Le PSG s’est créé un nombre assez énorme d’occasions franches, sans vraiment bien jouer pendant une grosse partie du match. Souvent, il a eu le ballon sans l’exploiter correctement. La façon de le récupérer très rapidement en étouffant complètement Lens était remarquable. Seulement, ça n’a duré que pendant la première moitié de la première période, puis sporadiquement par la suite. A la mi-temps, toutes les stats étaient largement à l’avantage des locaux, que ce soit la possession (67%), le nombre de tirs (11 à 2), les corners (5 à 1), les centres (15 à 2), ou encore le nombre de fautes (seulement 2 parisiennes pour 12 lensoises). Pourtant, les occasions créées dans le jeu étaient rares, elles résultaient pour la plupart du pressing grâce auquel les Parisiens récupéraient le ballon en zone offensive et pouvaient enchaîner rapidement. A de rares exceptions près (notamment le but raté par Bahebeck en position de HJ à la 7e), plus le nombre de passes augmentait, plus les actions avaient tendance à s’enliser ou à être gâchées par une transmission ratée, un mauvais choix, un centre imprécis ou carrément manqué, voire tout simplement une intervention défensive. Heureusement, ces interventions étant régulièrement fautives, des CF ont donc récompensé certaines de ces séquences. Dans le jeu, Ibra a tiré sur la barre suite à un décalage de Verratti (14e), il a ensuite loupé un duel face à Riou en ratant totalement son lob (16e). Cette fois il était lancé en profondeur par Rabiot. Dans les 2 cas, il s’agissait de l’exploitation instantanée de ces ballons de récupération.

Bref, le PSG dominait nettement, les situations chaudes se multipliaient, la plupart sur CPA, grâce à du jeu rapide, rarement grâce à du jeu placé. Les côtés étaient sous-utilisés, le gauche n’existait pas, le droit un peu plus grâce à Lavezzi, Van der Wiel étant beaucoup trop peu efficace. La clé était le rythme. Cette rencontre ne manquait pas d’intensité, on prenait du plaisir à la regarder, sauf pendant ces séquences de passes qui avaient tendance à tout ralentir. Or pour faire exploser la défense des visiteurs, la vitesse était la clé, il fallait accélérer, que ce soit en courses ou en passes. Il ne fallait pas laisser aux Sang et Or le temps de se replacer, de se réorganiser. Faire circuler tranquillement le ballon ne pouvait être que contreproductif. Surtout quand Zlatan décrochait loin de la surface adverse, où par conséquent, sa présence faisait défaut.

Ça jouait pépère, on était tombé dans le brouillon. En début de seconde période, rien n’a changé, le match a repris sur les mêmes bases, les Parisiens ayant toujours les mêmes problèmes de manque de créativité pour transformer les longues séquences de possession en actions de but.

Certes, les Lensois ne présentaient pas un danger monumental, mais ils n’abdiquaient pas, leurs contre-attaques causaient parfois de grosses frayeurs aux Parisiens. Camara et David Luiz ont eu pas mal de travail au cours de cette rencontre. Heureusement que Sirigu est intervenu pour repousser un tir de Touzghar – le réalisateur s’est fait avoir, il diffusait un ralenti… et n’a jamais montré le ralenti de cette grosse occasion – à 0-0 (17e) ! Heureusement que Chavarria a tiré à côté quand Baal l’a trouvé seul dans l’axe à 20 mètres (42e) ! Afin de prévenir tout souci, le PSG devait impérativement augmenter son avantage au score. Manquer les occasions de prendre le large a coûté beaucoup de points cette saison. Ces souvenirs sont remontés à la surface. En particulier quand Lavezzi a mangé la feuille (52e). Le ballon était perdu, il a été récupéré à moins de 30m du but de Riou, Verratti a tout de suite répondu à l’appel de Lavezzi lancé plein axe entre les défenseurs, tout était parfait, l’Argentin a profité d’un mauvais alignement pour se présenter face au gardien, l’a effacé grâce à son premier contrôle. Il suffisait alors de pousser le ballon au fond de la cage désertée, il a voulu se l’emmener comme pour rentrer dans le but avec la gonfle… permettant ainsi le retour de Baal. Un raté hallucinant pour un joueur normal, pas pour Lavezzi, coutumier du fait.

