Eliminé de la Ligue des Champions aux portes du Final 4 par Vezprem, une formation nettement plus solide (dans le sens où elle a commis beaucoup moins d’erreurs), encore dans la course pour être champion mais dépendant des résultats de Montpellier, le club de la Capitale avait l’obligation de remporter cette Coupe de France, sous peine de risquer de vivre une saison blanche. Ce titre, le PSG en était le tenant après avoir échoué en finale en 2013.

Ça a plutôt bien débuté, puis il y a eu un premier trou d’air au cours duquel Nantes a réussi une série pour s’octroyer une petite marge. Heureusement, les Parisiens ont ensuite pris le dessus en défense, empêchant leurs adversaires de marquer pendant une douzaine de minutes. Tout se passait bien, le PSG a commencé à prendre le large, mais ensuite Nantes est revenu. Il a fallu attendre les 10 dernières minutes pour faire la différence. Le score final est sans appel : 32-26. L’homme du match est Jeffrey M’Tima, le seul joueur formé au club, auteur de 11 buts sur 13 tentatives. Comme d’habitude, Mikkel Hansen a aussi été très bon (8 buts en 8 tirs dont 2/2 aux jets de 7m), il est carrément monstrueux en ce moment.

(Aussi sur Vimeo.)

Au cours de l’après-midi, il y avait aussi Liège-Bastogne-Liège. Marquée par d’énormes chutes collectives, la classique a été remportée par Alejandro Valverde, vainqueur au sprint au sein d’un petit groupe d’hommes forts. Il a battu le Français Julian Alaphilippe, révélation du printemps. En 4 jours, il a été devancé 2 fois par le vétéran espagnol connu aussi pour ne pas avoir fait sa carrière à l’eau clair. Mais enchaîner une 2e place sur la Flèche Wallonne puis Liège-Bastogne-Liège à seulement 22 ans est très prometteur. Romain Bardet a terminé 6e.

(Aussi sur Vimeo.)

Mais c’est surtout à 18h qu’avait lieu le gros de la journée. Pour tout ce qui est sports collectifs de clubs, rien ne vaut les émotions des compétitions continentales. Or à 18h ont débuté la finale de la JSF Nanterre en EuroChallenge et la demi-finale retour du PSG en Ligue des Champions féminine. Du basket à la télé (en clair) et du foot féminin sur un autre écran. Je ne vous cache pas que j’étais plus attentif pour suivre les filles.

A la base, en basket, je suis pro-MSB, mais après avoir atteint les quarts de finale de cette même compétition, les Manceaux ont pris 2 bran-bran en Roumanie, ils ont donc loupé le Final 4. Dommage. Ceci dit, comment ne pas avoir d’admiration pour la JSF, un club qui a monté les divisions et remporté plusieurs trophées ces dernières saisons, dont celui de champion de France en 2013, et la Coupe de France en 2014 (grâce à laquelle elle a obtenu sa qualification pour l’EuroChallenge).

La saison passée, les Altoséquanais ont même réussi à faire bonne figure en Euroligue. Certes, le niveau n’est pas du tout le même, on ne parle pas ici de l’Euroligue, ni même de l’EuroCoupe[1], seulement de la 3e compétition continentale, l’EuroChallenge, organisée par la FIBA Europe. A vrai dire, peu importe. La dernière victoire française dans une coupe d’Europe masculine datait de 2002, quand Nancy avait remporté la coupe Korac[2], qui, me semble-t-il, correspond actuellement à l’EuroCoupe[3]. D’une part, ça reste une coupe d’Europe. D’autre part, l’important, en sport, ce sont les émotions. Evidemment, si un très gros club se retrouvait à la jouer un peu par accident et la gagnait sans forcer, ce titre serait probablement considéré comme une ligne secondaire à son palmarès. Le statut de Nanterre – petit club familial de banlieue construit année après année – et les circonstances dans lesquelles cette victoire historique a été acquise lui donnent un goût tout particulier.

