• Etape 5 : l’étape des 7 chutes.

Arras-Amiens, 189,5km.
Abandons : Nacer Bouhanni (COF), Jack Bauer (TCG).

etape_5.jpg Les coureurs sont partis sous la pluie, on annonçait du vent de face dans toute la fin d’étape, il était donc quasiment impossible pour une échappée d’aller au bout. Il n’y a eu que 2 volontaires, Pierre-Luc Périchon (BSE) et Nicolas Edet (COF), mais ce dernier a rapidement renoncé… sur ordre : son équipe voulait se concentrer sur son objectif du jour, faire gagner Nacer Bouhanni.

Et pendant que ce duo puis homme seul creusait l’écart, BOUM ! Grosse chute dans le peloton impliquant notamment… Bouhanni, contraint à l’abandon, mais aussi plusieurs de ses équipiers (Luis Angel Maté, Daniel Navarro, Florian Sénéchal, Kenneth Vanbilsen), Brice Feillu (BSE), Jérémy Roy (FDJ), Thomas De Gendt (TLS), Julien Vermote (EQS), Jack Bauer (qui a abandonné par la suite), et j’en passe. Cet accident est une véritable catastrophe pour Cofidis, qui a tout misé sur son sprinteur, financièrement et sportivement. Le peloton avait parcouru seulement une dizaine de kilomètres. Ce n’était qu’un début. D’autres équipes ont subi des chutes en ce début d’étape. Greg Van Avermaet (BMC) et des Cannondale-Garmin y ont laissé des plumes. Michael Albasini (OGE) semble aussi être tombé, mais je ne sais pas de quel incident il a été victime.

Certains espéraient une journée plus calme avec un sprint à l’arrivée, la pluie et surtout le vent – de côté pendant une bonne partie de l’étape – en ont décidé autrement. Car qui dit vent latéral dit coups de bordure. Les Tinkoff-Saxo n’ont pas attendu bien longtemps pour mettre le feu une première fois. Le peloton allait donc nécessairement rester nerveux. Il y a eu d’autres chutes, dont une impliquant notamment André Greipel (TCS), Nicolas Roche (Sky) et Bauke Mollema (TFR), puis une concernant Bryan Coquard (EUC) qui a glissé dans un virage. Quand la route est mouillée, ça se passe souvent de cette façon.

La chute suivante, sur route sèche, impliquait encore Coquard, mais aussi Tyler Farrar (MTN), Tanel Kangert (AST), Rafal Majka (TCS) et beaucoup d’autres, pour la plupart simplement ralenti, à l’image de Thibaut Pinot (FDJ) obligé de pied à terre (il n’est pas tombé). Tiago Machado (KAT) semble avoir été le plus touché.

Périchon, qui a eu jusqu’à 4’ d’avance, a longtemps navigué 1’30 devant le peloton. Sa marge, bien faible, a complètement fondu à plus de 105km de l’arrivée pendant que les nombreux accidentés bataillaient pour réintégrer un peloton pourtant pas lancé à très vive allure. Les équipes de sprinteurs ne tenaient pas à l’avaler trop vite, il est donc resté en sursis pendant encore quelques temps. Tout ceci n’avait pas grand intérêt. Un problème mécanique de Nairo Quintana (MOV) explique peut-être aussi la temporisation du peloton. Il a d’abord pris le vélo d’un équipier – pas du tout à sa taille – pour récupérer le sien un peu plus tard.

Périchon a poussé l’aventure assez loin pour prendre la prime du sprint intermédiaire. Greipel a réglé le peloton, histoire de consolider son maillot vert. John Degenkolb (TGA) et Mark Cavendish (EQS) ont suivi. Peter Sagan (TCS) a encore lâché des points.

En apparence, la baston a débuté sous la pluie à 80km du terme de l’étape, au moment d’un changement de direction suite auquel le vent redevenait latéral. Certaines équipes ont accéléré, provoquant rapidement de larges cassures. Aucun concurrent destiné à jouer le classement général n’a été piégé. La seconde partie était surtout composée de ceux décidés à ne prendre aucun risque en ce début de Tour, de ceux dont le corps ou le moral subissait les stigmates des différentes chutes survenues depuis 5 jours, et d’équipiers de leaders. Certains sont parvenus à rejoindre le premier peloton. Du coup, si le peloton est resté scindé en 2, il n’y a pas réellement eu de baston. Ces attardés ont terminé l’étape avec 12 à 15 minutes de retard. L’avant de la course est restée désespérément calme. R.A.S. hormis la 6e chute du jour, celle de Steve Morabito (FDJ) à environ 50 bornes de l’arrivée. Quel ennui !