Dans la foulée, Lens a réagi, sentant peut-être qu’il était possible de profiter de l’incapacité des Parisiens à faire le break. Trop limités pour égaliser, les visiteurs ont enfin permis à leurs hôtes de se mettre à l’abri. Guillaume a commis une énorme boulette en concédant un penalty (58e). Le jeune attaquant belge a tenté un tacle sur Van der Wiel, parfaitement décalé par Zlatan dans le dos de Baal. Dans la surface, à l’angle de celle-ci, le Batave a juste arrêté le ballon sous sa semelle en attendant le contact inéluctable. Bien joué. Il a donc réussi quelque chose au cours de cette rencontre… Bon, en réalité, il a réussi quelques trucs, mais que de déchet ! Seule son activité offensive ne peut lui être reprochée.

Ibra a transformé le péno (60e), tir plat du pied à droite du gardien, du classique. Il était presque l’heure d’effectuer les changements prévus dans l’optique du 8e de final retour de LdC contre Chelsea. En attendant la fin de l’échauffement de Pastore, Cavani et Matuidi, le PSG a enfin construit une action digne de ce nom en jeu placé. Même si elle s’est mal terminée. Riou a également arrêté un énième tir d'Ibra faisant suite à un une-deux avec Thiago Motta (64e), puis un autre tir du Suédois, de loin, pas très dangereux.

Encore menaçants en contre grâce aux pertes de balles idiotes des milieux parisiens (Verratti, Thiago Motta et Rabiot ont commis beaucoup de ces erreurs, tantôt par manque de concentration, tantôt en tombant dans la facilité), les Lensois ont fait entrer Coulibaly et Benjamin Bourigeaud. Ils avaient besoin de fraîcheur physique devant à la fois pour avoir une chance de marquer et pour assurer le repli défensif suite à leurs offensives. Juste après, Blanc a remplacé Bahebeck et Verratti par Cavani et Pastore (67e). Ceci n’a pas payé dans l’immédiat car à peine entrés sur le terrain, ils ont assisté, impuissants, à la réduction de l’écart. Un BALC. Facilement évitable. Au départ, un long CF repoussé, perte de balle d’Ibra à 30m dans l’axe, Van der Wiel se fait faire l’amour par Coulibaly qui décale Baal, centre au sol, Touzghar se jette devant David Luiz, son tacle aux environs du point de penalty modifie le score, 2-1 (68e). Ce n’était pas prévu…

Avec Pastore, le PSG a changé d’allure, l’amélioration était déjà nette. Avec Matuidi à la place de Motta (Rabiot est passé devant la défense), le niveau s’est encore élevé. Motta a tenu 72 minutes pour son retour de blessure. Toujours est-il que dans cette configuration pour terminer la rencontre, il n’y avait plus photo. Kombouaré, qui faisait son retour au Parc en tant qu’entraîneur pour la première fois depuis son licenciement honteux, a sans doute vite compris ce qui attendait son équipe. La machine à popcorn était désormais allumée, les grains de maïs venus du Pas-de-Calais ont explosé. Pastore a ajouté le caramel. Un régal !

Riou a pu réaliser des miracles sur un CF de David Luiz (73e) puis une occasion de Cavani (76e), en revanche il n’a rien pu faire à l’issue de la contre-attaque menée par Ibra (80e). Tout est parti d’un CF lensois avec 7 joueurs montés pour tenter de le reprendre. Le contre s’est développé dans l’axe, Pastore a proposé une solution sur la droite, Cavani a fait un appel au premier poteau, Matuidi est parti se jeter au second et a ainsi pu profiter du centre caviar de Javier. Son énorme sprint lui a permis d’inscrire son premier but de la saison en L1. L’action est magnifique, elle implique les 3 remplaçants. Il n’y a pas que l’attaque placée dans la vie, rien n’est plus efficace qu’un beau contre collectif bien négocié.

Attention, je ne suis pas contre les attaques placées, si elles sont bien construites, elles donnent lieu à des buts au moins aussi remarquables. On s’en est rendu compte 2 minutes après le nouveau break avec un sublime 4e but : 19 passes, d’abord derrière en essayant d’aspirer le bloc adverse pour créer des espaces entre les lignes, puis une accélération en passes avant une accélération individuelle de Pastore, une sollicitation de une-deux avec Zlatan, auteur d’une louche parfaite, le service idéal pour une reprise de volée croisée. Du grand art, 4-1 (82e).

Le score aurait encore pu être alourdi par Lavezzi (tête cadrée, 88e), par Van der Wiel (volée sur la barre, 89e), re-Lavezzi (volée contrée, 90e), Ibra (tête cadrée, 90e), et enfin Matuidi (92e). Lens a eu le dernier mot, seulement l’occasion de Coulibaly de la tête a été arrêtée par Sirigu (93e).

