3 fois lors des 4 dernières rencontres, le score a été ouvert avant la 3e minute. Ça aide. 2 fois lors des 3 derniers matchs au Parc, les visiteurs ont encaissé 6 buts, soit autant que lors des 12 dernières saisons (6-1 contre Sochaux en avril 2012 et contre Montpellier en février 2004), il faut remonter à la Coupe Intertoto 2001 (contre la Gantoise en 2001) et bien sûr au célèbre 7-2 en Ligue des Champions contre Rosenborg (octobre 2000) pour trouver mieux.

Les séries en court dans les compétitions domestiques sont assez impressionnantes : 9 victoires consécutives, 23 matchs – 1 an – sans défaite au Parc (1 défaite en 28 matchs en comptant la LdC), etc. En outre, cette saison, les gardiens adverses ont préservé la virginité de leur cage dans seulement 3 cas sur 56 TCC, les autres en ont encaissé 116 buts, soit désormais une moyenne supérieure à 2 par rencontre. En L1, c’est déjà 78 en 36 journées, un record pour le club qui en était à 77 au même stade de la compétition la saison passée. Il est donc possible de faire mieux que le total de 84 buts de 2013-2014. J’ai fait des recherches, pour trouver mieux, il faut remonter à 1978-1979, Nantes avait marqué 85 fois (Strasbourg avait remporté le titre), comme Sainté en 65-66 (Bordeaux, Nantes et Rennes avaient aussi planté 84, 84 et 80 buts). La seule équipe à avoir connu une saison plus prolifique depuis 50 ans est l’ASSE en 69-70 (88 buts), soit avant la création du PSG.

En résumé, l’objectif est de marquer 11 buts lors des 2 derniers matchs pour finir à 89 et m'obliger à aller chercher encore plus loin dans le passé (je sais que le record est 118 buts).

Je ne suis pas un grand fan de stats, sauf quand elles sont pertinentes. En l’occurrence, celles-ci le sont au moment de faire le bilan d’une saison décrite comme médiocre par beaucoup de monde (journalistes, consultants, supporters qui se laissent influencer par les médias…). Le PSG est en train de réaliser la meilleure saison de son histoire, une des meilleures, si ce n’est la meilleure de l’histoire du foot français. En remportant ses 3 derniers matchs (2 en L1 plus la finale de la CdF) il terminerait cet exercice avec les 3 titres nationaux, le 3e meilleur bilan en championnat (points, buts marqués et DDB) depuis des temps immémoriaux$$Au moins 25 ans, même en convertissant la victoire à 2pts en victoires à 3pts), et un exploit légendaire face à Chelsea (champion d’Angleterre) avant une élimination logique en quart de finale de la Ligue des Champions face à une équipe du Barça probable vainqueur de la compétition grâce à son trio Messi-Suarez-Neymar. Le tout malgré énormément de blessures de joueurs importants, les conséquences de la Coupe du monde (joueurs de retour tardivement, préparation physique tronquée), un effectif limité par les contraintes du fair-play financier (surtout la limite du nombre de joueurs) et extrêmement sollicité (59 matchs officiels à disputer plus ceux avec les sélections nationales), plus des suspensions à gogo et pas toujours justes…

Surtout, contrairement à ce qui a souvent été dit et écrit, le PSG a énormément progressé dans le jeu et l’état d’esprit.

La saison passée, je me plaignais régulièrement de la politique du moindre effort, de la gestion à outrance dont beaucoup se satisfaisaient allègrement. Quand il est possible d’en mettre 6, il faut essayer d’en mettre 6, pas s’arrêter de jouer au bout du 1er, 2e, voire 3e dans le meilleur des cas. Y compris à la maison contre l’OM ! Pour en planter 4 ou 5, il fallait un accident. Cette saison, "la possession pour la possession" a été remplacé par d’autres principes de jeu. La possession pour la création. On prend plus volontiers des risques dans les passes et les dribbles dans les bonnes zones du terrain. Perdre le ballon en tentant de choses ne présente aucune gravité dans la mesure où l’équipe squatte le camp adverse et y impose une pression permanente. Ainsi, elle récupère le ballon beaucoup plus vite, créant du déséquilibre sur du déséquilibre, donc beaucoup plus de danger. Le PSG de cette saison sait tout faire… et fait tout ! Ceci le rend imprévisible. On le doit en grande partie grâce à Pastore dont une des caractéristiques du jeu est justement d’être imprévisible. Attaque placée, attaque rapide, contre-attaque, combinaisons ultra-rapides en une touche, jeu long avec recherche de profondeur ou de déviation, l’axe, les ailes, rien n’est laissé de côté. Seule la frappe de loin est sous-utilisée. Voir les défenseurs centraux et les milieux défensifs s’échanger des séries interminables de passes dans leur propre moitié de terrain sans jamais chercher à avancer m’horripilait, surtout qu’à la fin, en général, ce néant créatif et offensif se concluait par une ouverture en profondeur au petit bonheur la chance. L’idée selon laquelle quand on a le ballon l’autre équipe ne l’a pas est aussi déplorable que le bétonnage, il s’agit d’une autre forme d’anti-football.

