A mon grand étonnement, Laurent Blanc n’est pas allé jusqu’au bout des choses, il aurait dû titulariser Zoumana Camara et lui confier le brassard de capitaine. Enfin… Mon grand étonnement n’est pas tant le statut de remplaçant de "Papus", car il n’a clairement plus la confiance de son entraîneur dans le rôle de jouer, il le voit plus comme un membre de son staff, ce qu’il sera officiellement la saison prochaine. Non, ma surprise a été de voir David Luiz capitaine. Quelle légitimité avait-il pour porter ce brassard ? Il s’agit du dernier arrivé au club, il ne parle même pas français, son influence sur ses partenaires du soir est forcément limitée.

A part ça, la compo était plutôt logique : Douchez - Aurier, Marquinhos, David Luiz, Digne - Chantôme, Cabaye, Rabiot - Lucas, Cavani, Lavezzi. On pouvait aussi imaginer voir Bahebeck débuter. Cette formation regorge de bon joueurs, certes, mais certains jouent très peu, ils manquent donc de rythme, d’autres ont au contraire beaucoup joué, ils sont fatigués. Surtout, n’ayant pas l’habitude d’évoluer ensemble, ils manquaient terriblement d’automatismes entre eux. Ceci explique en grande partie la première période dégueulasse.

Après les 45 premières minutes, j’étais… énervé. S’il avait été possible de vendre Lavezzi dès la mi-temps, je serais allé le chercher à vélo et à la rame pour le déposer moi-même au siège du club acheteur.

On était tout simplement en train d’assister à un match en bois sur une pelouse de m*rde (glissades, appuis très compliqués) diffusé sur une chaîne en bois avec des commentateurs moisis. Un mach sur France 3 régions, c’est moche. Mauvaise qualité de l’image, réalisation foireuse (d’ailleurs le dernier but de la rencontre s’est construit pendant un ralenti) avec peu de caméras placées trop bas (mais dans ce stade c’est compliqué de bien filmer)… La pelouse glissante l’est devenue encore plus avec la pluie.

Le pire était encore la "qualité" du jeu parisien. C’était mauvais. Très mauvais. Le trio du milieu était en grandes difficultés faute de repères. L’envie n’était pas un problème, elle était bien présente. Dans ce secteurs les joueurs répondaient présents dans l’engagement, ils n’hésitaient pas à mettre le pied, à aller au charbon, ce qui permettait de récupérer le ballon. Seulement, quand vous l’avez récupéré, il faut encore en faire quelque chose. Il manquait aussi un vrai milieu offensif. Le souci était collectif, le PSG ne construisait pratiquement rien, la gonfle a souvent été rendue par des ouvertures pour personnes ou des erreurs techniques assez grossières. Malgré tout, il y a eu des opportunités, notamment un nombre non négligeable de CPA à exploiter, seulement ils ont été gâchés, la plupart du temps mal tirés (par Lavezzi généralement). Quant aux contre-attaques, elles ont rarement été jouées à fond, alors que les Ajacciens ne s’en privaient pas, eux, mettant ainsi régulièrement en difficultés leurs visiteurs.

Il faut dire qu’entre "El Pochtron" Lavezzi, Cavani plus Cav’ qu’ani – ou alors anni horribili – et Lucas, l’attaquant qui, un jour, va bien réussir à traverser toute la largeur du terrain aller-retour sans se faire attraper, les milieux et défenseurs avaient du mal à trouver les gars à approvisionner en ballons. Les latéraux ont parfois essayé d’apporter, ils n’y arrivaient pas (Aurier s’est fait découper 2 ou 3 fois il faut dire), Lucas est beaucoup revenu dans l’axe en venant de son côté droit, seulement le rôle de n°10 n’est vraiment pas le sien. Il semblait nécessaire de lui réexpliquer une des bases du football, à savoir que l’objectif est de mettre le ballon dans la cage adverse. Le jeune Brésilien courait dans tous les sens sans jamais chercher l’efficacité. Et quand il a eu une occasion de tirer au but… il a joué le coup à l’envers. Comme d’habitude.

