John Legend a chanté l’hymne officieux avant que le véritable hymne ne soit chanté par Idina Menzel, qui est paraît-il devenue une star en chantant pour un dessin animé de Disney (l’original de la fameuse chanson de La Reine des neiges… dont j’ai seulement entendu parler dans TPMP où un bout de la version française est régulièrement diffusé dans une recherche d’effet comique, c’est vous dire à quel point elle m’est inconnue). Quelle horreur ! Un massacre ! Et dire que des millions de soldats sont morts pour que cette femme puisse avoir la liberté de massacrer cet hymne… Marre de ces chanteurs qui veulent tout revisiter à leur sauce afin de passer pour des artistes… C’est juste odieux pour les oreilles !

Mais Les vraies stars étaient sur le terrain. Ces stars sont à peine plus connues chez nous que Thierry Omeyer et les frères Karabatic peuvent l’être de l’autre côté de l’Atlantique. La différence ? La plupart de ces joueurs de NFL ont une carrière courte, très rémunératrice, et mourront jeune à cause de leurs multiples commotions cérébrales ou des dérives de l’argent et de la gloire. Les handballeurs feront des vieux boiteux… beaucoup moins fortunés et souvent moins atteints au niveau des neurones.

Minuit ½, début de la rencontre.

La première friction a eu lieu dès la première tentative de retour de coup d’envoi. Rien de bien méchant. Il y en a eu 2 autres pendant la rencontre dont la même puissance 70 à la fin. En regardant un match NBA j’ai entendu une critique du jeu des Patriots[1] : ils ne feraient que des passes à 3 mètres et essaieraient seulement de courir après la réception, ce qui serait très ennuyeux à regarder. Et en effet, ils ont commencé de cette façon avant d’enfin réussir à un peu avancer sur leur 3e down pour passer à la série offensive suivante… au bout de laquelle ils ont été obligés de dégager au pied.

Un Seahawk ayant touché le genou du kicker en se jetant tel un oiseau sur sa proie, une première pénalité est tombée, l’équipe de Seattle a dû reculer avant d’essayer d’avancer. Ils ont insisté sur la course, ça ne passait pas. Au 4e down, il leur restait 2 yards à faire, ils ont à leur tour dû dégager au pied. Arrêt de volée (comme au rugby) donc pas de tentative de retour de dégagement. D’où le proverbe que j’ai inventé pour l’occasion : l’arrêt de volée empêche les belles envolées. Niveau créativité et gestes techniques, rien à voir avec du Javier Pastore. On a néanmoins vu une première belle passe de Tom Brady pour un receveur en bord de touche. Faire les 10 yards en une fois était chose rare, les Patriots étant manifestement adeptes du gagne-petit et de la prise de risque minimale. Il ne fallait surtout pas donner une chance à la défense adverse d’intercepter. Cette stratégie a payé. Du jeu au sol, encore du jeu au sol, parfois une petite passe – ou une passe assez latérale à 2h30 ou 9h30 – pour un receveur qui devait gagner du terrain au sol… Et quand Brady a voulu lancer pour le touchdown… il s’est fait intercepter à l’entrée de la end-zone. Quel saucisson ! On aurait dit une ouverture dans le vide à la Motta ! Il n’avait pas le moindre coéquipier dans la zone "visée".

Bill Belichick, l’entraîneur principal aussi légendaire que controversé – et Tom Brady ont fait leurs 5 Super Bowls ensemble, leurs Patriots n’avaient jamais marqué le moindre point dans le premier QT. Ils ont remis ça.

Malheureusement pour les Seahawks, cette interception a coûté un bras à son auteur. Au sens propre. Il y a laissé un bras. Russell Wilson a alors eu l’occasion de montrer sa particularité : en plus d’être passeur, il sait courir. Il a gagné 7 yards sur le premier down. Seattle a pu continuer à remonter tranquillement le terrain jusqu’à la fin du premier QT (qui aura duré une demi-heure tout compris). 0-0… Un score de Ligue 1 en ce week-end à 10 buts en 10 matchs.

