• Allemagne-Suède

Au début, énorme domination Allemande, mais au bout de quelques minutes, plongée dans l’ennui. C’était assez terrible. Un déchet technique omniprésent, pas de rythme (il semblait faire très chaud sous le soleil d’Ottawa), la réalité ne répondait pas aux attentes. En principe, il aurait dû s’agir d’un choc incroyable. La Suède a, par instants, prendre le dessus grâce notamment à Caroline Seger. Mais les Allemandes ont réagi. La première occasion de ce nouveau temps fort a été mal conclue, la seconde est allée au fond (24e). Grâce à un bon pressing collectif, Anja Mittag a récupéré le ballon en interceptant à environ 40m de la cage, elle a décidé de tout de suite accélérer en direction du but, a joué le une-deux avec Célia Sasic puis n’a pas hésité à frapper de loin, un tir peu puissant mais placée… poteau rentrant (le 2nd poteau). Les championnes d’Europe en titre ont donc ouvert le score assez logiquement. Déjà le 5e but de Mittag en 4 matchs.

Ce but a eu pour effet de donner un peu de vie à la rencontre, on a commencé à voir des situations des 2 côtés. Au passage, Saskia Bartusiak a pris un jaune (28e) pour une grosse faute d’antijeu sur Sofia Jakobsson qui partait au but après avoir réussi à l’éliminer… Suspendue au prochain match. Il s’agissait de la seule joueuse déjà averti depuis le début de la compétition.

Grosso modo, c’était chacun son tour, une situation pour l’Allemagne, une pour la Suède, puis une pour l’Allemagne, etc. Jusqu’à la 35e minute et la nouvelle erreur suédoise. Amanda Ilestedt a concédé un penalty''. Faute sur Mittag qui a… «bien joué le coup», péno transformé par Sasic, 2-0 (36e). L’affaire semblait déjà pliée. J’espérais un autre scénario, celui d’une rude baston conclue au terme d’une prolongation éprouvante, histoire que l’équipe victorieuse soit entamée avant d’affronter la France en quart (en cas de qualification des Bleues dimanche). Au lieu de ça, nos voisines d’Outre-Rhin ont pu faire le plein de confiance tout en gérant leurs efforts. Leur domination s’est encore intensifiée. Il faut dire que la Suède, repêchée par miracle en tant que 4e meilleur 3e de groupe, est apparue complètement cramoisie depuis le début de la Coupe du monde.

Après une multitude d’occasions contre elle, la Suède aurait pu réduire l’écart juste avant la mi-temps grâce à une tête (et un HJ non sanctionné), mais elle ne le méritait pas tant la différence de niveau était criante. C’était l’opération "chapelure de Krisprolls"… Et dire que les Bleues ont tout fait pour se placer dans le même quart de tableau…

A la mi-temps, du changement. 1 de chaque côté. Quand vous voyez Dzsenifer Marozsan remplacer Leupolz, vous n’avez pas de quoi vous réjouir !

Dès la première minute de la seconde période, un centre allemand est venu rebondir sur la barre. Manifestement, il n’était pas encore question de gérer. Sans forcer, elles ont laissé planer une menace permanente sur la défense scandinave. Toutefois, les Suédoises ont fait de leur mieux pour se relancer, elles auraient presque pu y parvenir dans quelques situations.

Kosovare Asllani est encore une fois entrée en jeu pour tenter de sauver la patrie en danger. Impossible. L’Allemagne a fini par creuser l’écart grâce à l’opportuniste de Sasic, présente devant le but pour reprendre de la tête un tir dévié sur le poteau. 3-0, 78e. 5e but pour Sasic dans cette CdM. Néanmoins, les Suédoises sont revenues à 3-1, un but de Linda Sembrant de la tête sur CF (82e). Elles ne pouvaient marquer que sur CPA. Jakobsson aurait dû réellement relancer le suspense à la 84e mais son duel face à Nadine Angerer a tourné en faveur de la lauréate du Ballon d’or féminin 2013.