Contre Guingamp, il y a eu beaucoup de jeu direct, beaucoup de jeu long, beaucoup de contre-attaque. Dans un passé récent, ces types d’actions étaient dévalorisées, considérées comme pas assez nobles pour être pratiquées par le PSG, presque déshonorantes. Il fallait tout le temps faire 50 passes avant le tirer au but. Exactement les dérives du Barça et de la Roja après quelques années de succès. Sur ces 50 passes, au moins 44 ne servaient à rien. Désormais, quand les Parisiens font tourner derrière, c’est dans le but de chercher une ouverture, de faire travailler l’équipe adverse, et soudain, ils accélèrent. Les ouvertures en profondeur sont préparées, les brèches dans lesquelles ils s’engouffrent sont ouvertes par des passes et des déplacements. D’ailleurs, en montant mes vidéos, j’ai remarqué une chose : presque systématiquement, avant de faire une passe dans leur camp, on les voit orienter leur regarde dans le sens du jeu, ils cherchent une solution de passe pour avancer, quitte à devoir ensuite revenir en arrière ou changer de côté si nécessaire. La façon dont est construite l’équipe le permet.

Le job d’un entraîneur est d’exploiter au mieux les qualités et le potentiel des joueurs à sa disposition. Donc de les faire évoluer dans la meilleure configuration possible et en choisissant les associations les plus complémentaires afin de leur permettre d’exprimer leur talent. A condition que son groupe soit composé de vrais footballeurs (à différencier des athlètes aux pieds carrés), bien faire son job génère du spectacle, pas seulement des résultats. Les résultats bruts sont une chose, ils ne suffisent pas. Satisfaire le public doit être le véritable objectif. La meilleure manière d’y parvenir est souvent de faire en sorte que les joueurs eux-mêmes s’amusent, prennent du plaisir. S’ils se font chi*r sur le terrain ou se sentent mal utilisés, on va droit dans le mur à court ou moyen terme.

Javier Pastore est un vrai n°10, il doit être utilisé au minimum en tant que milieu offensif, ce qui était trop rarement le cas la saison passée. D’ailleurs Laurent Blanc a souvent mis en place des équipes sans milieu offensif, il n’y avait que des récupérateurs/relayeurs et des attaquants, personne pour mettre le feu dans la zone clé, à savoir entre la défense et les milieux adverses. Il a carrément voulu faire de Javier un joueur défensif en le privant de sa liberté, donc en bridant sa créativité. De même, le cas Cavani a été très mal géré. J’ai longuement exposé tout ceci en fin de saison dernière. La révolution depuis l’été dernier est la prise de pouvoir de Pastore dans son vrai rôle. "El Flaco" est la clé du jeu parisien, quand tout semble verrouillé il ouvre la serrure grâce à son jeu entre les lignes. Javier est le meilleur joueur du club et du championnat, on a vu qu’en son absence et quand il n’a pas été assez utilisé ou a été sorti injustement (à Barcelone en poule, contre Monaco à l’aller, contre Lyon aller et retour, à Guingamp, et j’en passe), l’équipe a lâché des points importants. Cavani a quant à lui alterné un rôle d’attaquant de côté et d’avant-centre en profitant des nombreuses absences de Zlatan. La plupart du temps, bien plus que son positionnement, le problème a été son faible niveau technique et son manque d’efficacité. Quand il est placé sur une aile, il se prend pour un défenseur latéral. Quand il est dans l’axe, on le voit régulièrement revenir dans sa propre surface, mais souvent pour tenter de compenser ses ratés et pertes de balle devant.