Manifestement, à Seattle aussi on aime courir. Les champions en titre n’ont pratiquement rien tenté d’autre. Cette absence de variété a rendu leur jeu totalement prévisible, donc inefficace. Finalement, il a fallu dégager car Wilson a fait n’importe quoi jusqu’à devoir jeter le ballon au 3e down. Et là, je me disais que la NFL se débrouillait généralement pour nous faire des Super Bowls d’un autre niveau. Avant celui sans suspense de 2014, on en avait eu toute une série d’assez géniaux. Nous étions partis pour s’en manger un 2nd tout moisi de suite.

Fort heureusement les Patriots ont commencé à un peu plus ouvrir le jeu. Une bonne course, puis une passe assez dangereuse ayant failli être interceptée… Il pouvait se passer un truc. Enfin ! Brady a continué en cherchant à gagner des yards à la passe. Du jeu relativement simple mais beaucoup plus varié et surtout efficace, même s’il peut y avoir de la casse. On l’a même vu tenter une longue passe vers Rob Gronkowski pour un touchdown direct. Il a manqué 50cm au receveur préféré de Brady pour pouvoir compléter cette passe. Les gars de Boston proposaient désormais du beau jeu, ils avançaient. Fatalement, le touchdown est arrivé au bout de 5’13 dans le 2e QT. Course avec changement de trajectoire au dernier moment afin de se démarquer et de capter la balle à l’entrée de la end-zone, une passe pas dégueulasse – précise, puissante et assez basse – sans être la plus compliquée de sa carrière (difficile à intercepter). Du beau travail, à l’image de toute la remontée de terrain ayant abouti à cette action. Le TD a été transformé, 7-0 pour les Patriots.

Mot de passe pour les vidéos = SB49

Seattle devait déjà réagir. Peut-être en imitant son adversaire, dont la variété des options de jeu (courses, passes de différentes longueur et trajectoires vers des joueurs différents) a fait la différence. La défense n’a pas su s’adapter et anticiper.

La série a bien mal débuté pour Wilson, il a pris un sack d’entrée. Ça lui arrive rarement. Il a rapidement fallu prendre des risques en balançant une très longue passe. Elle aurait pu être captée ou interceptée, c’était du 50-50. Mais ce 3e down n’a rien donné, il a encore fallu dégager. Offensivement, Seattle n’arrivait à rien. Et défensivement, les Seahawks n’avaient pas encore montré de signe encourageant. Is ont voulu contredire cette impression en contrant la première passe de Brady. La suivante est passée, d’où 8 yards gagnés. Les 2 derniers étaient facile à gagner, le vieux quarterback a eu peur, ça s’était complètement ouvert devant lui, il n’a pas voulu courir. Encore une fois, il a fallu dégager. Du gâchis.

En voyant encore Seattle user et abuser des courses de bourrin dans le tas en plein milieu, je commençais à me demander si l’équipe dont le jeu avait été critiqué en plein match NBA n’était pas celle de l’Etat de Washington. C’était d’une pauvreté sans nom !

Pour ne rien arranger, un flag[2] a été jeté pour un faux départ de la ligne offensive. Il a fallu reculer de 5 yards et faire une passe pour essayer de parcourir la distance nécessaire à l’obtention de 4 nouvelles tentatives. La défense a été très bonne, malheureusement pour les Patriots l’arbitre a semble-t-il mal jugé l’endroit de la réception, les 10 yards n’avaient probablement pas été franchis, il en manquait un demi (en fait ça dépend de l'angle de la caméra). Pourtant, Seattle a pu continuer avec un premier down. Et dans la foulée, une énorme passe en profondeur de Russell Wilson a trouvé Chris Matthews, auteur d’une super réception... sa première de la saison ! Arrivés à 11 yards de la terre promise, les Seahawks ont insisté à la course avec Marshawn Lynch. Ça a fini par passer au 3e essai. Touchdown transformé 7-7 à 2’16 de la mi-temps. C’était vraiment très bien payé pour l’équipe de l’ouest, assez nulle et bénéficiaire d’une erreur d’arbitrage sans laquelle à la place de la super passe longue on aurait eu droit à un nouveau dégagement au pied.

