D’un point de vue très français, c’était le jour de Charlotte Bonnet… Après avoir participé aux séries du matin sur 100m NL et dans le relais 4x200m NL, elle remettait le couvert en demi-finale et en finale.

Passée de très peu à côté de la qualification pour la finale du 200m, Charlotte avait une petite chance d’atteindre celle du 100m, il lui fallait probablement battre son record personnel. Seulement, le plateau était assez démentiel. Et pourtant, j’ai presque envie de dire que ce n’est pas allé hyper vite. Attention, tout est relatif, car les meilleures ont bien accéléré par rapport aux séries, où le meilleur temps ex-aequo était 53"22, mais dans la mesure où les demi-finales sont souvent le stade le plus rapide d’une compétition de ce niveau, je m’attendais en voir le chrono exploser. En fait, oui et non. J’explique.

Dans la première demi-finale, Cate Campbell a été énorme, comme le 4x100m NL le laissait penser, elle a arrêté de nager au bout de 75m et a fini en récupération active, claquant tout de même un très joli 52"84 au passage, et mettant plus d’une seconde à la 2e, Ranomi Kromowidjojo (53"86), soit un énorme éclat pour un 100m. Charlotte Bonnet, dernière à mi-parcours, a bien fini assez bien mais seulement 5e de la course en 54"15, un temps très correct en lui-même, mais à entre 2 et 4 dixièmes de la performance dont elle avait besoin pour assurer sa place en finale. Sachant qu’elle a nagé en 53"95 lors des séries du relais de dimanche, et 54"01 ce matin en assurant le coup, elle avait clairement la capacité de faire mieux. Seulement, entre-temps, il y a eu la finale du 4x100m NL dimanche, les séries et les demi-finales du 200m NL mardi, plus la série du 4x200m en fin de matinée, soit plusieurs courses particulièrement énergivores. Je suis convaincu qu’avec un peu de fraîcheur supplémentaire, ça passait sans souci en finale ou parvenait au moins à batailler avec Shen Duo (53"91) et Missy Franklin (53"92) pour gratter une place.

Néanmoins, il ne fallait pas encore désespérer, une bonne surprise pouvait encore survenir de la seconde demi-finale, sachant que lors des 2 dernières éditions – les 2 seules comparables car auparavant les combinaisons faussaient tout – la 8e finaliste avait obtenu son ticket en nageant 54"26 et 54"09. Néanmoins, avec l’autre sœur australienne, à savoir Bronte Campbell, Femke Heemskerk, la seconde Américaine (Simone Manuel, sous les 54" en séries), sans oublier les Suédoises, Michelle Coleman mais surtout Sarah Sjöström, l’espoir était très ténu.

Bronte Campbell a pris les devants mais n’a pas fait l’écart comme sa sœur, Sjöström ne s’est donc posé aucune question, elle pouvait gagner alors elle l’a fait, aussi tranquillement que rapidement (en 52"78). La jeune Aussie a conservé la 2e place avec un chrono plaisant (53"00), Heemskerk suivant encore un peu après en 53"38. Il aurait fallu que la 4e se noie, ça ne s’est pas produit, Manuel a donc fermé la porte de la finale à la Française. Son temps (53"81) en fait la 6e qualifiée. A noter que la Canadienne Chantal van Landeghem, 5e, a aussi nagé plus vite que Bonnet, elle a échoué à 1 centième d’un barrage avec Missy Franklin, dernière qualifiée en 53"92.

Il n’y a aucun doute : avec un peu plus de fraîcheur, Charlotte Bonnet était finaliste. Elle n’aurait pas pu viser une médaille, bien sûr, les filles coiffées de jaune sont beaucoup trop rapide, mais ça lui aurait fait du bien, elle méritait cette récompense.

Enchaînons avec le 200m 4 nages masculin. Ryan Lochte pouvait ensuite s’offrir un nouveau titre. Médaillé à chaque édition depuis 5 éditions, vainqueur des 3 dernières, il pouvait devenir le 2nd nageur à conserver un titre 3 fois de suite aux ChM… et était le grand favori.

