Soro, 27 ans, ancien champion d’Europe WBO des super-welters, vainqueur de 26 combats, défait une fois (un combat que j’ai vu et que j’ai traité sur le blog, c’était en Ukraine contre un Russe en 2012, c’était pour une première chance mondiale WBO) et auteur d’un nul[1], est un technicien pas dénué de puissance. D’où 16 victoires par KO sur ses 26 succès… Avant d’affronter Blandamura.

Et voici comment s’est déroulé ce championnat d’Europe de boxe. J’ai pris rapidement des notes pendant le direct, je me suis contenté de les relire.

1er round, 100% observation, je crois qu’un seul coup a touché (de l’Italien), et très peu ont été tentés.
2e round, Soro commence à prendre le dessus, il est plus offensif, son adversaire va au tapis sans être compté, puis il réagit et essaie d’avancer, il tente des séries, Soro défend bien et fini plutôt mieux en donnant l’impression d’être très serein. Ses coups semblent plus précis. Techniquement, il est supérieur.
3e round, Soro me semble infiniment plus technique, au niveau du style, il n’y a même pas photo, mais de temps en temps l’Italien l’a surpris en réussissant à placer ses coups. Tout en en encaissant aussi en raison de la précision du Français. C’est propre et technique d’un côté, brouillon – mais potentiellement dangereux – de l’autre.
4e round, il faut plus d’activité pour annihiler le désavantage de boxer à l’extérieur, Soro devrait peut-être boxer un peu moins proprement face à cet adversaire qui a commencé à avancer par moments et à se livrer en envoyant les coups. L’Italien remue dans tous les sens, les bras, le corps, il ne reste pas en place. Difficile de le cadrer.
5e round, Soro a changé de braquet, il a même réussi à bien toucher son adversaire, mais l’Italien est chi*nt à boxer car il n’hésite pas à se jeter, bouge dans tous les sens, ce qui le rend imprévisible. Il est donc très difficile d’enchaîner quand on lui a mis un coup ou une série. Soro n’a même pas pu placer une série quand il l’a ébranlé. Toujours est-il que Soro a nettement dominé cette reprise.
6e round, je n’ai pas vu grand-chose, à part l’Italien qui s’accrochait et baissait la tête et l’arbitre britannique qui réprimandait le Français, accusé d’être à l’origine des accrochages. Soro a mis de beaux coups.
7e round, Soro a pris des coups mais en a aussi mis pas mal. Le rythme est monté, l’Italien semble avoir accusé le coup, je me demande si la perte de son protège-dent ne serait pas une manœuvre pour obtenir une accalmie provisoire. Un classique. Je pense qu’il est bon à prendre, il commence à fatiguer.
8e round, BOUM ! A 1’ de la fin, énorme droite, KO impressionnant ! L’Italien est tombé sur le dos, il n’a rien compris à ce qui lui arrivait ! Gauche-droite, le bras arrière est parti pleine face, il a étalé l’Italien. L’étalé italien. On a mis un certain temps à le remettre sur pieds.

(La vidéo est aussi sur Vimeo, en 2 parities pour des soucis de qualité d’image : jusqu’à la fin de la 3e reprise, à partir du début de la 4e reprise.)

Soro semblait être mené aux points à cause de l’activité de son adversaire, il ne s’est jamais affolé, et au final, il a trouvé l’ouverture grâce à son sens du timing, à son coup d’œil, à sa technique mais aussi grâce à sa puissance. Son bilan est donc désormais de 27 victoires (17KO), 1 défaite et 1 nul. En 2015, il a déjà combattu 4 fois pour 4 succès avant la limite.

Nous avons désormais 4 Français champions d’Europe. Petit à petit, la boxe tricolore relève la tête. Cette nuit, Hassan N’Dam tentera de décrocher une ceinture mondiale IBF à Montréal contre un Québécois. Souhaitons-lui le meilleur contre Lemieux.

Note

[1] En réalité une victoire mais victime d’un arbitrage moisi aux Etats-Unis, 2 juges ont donné le nul, un l’a donné gagnant, ça fait nul sur décision majoritaire.