La saison passée, on a vu une fois la formule qui fonctionne actuellement : en phases défensives, Pastore et Cavani doivent se replacer sur les côtés, en phases offensives Pastore est meneur de jeu totalement libre derrière Ibrahimovic et Cavani, tous les 2 en pointe. Si le Suédois a toujours la possibilité de décrocher – dans ce cas Javier peut monter d’un cran – il reste en réalité plus en pointe (ce qu’attestent ses 3 HJ contre Guingamp) afin, soit de servir de point d’appui comme sur le 3e but par exemple, soit de prendre la profondeur comme sur le 4e. Il pèse alors beaucoup plus sur la défense et est encore plus efficace. Preuves en sont ses 2 buts (dont un péno obtenu par lui-même et un autre qu’il aurait dû obtenir) et ses 2 passes décisives.

Cette configuration avait été testée avec beaucoup de succès en novembre 2013 face à Nice, le PSG avait gagné 3-1 avec un triplé d’Ibra, auteur de 11 tirs dont 6 cadrés. Pour l’anecdote, en raison de la présence d’un arbitre assistant chef de gare, un record de HJ avait été battu : 11 à 0 ! Après cette rencontre, il semblait clair pour tout le monde que Blanc avait trouvé la meilleure formule possible, ce trio avec ces rôles bien déterminés et Lucas en remplaçant dynamiteurs pour la fin de rencontre. Etrangement, ceci n’a pas été reconduit, il a fallu attendre des mois pour retrouver cette formule gagnante. J’ose espérer que Blanc a enfin compris !

Le match.

Comme d’habitude, l’effectif n’était pas au complet. Les absences de Van der Wiel (suspendu), David Luiz, Thiago Motta et Bahebeck (blessés), étaient compensées par le retour de Serge Aurier. Sirigu réintégrait aussi le groupe. D’où ce onze sans surprise : Sirigu - Aurier, Marquinhos, Thiago Silva (C), Maxwell - Verratti, Cabaye, Matuidi - Pastore - Ibra, Cavani. Cette équipe avait l’opportunité de mettre une grosse pression à l’OL (en déplacement à Caen samedi) en jouant avant le club d’Aulas pour la première fois depuis le rattrapage du match en retard contre Metz. Il était possible à la fois de repousser provisoirement Lyon à 6 points et de reprendre l’avantage à la différence de but. En atteignant ce double objectif, le PSG a envoyé un message à son dernier rival. Ce message est assez clair : ne vous faites aucune illusion, le titre est à nous.

En ce beau vendredi soir de printemps, tout était réuni pour nous permettre d’assister à du grand spectacle. Cette affirmation est devenue encore plus vrai grâce à l’ouverture du score de Cavani dès la 2e minute. Les Bretons ont eu le temps de toucher le ballon une fois et de commettre une faute, les Parisiens ont multiplié les passes jusqu’au décalage d’Aurier par Pastore. L’Uruguayen a coupé le centre parfait de l’Ivoirien au 1er poteau (une sorte de petite reprise de volée décroisée de la semelle). Pour la 3e fois en 4 rencontres – après Lille et Nantes – les adversaires du PSG ont tenu moins de 2 minutes. En général, leur objectif est de repousser au maximum l’échéance. En débutant si fort, le PSG fait s’évanouir leurs maigres espoirs de bien s’en sortir.

Jocelyn Gourvennec avait opté pour un 4-4-2, il espérait que son équipe réussisse un coup, il redoutait toutefois la bran-bran. Libérés par la certitude de se maintenir, ses hommes risquaient de jouer trop libérés et d’oublier les fondamentaux, de trop se découvrir, ou de commettre des erreurs coûteuses pour une raison ou une autre. Il y a eu un peu de laxisme défensif lors de quelques actions, notamment sur cette ouverture du score, mais dans l’ensemble, privés de ballons, les Guingampais ont juste pris la marée car les vagues étaient des tsunamis. Ou du moins d’énormes rouleaux – compresseurs – de printemps. Les Parisiens étaient trop techniques, trop agressifs (dans le bon sens du terme), trop frais physiquement, trop en confiance. Ça allait beaucoup trop vite pour ces malheureux Bretons, le pressing permanent les étouffait complètement. Leur seule parade possible était de prier tout en espérant que leur gardien, Jonas Lössl, soit touché par la grâce.