Après le temps mort réglementaire à 2’ de la mi-temps, les Patriots ont surpris en envoyant LeGarrette Blount courir en plein milieu du paquet. Il a fait seul ses 10 yards. Les 10 suivants ont été réalisés également au premier down mais avec une nouvelle passe plus course. L’équipe de Nouvelle Angleterre a continué à varier et à avancer, profitant d’une boulette de la défense, pénalisée pour un faux départ. Une nouvelle réception de Shane Vereen suivie d’un beau gain à la course – avec une passe plein axe d’un Brady plein de sang-froid – a permis aux Patriots de s’approcher à 27 yards de la zone d’en-but. Il fallait à la fois gérer le chrono et penser à marquer… Alors qu’on ne s’attendait pas à ça à 31 secondes de la mi-temps, Brady a joué long pour l’immense Gronkowski parti en profondeur dans le coin droit du terrain. Il a profité du miss-match face à un adversaire beaucoup plus petit que lui… 14-7 pour New England, une avance bien mérité tant la supériorité de cette équipe était nette. A cette occasion, Brady a égalé le record de 11 passes de touchdowns au Super Bowl. Un record détenu par le légendaire Joe Montana.

Seattle avait 31 secondes pour marquer. La première tentative a été réalisée grâce à une super course… en ayant changé de coureur. Enfin un peu de surprise dans le jeu beaucoup trop prévisible de cette équipe. Wilson a ensuite feinté la passe pour un coureur avant d’y aller lui-même grâce à un petit cadrage et raffut du plus bel effet. Il a franchi la ligne médiane, toutefois il fallait encore avancer pour pouvoir tenter de marquer. Une super passe a permis d’y remédier (avec en plus un face mask[3] d’un joueur des Patriots sans intérêt en l’occurrence). Encore 6 secondes, plus que 11 yardsjusqu’à la end-zone. Que faire ? Tenter une passe ou le coup de pied ? La décision a été prise pendant un dernier temps mort… Avant-dernier car les Patriots ont joué l’intox et/ou cherché à s’adapter défensivement à ce qu’ils ont vu de la mise en place de leurs adversaires. Echec. Pour les Patriots. Car Matthews a encore été trouvé par Wilson à l’angle gauche… dans la zone. Touchdown ! Le receveur était en avance et plus grand que le défenseur. 14-14 à 2 secondes de la mi-temps, cette fois les Seahawks – et plus particulièrement Wilson – ont bien mené leur affaire.

En résumé, après un premier QT tout moisi, le niveau est bien remonté, le 2e QT, long d’une heure exactement (de 1h03 à 2h03), a été formidable. La variété du jeu des Patriots contre l’efficacité du duo Wilson-Matthews.

Le halftime show, ou concert de la mi-temps, avec Katy Perry et Lenny Kravitz, a envoyé du lourd au niveau des décors et accessoires. Par contre le costume que la chanteuse pop portait au début était particulièrement dégueulasse. Doré avec des flammes rouges et jaunes (en plastique). Les effets de lumière et projections vidéo sur le sol étaient en revanche de grande qualité. Ce bon vieux Lenny qui reprend I kissed a girl façon rock… Chapeau l’artiste ! Tout de suite bien mieux que tout ce qu’on peut voir dans les émissions de télé-crochet où les candidats se croient obligés de faire différent de la version originale, quitte à pourrir la chanson. Il en a fait un très bon titre. Après un changement de costume à la Arturo Brachetti, la brune est apparue dans un décor très enfantin assez caractéristique de son univers. Les dauphins ou requins avec des jambes qui dansent à côté des palmiers et des gros ballons vivants… Etrange quand même. Et là apparait Missy Elliott qui nous sort un vieux classique qui envoie la purée. Je la croyais retirée de la circulation ! Bien sûr, Katy avait enfilé une tenue plus street. En fait il s’agissait d’un medley de la rappeuse n°1 des années 2000. Pas sûr qu’elle le chantait en direct. Miss Perry a fini par se tailler (pendant le 3e titre) pour aller de nouveau se changer et revenir dans son registre avec Firework… Elle a bien sûr enfilé une tenue pleine d’étoiles. Chanter en s’envolant puis en volant dans le ciel du stade sur une toute petite plateforme surmontée d’une étoile filante en plastique avec une queue pyrotechnique. Le kitch flamboyant. Et à l’extérieur du stade (avec toi ouvert), des feux d’artifice. Logique.

