Javier Pastore est totalement innocent. Il n’a même pas commis de faute pendant la rencontre et a pris soin d’éviter les contacts pouvant lui faire risquer une sanction. Seulement, M. Fautrel a encore frappé. Après avoir tenté d’entuber le PSG à Metz et y être parvenu à Bastia, il a une nouvelle fois été très mauvais, perdant le contrôle d’une rencontre pourtant facile à arbitrer. Trouver le moyen de sorti 8 cartons jaunes est assez fascinant. Hilton aurait dû prendre un rouge pour la gifle gratuite mise à Javier. Quels sont les torts de l’Argentin ? Avoir tenté des petits ponts – qui s’imposaient dans cette situation mais n’ont pas plu aux Montpelliérains – et ne pas s’être écroulé en faisant mine d’avoir reçu un crochet de Golovkin. Il est simplement allé voir Hilton pour lui demander le pourquoi de cette réaction. Il n’a pas rendu la baffe, contrairement à ce que disent certaines personnes, il a juste posé sa main sur la joue du Brésilien[1]. N’ayant rien vu, l’arbitre a mis un jaune aux deux. C’est stupide. On punit aveuglément la victime exactement comme le coupable. Un arbitre respectable ferait un rapport complémentaire pour faire rectifier son erreur, comme quand Imbula a été expulsé à tort contre le PSG (le rouge a été annulé). Dans le cas présent, il s’agit de M. Fautrel, donc il n’y a rien à espérer. A vous dégoûter d’être honnête… Désormais, on ne pourra reprocher aux joueurs victimes de mauvais gestes d’en faire des tonnes, manifestement c’est la seule façon de ne pas prendre de carton.

Au lieu de calmer les esprits, les cartons sortis de façon irresponsable juste avant la mi-temps ont eu pour effet de pourrir la seconde période. Ils ont généré de la tension, on sentait les joueurs énervés. Dégoûté, Javier est en partie sorti de son match car il connaissait les conséquences de cette injustice, il a essayé de parler à l’arbitre, on l’a vu revenir sur ce mauvais geste avec Hilton. Ainsi, après une première période assez magistrale, la seconde a été nettement moins bonne, il y a eu beaucoup plus de déchet, d’autant que ses partenaires n’accompagnaient plus vraiment les attaques, Cavani ne faisait plus les bons appels. En fin de rencontre, ça s’est amélioré grâce aux changements et aux ajustements tactiques demandé par Javier à ses coéquipiers.

Sans attendre, voici la prestation de Javier. Si vous préférez voir d’abord le résumé, ou plutôt le condensé de la rencontre, il est un peu plus loin. Attention, certains de ses gestes risquent de vous éblouir.

Laurent Blanc ne disposait pas d’un groupe au complet pour ce déplacement chez lui, à Montpellier, où Jean-Louis Gasset a lui aussi laissé une trace importante dans l’histoire du club. Il manquait Ibra (douleur au mollet, pas de risque avant la finale de la Coupe de France), Bahebeck (toujours blessé), ainsi que Thiago Motta et Verratti, suspendus. Ce n’est pas si grave, car Verratti a manqué 5 matchs de L1 cette saison, le PSG a toujours gagné. Motta en a manqué encore plus, 10 sur 36 avant ce déplacement, pour 6 victoires, 3 nuls et 1 défaites (celle à Bastia en se faisant fourrer après une excellente première demi-heure). En résumé, ils ne sont pas irremplaçables, contrairement à Javier (1 défaite et 3 nuls en son absence).

La surprise est venue de la titularisation de David Luiz au détriment de Marquinhos. Le défenseur chevelu faisait son retour de blessure. Je m’attendais à le voir au milieu, je ne pensais pas voir Rabiot d’entrée. Hormis ce choix, rien d’illogique : Sirigu - Aurier, Thiago Silva, David Luiz, Maxwell - Rabiot, Cabaye, Matuidi - Pastore - Cavani, Lavezzi.