Le Final 4 se déroulait à Trabzon, en Turquie. En finale, Nanterre a battu… Trabzonspor, invaincu à domicile depuis des lustres, et qui avait mis 20 points d’écart aux Roumains tombeurs du MSB. La JSF a tapé Francfort (84-79) en demi-finale malgré la perte d’une de ses vedettes au bout de 7 minutes. Il a donc fallu jouer la finale sans Mykal Riley dans une salle surchauffée. Un vrai public turc. Avec tous les aspects positifs (ferveur impressionnante) et négatifs (les jets de piles à la fin du match) de la chose. Pour ne rien arranger, Jérémy Nzeulie s’est blessé à 2’ de la fin du 3e QT. Il avait formidablement bien remplacé Riley en inscrivant 14pts pour 20 d’évaluation.

Nanterre a compté 12 points d’avance lors du 3e QT, ça semblait très bien parti, pourtant Trabzonspor a recollé pour passer devant d’1 point à quelques secondes de la fin. Nanterre avait la dernière possession, celle de la gagne. 11"8 après la faute turque (Nanterre n’était pas encore dans le bonus). L’affaire semblait mal engagée suite à l’échec de la tentative de tir primé de T.J. Campbell (2/7 dans l’exercice). Son tir était trop long. Johan Passave-Ducteil a alors pris un rebond offensif contesté, il était enfermé ligne de fond côté droit. Campbell a très bien réagi en courant vers le cercle, son pivot a pu se sortir de la prise à 3 grâce à une passe avec rebond convertie miraculeusement par l’arrière américain d’un improbable layup réflexe avec la planche au buzzer. Hallucinant ! A coup sûr une des actions de l’année du sport français. En direct, la validité du panier ne faisait aucun doute. Les arbitres ont tout de même vérifié à la vidéo, et là, le miracle prend toute sa dimension. Le ballon a quitté la main au dernier dixième avant l’expiration du chrono. A quelques centimètres près. Fou !

Si vous n’avez pas vu cette victoire (64-63) ou que vous voulez le revoir, le voici.

Pour l’anecdote, sachez que Joseph Gomis, 36 ans, ancien meneur de l’équipe de France, était à Nancy en 2002 avant de faire carrière à l’étranger et de revenir à Limoges, alors en Pro B. Il est arrivé à Nanterre l’été dernier après un titre de champion obtenu avec le CSP. A l’opposé, vous avez Mam Jaiteh, probablement choisi au premier tour (ou début de 2nd tour) de la Draft NBA dans quelques semaines. Un savant mélange de générations opéré par Pascal Donnadieu. La famille Donnadieu a réussi des merveilles avec des moyens limités, les choix de recrutement sont généralement pertinents, qu’il s’agisse de recruter et de conserver ses cadres français ou de choisir ses américains. La saison régulière de Pro A se passe très bien pour la JSF, je suis curieux de voir comment elle va se terminer et comment cette dynamique va pouvoir être entretenue dans la durée. La stabilité de l’effectif est souvent la clé de la réussite dans les sports collectifs de clubs. C’est le problème récurrent des clubs français en basket.

La suite en cliquant ici.

Notes

[1] Villeneuve-d’Ascq a remporté l’EuroCoupe féminine il y a 1 mois, il s’agit aussi de la 2e compétition européenne mais organisée par la FIBA Europe, comme l’Euroligue féminine. Aix-en-Provence avait remporté ce trophée en 2003.

[2] Aussi remportée 2 ans auparavant par Limoges, déjà vainqueur de cette compétition à 2 reprises en 82 et 83, Pau ayant succédé au CSP en 84.

[3] C’est assez compliqué, on lit qu’il s’agissait de la C3 mais quand vous regardez le palmarès et l’historique de la Korac, vous en venez à la conclusion que la correspondance Korac/EuroChallenge est fausse.