Vous avez dit show à l’américaine ? Tout à fait ! J’avoue, honte à moi, j’ai bien aimé.

Pour éviter de se prendre un retour de coup d’envoi, ce qui s’est produit au retour de la mi-temps lors des 2 derniers Super Bowls, les Patriots ont directement mis la gonfle derrière l’en-but. Du coup, Seattle a débuté depuis la ligne des 20 yards avant une grosse percée à la course de… Lynch, comme d’habitude. Sur le premier down suivant, Wilson a encore cherché Matthews en profondeur, c’était sur le côté gauche, il a capté le ballon. Enorme ! Les Seahawks ont envoyé d’entrée la sauce piquante. Lynch est encore parti à la course, il restait seulement 10 yards à franchir pour marquer le touchdown, on en était au 2e down. Lynch n’a pas pu passer. Au 3e down, Seattle s’est entêté et n’a pas conclu sa tentative. Il a fallu tenter le field goal. 4’51 de jeu dans cette seconde période, 17-14 pour Seattle, devant pour la première fois du match.

Comme la plupart du temps depuis le début, le coup d’envoi a terminé dans ou derrière l’en-but. De retour aux affaires, Brady a continué à distribuer de la même façon. Un coup au large, un coup à la course, un coup à la passe à mi-distance dans l’axe. Propre et efficace. Seulement la défense adverse a fini par comprendre le truc… et a intercepté la passe en profondeur dans l’axe. Sensiblement la même que celle tentée au 3e down précédent. Un mauvais block après l’interception a fait reculer les Seahawks mais peu importe, ils avaient récupéré le ballon. La connexion entre Wilson et Matthews a encore été mise à profit, tout comme les pénétrations de Lynch. Wilson s’est ensuite offert une course assez longue après une jolie petite feinte pour aller pratiquement jusqu’aux 20 yards. Seattle était en train de vraiment prendre le dessus. Lynch nous a encore joué le spermatozoïde décidé à sauver l’espèce… Une pénétration impressionnante avec des appuis de folie pour casser les plaquages. A 4 yards de l’en-but, la nouvelle course de Lynch a échoué mais ensuite il a suffi à Wilson de feinter la passe à Lych pour trouver Doug Baldwin seul sur la droite dans la end-zone. Touchdown transformé, 24-14… Seattle a marqué 10 points en 10’06.

Les Patriots étaient obligés de se reprendre. Brady a tout de suite cherché une passe longue sur le côté droit pour un beau gain. Seulement un holding d’un de ses protecteurs a valu à son équipe une pénalité de 10 yards pour le premier down suivant. Brady cherchait de plus en plus souvent Julian Edelman, il le trouvait assez régulièrement mais la tâche avait été trop compliquée par la pénalité. Il a encore fallu dégager au pied.

La tendance s’est confirmée. Wilson a pu gagner énormément de terrain à la passe dès le début de la nouvelle série offensive. Il n’y avait presque aucune couverture dans l’axe. Déjà plus que 55 yards à faire. Le QB de Seattle était en plein récital, désormais la variété caractéristique du succès des Patriots en première période était pratiquée par l’autre formation. Une réception manquée de très peu a néanmoins obligé à dégager. Si le ballon n’avait pas échappé des mains du receveur (Jermaine Kearse), c’était du tout cuit pour alourdir le score et plier l’affaire.

