Il faisait un froid incroyable (-25°C annoncés… avec la vitesse le froid ressenti est 2 fois plus violent) à Lake Louise (Canada), mais les conditions météo autres que la température étaient excellentes après 2 jours marqués par de fortes chutes de neiges rendant impossible la tenue des entraînements. La descente a donc été lancée normalement. Kjetil Jansrud a gagné, le Norvégien est en grande forme, il a aussi remporté le super-G dimanche. Les résultats de l’équipe de France ont globalement été médiocres lors des 2 derniers week-ends de ski alpin, les 2 premiers si on considère Sölden comme un avant-goût, un teaser de la saison. Chez les filles, dans les épreuves techniques, ça s’est assez – ou très – mal passé à Levi puis à Aspen avec au mieux une 11e place pour Anémone Marmottan en géant. La bonne surprise est venue d’un spécialiste de la vitesse plus habitué à batailler pour rester dans les 30 qu’à s’incruster en haut des classements (2 fois 6e et 2 fois 7e en CdM au cours de sa carrière, dont une fois sur cette piste il y a 2 ans). Guillermo Fayed n’avait encore jamais réussi à monter sur un podium de Coupe du monde, c’est désormais un objectif atteint, il peut passer au suivant : recommencer ! Sa persévérance a été récompensée, ça fait toujours plaisir de voir un Français couronner sa carrière d’une si belle perf, d’autant qu’à tout juste 29 ans (depuis le 28 novembre) il s’agit peut-être d’un déclic, qui sait ?

Les petits dossards semblaient assez avantagés, le Chamoniard a donc surpris tout le monde en franchissant la ligne d’arrivée dans un temps seulement 14 centièmes de secondes supérieur à celui de Jansrud. Il portait le dossard 26. Environ 2 minutes plus tard, le Canadien Manuel Osborne-Paradis a failli l’atteindre, le paradis, en finissant ex-aequo avec le Français. Le 26 et le 27 n’étaient pas les numéros les plus joués par les parieurs ! Jansrud était en revanche très attendu, surtout en l’absence de Svindal et de quelques autres (Ligety, Miller,…).

A noter que Johan Clarey a été le Français le plus régulier au Canada (10e de la descente, 8e du super-G).

Je vous ai monté un condensé de la course (pas très condensé, j’ai mis les 12 meilleurs en intégralité et j’ai coupé une partie du passage des autres).

En combiné nordique, à Kuusamo, la première épreuve individuelle de la saison n’a souri qu’à François Braud, 10e en bénéficiant de sa bonne performance lors du saut de réserve. La météo a en effet empêché la tenue du concours de saut le matin de l’épreuve, ce qui a complètement plombé Jason Lamy-Chappuis et Maxime Laheurte, mais aussi Eric Frenzel. Dimanche, c’était team sprint, et pour le coup, les Bleus ont pu tirer leur épingle du jeu. France 1 (Braud et Jez) a pris la 3e place grâce à un bon saut et aux accélérations du multiple champion du monde qui a pu offrir une petite marge à son compère avant le relais final.

Autre relais, autre champion, autre satisfaction. Cette fois, il s’agit de biathlon à Östersund. La saison a été lancée par un relais mixte, c’est désormais une habitude. Marie-Laure Brunet a mis fin à sa carrière, Marie Dorin-Habert est de retour à l’entraînement et bientôt en course suite à sa grossesse (elle espère pouvoir revenir sur le circuit de Coupe du monde en janvier si ça se passe bien au niveau inférieur), du coup Anaïs Bescond a débuté, elle a fait le job très correctement, Anaïs Chevalier a pris la suite, elle a fait le job très correctement compte tenu de son niveau (c’est une jeune qui progresse, il lui manque encore de la caisse en ski). Après les passages des filles, Simon Fourcade a été lancé avec un retard loin d’être insurmontable. On connaît Simon, il a toujours tendance à envoyer du bois d’entrée et à se cramer avant la dernière boucle. Ça n’a pas manqué, il était revenu tout près de la tête mais a cédé pas mal de terrain sur la fin. 36 secondes de marge pour le premier avec 7,5km et 2 fois 5 cibles à faire tomber, c’est peu quand vous avez un Martin Fourcade lancé à vos trousses, même avec des balles de pioches en cas de tir(s) manqué(s). Surtout si Martin a faim. A taquet sur les skis, le double champion olympique de Sotchi s’est très vite replacé, il a assuré au tir couché (5/5), a remis le feu sur la neige histoire d’arriver au debout à égalité avec les premiers et de leur mettre la pression en lâchant les premières balles. 3/3 super rapide… il a loupé les 2 autres, contrairement à Simon Schempp et Lars Birkeland (5/5 chacun, alors que Jakov Fak a explosé en vol). Pas grave. Sortis du pas de tir avec seulement quelques secondes de retard, il a vite rejoint l’Allemand et le Norvégien, est resté dans les skis, a ensuite fait l’intérieur dans un virage très serré afin de prendre la 2e place, la meilleure dans cette situation. Ensuite, pas de souci au sprint, il a su passer en forcer.

On se souvient qu’il y a 1 an Martin avait gâché le travail de ses coéquipiers en se déchirant complètement au tir… pour se reprendre quelques jours plus tard en écrasant la concurrence lors des épreuves individuelles, puis enchaîner une saison énorme. La mononucléose qui a pourri son été semble être quasiment oubliée. Si la mononucléose n’en vient pas à bout, je doute qu’un Norvégien, Allemand ou autre puisse y parvenir. Pour mon plus grand plaisir !

Dans la vidéo de la course, j’ai surtout mis le relais de Martin.