire pour que son plan se déroule sans accroc.

En apprenant à bien gérer les tours et la pression il deviendra un super coureur de championnats, ça ne fait aucun doute. Quand vous voyez sa réaction après cette finale ratée, aucun doute n’est permis, ça va bosser dur pour se refaire lors des prochaines échéances. Il ne se voile pas la face et est même très dur avec lui-même. Non sans humour.

Pour se qualifier en finale du saut en longueur il fallait atterrir à 8 mètres ou plus. Kafétien Gomis a réussi un bon premier saut (7m83, vent nul). Les 2 suivants ont été mordus. Lors de ce concours il fallait se presser car la pluie a fait son retour. Salim Sdiri n’a pas réussi à s’en sortir, il en est resté à 7m74 (au 3e), tout près de la qualification. Le dernier qualifié l’a été grâce à une marque à 7m72… car il y a eu départage à la 2e marque. Le rescapé n’est autre qu’Ignisious Gaisah, médaillé à Moscou, la victime est encore plus prestigieuse… Aleksandr Menkov, champion du monde en titre (seulement 7m63 comme 2e perf). En raison de la pluie le niveau a été très faible, 10 concurrents étaient presque au même niveau : 9cm d’écart entre le 6e et le 15e (Sdiri) ! Il n’y a eu que 4 qualifications directes, dont une seule à plus de 8m05.

En principe, on connaissait les 3 médaillées du 200m féminin et même le nom de la championne. Myriam Soumaré et Jodie Williams étaient promise à un podium, Dafne Schippers à l’or. Les conditions (froid, piste mouillée, et même de la pluie pas très visible à l’écran) pouvaient rebattre quelques cartes. Bien placée au couloir 5, Myriam était bien décidée à tout donner pour aller chercher une 6e médaille européenne.

Auteur d’un super départ, Myriam est sortie du virage presque à égalité avec la Néerlandaise tandis qu’une des 3 Britanniques, Dina Asher-Smith, a vu sa course prendre fin sur blessure. Malheureusement, la championne surprise de Barcelone a eu beaucoup de mal à finir. Sa crispation a contrasté avec le relâchement de Jodie Williams, auteur d’un nouveau record personnel en 22"46 (-0.5m/s). Myriam a même dû se battre pour conserver sa 3e place menacée par l’autre Williams, Bianca Williams. Heureusement, elle a pu résister. Je pense sincèrement qu’avec un peu plus de fraicheur elle était capable de finir 2e en approchant son record personnel (22"32) établi lors de cette finale magique il y a 4 ans. 22"58 est un temps en-deçà de ses possibilités et de sa forme du moment, c’est pourquoi elle a eu beaucoup de mal à accepter cette 3e place, extrêmement déçue d’avoir manqué de jus sur la fin. Il s’agissait de sa 6e course en 4 jours. Les Britanniques n’ont pas disputé le 100m, ça change tout. Ceci dit, Schippers aussi a enchaîné 100 et 200m, elle a remporté les 2. Le vent défavorable lui a offert la victoire sur la ligne droite, sans lui Myriam gagnait. En revanche sur 200m sa puissance a fait la différence. Elle a dominé de façon outrancière en claquant un énorme chrono : 22"04 malgré un vent défavorable d’un demi-mètre par seconde, c’est impressionnant !! Elle a explosé son PB, son record national et la MPM… Il ne s’agit pas du seul record national battu, Mujinga Kambundji en a établi un devant son public (22"83) en terminant 5e.

Schippers ne devrait pas finir loin de la première place lors de l’élection de l’athlète européenne de l’année. Et dire qu’elle aurait été favorite de l’heptathlon si son choix ne s’était pas porté sur les épreuves de sprint… Avec sa meilleure performance de la saison établie à Götzis début juin (3e de cette compétition derrière une absente et une Canadienne), elle aurait été à la lutte pour le titre avec Antoinette Nana Djimou. Son choix s’est avéré payant avec cet incroyable doublé 100-200m. En se consacrant exclusivement à ces épreuves, elle est capable de faire très mal à Pékin et Rio. Elle a seulement 22 ans… C’est un phénomène, ne cherchez pas plus loin l’Européenne susceptible de faire tomber les Ricaines et les Jamaïcaines. En plus elle a l’air sympathique.

Il pleuvait dru pendant la finale du 400m haies… La Suisse croyait beaucoup en Kariem Hussein, sa seule chance de médaille en individuelle. Pour une fois, il y a eu de l’ambiance au Letzigrund. Galvanisé par la foule, il a réussi la course de sa vie. Pour le peuple helvétique, Zürich 2014 restera associé à son nom. Sorti en tête à l’entrée de la dernière ligne droite, il s’est envolé pour l’emporter en 48"96 – un temps pas exceptionnel – devant Rasmus Mägi (49"06), revenu trop tard, et les 2 Russes (médaille pour Denis Kudryavtsev en 49"16). Pour une fois l’audace a payé, il a pris tous les risques. Pas mal pour un gars qui s’est mis à l’athlétisme il y a 5 ans ! La contre-performance d’Emir Bekric est la surprise de cette course.

