Béryl Gastaldello nageait ligne 6 de la 8e séries, celle de Missy Franklin et Femke Heemskerk. Ça ne s’est pas bien passé pour la moins forte des 2 Françaises, seulement 6e en 55"11 (record perso à 53"98 en finale des ChF… même si je crois que c’est son 3e meilleur temps). Heemskerk et la Chinoises Shen Duo ont nagé en moins de 54", Franklin s’est contentée de la 4e place.

La course suivante a été remportée par Sarah Sjöström en 53"22, soit une marge énorme par rapport à la 2e de la course, l’Américaine Simone Manuel (53"99). Une des Russes avait voulu tout de suite envoyé du très lourd, mais elle a craqué, finissant tout de même devant Veronika Popova et Aliaksandra Herasimenia, ex-aequo à 54"90… qui ont finalement eu droit à un swim-off car partageant le 16e temps.

La dernière série était monstrueuse, on y trouvait les sœurs Cate et Bronte Campbell, Ranomi Kromowidjojo et bien sûr Charlotte Bonnet. Il aurait dû aussi y avoir Katinka Hosszu, elle a déclaré forfait dans un éclair de lucidité, son programme est déjà bien assez chargé comme ça ! Elles savaient toutes ne pas avoir besoin de nager excessivement vite, néanmoins les Australiennes ont envoyé du pâté, Cate a gagné dans le même temps que Sjöström, sa sœur est restée un peu plus calme, elle a "seulement" nagé 53"50, la Batave ayant assuré en 53"85. Charlotte s’est collée à la ligne d’eau pour profiter de la vague de Bronte Campbell, elle a réussi le 8e temps des séries (54"01). Sachant que le relais l’attendait en fin de session, elle a bien géré son affaire pour ne pas se griller.

21e temps, Gastaldello s’est encore avouée contente tout en disant manquer de fraicheur. Tu te loupes en séries, tu n’es pas en forme lors de la compétition pour laquelle tu as en principe travaillé toute l’année, mais tu es contente. C’est un concept. Ce positivisme permanent mènera-t-il la révélation des derniers ChF vers les sommets ? L’avenir le dira…

Il n’y avait que 4 séries de 200m dos masculin, on y trouvait un Français, Benjamin Stasioulis.

Dans sa série, les 2 Chinois ont pris les devants, le Français est parti beaucoup plus tranquillement, peut-être trop, il s’est fait décrocher, 8e à mi-course c’est compliqué ensuite. Peut-être piégé par le rythme plus lent de son côté du bassin, il a seulement terminé 7e en 1’59"05… Xu Jiayu a remporté la course en 1’56"90.

Ryosuke Irie a bien débuté puis a géré, Ryan Murphy a utilisé ses bonnes coulées pour doubler le Brésilien Leonardo De Deus qui nageait mieux que lui mais a eu du mal à finir, contrairement au Japonais qui a accéléré quand il a voulu, histoire de gagner peinard en 1’56"68 juste devant Murphy et le Russe Evgeny Rylov.

Stasioulis était déjà 13e, mais il restait beaucoup de monde, notamment Mitchell Larkin, Christian Diener, Tyler Clary… L’Australien est parti vite, probablement pour pouvoir contrôler ensuite… ou pas. Il a encore accéléré, dominant un trio détaché pendant un temps. Il a gagné en 1’55"88 en faisant forte impression (meilleur temps des séries). Clary a pris la 2e place à une grosse seconde, Diener la 3e à 1"54 de l’Australien.

Le 16e qualifié a nagé 1’58"55, un temps dans les cordes de Stasioulis, auteur du 20e temps.

On ne trouvait pas de Française sur 200m brasse F. On y a vu des choses étranges, à commencer par le malaise d’une jeune nageuse zambienne invitée qui a fait de son mieux alors que son temps d’engagement était à peine sous les 3’… Elle a donné tout ce qu’elle avait, du coup, en arrivant à la table des accréditations à la sortie du bassin, elle s’est effondrée. On aurait dit la fin d’un 10000m ou d’un décathlon disputé en plein cagnard. Pourtant il ne faisait pas chaud.