Le Danois a réussi quelques miracles face à Pastore à la 27e (l’action la plus monstrueuse de la saison, une triple une-deux avec Cabaye puis Matuidi à la vitesse de la lumière, la dernière déviation de Matuidi étant une talonnade joga bonito, Lössl a pu détourner sur son poteau le tir puissant de Javier à angle assez réduit… c’est allé si vite que ni l’arbitre ni son assistant – tous les deux mauvais – n’a signalé le corner), Cavani à la 53e (ouverture magnifique de Pastore, reprise topée de l’Uruguayen repoussée des pieds par Lössl qui avait pourtant sauté en croyant à un lob… gros coup de chance, d’autant que dans la foulée Cavani a tiré dans le petit filet), puis Zlatan 2 fois de suite à la 76e (d’abord un CF incroyable d’une vingtaine de mètres, en principe pour gaucher, Ibra a envoyé une mine, le ballon est passé par l’extérieur du mur selon une trajectoire à la Roberto Carlos… sauf qu’il a tiré du droit… et a été détourné au pied du poteau ; ensuite, sur le corner, Zlatan s’est loupé en envoyant le ballon droit sur Lössl), et enfin Lucas à la 79e (tête surpuissante au point de penalty sur un centre de Maxwell, le gardien semblait pris à contrepied, il a eu un super réflexe et la main très ferme). Il peut aussi remercier M. Moreira et son assistant d’avoir sanctionné Pastore d’un HJ très limite et invisible à vitesse réelle alors qu’il partait seul au but (40e) et d’avoir oublié un penalty totalement évident sur Ibra, victime d’un tacle par derrière de Sorbon (64e).

A toutes ces occasions franches, il faut en ajouter d’autres, toutes visibles dans le résumé vidéo et le condensé de la rencontre, et bien sûr… les buts. 3 de Cavani, 2 d’Ibra, 1 de Maxwell. Hormis le penalty d’Ibra (assez généreux car il y avait accrochage de maillot mutuel entre lui et le défenseur, la faute de la 64e était d’une toute autre nature), ces buts sont tous beaux grâce à leur conception, leur construction et/ou leur finition.

Le 2e est né du pressing incessant. Marquinhos est monté dans le camp adverse pour aider Verratti à récupérer le ballon, ce dernier a pu avancer jusqu’à la surface, il s’est trompé en servant Cavani à sa gauche mais ne pouvant frapper, ce dernier a redonné la gonfle à Verratti dans l’axe, lequel aurait pu frapper mais a décalé Ibra à sa droite. Feinte de frappe pour mettre le défenseur sur les fesses, tir du gauche sous la barre (18e). Ce but, qui a permis de réaliser le break, a aussi fait office de réponse à la seule occasion bretonne de la rencontre (13e). Une double occasion sur CPA, un CF hallucinant de Beauvue assez dingue pour frapper directement de 45 mètres (claquette de Sirigu devant sa lucarne), une tête de Sorbon sur le corner (arrêt beaucoup plus facile).

Le 3e résulte aussi de ce pressing, Guingamp a dû se débarrasser du ballon, le PSG l’a récupéré, une passe assez formidable de Cabaye a éliminé 5 ou 6 joueurs et trouvé Ibra dans l’espace. Une déviation a alors suffi à servir Cavani, auteur d’un bon déplacement et d’une frappe du gauche sans contrôle depuis l’entrée de la surface. Frappe victorieuse bien sûr, même si Lössl a touché le ballon (52e).

Le 4e est le venu d’une accélération côté droit. Aurier enclenche l’action, déviation de Verratti vers un Pastore lancé qui décale Ibra, parti en profondeur du côté droit de la surface. Il aurait pu la remettre à Javier, il a préféré temporiser, lever la tête et finalement centrer en cloche devant le but pour Maxwell, monté au second poteau pour mettre un coup de casque de très près (56e).

Le 5e est très différent, il s’agit d’un CF lointain joué rapidement en profondeur par Verratti. Un classique du PSG cette saison, on l’a vu contre Bastia (but de Cavani) et à Toulouse (but de Bahebeck), un a vu un autre but dans la même veine à Lorient (encore but de Bahebeck mais pas sur un CPA), soit 4 des 7 passes décisives de Verratti en L1. Ceci dit, la finition de Cavani est magnifique, une volée de l’intérieur du droit dans le petit filet opposé (70e). Pas facile du tout à mettre.