Le Chinois Wang Shun était en tête avant la longueur en dos au cours de laquelle Ryan Lochte et Thiago Pereira ont pris de l’avance sur le reste du peloton, le Brésilien prenant même la tête. Ils ont bien nettement lâché leurs concurrents mais restaient côte à côte. Le Sud-Américain était toujours en tête avant le dernier virage, mais la coulée et la nage de Lochte ont fait la différence lors du retour en crawl. Celui qui est probablement meilleur nageur de tous les temps dans une dimension parallèle – notamment celle où Phelps a préféré le badminton – a gagné assez nettement en 1’55"81 devant le Brésilien (1’56"65) et le Chinois (1’56"81, record national) qui revenait très vite sur Pereira. 4e et 5e, Daniel Wallace et Conor Dwyer ont échoué relativement loin du podium, rappelons que l’Américain avait dû se farcir un barrage après les demi-finales pour obtenir une ligne d’eau en finale.

A priori, avec les demi-finales du 200m brasse, on perdait en intensité et en intérêt. Vitalina Simonova représentait la Russie en l’absence d’Efimova, éliminée surprise. Fanny Lecluyse, Rikke Møller Pedersen (recordwoman du monde) et Micah Lawrence devaient passer sans souci. La Danoise est partie, la Belge était à la ramasse à mi-parcours, Lawrence étant bien calée à la 2e place devant la Chinoise. La Russe étant bien placée, le public a fait énormément de bruit. Les supporters locaux ont pu fêter la 3e place accrochée par leur nageuse. Si Pedersen a gagné en 2’21"99, Lawrence n’était pas loin de la passer, elle est revenue tout près (à 5 centièmes). En revanche, Lecluyse a plafonné, 2’23"86, seulement 5e, on s’attendait à beaucoup mieux. Elle a été éliminée.

Il y avait de l’Espagnole et de la Japonaise – 2 de chaque – dans la seconde demi-finale. Ça n’allait pas très vite, à mi-course les filles étaient à peu près toutes sur la même ligne, les 2 Nippones ont alors accéléré, elles ont tenu sur le retour pour gagner en 2’22"15 (Kanako Watanabe) et prendre la 3e place (Rie Kaneto), la Canadienne Kierra Smith s’étant intercalée entre elles.

Les 3 plus rapides de ces demi-finales se tiennent en 16 centièmes, de la 4e à la 7e (Jessica Vall) il y a aussi moins de 2 dixièmes, et il a fallu un barrage pour départager les 2 ex-aequo pour la dernière place qualificative, à savoir la Chinoise Shi Jinglin et l’Islandaise Hrafnhildur Luthersdottir, qui avaient nagé seulement 1"07 moins vite que la Danoise. En nageant 1 centième plus vite, un des 2 filles aurait pu s’éviter de se taper un 3e 200m brasse au cours de la journée… Paye ton égalité ! Dans cette discipline, un swim-off est particulièrement horrible. D’ailleurs Shi est passée facilement, la jeune insulaire devait être cuite, elle a pris un éclat, j’imagine que la Chinoise a pu gérer et donc en garder un peu pour la finale de demain, qui pourrait bien être la plus serrée de ces Mondiaux. Ces très faibles écarts annoncent en effet un super suspense.

La liste de départ de la finale du 100m NL masculin était pleine de surprises. 48"49 pour se qualifier, c’est à peine moins que lors des 2 dernières éditions. En réalité, ces surprises sont surtout liées à des absences, en particulier celle de Magnussen (double champion en titre), blessé, à des sélections assez étonnantes, en particulier du côté de l’équipe de France (Manaudou n’a choisi de ne pas les disputer, Agnel n’était pas encore au top de sa forme et a de toute façon été malade depuis, Metella a encore beaucoup progressé depuis, Stravius a surpris tout le monde mais manque d’expérience et de jus en ce moment, il a été éliminé en demi-finale, tout comme Fabien Gilot, passé tout près… d’où l’absence de Français pour la première fois depuis la finale 2007 et pour la 2nde fois depuis 2001) et des Etats-Unis (Jimmy Feigen était à la rue lors de ces Mondiaux), certains étaient en méforme, et pour couronner le tout, Vladimir Morozov s’est fait éliminer en demi-finale pour un faux-départ alors qu’on le présentait comme le grand favori. A toutes ces explications, il faut ajouter l’apparition récente – voire très récente dans certains cas – de jeunes nageurs très rapides sur l’aller-retour. J’ai détaillé cette liste de départ à l’issue des demi-finales, je vous y renvoie.