Les faits donnent raison à l’entraîneur, son poulain a été très bon au sein du milieu 100% français, il a même joliment servi Matuidi pour l’ouverture du score… du droit, à la 17e minute. Un CF joué vite, déviation de Pastore, Rabiot lance Matuidi en profondeur dans le dos de la défense mal alignée (une passe au sol, pas au-dessus à la Verratti), contrôle du gauche, enchaînement du droit.

La bonne nouvelle de cette composition d’équipe est la confirmation d’Aurier en tant que titulaire. Le club a levé l’option d’achat, il est en train de s’imposer. Auteur de la passe décisive sur le second but inscrit par Lavezzi (25e), l’Ivoirien vient d’enchaîner 6 passes décisives et 1 but lors de ses 10 derniers matchs avec le PSG. OK, je l’avoue, dans la mesure où il est parti remporté la CAN et a été blessé un bout de temps après son retour, la série de 10 matchs est assez artificielle, elle débute à PSG-OM en novembre… En 2015 il a seulement porté 6 fois le maillot rouge et bleu (ou rouge/orange fluo en finale de la Coupe de la Ligue), ce qui s’est soldé 5 fois sur 6 par une passe décisive. En l’occurrence, lancé sur son aile par Pastore, il a centré en retrait, Cavani n’a pu reprendre au premier poteau, Lavezzi en a profité en mettant le plat du pied à peu près au niveau du point de penalty, envoyant le ballon au pied du montant, au même endroit que Matuidi un peu plus tôt.

La domination parisienne était totale, le niveau de jeu et l’intensité faisaient plaisir à voir. Le PSG a pris énormément de pression à ses hôtes, jouait très haut et se procurait des occasions très franches, certaines dues à des erreurs provoqué par le vent de panique semé par les visiteurs (8e, 11e), la plupart générées par Pastore et ses partenaires (3e, les 2 buts, 31e, 34e). Encore assez maladroits, Lavezzi et Cavani auraient dû marquer au moins 2 fois de plus. Ne pas parvenir à alourdir le score a failli être préjudiciable car Montpellier a réduit l’écart par Anthony Mounier. Un BALC, le coup du centre rentrant – un gaucher côté droit – raté… qui devient une frappe en lucarne. Comme tout le monde, Sirigu a cru au centre, il a fait un pas en avant… et s’est fait piéger. Lobé, il n’a pu effectuer la claquette. 1-2 (40e), Montpellier revenait potentiellement dans le coup, il fallait faire au moins aussi bien que Bordeaux à Lyon pour espérer jouer une finale pour la 6e place[2] lors de la dernière journée.

Malgré plusieurs CF cadeaux pour des fautes imaginaires, notamment de Cabaye. Outre le but chanceux, pour ne pas dire miraculeux, Montpellier n’a jamais été réellement dangereux, les opportunités de l’être ont toutes été soit mal négociées, soit annihilées par la défense parisienne, très solide. Néanmoins, les Héraultais ont montré des intentions grâce auxquelles la première période a été super. Intense, technique (d’un côté du moins), animée, jouée dans l’ensemble avec un très bon état d’esprit avant l’incident de la 45e minute (même si auparavant, 1 ou 2 cartons auraient pu être sortis pour excès d’engagement ou manque de maîtrise dans des interventions, notamment une faute de Lucas Barrios sur David Luiz). On se régalait, les joueurs prenaient du plaisir au point d’assister à quelques séquences joga bonito. Le pressing parisien a fait des merveilles, notamment celui de Matuidi, encore une fois omniprésent, tout comme Pastore et Rabiot.

A la mi-temps, Rolland Courbis a dû effectuer son 2e changement, faisant entrer Kévin Bérigaud à la place d’Anthony Mounier, blessé un peu avant la mi-temps. Il avait déjà dû substituer Bryan Dabo à Jamel Saihi, victime d’une béquille à la cuisse.