A 5 minutes de la fin, Simone Laudehr a été victime d’une torsion de cheville assez affreuse à l’image. Pourra-t-elle disputer le quart de final ? J’en doute fort, car si à chaud il y a moyen de reprendre le jeu, ce qu’elle a fait, en général, à froid, ça fait très mal. Les Allemandes ont pu se consoler dans la foulée grâce au but de Marozsan, une frappe improbable en taclant pour reprendre un corner tiré en retrait (88e). C’est devenu une sorte de frappe enroulée/lobée dans le petit filet opposé.

L’Allemagne a probablement assuré sa qualification pour les JO, la Suède a manqué la sienne. Je n’ai plus qu’à souhaiter l’élimination du reste du contingent non-français du PSG en quart de finale. Espérons que les Bleues s’en sortent assez facilement contre la Corée du Sud, car arriver cramées contre cet épouvantail serait terrible. Si tu peux faire de la chapelure de Krisprolls, tu peux aussi en faire avec de la baguette…

  • Chine-Cameroun

J’attendais beaucoup de cette affiche inattendue entre 2 équipes ayant terminé à la 2e place des poules les moins fortes – à mon avis – de cette Coupe du monde. J’ai été impressionné par les 2 performances du Cameroun face au Japon et à la Suisse. Leur fraicheur m’a plu, j’ai aimé leur style incisif, puissant, rapide, engagé, avec chez certaines un bon niveau technique. En revanche, si la Chine me faisait bonne impression dans le jeu au début, je n’ai pas pu oublier l’attitude misérable dont elle a fait preuve contre la Nouvelle-Zélande. Ça partait du sélectionneur, suspendu après son exclusion lors de ce match.

Si je résume le jeu de ces équipes en 2 mots, c’est plaisir et envie contre discipline et tricherie. Comme ça, vous n’avez aucun doute, j’étais pro-Lionnes.

Le Cameroun, dont 4 joueuses évoluent en France (pas forcément en D1), a dominé le début de la rencontre. Débordantes d’envie, les Lionnes ont attaqué tambour battant, ce qui a lancé les débats sur un rythme élevé. Elles ont toutefois eu du mal à se retenir, l’engagement était parfois excessif ou du moins non maîtrisé, ce qui faisait craindre des cartons. Or 6 Camerounaises (dont 4 titulaires) risquaient une suspension pour le possible quart de finale contre les Etats-Unis – ou la Colombie (^^) – en cas d’avertissement.

Malheureusement, la Chine a su faire preuve d’un froid réalisme en profitant d’un corner qui aurait dû être une sortie de but pour ouvrir le score grâce à une des 4 Wang de l’effectif (12e). Gaëlle Enganamouit a mal évalué la trajectoire du ballon, ce qui a permis à une Chinoise de le récupérer au second poteau, de le contrôler et de le remettre dans l’axe pour sa comparse qui a pu conclure. La remise et la frappe sont des volées du plat du pied, c’est un assez joli but, même si on peut mettre un bémol à ce constat en évoquant le marquage pour le moins laxiste.

Le Cameroun a été mené par le Japon, il a réagi et aurait mérité d’égaliser. Il a été mené par le Suisse, il a renversé la vapeur. Concéder le premier but n’est pas de nature à faire sombrer ces filles, elles sont donc allées au charbon pour se relancer. Elles ont poussé. Ne manquait que la précision pour transformer les situations dangereuses en occasions de but. C’est en contre que leur première véritable opportunité s’est présentée, tout était bien fait, seulement le centre de Gabrielle Onguéné était un peu trop en retrait pour Enganamouit, qui aurait peut-être dû ralentir sa course (21e). Dans la foulée, Onguéné a tiré à côté, ne profitant pas d’une super situation obtenue grâce à un CF détourné par le mur (23e).

Les temps forts des Asiatiques, pourtant rares, ont parfois semblé plus forts que ceux des Africaines, peut-être en raison de l’impression de fébrilité laissée par la gardienne, Annette Ngo Ndom. Néanmoins, plus le temps passait, plus l’égalisation paraissait probable. L’intensité imposée par les Camerounaises sous le soleil d’Edmonton a beaucoup fait souffrir les Chinoises, qui galéraient à sortir de leur camp. Il s’agissait quasiment d’un siège. Avec un peu plus de justesse technique, ça n’aurait pas fait un pli. Dès la 40e minute, la Chine a tenté mettre une rustine pour réparer la fuite : premier changement. Il se trouve que l’équipe en maillot blanc était entrée dans son premier temps fort depuis un bon moment. Il s’est poursuivi avec plusieurs corners et tentatives de centres puis s’est conclu par une frappe arrêtée. J’ai même eu peu d’un péno pendant un instant.