Un des rares noms connus allait-il l’emporter face à ces habituels seconds couteaux et garçons débarqués sur le devant de la scène depuis la dernière grande échéance mondiale ? J’avais misé sur Ning Zetao suite à ses performances depuis le début de ces Mondiaux, j’avais vu juste. Au virage, c’était de la folie, tout le monde était encore sur la même ligne ou quasiment (les 3 premiers en 3 centièmes, le 4e dans le même dixième, 6 en 27 centièmes, seul le Russe inattendu était un peu en retard, et à seulement 37 centièmes).

Cameron McEvoy a envoyé du lourd dès le début du retour, il est parti, mais Ning est revenu et a gagné en 47"84 (MPM). Si sa fin de course a été énorme, le temps en lui-même reste relativement moyen par comparaison avec ceux des dernières finales de très grands championnats. Pour rappel, Florent Manaudou a remporté les ChE l’an dernier en 47"98 sans avoir préparé cette épreuve à fond. En 2013 James Magnussen avait nagé 47"71 en séries et en finale, le temps du Chinois lui aurait valu une médaille de bronze partagée avec Nathan Adrian. L’année précédente aux JO de Londres il aurait dû se contenter de la 4e place à égalité avec Yannick Agnel, car Adrian et Magnussen avaient claqué respectivement 47"52 et 47"53. L’Australien avait remporté son premier titre en 2011 en 47"63.

Autrement dit, ce troublant Ning Zetao est devenu champion du monde avec une bonne dose d’opportunisme, ça ne fait absolument pas de lui le favori pour Rio, il n’est pas soudain devenu le roi du sprint, la nouvelle puissance dominante irrésistible. Si les meilleurs – je pense à Magnussen, Morozov, Agnel, Manaudou, ou encore Feigen, j’en oublie probablement – avaient été présents au top de leur forme et préparés pour disputer cette épreuve, il n’aurait certainement pas gagné. Et à vrai dire, si les garçons à côté de lui sur les plots de départ avaient nagé à leur meilleur niveau, la Chine n’aurait pas fêté ce titre. McEvoy est capable d’aller plus vite que les 47"95 de sa 2e place.

La 3e place de l’Argentin Federico Grabich est très surprenante. Son temps, 48"12, peut laisser des regrets à beaucoup de monde, notamment à quelques Français (pour rappel, le 7e de la dernière finale olympique avait nagé plus vite que ça). Il y avait vraiment de la place. Santo Condorelli n’a pas échoué très loin (48"19). Les autres se tiennent dans un mouchoir de poche : Marcelo Chierighini, Alexander Sukhorukov, Nathan Adrian, et Pieter Timmers ont tous terminé en 4 centièmes (48"27 à 48"31).

La légende Alexander Popov aurait préféré remettre la médaille d’or à Morozov…

Bref. La suite. Qui donc allait bien pouvoir décrocher le titre sur 200m papillon chez les femmes ? Une des 3 Asiatiques ? Une des 2 Américaines ? L’Allemande ?

Katie McLaughlin a décidé de prendre tous les risques, surtout celui d’exploser. Franziska Hentke a quant à elle choisi de tout envoyer dès la 2e longueur, ce qui lui a permis de prendre quasiment une longueur d’avance aux 125m. Seulement, comme on pouvait le prévoir, elle n’a pas pu tenir bien longtemps à ce rythme. Natsumi Hoshi est revenue pendant que l’Allemande craquait. Sa victoire ne souffre d’aucune contestation, elle a mis une claque à ses adversaires lors de la dernière longueur en finissant en 32"34 quand les 2 filles incapables d’attendre le bon moment pour attaquer terminaient en plus ou moins 34 secondes). La Nippone n’a pas claqué un temps phénoménal (2’05"56), elle a surtout impressionné par sa gestion de la course. C’est ce qui lui a permis de laisser sa dauphine (Cammile Adams) à 84 centièmes et la 3e, la Chinoise Zhang Yufei à presque une seconde (celle-ci a tout de même battu le record du monde juniors en 2’06"51 en décrochant sa médaille de bronze). Ces 2 filles ont été assez intelligentes pour en garder en prévision de la fin de course, elles étaient hors du top 3 au dernier virage.