Il devait s’agir d’une formalité. Le PSG au taquet en 2015 face à des Lensois en perdition avec leur équipe d’enfants. Le score donne l’impression qu’en effet, il s’est agi d’une formalité. Les stats aussi : 29 tirs dont 16 cadrés plus 2 sur les montants (contre 8, 3 et 0 pour les Lensois). En réalité, non, on peut difficilement qualifier cette victoire de formalité, car d’une part il a fallu attendre les 10 dernières minutes pour réellement plier l’affaire, d’autre part Blanc a dû faire entrer les cadors pour y parvenir. Devoir remettre un coup de collier sur la fin est bien la preuve que le travail n’a pas été bien effectué auparavant. Riou a plusieurs fois épaté la galerie, néanmoins le tenir pour seul responsable du manque d’efficacité des joueurs de la Capitale serait stupide.

Quand vous jouer le samedi après-midi contre le 19e (mais 20e de la phase retour avec aucune victoire, 3 nuls et 5 défaites) juste avant un match retour de Ligue des Champions face à Chelsea où il faudra aller chercher un résultat et non en défendre un, faire tourner l’effectif s’imposer. Blanc n’a pas opté pour du turnover, il n’avait pas le choix. Il récupérait Motta, blessé depuis un moment, Ibra, suspendu lors des 2 rencontres précédentes face à Monaco, en revanche Lucas, Aurier, Cabaye et Thiago Silva manquaient à l’appel (tous blessés, le capitaine n’a pas été retenu dans le groupe suite au coup de coude reçu de Berbatov il y a quelques jours). Matuidi, Cavani, Marquinhos et Pastore (pour éviter de réveiller sa douleur au mollet) ont pris place sur le banc avec Douchez, Digne et le jeune Augustin.

Par conséquent, l’équipe de départ était la suivante : Sirigu - Van der Wiel, Camara, David Luiz, Maxwell - Verratti, Motta, Rabiot - Lavezzi, Ibra (C), Bahebeck. Soit beaucoup d’éléments en manque de rythme faute de temps de jeu ou de retour de blessure, l’ensemble pâtissant à la fois de l’absence d’automatismes et… d’un meneur de jeu, ou au moins d’un véritable milieu offensif. Zlatan a dû tenir ce rôle en décrochant, parfois avec succès, souvent sans. Cette configuration n’a clairement pas mes faveurs, je le préfère en pointe quand il pèse réellement sur la défense, oblige 2 joueurs à le coller, les domine physiquement, n’hésite pas à prendre la profondeur tout en pouvant tenir le rôle de pivot.

Le Suédois a tout de même tiré 10 fois au but pour 6 tirs cadrés plus un montant touché… mais un seul but, sur péno. Dont il est à l’origine par une super passe, c’est vrai. Il est aussi impliqué dans le 3e but et a servi Pastore pour le 4e. Dans l’ensemble, il a bien croqué, surtout sur son lob manqué. La perte de balle qui a permis à Lens de marquer est de lui.

Il n’est pas le seul à blâmer pour cette prestation collective ambiguë ou contrastée. Quand on doit en mettre 8 ou 9 sans forcer, se faire des frayeurs improbables, c’est dommage. Surtout juste avant un match européen hyper important. Surtout quand on a l’opportunité de faire énormément gonfler la DDB et qu’on le fait à moitié le lendemain d’une victoire 6-1 de l’OM à Toulouse.

Si Sirigu a été très bon les rares fois où l’équipe a eu besoin de lui, si Camara a fait le taf avec beaucoup d’interceptions et autres actions appréciées par le public, si David Luiz a été omniprésent des 2 côtés du terrain et au milieu de celui-ci, se révélant particulièrement précieux offensivement, les latéraux n’ont pas été à la hauteur. Du moins Maxwell s’est surtout contenté de défendre (un seul centre). Van der Wiel – que je vais commencer à sérieusement appeler "El Pichot" en hommage à Stéphane Pichot, à peu près aussi bon… en ayant coûté beaucoup moins cher – a été presque apocalyptique malgré un péno obtenu et un tir sur la barre. Maladresse, mauvais choix, faiblesses défensives particulièrement flippantes compte tenu du niveau très limité de l’adversité… Je m’accroche à l’espoir de le voir partir cet été.