Ayant senti le couperet passé tout près, les Camerounaises en ont remis une couche en attaque. Ça ne payait pas… Et la gardienne chinoise commençait déjà perdre du temps en attendant des semaines avant de frapper dans le ballon en cas de sortie de but.

Pendant le temps additionnel, la clique des Wang et sœurs a bien failli profiter du laxisme et de la naïveté défensives de ses adversaires pour porter un coup très dur aux espoirs d’Onguéné et de ses partenaires. Mener 11 tirs à 3 à la mi-temps ne sert à rien, mieux vaut mener 1 but à 0.

Dès le début de la seconde période il a semblé clair qu’au moins un autre but allait être inscrit. La promptitude de la défense camerounaise à commettre des erreurs n’avait d’égale que la volonté de cette équipe d’attaquer pour égaliser. L’opportunisme et la technique des Chinoises leur permettaient d’exploiter ces erreurs. A force, la fatigue aidant, les occasions franches allaient sans doute se multiplier.

J’ai bien cru que cette analyse de la situation était en train de s’avérer juste, seulement le déchet technique et les mauvais choix se multipliant, les actions étaient rarement poussée à un niveau de dangerosité réel. A l’heure de jeu, une très grosse occasion chinoise (duel raté suite à un départ en profondeur) a fait suite à une frappe de loin cadrée par une Camerounaise. Feu de paille ou début de ce à quoi je m’attendais ? Une tête d’Enganamouit passée à 1m du poteau (62e) semblait confirmer l’hypothèse de la fin de rencontre folle. On y a plus ou moins eu droit.

Le sélectionneur camerounais a essayé d’apporter un plus à son équipe grâce à un premier changement à la 64e, à peine 30 secondes plus tard une tête d’Enganamouit finissait sur la barre (très mauvaise sortie aérienne de la gardienne). A la 67e, la remplaçante, Ajara Nchout, réussissait une reprise de volée assez acrobatique depuis l’angle de la surface de but au second poteau. La défense a oublié de la surveiller, la gardienne a pu capter le ballon. Le second souffle africain s’est accompagné de quelques frayeurs endiguées par les sorties enfin rassurantes de la gardienne (moins efficace avec ses pieds). Du moins certaines sorties rassurantes, pas toutes. Elle a toutefois détourné un lob qui aurait peut-être pu mettre KO son équipe à la 79e.

Au cours des 20 dernières minutes, il y a eu du turnover pour retrouver un peu de fraicheur. C’est bien normal. Malheureusement pour les Camerounaises, leur débauche d’énergie depuis le début du match mais aussi du Mondial leur a fait perdre en lucidité. Elles ont eu plusieurs opportunités assez énormes, il a toujours manqué un petit quelque chose. Les Chinoises aussi ont gâché, à l’image d’un nouveau duel à la 87e. Sur la contre-attaque, nouvelle tête juste à côté d’une Lionne… (Bien sûr, les Chinoises ont fait le maximum pour perdre du temps en fin de rencontre, on a l’habitude.)

Finalement, je n’ai pas eu mon but supplémentaire qui aurait relancé ou tué le suspense. Les 21 tirs camerounais[1] ont tous fait choux blanc. La Chine sera la proie – facile ? – des Etats-Unis en quart de final (car je n’imagine pas un instant la Colombie sans sa gardienne titulaire éliminer Hope Solo et ses coéquipières).

Dimanche, 3 nouvelles équipes vont se qualifier pour les quarts. Il faut absolument que la France passe, elle pourrait être qualifiée pour les JO sans le savoir en cas de succès. Brésil ou Australie, je m’en cogne. Dans l’idéal, j’aimerais une victoire de la Colombie pour la retrouver en demi-finale et prendre notre revanche. Seulement, ce scénario est aussi probable que la chute sur le toit de chez mois d’un gigantesque astéroïde formé de glace au chocolat extraterrestre.

Contentons-nous donc juste d’un grand ALLEZ LES BLEUES !

Note

[1] 9 pour la Chine.