Hentke avait le niveau pour gagner, il lui suffisait de nager moins bêtement. Elle a fini 4e ex-aequo avec McLaughlin à 1"22 de la victoire.

France 2 a choisi de ne même pas nous montrer la première demi-finale du 200m brasse masculin, ou plutôt de ne nous montrer que les derniers mètres. Foutage de gueule. Le record du monde juniors a été battu par un Russe, Anton Chupkov (2’09"64), temps qui lui a permis de se qualifier 8e. Cette course a été remportée par Andrew Willis (2’08"72) devant Dmitriy Balandin.

Dans la 2nde demi-finale, Yasuhiro Koseki est parti sur un rythme de folie à la 1, bien plus vite que les bases du record du monde. Un véritable suicide pensais-je. Il a tenu jusqu’aux 150m avec -0"76 par rapport au record du monde… et n’a jamais été revu, même s’il a nettement fléchi, réussissant le meilleur temps de la journée en 2’08"03. Marco Koch, Daniel Gyurta – triple tenant du titre – et Kevin Cordes ont tous nagé plus vite que le vainqueur de la course précédente, ils étaient plus ou moins en balade, ils ont grillé moins d’énergie que le Japonais.

On n’était pas loin de voir une Française en finale du 50m dos. Ce n’est pas passé en demi-finales. Les Australiennes médaillées sur 100m avaient fort à faire pour reproduire ce résultat, ceci principalement en raison de la concurrence par des Chinoises, en particulier Fu Yuanhui, qui a affiché la couleur lors des séries puis a écrasé les demi-finales, par la Danoise Mie Nielsen (aussi médaillée sur 100m) et par la Brésilienne Etiene Medeiros, plus à l’aise sur l’aller simple.

La Brésilienne a réussi un super départ et une super coulée, mais Fu a envoyé du pâté. Impériale, elle a tutoyé le record du monde (27"11, à 6 centièmes près)… en ayant tapé 2 fois dans la ligne d’eau[1] ! C’était impressionnant. On ne peut s’étonner de la présence des Chinoises dans cette épreuve, car, pour mémoire, une de leurs compatriotes détient le record du monde depuis 2009 (avec combinaison).

Medeiros a conservé la 2e place loin devant les suivantes (27"26, record continental), la 3e, la Chinoise… Liu Xiang – homonyme du hurdleur retraité, du moins retranscrit dans notre alphabet – a nagé beaucoup moins vite (27"58), mais Emily Seebohm (27"66), Mie Nielsen (27"73) et Madison Wilson (27"92) n’étaient pas en mesure d’inquiéter le trio de tête.

Ce doublé a confirmé le succès Fu de la Chine depuis le début de la journée.

Le programme était encore relativement long. Il y avait encore des demi-finales, celles du 200m dos masculin, puis du relais.

Rappelons que Kosuke Hagino s’est blessé pendant le stage au cours duquel il devait participer à l’Open de France organisé à Vichy. Il s’est cassé le coude en faisant du vélo… On l’aurait certainement vu à Kazan dans la peau d’un candidat au podium. Mais le principal absent cette année dans cette épreuve est Ryan Lochte, double tenant du titre. Le niveau restait élevé, on ne savait pas trop qui allait prendre le leadership. Ces demi-finales ont été assez claires à ce sujet.

Dans la première, Tyler Clary et Ryosuke Irie ont effectué une joyeuse promenade avant de s’y coller, l’Américain a décidé de faire le trou en accélérant dès la mi-course pour assurer sa place, mais du coup il a eu beaucoup de mal à finir à la 3e place dans un temps modeste de 1’56"58, assez loin derrière le Russe Evgeny Rylov, 18 ans, auteur d’un retour monumental (dernière longueur en 29"04). Il a explosé son record personnel (1’56"54). Irie n’a pas nagé, il a contrôlé, il se foutait totalement de gagner (2e en 1’56"76).