Dans la 3e des 5 séries, on retrouvait la championne du monde en titre, Yuliya Efimova (vainqueur du 100m dans la controverse car sa suspension pour dopage a été scandaleusement clémente afin de lui permettre de participer aux Mondiaux dans son pays), la 4e des derniers Mondiaux, Rie Kaneto, ou encore la Britannique Molly Renshaw, vice-championne d’Europe 2014.

La Russe est partie hyper lentement, à mi-course elle était encore dernière – sur 10 – de la course. Elle a commencé à remonter dans la 3e longueur, mais les Canadiennes et la Belge étaient déjà loin devant. Efimova est tout de même remontée en 4e position (2’26"11) de cette course remportée par la Belge Fanny Lecluyse (2’23"77). Kaneto a eu chaud aux fesses, elle a terminé 3e de la course et s’est finalement qualifiée, mais seulement 15e, alors que la Russe et la Britannique ont été les premières éliminée. Double grosse surprise.

La série suivante a été beaucoup plus conventionnelle, il y a eu de la baston, 5 à 7 filles restaient dans le coup au bout de 100m, voire jusqu’au dernier virage. Vitalina Simonova, la seconde Russe, a été doublée sur la fin par la Japonaise Kanako Watanabe (2’23"29) et une des Américaines, Micah Lawrence (2’23"32), médaillée à Barcelone. A noter la présence au 3e rang d’une Islandaise, jeune équipe qui monte grâce à son entraîneur français. Elle a un nom compliqué, Hrafnhildur Luthersdottir (la fille de Luther), comme beaucoup d’Islandaises, si elles deviennent trop fortes, bonjour la galère pour suivre.

Rikke Møller Pedersen s’est manquée sur 100m, c’est plus une nageuse de 200m (elle détient le record du monde et est vice-championne du monde en titre), elle ne pouvait pas se permettre de se louper une nouvelle fois. Viktoria Zeynep Günes avait pris l’avantage lors de la première moitié de la course, la Danoise a produit son effort ensuite puis a contrôlé, histoire d’assurer la 2e place derrière la petite Turque (Ukrainienne naturalisée), vainqueur en (2’23"81).

La densité de cette dernière série (7 qualifiées) explique en grande partie pourquoi Efimova, Renshaw et la seconde Américaine (Breeja Larson) ont été piégées. Il fallait nager en moins de 2’26, certaines ont joué avec le feu, elles ont fini par s’ébouillanter.

Les séries suivantes étaient aussi celles du 200m brasse, masculin cette fois. La première a été très dense avec 6 concurrents en 9 dixièmes. L’homme le plus rapide de la saison, Yasuhiro Koseki, a seulement pris la 5e place. Cameron Van der Burgh a craqué après un départ très rapide, on pouvait s’y attendre dans la mesure où il est spécialiste des distances inférieures. Pas parti très vite, le triple champion en titre, Daniel Gyurta, s’est qualifié sans souci, il a remporté la course en 2’09"81.

Dans la série suivante Adam Peaty a fait une Efimova… sans le retour impressionnant. Il a bu la tasse. Le Kazakh Dmitriy Balandin s’est imposé (2’09"76) au bout d’une dernière longueur qui a coûté cher à pas mal de monde, notamment à Ryo Tateishi, médaillé de bronze aux JO de Londres.

Thomas Dahlia disputait la dernière série, il avait une chance de se qualifier à condition d’être à son meilleur niveau (il a nagé 2 fois sous les 2’11"50 ces 2 dernières années aux ChF). Son premier retour intéressant lui a permis de passer 6e à mi-course, il était loin des meilleurs mais toujours dans le coup au dernier virage. Malheureusement, il a craqué dans la dernière longueur. Dahlia devait terminer 6e en moins de 2’11"11, le temps de Giedrius Titenis, dernier qualifié, il a fini 7e en 2’12"64 et a été éliminée (22e temps). Au moins, il était déçu de sa course.