La pluie est un des grands ennemis des spécialistes du saut en hauteur. Certains des principaux candidats au titre ont connu quelques frayeurs à des barres relativement basses. On pouvait attendre un concours d’un niveau extrêmement élevé, on ne l’a pas eu. Le concours s’est achevé à 2m30 pour 6 concurrents. 2m26 a été la dernière barre attaquée avec succès par ces athlètes. 3 autres étaient restés bloqués plus bas, un a connu 3 échecs et aucun succès. Du coup, ils n’étaient plus que 4 en lice à plus de 2m30. Andriy Protsenko et Ivan Ukhov ont franchi cette barre du premier coup, Jaroslav Baba a eu besoin de 2 tentatives, tout comme Bohdan Bondarenko, dont la marge est suffisante pour débuter une finale à 2m30.

Le champion du monde aux chaussures dépareillées – une jaune et une bleue, aux couleurs du drapeau ukrainien – est assez fou pour faire l’impasse à 2m33 dans des conditions difficiles. Pourquoi assurer ? Assurer, il laisse ça aux gens rationnels ! Il a ainsi pu observer les échecs répétés de ses 3 adversaires. Protsenko a fini par passer au 3e essai, assurant à l’Ukraine de remporter le titre grâce à un de ses 3 finalistes. Si Bondarenko sautait 2m35, ce titre se transformait en doublé. 2 essais ont été nécessaires pour y parvenir (au premier il a tapé avec les talons). Protsenko a reporté ses 2 derniers essais pour la barre supérieure à 2m37, il a bloqué. Plus tôt, il s’en était sorti in extremis à 2m23. Monter sur le podium après avoir failli être éliminé si tôt est forcément satisfaisant. Bondarenko a fait l’impasse à 2m37, on l’a vu tenter une seule fois 2m43, les conditions ne permettaient pas une grosse performance, il le savait et n’a pas insisté.

Ukhov, qui a failli passer 2m33 au 1er essai (son 1er échec du concours), a décroché le bronze. Baba a connu trop d’échecs pour finir plus haut que 4e. Du côté de Kiev, ce doublé ukrainien devant un Russe doit être célébré comme une grande victoire.

Le record du monde du 50km marche est tombé, celui du saut en hauteur n’a pas été inquiété en raison des conditions météo, battre celui du lancer du marteau féminin aurait dû être inenvisageable pour la même raison.

Alexandra Tavernier n’a pas – encore – l’habitude des finales en grands championnats, a fortiori sur plateau mouillé, néanmoins elle aime la pluie, ça l’aide à gagner en vitesse de rotation. La jeune Française a bien débuté avec 69m46, son marteau a touché la cage au 2e essai, puis a fini dedans au 3e, néanmoins elle restait bien classée (6e à mi-concours) et a eu ses 6 essais. Le contrat était déjà rempli.

Anita Wlodarczyk a commencé par envoyer 2 fois son marteau top à gauche, hors-zone. Ou comment se foutre dans la m*rde quand on a de la marge… Enervée, elle a tout cassé au 3e essai : 75m88. Au 4e, elle a amélioré sa marque : 76m18. Au 5e, elle a lancé l’enclume avec le marteau. 78m78… Record national, 3e meilleur jet de tous les temps à moins d’1m du record du monde … Monstrueux ! Personne d’autre n’a lancé à plus de 75m. Se sentant bien, elle a tenté de taper le record du monde au dernier essai. Encore un hors-zone ! Elle a presque démonté le podium.^^

Martina Hrasnova a apporté une médaille à la Slovaquie (74m66), elle avait de la marge sur les Allemandes et l’autre Polonaise, Joanna Fiodorow, qui a doublé Kathrin Klaas au dernier essai (73m67 contre 72m89). La Pologne a fait un carton lors de cette journée ! Betty Heidler, dont le record du monde a failli tomber, n’a fini que 5e, devançant Alexandra Tavernier, auteur d’un meilleur jet à 70m32 lors de la pénultième levée. Pour une première finale, c’est très bien.

Il fallait en finir avec cet heptathlon. Le 800m a longtemps été le gros point faible d’Antoinette Nana Djimou, elle a beaucoup bossé avec l’entraîneur de PAB, Bruno Gajer. Sur le papier, le niveau des filles dans cet exercice était assez homogène. Avec 19pts d’écart entre les 2 premières, tout semblait possible, le scénario de la course restait très incertain. On pouvait craindre que l’autre Néerlandaise présente dans la seconde série décide d’emmener Nadine Broersen.