A vrai dire, le seul Parisien à avoir tiré au but dans le jeu est Chantôme, et 3 fois qui plus est. Toutefois, il n’a pu cadrer sa volée en déséquilibre et sa frappe en pivot, sa tentative lointaine ayant ensuite été détournée en corner. Les Corses disposaient rarement de la gonfle, ils ont pourtant ouvert le score. Grâce à un péno cadeau concédé par Aurier. La faute était-elle dans la surface ou juste en-dehors ? Difficile à dire. A vrai dire, au final, ça ne change rien, l’erreur est surtout parisienne, le pressing très haut a permis aux Ajacciens de se lancer dans le dos du bloc rouge et bleu. Le PSG s’est déséquilibré tout seul, il s’est lui-même mis le feu. On a d’ailleurs assisté à d’autres situations dans la même veine, plus ordinaires, de simples contres. Aucun n’a donné lieu à une véritable occasion de but. Il n’y a eu que le péno transformé par Cavalli (27e).

En résumé, au retour de la mi-temps, j’espérais la sortie de Lavezzi (ou à défaut lui faire croire que toute sa famille venait d'être assassiner… c’est horrible mais il faudrait tenter le coup, la saison passée il est devenu bon après l'assassinat de son oncle…), un changement d’organisation, plus d’impact physique, plus de malice (assez pour aller chercher un péno et/ou un rouge en profitant de l’attitude de Grenddy Perozo, défenseur vénézuélien chercheur d’embrouilles, il a passé son temps à provoquer gratuitement)… et surtout la victoire.

Heureusement, en seconde période, ça s’est beaucoup mieux passé. L’état d’esprit général des Parisiens a été bon, ils ont maîtrisé leur sujet malgré l’état de la pelouse, et au bout du compte, les Corses n’ont pu tenir le rythme, physiquement c’est devenu trop dur à cause des efforts fournis pour tenir tête à leurs adversaires. L’égalisation est intervenue assez rapidement (55e). Il le fallait pour conforter l’équipe, probablement relancée par les discours tenus dans le vestiaire.

Au bout d’une minute, un CF lointain de Lavezzi a survolé le paquet de joueurs auquel il était destiné, a rebondi au sol et a terminé sur le poteau. Le but de Cavani, lancé dans la surface par Lucas, a conclu une véritable action collective. Le PSG s’est créé de nouvelles situations, dont un CF direct de Cabaye qui a léché le dessus de la transversale (78e). Le but d’Aurier d’une tête décroisée au premier poteau sur un corner de Bahebeck (80e) obtenu par Digne semblait inéluctable, même s’il est intervenu assez tard. Néanmoins, pour être tranquille, le break était nécessaire. Bahebeck a inscrit le but du 3-1 en se jetant au second poteau pour reprendre un centre – ou une passe si vous préférez – de Lucas (84e). Il est intéressant de noter qu’après avoir marqué en attaque placée puis sur CPA, le PSG a terminé par un super contre mené par Lucas, lancé par une super relance à la main de Douchez. J’ajoute qu’entre les buts d’Aurier et de Bahebeck, Cavalli a effectué un sauvetage sur sa ligne (Cavani a été lancé par une belle accélération et passe de Bahebeck, le gardien a détourné son tir, sans le dégagement acrobatique du capitaine ajaccien un Parisien aurait poussé le ballon au fond). En fin de rencontre le gardien corse, Anthony Sribe, a réalisé une de ses seules véritables parades sur un tir de JCB (89e). Il aurait dû avoir beaucoup plus de travail si Cavani s’était montré un peu moins maladroit techniquement.

Douchez a passé une soirée très calme, les Corses l’ont rarement sollicité, seule une frappe lointaine passée pas loin du poteau (76e), voire un CF plus tôt ayant nécessité une intervention aérienne, auraient pu l’inquiéter.

Bref, l'important c'est les 3 points. Ou presque.

(La vidéo est aussi sur Vimeo.)

  • Evaluations individuelles.