Au milieu, Rabiot a alterné le bon… et 2 ou 3 bêtises. La clé le concernant est l’état d’esprit. Ça se passe très bien quand il joue simple et rapidement vers l’avant (avec des passes qui auraient mérité d’être mieux exploitées par Ibra et Cavani), mal quand il se la joue à la Verratti.
Motta a été correct, surtout pour un retour, même si on se serait bien passé de certaines pertes de balles et si on aurait apprécié une plus grande régularité dans ses CPA. Quand il s’aventurait dans les 25 ou 30 derniers mètres, il a fait de bonnes choses. J’ai l’impression qu’il va jouer mercredi… Ce qui ne me rassure pas. Ce ne sera pas tous les jours Lens en face.
Même réflexion concernant Verratti. Il y a du positif dans le sens où 2 de ses passes auraient mérité d’être décisives (pour Ibra et Lavezzi), offensivement il a été l’auteur de plusieurs bons décalages, seulement il y a aussi pas mal de négatif. Ses défauts sont encore très prononcés. Il a toujours tendance à vouloir en faire beaucoup trop, à multiplier les touches de balle inutiles, à chercher le duel au lieu de l’évitement. Son jeu manque de spontanéité comme de simplicité. Il en a fait preuve de temps en temps, par exemple sur l’occasion croquée par Lavezzi. De temps en temps seulement, car à de trop nombreuses reprises il a tergiversé pour finalement faire un mauvais choix (tenter une passe improbable au lieu de tirer ou complètement téléphonée tant il a attendu pour la faire, ralentir les actions…). Contre Lens on l’a vu manquer de concentration, être au taquet dans certains duels et en dilettante dans d’autres. Essayer de dribbler plusieurs joueurs à la fois et se faire déposséder de la gonfle, rater des tentatives d’obtention de CF, ne commettre aucune faute… Pour Verratti, c’est anormal. Face à Chelsea, élever le niveau sera impératif.

La spontanéité, Javier Pastore n’en manque pas. Son entrée a été synonyme de saut de qualité. Simplicité, lucidité, efficacité, don de soi pour l’équipe. Admirable.

Enfin, devant, "El Pochtron" a encore gâché un max même s’il s’est montré impliqué, hyper combatif, a multiplié les appels, a été intéressant dans le jeu. Le problème est toujours le même, il raterait un éléphant dans un couloir avec une mitraillette. A la fin, on retiendra forcément les grosses cagades, pas le reste. Bahebeck a quant à lui raté son match. Physiquement je l’ai trouvé hors du coup (ni explosif, ni puissant) et il n’a pas réussi à se situer dans cette attaque à 3 sans milieu offensif avec un Ibra qui faisait ce qu’il voulait. Son faible temps de jeu depuis le début de l’année explique sans aucun doute ce manque de rythme. Le cas Ibra a suffisamment été évoqué. Cavani a été assez discret, contrairement à Matuidi, qui peut facilement être classé parmi les attaquants tant il apporte offensivement.

Laurent Blanc a pris le risque de faire entrer Javier à 2-0, ce qui a en plus donné l’occasion aux idiots de siffler Bahebeck. Le 3e et dernier changement a été effectué à la 72e, donc assez tôt. Ça m’a rappelé le scénario horrible de PSG-Caen. Heureusement, cette fois, pas de catastrophe. Les entrants ont même été décisifs.

Que dire d’autre ? M. Bien a bien dirigé la rencontre, 3 cartons pour Lens, 1 pour David Luiz qui a manifestement fait exprès de le prendre en faisant un véritable sketch sur une touche à la 92e minute. Son objectif était d’être suspendu contre Lorient plutôt que contre l’OM. Malin.

De la prestation lensoise on retiendra surtout quelques interventions spectaculaires de Riou (pas irréprochable sur l’ouverture du score), un cruel manque d’expérience et de niveau (quand tes seuls joueurs ayant connu la L1 pendant plus d’une saison sont Ahmed Kantari et Ludovic Baal, c’est significatif), mais aussi une bonne attitude globale héritée de Kombouaré. Même complètement bouffée en début de match par des Parisiens entrés sur le terrain au taquet, cette jeune équipe n’a ni déposé les armes, ni tenté la tactique du hérisson. Elle a tenu tant bien que mal pendant 20 minutes puis a fait de son mieux pour attaquer, soit en contre, soit en faisant circuler le ballon pour construire des actions pas dégueulasses, ceci jusqu’à la fin (avec une occasion à la 93e minute). Le jeu du PSG est devenu beaucoup plus brouillon en milieu de première période puis il a fallu attendre grosso modo l’entrée de Pastore pour remettre de l’ordre. Les visiteurs n’y sont sans doute pas pour rien.

Pour l’anecdote, Loïc Landre était titulaire dans l’axe, je l’ai vu plus dégueulasse.

Le choc de mercredi à Londres opposera peut-être le leader de la L1 à celui de la Premier League (selon le résultat de Lyon à Montpellier), Paris se qualifiera, j’en suis intimement persuadé.