Les Patriots allaient-ils enfin se remettre à jouer correctement ? Ils avaient besoin de gagner du terrain à la course, sans quoi la défense adverse allait pouvoir continuer à se concentrer sur leurs receveurs.

Le 3e QT, long d’une quarantaine de minutes, a complètement tourné en faveur de Seattle, supérieur dans tous les domaines. A la fin, le jeu a été interrompu, il restait un 3e down aux Patriots, ils l’ont raté en tentant encore une course moisie. Résultat, encore un dégagement… Le suspense subsistait uniquement grâce aux possibilités de marquer qu’offre le foot US, car les dynamiques et les forces en présence ne laissaient pas imaginer un instant un retour des hommes de Belichick.

Néanmoins, avec la force du désespoir… ou par orgueil, Boston a trouvé le moyen de rapidement bloquer l’attaque des Seahawks, avec notamment un sack, le genre d’actions qui euphorisent une défense. Il a encore fallu dégager au pied. L’espoir demeurait donc. A condition pour les Pats d’enfin enchaîner une série. Il restait une douzaine de minutes pour renverser la vapeur.

Seulement Brady n’avait aucune solution, il a donc tardé à agir et a pris un sack. Les choses allaient de mal en pris. 3e et 14… Par miracle, ou plutôt parce que les choix défensifs de Seattle le permettaient, ça s’en encore complètement ouvert devant lui, il pouvait courir mais s’est arrêté pour envoyer une passe surpuissante à Edelman. Le petit receveur a capté le ballon, malgré un énorme caramel il a tout fait pour ne pas poser le genou au sol en prenant appui sur son bras, ce qui lui a permis de continuer à avancer. Cet effort supplémentaire n'a rien rapportée car son genou avait bel et bien touché terre, néanmoins le principal était obtenu, il a obtenu le nouveau premier down absolument nécessaire pour continuer la série offensive. Edelman s’est encore affirmé comme étant l’homme clé des Patriots. Après un nouveau gain avec une petite passe sur le côté (nettement amplifié par une pénalité pour excès d’engagement), Brady a tenté le gros coup avec une passe longue dans l’en-but. Sa cible, Brandon LaFell, a touché le ballon sans pouvoir le capter. Les choses tournaient encore au vinaigre, le 3e down était déjà celui de la dernière chance. Une fois de plus ça s’est ouvert devant Brady (car ne craignant pas la course, Seattle ne mettait que 3 défenseurs pour couvrir un maximum de receveurs), une fois de plus il a fait la même passe pour Edelman, ce qui a permis à New England de s’approcher à 5 yards de la terre promise. La passe vers Edelman sur le premier down était trop imprécise, la suivante a survolé un paquet de bras pour arriver à Danny Amendola pour le touchdown (transformé) qui a relancé le match. 24-21 à 7’55 de la fin… Miam ! Au passage, Brady a battu le record de passes de touchdown au Super Bowl.

Les retours de coups d’envoi, c’est génial… Mais les gars passaient leur temps à les faire trop longs. Du coup, on n’a jamais eu l’opportunité d’en voir un. Celui-ci n’a pas dérogé à la règle. Wilson a de nouveau eu le ballon en main aux 20 yards. Sa longue passe aurait probablement trouvé son receveur sans une cuillère effectuée en loucedé de façon totalement illicite. Les arbitres n’ont rien vu. Et dans la foulée, Wilson a complètement loupé sa passe pour Lynch, parti jouer les receveurs. L’idée n’était pas mauvaise, juste très mal réalisée. Il a donc fallu dégager. Arrêt de volée.

Les Patriots avaient donc 6’52 et les clés pour reprendre le dessus. Brady l’avait déjà réussi 3 fois lors de Super Bowls.