Au cours de cette rencontre, hormis quelques minutes en première période pour récupérer de leurs efforts, les Parisiens n’ont jamais arrêté de jouer. Sauf à la fin, après la sortie des 2 joueurs les plus importants, Matuidi et Pastore (77e). Quand vous les sortez pour mettre Rabiot et Lavezzi, c’est comme si vous enleviez le moteur, la boîte de vitesse et le volant d’une formule 1 pour les remplacer par les éléments équivalents prélevés sur une Coccinelle de collection. Ça marche tout de suite beaucoup moins bien. Hormis l’action de la tête de Lucas et l’initiative solo d’Ibra conclue par le penalty, on ne peut pas retenir grand-chose du dernier quart d’heure (TAC).

Je vous propose maintenant le résumé de ce match particulièrement riche en action, bourré d’occasions de but. D’où les 25 minutes de vidéo.

Mais si vous préférez, j’ai une version condensée de 40 minutes dans laquelle vous retrouverez en plus la plupart des phases de circulation du ballon, de construction des actions, voire de récupération. Si vous aimez la dimension tactique du football, cette version est faite pour vous.

Pour le 70e anniversaire de la capitulation nazie[1], le PSG a fait capituler Guingamp. Les couleurs sont les mêmes, heureusement la comparaison s’arrête là. Néanmoins, dans les 2 cas, quelques vestes vont se retourner, certaines personnes vont faire la fête avec les vainqueurs en prétendant y avoir toujours cru… malgré les éloges adressées à l’un ou l’autres des Olympiques de l’axe Rhône-Méditerranée depuis des mois. Eloges souvent agrémentées de critiques vives et infondées à l’encontre du PSG.

Lors de la phase aller, il y a eu quelques mauvais matchs et des résultats décevants dus généralement à 2 soucis :
-l’équipe ne parvenait pas à prendre le large quand elle ouvrait le score, il manquait ce but du break grâce auquel on gagne en sérénité et les adversaires cessent d’y croire, d’où beaucoup d’égalisations concédées pour cette saison ;
-les nombreuses blessures, en particulier celles de Thiago Silva et d’Ibra, d’autres comme David Luiz ayant dû jouer malgré les douleurs. Certaines fois, 7 ou 8 joueurs étaient absents en même temps.
Malgré tout, le PSG a connu sa première défaite de la saison le 10 décembre à Barcelone (le 25e match officiel de la saison), peu après une série de 9 succès consécutifs TCC. Les 7 nuls (pour 6 victoires) lors des 2 premiers mois de la saison et les soucis de décembre sans Pastore (2 défaites dont celle à Guingamp, 1 victoire et 1 nul juste avant la trêve) ont laissé croire aux Marseillais et aux Lyonnais qu’ils allaient pouvoir se faire le club de la Capitale. Ces 2 clubs ont disputé 5 matchs de coupes nationales à eux deux, Lyon s’est fait sortir de façon ridicule de l’Europa League, l’OM n’était pas européen, un calendrier très léger et beaucoup de réussite (y compris au niveau des décisions arbitrale) expliquaient leur présence devant un PSG diminué. Les médias ont très mal analysé la situation. Pour relancer la machine il aura suffi d’une incartade de Cavani et de Lavezzi, décidés à prendre plus de vacances que les autres. Laurent Blanc y a vu l’occasion d’enfin affirmer son autorité. Cette prise en main du groupe par l’entraîneur et le travail effectué lors du stage de quelques jours au Maroc ont servi à remettre de l’huile dans les rouages. Depuis, tout va bien. Le retour du vrai Thiago Silva a aidé.

En 2015, malgré tout un tas de nouvelles blessures, de suspensions pas toujours justes, un calendrier surchargé et des tirages au sort dégueulasses, on voit un très grand Paris, à l’image de cette balade des gens heureux face à Guingamp. On peut parler de soirée presque parfaite. Les 3 points, la DDB bien soignée, le message envoyé à l’OL d’Aulas (destinataire de quelques chants pour le moins hostiles)… Le PSG au Parc en 2015, c’est 15 matchs TCC, 44 buts marqués, 15 buts encaissés, 12V, 2N (Chelsea, Caen dans des circonstances très spéciales), 1D (Barcelone). Si on s’en tient à la L1, 8 victoires et 1 nul en 9 matchs, 32 buts pour, 9 contre.