La seconde période, pas loin d’être dégueulasse, a terni la soirée. 14 fautes sifflées lors des 45 premières minutes, 21 lors des 45 dernières. Pour respectivement 2 et 6 jaunes (dont 5 en 16 minutes). Fautrel a complètement perdu le fil et énervé tout le monde pour rien. Essayer de faire preuve de cohérence était le minimum. A la 51e, Rabiot se fait violemment découper par Deplagne, heureusement l’espoir rouge et bleu n’était pas sur ses appuis, sinon il était bon pour une amputation. 2 minutes plus tard, Rabiot commet une faute absolument incomparable avec celle subie juste avant, il se fait sanctionner de la même façon, carton jaune. A la 59e Congré se fait Aurier qui transperçait la défense, Fautrel se limite à un CF, en revanche Dabo puis Cabaye se font cartonner à la 62e et à la 63e. Dabo a taclé sur la cheville de Cabaye, il méritait sa sanction, Cabaye a en revanche payé essentiellement une répétition de pseudo-fautes, il s’agissait de la 4e sifflée contre lui, elle n’est absolument pas évidente, 2 des 3 précédentes étaient totalement imaginaires. Le suivant à y avoir eu droit est Aurier, agacé par les coups de sifflet intempestif, qui a failli se faire avertir pour un dégagement en tribunes puis puni dès la faute suivante, pourtant assez bénigne (67e). En revanche, rien à dire concernant celui contre Marquinhos, auteur d’une faute d’antijeu totalement idiote (90e).

Le PSG s’est réveillé lors du dernier quart d’heure TAC, auparavant on l’avait vu se laisser faire en reculant beaucoup trop. Montpellier montrait beaucoup d’envie, certes, mais en réalité, c’est surtout que les visiteurs nettement baissé en intensité, en agressivité, le pressing n’était plus le même, les contre-attaques ne pouvaient plus être menées à bien faute de soutien offensif. A la récupération du ballon, Pastore manquait de solutions, souvent Cavani était le seul à faire un appel… et encore pas toujours. Quand il y avait un ou des appels, la pertinence et la justesse des déplacements n’étaient pas au rendez-vous. Si Javier a raté des passes et effectué quelques choix discutables, certaines pertes de balle sont surtout dues à la mauvaise appréciation de leur trajectoire par le destinataire de ses ouvertures. En résumé, tout ce qui a permis au PSG de rayonner en première période a disparu, ou presque. Imprécisions techniques, incompréhensions, le bloc qui ne remonte plus, les contres joués à 2 ou 3 au lieu de 5 ou 6, le ballon récupéré beaucoup plus loin du but adverse… Exactement l’opposé de la recette du succès des dernières semaines (et de la première période).

De temps en temps, une action bien menée venait égayer un peu ce match de plus en plus haché, bourrée de CPA. Les véritables occasions se faisaient rares. Maxwell en a gâché une en voulant centrer (56e), Cavani a sauvé la maison en contrant un tir de prêt suite à un cafouillage dans la surface (64e), Bérigaud a été gêné de justesse par Thiago Silva en tentant de reprendre un centre de Barrios au premier poteau, du coup il n’a pas cadré (66e). Ces 2 occasions héraultaises sont les plus nettes de La Paillade. Pousser dans le but d’égaliser est une chose, y parvenir demande au moins de cadrer ses tirs. Entré pour la fin de rencontre à la place de Marveaux, Camara ne l’a pas fait (84e, 88e).