Cette fois, ça a bien débuté avec une super réception à une main de Vereen, trouvé une 2e fois de suite pour franchir la ligne virtuelle des 10 yards et donc passer au premier down suivant. Edelman a encore réalisé un joli numéro après réception histoire de gagner encore un peu de terrain. Brady a de nouveau cherché Vereen, ça passait sans souci de partout… C’était un peu trop facile. Pas étonnant, il y avait une faute. D’où 5 yards perdus sur une pénalité. Pour mieux chercher Gronkowksi en profondeur. On avait fini par l’oublier ! Mais il a encore été trouvé dans la foulée, puis une course de Vereen – utilisé différemment cette fois – a fonctionné. Tout se passait de façon idéale. 2’52 à jouer, 1st and goal… Il n’y avait plus qu’à finir le travail avec 4 tentatives pour y parvenir. Blount a été ressorti du congélateur pour tenter de passer à la course en bon bourrin et perdre un maximum de temps. Car perdre du temps était impératif si New England ne voulait pas offrir à Seattle l’opportunité de marquer de nouveaux points avant la fin du match. Alors qu’on pouvait imaginer une nouvelle tentative à la course pour la raison que je viens d’indiquer, Brady a encore cherché Edelman. Mais surtout, il l’a encore trouvé, seul à gauche pour le touchdown ! Transformé bien sûr. 2’02 à jouer, 28-24 pour les Patriots… Quel incroyable retournement de situation ! Brady est devenu énorme dans le dernier QT après s’être complètement perdu, mais Edelman méritait les honneurs de MVP en cas de succès.

Une énième fois, le coup d’envoi a fini en ballon mort. Seattle est reparti des 20 yards avec une passe incroyable pour… Lynch, envoyé au large sur le côté gauche pour la seconde fois de la rencontre, celle-ci avec succès. Forcément, le gain a été conséquent, 31 yards, plus que 49 à parcourir.

Les Seahawks ont pété un plomb, Pete Carroll, leur entraîneur principal, montrait donc déjà des signes de fébrilité, ils ont cherché des passes hyper compliquées sur les 2 premiers downs… Ils étaient sous pression. Heureusement, au 3e, Wilson a touché sa cible, on est reparti pour un tour. Et il a encore essayé le tout pour le tout avec pourtant plus d’une minute à jouer. Le ballon assez flottant a été détourné par un défenseur passé à rien de l’interception, mais du coup il est retombé sur le joueur au sol qui a réussi à le bloquer le ballon avant que celui-ci ne touche aussi le sol ! Hallucinant ! Jermaine Kearse a attrapé une patate chaude en ayant le dos sur la pelouse, l’ogive lui a tapé le genou, puis la main droite, encore la main droite, et alors seulement il a pu le contrôler avec les 2 paluches ! Du coup, il s’est retrouvé à 5 yards de la end-zone… Du tout cuit.

Evidemment, il fallait envoyer Lynch à la course… Il s’est d’abord approché à 1 yard… Avant une craquage total ! Il restait une vingtaine de secondes, il suffisait d’envoyer Lynch dans le tas, il restait 3 tentatives, il avançait presque à chaque fois donc allait forcément y arriver… Mais Wilson a tenté une passe dans le paquet ! Même pas au large, pratiquement en plein milieu, là où il y avait plein de défenseurs pensant devoir bloquer Lynch. La passe a été interceptée sur la ligne d’en-but. Mais pourquoi faire une passe ? POURQUOI ? Seattle avait la victoire en main, la bague de champion était déjà au doigt de chaque joueur ! Malcolm Butler est donc devenu la star incongrue de ce match.

Les Patriots étaient à 1 yard de leur en-but, ils risquaient de concéder un safety (2 points) avec encore 20 secondes à jouer. Il restait un tout petit suspense. Mais un faux départ débile d’un défenseur a offert 5 yards de marge. C’est parti en grosse baston sur la reprise du jeu. Une belle grosse baston à l’ancienne ! Le 51 de Seattle s’est fait exclure (avec 15 yards de pénalité totalement anecdotiques), on peut comprendre sa frustration, d’autant qu’il a pu y avoir du chambrage.

