La boxe anglaise a besoin de ces vrais gros chocs, elle souffre trop de l’accumulation des combats en bois ou survendus par un épicier… A vrai dire, on ne peut pas dire que Miguel Cotto-Daniel Geale ait revêtu le caractère de match de l’année, il était surtout attendu en raison de l’excitation suscitée par la future rencontre avec "Canelo", annoncée un peu partout… à condition bien sûr que Cotto ne manque pas son retour à la compétition face à l’Australien.

Ancien détenteur de la ceinture, Geale a été terrassé par Golovkin il y a quelques mois. En espérait créer la surprise au Barclays Center de Brooklyn (New York), lieu sans doute pas choisi par hasard[1]. Mais Cotto a fait en sorte de limiter les risques. Alors que la limite de poids est normalement de 160 livres, il a imposé à son challenger une limite inférieure, 157 livres, à respecter impérativement sous peine d’annulation. Pourquoi a-t-il agi ainsi ? Geale est nettement plus grand, il a déjà du mal habituellement à faire le poids car il est naturellement bâtis pour la catégorie supérieure. Le but était de le fatiguer pour… "rééquilibrer" les forces.

L’Australien a réussi à faire le poids lors de la pesée de veille de combat, il y est apparu dans un assez triste état car particulièrement sec. Du coup, il a énormément repris en l’espace de 24h, ceci en se réhydratant. D’où une réelle différence de gabarit (probablement 7 à 8 kilos d’écart) sur le ring. Néanmoins, l’objectif de Cotto était atteint : avoir un adversaire suffisamment légitime pour une défense de titre mais qui ne présente qu’une dangerosité relative, qui soit susceptible d’être mis KO assez rapidement et qui, en tout état de cause, n’ait qu’une chance infime de lui piquer la ceinture. A ce niveau, c’est autant du sport que du marketing, pourquoi se le cacher ?

Après une année pleine sans combattre, il ne pouvait reprendre directement face à "Canelo", sauf à vouloir aller à l’abattoir. En outre, il lui fallait conserver la ceinture à remettre en jeu face au Mexicain tout en faisant monter la sauce. Dans cette optique, rien de tel qu’un bon KO infligé à un gars ni trop fort, ni trop faible. L’attente va grandir, l’affiche va générer plus de recettes, les boxeurs vont prendre plus d’argent.

Résultat, Cotto-Geale peut difficilement être qualifié de boucherie, on a connu nettement plus sauvage, toutefois c’était sympa. Un bon combat. Ils ont boxé en puissance, Cotto a bien utilisé son arme la plus efficace, son crochet du gauche, envoyé au corps dès les premières secondes puis tantôt en haut, tantôt en bas. Ses enchaînements rapides ont aussi produits les effets escomptés. Le Portoricain a fait propre, efficace, évitant la précipitation. Tactiquement, c’était au point, il a bien bossé avec Freddie Roach, l’entraîneur légendaire de Pacquiao et de beaucoup d’autres boxeurs (ainsi que de champions de MMA). Travailler avec lui pour relancer sa carrière (il a désormais 34 ans) s’avère de plus en plus être un excellent choix. Il s’en est d’ailleurs félicité tout en mettant l’accent sur les qualités humaines et professionnelles de Roach.

Et au final… Bah… Vous pouvez regarder la vidéo ou simplement lire le paragraphe en-dessous de la vidéo…

La vidéo est aussi sur Vimeo avec pour mot de passe… boxe. Pour assurer une meilleure qualité d'image, j'ai coupé la vidéo en 2, voici la première partie et voici la seconde.

BOUM ! 4e round. Enorme crochet gauche particulièrement net et puissant (après un petit choc de têtes), premier knock down, le duel reprend, Cotto accélère alors dans l’espoir de le finir, Geale est à la limite de la rupture, il est de nouveau envoyé au sol en prenant un crochet… du droit (au cours d’une série pas franchement précise avec pas mal de coups dans le vide), se relève, l’arbitre le compte, mais l’Australien dit stop, y retourner n’aurait servi à rien. Après 1’28 dans la 4e reprise, l’arbitre a signalé la fin du combat. Cotto affiche désormais un bilan de 40 victoires (33 KO) pour 4 défaites (2 KO), Geale 31 victoires (16KO), 4 défaites (2KO).

Vivement Cotto-Alvarez… On en salive déjà !

Note

[1] Cotto a souvent combattu à New York et a signé récemment avec l’agence sportive de Jay Z.