Laurent Blanc s’est quant à lui limité à 2 changements. Le premier était sans doute prévu à l’avance (Lucas pour Lavezzi, 69e), le second est plus intéressant, il a lancé Marquinhos au milieu pour suppléer Cabaye (78e). Sans doute fallait-il apporter un peu de fraîcheur dans ce secteur pour remettre de l’impact, ce que Cabaye ne pouvait plus faire à cause de son carton. Au moment de ce réajustement effectué par l’entraîneur, les joueurs eux-mêmes avaient eu la bonne idée de se dire ce qui n’allait pas. La communication est souvent la clé de la réussite. Pastore, qui s’était vu reprocher une perte de balle en contre alors que ses 4 coéquipiers étaient les plus à blâmer (ils ont tous fait le même appel de l’autre côté du terrain, aucun n’a pris la profondeur dans la zone libre où Pastore aurait pu faire la passe rapidement et facilement), a fait signe à ses partenaire de remonter, de venir lui proposer des solutions. La situation s’est alors nettement améliorée, le PSG a repris le dessus, s’est de nouveau créé des occasions, en particulier une frappe en force d’Aurier détournée presque miraculeusement par Ligali (80e), préféré à Jourdren en raison d’une brouille avec Courbis. Montpellier a encore eu très chaud sur le corner suivant puis sur un autre (84e) né d’une contre-attaque bien jouée à plusieurs. Lucas aurait dû plier l’affaire à la conclusion d’une bonne action de Maxwell et Pastore mais a complètement raté sa frappe (86e). Enfin, le meilleur joueur de Ligue 1 a envoyé une énorme mine sur la barre, son enchaînement méritait mieux (91e).

Le dernier fait regrettable de la rencontre est la pluie et fumigènes et de pétards due à un groupe d’ultras parisiens venus en indépendants. Comment réclamer de retrouver les libertés volées par le club et les pouvoirs publics en défendant si mal cette cause ? Avec cette démonstration de bêtise, les idiots responsables de ces faits ont tiré une balle dans le pied de tous les ultras respectables. C’est déprimant.

Et voici donc le condensé de la rencontre.

Si cette seconde période a eu le don de me gaver, M. Fautrel y étant pour beaucoup, je tiens particulièrement à mettre en avant 2 joueurs très impressionnants lors de ce match. Les chevauchées d’Aurier et de Matuidi m’ont suggéré le choix de la musique de la vidéo retraçant leur performance.

Aurier a reçu – et mis – des coups, il s’est donné à fond du début à la fin en attaque comme en défense (d’où la crampe à la 92e). On ne découvre pas son impact offensif, sa grande force tant à Toulouse qu’en sélection. Il a été recruté pour cette raison. En défense, les garanties apportées par l’ancien Lensois étaient beaucoup plus limitées. A Montpellier, il m’a bluffé par son placement et ses anticipations en défense. Ses qualités physiques le rendent déjà difficile à dominer dans les duels, alors s’il se met à défendre comme Thiago Silva tout en prenant confiance pour relancer proprement, adieux les problèmes – récurrent depuis une vingtaine d’années – au poste de latéral droit ! Pour rappel, il a 22 ans… Et Marquinhos, l’autre grand espoir du club, en a 21.

Quant à Matuidi, je ne pige pas comment des gens qui se disent connaisseurs – ou pire, spécialistes – en matière de football peuvent sous-estimer sa valeur. Il n’a même pas besoin d’être très technique pour être au-dessus du lot.

Le PSG a 8 points d’avance sur Lyon, il reste 2 matchs à gagner pour que la fête soit belle puis pour conclure la saison sur un triplé historique avant… les dates internationales, puis les vacances. 3 matchs de suite le samedi soir, c’est une première depuis 6 ans ! Jouer le samedi soir est arrivé une seule fois cette saison (la finale de la Coupe de la Ligue). Le mardi, le mercredi, le vendredi et le dimanche soir, c’est du classique. Le samedi après-midi aussi. En général, c’est l’heure du multiplexe (ou d’un match étranger). Celui de la semaine prochaine ne déterminera que le classement du 3e au 5e entre Monaco, l’OM et l’ASSE. On sait en effet qu’ETG descend – youpi ! un stade dégueulasse de moins en L1 ! – et que Bordeaux sera 6e.

Notes

[1] Une gifle, baffe ou claque implique de frapper, de mettre une certaine énergie, du mouvement, ce n’est pas le cas du geste de Javier.

[2] Probablement qualificative pour un tour préliminaire de l’Europa League.