Et comme si ça ne suffisait pas, à 25km de l’arrivée, BOUM ! 7e chute du jour, et cette fois avec un paquet de coureurs. La route était glissante, beaucoup sont tombés en freinant pour éviter l’amas de coureurs étalés au milieu de la route. Marco Haller (KAT) me semble être à l’origine de la chute, il a percuté un Cannondale-Garmin, un autre Katusha l’a percuté par l’arrière, tout le monde a tenté de piler sur les freins, tout le monde ou presque a glissé, facilement 35 à 40 coureurs ont chuté, quelques-uns ont eu la chance de pouvoir s’arrêter sans être heurtés par personne. Thibaut Pinot a failli s’en sortir sans problème, il a freiné en douceur… mais a fini par tomber. Heureusement, la vitesse n’était pas trop importante, les chocs ont été moins violents que certaines fois, même si on peut aussi se faire très mal en chutant à vitesse réduite. Certains ont été assez sévèrement touchés pour être figurer dans le communiqué de l’équipe médicale. C’est le cas de Michael Albasini, Reinardt Janse van Rensburg (MTN) dont c’était le 3e crash du jour, Dylan Van Baarle et Nathan Haas (TCG). J’ai essayé de noter le maximum de noms et de numéros de dossards ou plaques.

J’ai vu Ivan Basso et Matteo Tosatto (TCS), Michele Scarponi (AST), Thibaut Pinot, Benoît Vaugrenard et d’autres FDJ dont Sébastien Chavanel et a priori Arnaud Démare, au minimum retardé, mais aussi plusieurs MTN-Qhubeka, Tyler Farrar et Jacques Janse van Rensburg en plus de l’autre Sud-Africain qui porte le même nom sans être de la même famille[1], d’autres Orica-GreenEdge en plus d’Albasini, à savoir Svein Tuft et Simon Yates (ou Luke Durbridge ?), d’autres Katusha en plus de Marco Haller, je crois avoir reconnu Jacopo Guarnieri et encore Tiago Machado. J’ajoute un 3e Giant-Alpecin (Ryder Hesjedal), Matthias Brändle (IAM), Filippo Pozzato (LAM), Steven Kruijswijk et probablement Bram Tankink (TLJ), Roy Corvers et Georg Preidler (TGA), Armindo Fonseca et Eduardo Sepulveda (BSE), plus Leopold Köning (SKY), Zakkari Dempster et Paul Voss (BOA), Matteo Trentin (EQS), au moins 2 Cofidis difficiles à identifier, ainsi que des AG2R-La Mondiale (je dirais Christophe Riblon, Alexis Vuillermoz, peut-être Jan Bakelants, sans certitude). Et il en reste, car les coureurs impliqués sont beaucoup trop nombreux pour être tous cités.

Le peloton n’en a pas profité, les équipes des leaders étaient toutes en files indiennes parallèles à l’avant, aucune ne prenait l’initiative d’accélérer avec le vent de face. Les formations intéressées par le général attendaient un dernier changement de direction pour peut-être tenter un dernier coup de bordure. L’accélération a été tardive, mais à l’initiative des équipes de sprinteurs. Les accidentés avaient déjà pour la plupart réintégré ce premier peloton.

Tony Martin (EQS) a roulé malgré son maillot jaune, les différents sprinteurs ont fait de leur mieux pour se replacer, Alexander Kristoff (KAT) a lancé de trop loin, et Greipel a gagné devant Sagan… L’Allemand était seulement en 3e ligne au moment où le Norvégien faisait l’effort. Démare était plutôt bien mais a fini 7e, juste devant Coquard.

Aucun changement notable ne s’est produit dans les différents classements.

La blague du jour est venue du jury qui décerne le prix de combatif. Il a été attribué à Michael Matthews (OGE) parce qu’il a galéré toute l’étape à l’arrière. C’est ridicule ! OK, il est courageux de continuer malgré 2 fissures – pas très graves – aux côtes, mais ce trophée est censé récompenser les attaquants, pas les galériens !

Un jour ou l’autre, c’est sûr, les coureurs auront doit à un peu de répit. Est-ce pour demain ou faudra-t-il attendre la journée de repos ?

Note

[1] J’ai cherché à vérifier, je n’ai trouvé aucune trace de fraternité malgré un nom de famille probablement très peu courant.