Affligeants de nullités lors du 1er et du 3e QT, les New England Patriots ont donc gagné 28-24 à l’issue d’un 4e QT incroyable long de 54 minutes (terminé à 4h10… ce qui nous fait l’ensemble en 3h40 plus la cérémonie de remise des trophées). Seattle s’est liquéfié pendant ce QT.

Les 5 premiers Super Bowls du duo Brady/Belichik ont été décidés par 4pts ou moins. Celui-ci n’a pas dérogé à la règle. Ils en ont donc remporté un 4e en 14 ans[4] (4 titres, comme Tony Parker en NBA… mais en 11 ans), en grande partie grâce à Edelman et à… Pete Carroll, le head coach adverse, dont la boulette me fait penser à la douloureuse erreur de Gregg Popovich lors des finales NBA en 2013. A la fin du match 6 son équipe menait de 3 points et avait la victoire en poche, il suffisait de faire faute pour donner 2 LF à Miami, il n’a pas voulu faire faute, Ray Allen a fini par hériter du ballon au corner pour planter le panier à 3 points de l’égalisation. Ceci dit, les Spurs sur le terrain auraient pu prendre eux même l’initiative d’agir alors qu’en foot US, les joueurs sont spectateurs et/ou exécutants des choix de leur coach, l’improvisation et la prise d’initiatives sont très limitées, seul le QB peut par moment s’y aventurer. Grosse différence, les Spurs ont gagné l’année suivante alors que les Seahawks ont gagné l’année précédente.

Honnêtement, à la place d’un joueur de Seattle, après ce crime contre l’équipe, j’aurais voulu casser en 2 mon entraîneur pour m’avoir fait perdre le Super Bowl. Ou alors, au lieu de lui verser le seau de boisson énergétique sur la tête je l’aurais noyé dedans ! (Mérite-t-il pour autant d'être viré par Paul Allen, le propriétaire de la franchise ? Non, le gars a emmené son équipe 2 fois de suite au Superbowl quand même !) Alors que Butler, un rookie, pourra le remercier. Sans cette improbable boulette, il aurait perdu, grâce à elle il a reçu sa bague et la casquette de héros.

Sachez que Brady a tenté 50 passes au cours de ce match (pour 37 réussites, 4 touchdowns et 2 interceptions, soit autant d’interceptions en 1 match qu’en 5 autres Super Bowl)… Wilson une grosse vingtaine pour une douzaine de réussites seulement me semble-t-il. Franchement, au niveau du jeu, c’est mérité. Seattle reposait essentiellement sur 3 hommes (Wilson, Lynch et Matthews, je n'ai pas l'impression d'avoir vu Richard Sherman) et a eu beaucoup de réussite alors que les Patriots ont compté sur beaucoup de joueurs, pas seulement Brady, finalement élu MVP pour la 3e fois, mais aussi sur Gronkowkski, Edelman, Vereen, et j’en passe. Il n’y a pas scandale, mais j’aurais récompensé Edelman avec le titre de MVP. Monstrueux. Alors que physiquement, il ne paie pas de mine, il n’est même pas grand (1m78) et démesurément baraqué (90 kilos).

Et pour les fans de théorie du complot : comme dans la simulation officielle de Madden NFL (le jeu EA Sports), les Patriots ont gagné 28-24 (vrai) après avoir été menés de 10pts (vrai). Brady était MVP (vrai) avec 4 touchdowns (vrai) et 328 yards gagnés à la passe, soit 7 de moins qu’en réalité (donc presque vrai). Tout était prévu à l’avance… Le scénario était écrit !

4h30, fin de la retransmission.

Et voici un petit résumé si vous n'avez pas le temps de regarder les autres vidéos.

Notes

[1] Ou alors c’était le jeu des Seahawks et ça fout tout en l’air… et en voyant la suite du match j’ai un petit doute.^^

[2] Quand un arbitre voit une faute pendant une action, il jette son petit drapeau – qui est en fait une sorte de mouchoir – en l’air.

[3] Attraper la grille du casque d’un adversaire est une faute.

[4] Record de victoires égalé pour un QB et pour un coach je crois.