Douchez : rien à faire du match mais il prend un but. Il mérite qu'on appelle ça "faire une Douchez". Belle relance à l’origine du 3e but.
Aurier : prestation franchement moche avec un PALC concédé, heureusement il fait ce qu'il sait le mieux faire, être décisif offensivement, en l’occurrence marquer sur CPA, ça compense.
Marquinhos : ni franchement rassurant, ni franchement inquiétant. Sauf si on pense que Thiago Silva va redevenir titulaire dès samedi, parce que là, on se dit que Marquinhos est nettement plus rassurant, du moins en ce moment.
David Luiz : ce gars me fait peur en permanence. Même là, le match est fini, j'ai peur qu'il fasse une connerie.
Digne : il a bien fait son taf, à part une perte de balle sur le côté en seconde période sur une passe dont David Luiz aurait pu se passer (^^), il a fait un match propre en nous sauvant pas mal de fois la mise derrière, en particulier sur 3 contre-attaques dans des situations où il s’est retrouvé seul pour enrayer des actions corses très dangereuses. Offensivement sa prestation a été moins abouties avec du déchet et de bonnes montées.
Cabaye : première période assez moisie, mais très bon en seconde période, que ce soit à la récupération, dans le jeu court, le jeu long, la relance.
Chantôme : du mal à débuter, entré dans le rythme ensuite avec plus d'impact à la récupération et de l'activité offensive même s’il a manqué d'efficacité sur ses 2 occasions. Efficace et précieux, il a bien fait son travail avant de céder sa place à Matuidi (78e). Pas mal pour un joueur si peu utilisé, donc en manque de rythme.
Rabiot : le sombrero raté à 25m de ses buts passe parce que c'était plié, mais à ne pas reproduire. Il fait un match contrasté avec de très bonnes choses notamment à la récupération et à la relance, dans la construction, mais a aussi manqué d'efficacité.
Lucas : après une première période à vouloir dribbler 20 joueurs dans la largeur avant de lâcher un ballon, il s'est mis à jouer au football en seconde période. Tout de suite, c'est mieux. Et ça fait 2 passes décisives.
Cavani : nul comme c'est pas permis... mais il marque. A un moment, je me faisais une réflexion... je préfère avoir un buteur invisible qu'un attaquant qui rate tout.
Lavezzi : la dernière phrase concernant Cavani renvoie directement à Lavezzi qui a quand même foiré tout ce qu'il a tenté, notamment parce que tout ce qu'il tentait était foireux. Le seul truc bien qu'il a failli faire est... marquer sans le faire exprès sur CF. Je priais pour qu'il sorte, mais manifestement je ne criais pas assez fort pour être entendu en Corse. Et là, un boucher ajaccien a tenté de lui casser la jambe... ce qui a permis l'entrée salvatrice de Bahebeck (70e).
JCB : le meilleur tireur de corners du système solaire, à chaque fois ils sont très dangereux. Là il entre, il fait passe décisive et but, il donne une autre passe qui aurait pu être décisive à Cavani (à Cavani, donc "qui aurait pu être décisive" est à relativiser^^) et a été l’auteur d’un bon tir. Tout ça en 20 minutes. A part une mauvaise passe à l’origine de la seule action de, je ne sais pas s'il a raté un truc. L'anti-Lavezzi.
Matuidi : Il n'a pas vraiment eu l'occasion d'avoir un vrai rôle dans ce match.
Kimmakon : gros potentiel... pour faire des jeux de mot avec son nom. Pour le reste, je n'en sais rien ! C’est un jeune arrivé cet été pour renforcer la CFA du PSG, il a fait son apparition en pro pour la première fois de sa carrière (pour 5 minutes). Bonne chance pour la suite.

  • Interrogation.

Sinon, ça se passe comment pour le dénommé Mouaad Madri ? Est-ce qu’au coup de sifflet final on vient le chercher pour le ramener en cellule ? Son geste sur Lavezzi à la 64e est absolument affreux, il aurait pu lui détruire le genou et/ou lui casser la jambe ! Je n’exagère rien. Il s’en est miraculeusement sorti avec un simple jaune… et 1’ plus tard, il commet de nouveau une grosse faute qui méritait un carton, un balayage volontaire sur la jambe d’appui de Cabaye, ceci très en retard. Une honte ! Ceci dit, les Corses ont multiplié les taquets, Perozo s’est pris pour Materazzi, ils n’ont pris que 2 jaunes, autant que le PSG (Chantôme pour un tacle totalement valable sur une contre-attaque de l’AJA à la 45e et Lavezzi pour un geste maladroit 100 fois moins dangereux que celui dont il a été victime. On ne peut pas dire que M. Lannoy ait réussi la prestation de sa vie…

Si Lavezzi est absent face à Montpellier, chose probable après le coup reçu au tibia, Bahebeck sera… sur le banc. Si l’Argentin est présent, JCB ne jouera pas du tout. Les sénateurs reprennent le pouvoir samedi. En attendant, le feu est éteint.



Le tirage au sort a été effectué. Voici les affiches des quarts :
Bastia-Rennes
Monaco-Guingamp
LOSC-Nantes
ASSE-PSG
Nan mais là, Jean-Marc Mormeck – qui a fait ce tirage – fait chier ! Mais je n'irai pas lui dire en face...