Les 3 meilleures performances ont été réalisées par Marco Koch (2’09"12), Andrew Willis (2’09"35) et Mao Feilian (2’09"56) lors de cette ultime série.

Les séries du 4x200m NL féminin devaient conclure la matinée. L’équipe de France disputait la seconde avec une bonne chance de se qualifier à défaut d’avoir une chance de monter sur le podium. Les Etats-Unis B ont facilement dominé la première course (7’52"61) même si la Russie (7’55"19) s’était rapprochée grâce à Popova dans le 2e relais. Ça a bataillé pour la 3e place entre le Canada et le Brésil, bord à bord. Les Sud-Américaines ont remporté le sprint. Cette place d’écart pouvait être déterminante.

Il y avait tout de même du très lourd dans cette seconde série : Australie, Suède, Chine, Italie… et donc la France.

Charlotte Bonnet lançait le relais, elle n’a pu aller chercher la Chinoise partie très vite, mais a dominé Bronte Barratt. 1’57"33 après avoir déjà nagé un 100m, ce qui est très correct dans ces circonstances.

Coralie Balmy a été choisie pour assurer le 2e relais afin d’essayer de permettre à l’équipe de prendre un maximum de marge (ou au moins de retarder aussi longtemps que possible le moment où les autres allaient les larguer, car une fois loin de la bagarre on a tendance à encore plus galérer). Il était important de lancer au mieux ses partenaires dont le but allait être de résister au retour des autres pays. Passée en tête à la moitié de son relais, elle a augmenté son avance jusqu’aux 350m, mais beaucoup d’adversaires étaient quasiment sur la même ligne. La plus expérimentée du quatuor en a remis une couche pour toucher loin devant la meute. 1’57"36 lancée pour Coralie, c’est du très bon travail, surtout pour des séries.

Margaux Fabre – une débutante qui va sur ses 23 ans et a un record de 1’59"42 – était la 3e relayeuse. Elle s’élançait avec beaucoup d’avance, il ne fallait pas partir trop vite au risque de se cramer, mais elle a pris des risques, 27"02 aux 50m, c’est nettement plus rapide que ses partenaires. Son manque d’expérience pouvait être préjudiciable à l’équipe. Sans doute avait-elle beaucoup de jus et très envie de se donner à fond pour sa première sélection, ce qui a causé cet emballement. Et fort logiquement, elle a eu beaucoup plus de mal à finir, même si le temps est très correct compte tenu de ses possibilités (1’59"93). L’Australie avait déjà doublé, la suite promettait d’être très compliquée.

Ophélie-Cyrielle Etienne a plus d’expérience, elle est partie beaucoup plus doucement, ce qui a permis à l’Italie de Federica Pellegrini de la passer dès la 6e longueur. Ça revenait un peu partout, au dernier virage la France n’était plus que 6e, il fallait pouvoir relancer… mais elle n’a jamais pu, finissant seulement 7e en 7’55"08 avec un dernier relais en 2’00"46 (à peu près son niveau des derniers ChF, elle était beaucoup plus rapide il y a quelques années, depuis elle a changé de priorités, les études sont passées devant la natation)… Je ne suis pas sûr que cet ordre soit le meilleur possible.

Terminer 7e de sa série quand il n’y a que 8 qualifications est en général rédhibitoire. Sauf cette fois ! C’est passé de justesse (à 11 centièmes près) avec le 8e temps devant la Russie, éliminée en ayant encore m*rdé comme souvent depuis le début des Mondiaux ! Cette seconde série a été beaucoup plus rapide que la précédente, Pellegrini a remonté l’Italie et a gagné en 7’52"51, il y avait une grosse densité. Notons aussi la conclusion de Sjöström pour la Suède (1’55"69) pour prendre la 3e place de la course.

En finale, les Etats-Unis seront intouchables sauf erreur débile (faux-départ).

Et le swim-off entre Popova et Herasimenia ? La Russe a déclaré forfait, elle n’avait aucune chance après avoir déjà nagé 2 fois dont une en relais. Mais c’est quand même bien la loose !



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