Ça s’annonçait très difficile. Antoinette a d’abord tenté le marquage mais Broersen a rapidement pris quelques mètres d’avance. C’est parti vite, la Néerlandaise a essayé de suivre les meilleures, Antoinette ne s’est pas affolée, a essayé de se replacer dans la ligne droite opposée du second tour, est revenue et a même attaqué dans le virage pour aller prendre la 2e place de la course – la première série a été beaucoup plus rapide – en explosant son PB (2’15"22 au lieu de 2’15"94). On ne s’y attendait vraiment pas ! Manifestement, l’entraînement a payé, elle a beaucoup progressé sur le double tour de piste. Sa victoire ne souffre d’aucune contestation malgré l’absence de PB au total final. Ses 6551 points constituent la 2e meilleure performance de sa carrière derrière les 6576pts obtenus aux JO de Londres. Sa nouvelle façon de s’entraîner semble déjà montrer son efficacité au bout de 3 ou 4 mois de fonctionnement. Si elle est capable de conserver son titre européen – son 4e en comptant le pentathlon en salle – principalement avec les tripes faute d’avoir réellement pu préparer sa saison, la suite de sa carrière pourrait nous réserver de très belles surprises.

Arrivée 2"44 après elle, Broersen a conservé sa médaille d’argent (6498) devant Nafissatou Thiam (6423), qui s’est arrachée pour rester sur le podium malgré son faible niveau sur 800m. La jeune Belge a battu son record personnel en 2’20"79, suffisant pour résister à Carolin Schäfer, qui n’était jamais allée aussi vite (2’17"39). Elles ont terminé assez loin au classement final (respectivement 6423 et 6395pts).

Après cette grande joie, on en espérait une dernière pour conclure cette 4e journée des championnats. Le 200m masculin pouvait l’apporter à l’équipe de France. Christophe Lemaitre avait une véritable chance de titre, en principe c’était lui ou Adam Gemili.

Lemaitre était au couloir 3, juste derrière Gemili, sans doute aurait-il préféré être au 5 ou même au 6 car le virage y est moins serré. Son départ m’a semblé très bon, malheureusement le Britannique était plus frais (il n’a pas fait le 100m), il a aussi réussi un bon départ. Si le Français a été l’auteur d’une bonne course dans l’ensemble avec un virage plutôt bien négocié, Gemili en en juste réussi une meilleure, il est sorti en tête du virage, Lemaitre s’est peut-être un peu crispé, mais surtout il n’avait plus assez d’énergie pour revenir tout en luttant contre le fort vent défavorable (-1.6m/s). Ça fait 2 ans que le jeune homme aux allures de simplet – on dirait qu’il joue le personnage de Bo Dallas de la WWE – montre un gros potentiel, il l’a confirmé avec ce PB (pour 1 centième) abaissé à 19"98 dans des conditions très compliquées. Manifestement, il vaut nettement mieux, probablement est-il au niveau qu’avait Lemaitre il y a 3 ans à Daegu. Le sprinteur d’Aix-les-Bains en est à 7 médailles aux Championnats d’Europe, ce qui fait de lui l’athlète masculin – sans compter les dopées d’Europe de l’Est dont le taux de testostérone devait être supérieur au sien (^^) – le plus médaillé de l’histoire de cette compétition. Le problème est qu’il reste très bon mais ne progresse plus et voit des mecs plus jeunes le dépasser. Son temps de 20"15 n’est pas déshonorant, tant s’en faut, surtout en ayant un peu relâché son effort sur la fin en se voyant incapable de passer sur la ligne. Avec du vent favorable et plus de fraîcheur, il claquait un temps sous les 20 secondes et se rassurait. On n’a pas eu droit au scénario idéal.

Un Ukrainien a décroché la médaille de bronze en battant son record (20"30), il s’agit de Serhiy Smelyk, un gars "un peu" moins connu que Churandy Martina, 4e (20"37).

On a terminé la journée avec le podium de l’heptathlon et donc une Marseillaise[2] – ça fait du bien de voir une Française au sommet devant une Néerlandaise ! – couronnant un bilan de 2 titres, un record du monde et 2 médailles d’argent pour l’équipe. A chaque jour son lot de médailles, les Bleus tiennent leur rythme d’enfer. Et cette fois, les juges n’ont rien pu faire pour les ralentir. Demain, ça continue !



Update : Antoinette de PAB reviennent sur leurs championnats.

Notes

[1] Son cœur battait très vite.

[2] A retrouver dans la vidéo de l’heptathlon.