Malgré le score de 6-0 la perfection n’a pas été atteinte, faute de but de Javier. A cause de Lössl, de l’arbitre assistant et même de Zlatan, qui la oublié à quelques reprises. Ça ne lui fait que 2 avant-dernières passes, sa prestation aurait mérité meilleur résultat statistiquement reconnu.

Une petite évaluation individuelle.

Sirigu : 2 ou 3 trucs à faire… très bien faits.
Maxwell : comme d’habitude, pas très actif mais extrêmement efficace (1 but et presque une passe décisive).
Aurier : excellent en attaque et en défense. J’insiste sur son impact défensif et sa sérénité dans la sortie du ballon, je ne l’attendais pas forcément dans ce registre. Il gagne sa place pour la fin de saison et la prochaine.
Marquinhos et Thiago Silva : très solides, propres, et même malins.
Cabaye : très bon retour, sobre, très présent à la récupération, dans la circulation du ballon, dans le jeu (notamment le jeu long), une passe grandiose responsable du 3e but. Il a tout à fait sa place au PSG, contrairement à ce qu’on veut nous faire croire.
Verratti : pas de jaune cette fois, mais 2 passes décisives. Frais physiquement, il n’a pas compté ses efforts, son activité incessante au pressing et à la récupération lui ont permis de se mettre en évidence. La configuration du match était idéale pour lui qui, car quand l’équipe joue vers l’avant, squatte le camp adverse, il peut au mieux faire étalage de ses qualités, alors que quand l’équipe joue en reculant, subit, on a tendance à beaucoup plus voir ses défauts. Je l’ai toujours dit, pour moi Verratti doit être utilisé très "haut", dans un rôle de meneur de jeu, pas en n°6 ou en pseudo meneur reculé. En l’occurrence, quand on a un trio Verratti-Cabaye-Matuidi et Pastore en 10, les permutations se multiplient, c’est un cauchemar pour qui doit tenter de les bloquer. Ses quelques erreurs et prises de risques évitables sont faciles à pardonner dans un match comme celui-ci. Mention spéciale pour sa maîtrise de ses nerfs, il a progressé dans ce domaine, Younousse Sankharé l’a cherché pendant tout le match, il lui a même volontairement marché sur la main (un geste qui mériterait une convocation par la Commission de discipline de la LFP et 3 matchs de suspension) sans parvenir à lui faire péter un plomb.
Matuidi : toujours à fond, égal à lui-même, trop de gens continuent à ne pas se rendre compte de son importance dans le jeu.
Pastore : énorme, je l’ai déjà évoqué.
Ibra : 2 buts, 2 passes décisives, ça aurait pu ou dû faire plus dans les 2 catégories avec un meilleur arbitrage et plus d’efficacité de ses camarades. Et il n’a ni toujours fait les bons choix, ni tout le temps été à fond, notamment quand il perdait le ballon. On l’a aussi vu se chauffer avec l’arbitre qui lui a mis un jaune très sévère.
Cavani : son 1er triplé avec le PSG… et encore des occasions croquées… On sent qu’il veut faire monter sa cote en vue de la saison prochaine. Si cette fin de saison très prolifique peut lui faire retrouver une valeur marchande très élevée, c’est tout bénef – ou zéro perte^^ – pour le club.
Les remplaçants : Lucas a remplacé Cabaye à la 69e sans faire une entrée fracassante même s’il aurait pu marquer. Lavezzi et Rabiot ont joué le dernier quart d’heure TAC sans se faire remarquer.

Guingamp : Lössl a été très bon malgré les 6 buts encaissés, les autres n’ont pas réussi à se faire une bonne pub. Sorbon a été dans la plupart des mauvais coups, Lemaître et Sankharé ont eu de la chance de ne pas se faire sortir par l’arbitre pour des fautes très laides.

M. Moreira et ses assistants : totalement à la ramasse. Mais sont-ils capables d’être bons ? Leur prestation est juste le reflet de leur niveau. Que de fautes évidentes pas sanctionnées, d’incohérences dans la distribution des cartons, dans le signalement des HJ, sans parler du corner évident sur le tir de Pastore ! Les 2 équipes ont eu des occasions de se plaindre. A juste titre. Heureusement pour M. Moreira, il y avait un monde d’écart, ça noie le dossier arbitrage dans la masse.

Plus que 3 matchs, profitons-en !

Note

[1] Et 19 ans de la victoire en Coupe des Coupes, mais ça n’a rien à voir.