Dans la 2nde demi-finale, on trouvait Ryan Murphy (52"18 au départ du 4x100m 4 nages mixte), Mitchell Larkin (champion sur 100m), ainsi que le double champion d’Europe polonais, Radoslaw Kawecki, le vice-champion d’Europe, Christian Diener, et j’en passe…

Kawecki en a trop mis d’entrée, Larkin et le Chinois Xu Jiayu sont revenus tranquillement, l’Australien a doublé, il s’est fait reprendre la 1ère place par le Polonais à la coulée, mais ensuite il n’y a pas eu photo, 1’54"29, record d’Océanie, énorme message envoyé à la concurrence. Il a mis 8 dixièmes à Murphy et à Xu (qui s’est qualifié 3e, l’autre représentant de l’Empire du milieu passant avec le 8e temps). Kawecki a terminé 4e dans le temps de Rylov.

Le programme se terminait PRESQUE par la finale du 4x200m NL féminin (le swim-off a logiquement eu lieu ensuite).

Charlotte Bonnet, Coralie Balmy, Cloé Hache (entrée à la place d’Ophélie Cyrielle-Etienne, trop lente en série), Margaux Fabre (passée de la 3e position à celle de finisseur). Perso, dans ces circonstances, j’ai un peu de mal avec cette stratégie de mettre les 2 meilleures devant, tenter autre chose me semblerait intéressant, mais c’est un choix, il a été assumé. Le relais est passé de justesse en finale (8e, 11 centièmes devant la Russie), il s’est qualifié pour les JO. Le but lors de cette finale était de réussir le meilleur temps possible et de gagner en expérience.

Les Etats-Unis étaient imbattables, Missy Franklin pouvait devenir la nageuse la plus titrée de l’histoire des championnats du monde et Katie Ledecky décrocher sa 4e médaille d’or lors de ces Mondiaux. Les 2 stars respectivement bronzée et dorée lors de la finale du 200m NL individuel ont fait le job, elles étaient placées en 1 et en 4, ont nagé toutes les 2 en moins d’1’56 (départ arrêté pour la première, départ lancée pour la seconde), les 2 autres (Leah Smith et Katie McLaughlin) ont réussi de très bon temps elles aussi, moins de 1’57… sachant qu’outre les USA, seule la Chine a eu plus d’une nageuse en-dessous de ce chrono. Il n’y a donc pas eu photo. Victoire en 7’45"37.

Et pourtant, il a fallu attendre le dernier relais, celui de Ledecky, pour voir les Etats-Unis prendre la tête des opérations. Pourquoi ? Parce que Sarah Sjöström a lancé le relais suédois dans un temps monstrueux : 1’54"31 (MPM) ! C’est beaucoup plus rapide que toutes les filles qui ont disputé l’épreuve individuelle[2]… à laquelle elle n’a pas participé, ayant un programme trop lourd pour s’ajouter 3 fois 200m.

Les Américaines ont donc nagé en 2e position pendant très longtemps, les Suédoises parvenant à rester devant avec 2 filles qui ont nagé environ 1’57"5 de moyenne (la 3e avait même repris beaucoup de marge en partant très fort, du coup elle manquait de juste pour finir et a perdu presque toute son avant)… avant l’explosion de la dernière fille, beaucoup plus faible (presque 2’01). L’Italie en a profité pour prendre la 2e place, surtout grâce à Federica Pellegrini, auteur d’un super relais (1’54"73 lancée) alors que ses copines étaient nettement en-dessous (7e place à mi-course). L’ancienne rivale de Laure Manaudou a plongé, elle s’est retrouvée à la baston avec la Britannique, a tracé, mangé la Suédoise qui n’avançait plus ainsi que la Chinoise. Propre. Bon, les Ricaines leurs ont tout de même mis 3 secondes avec une Ledecky en gestion (1’55"64 lancée).

Avec Shen Duo à la finition, la Chine a décroché sa dernière médaille de la journée, la 6e en 5 finales. Pellegrini lui a mis un éclat, elle partait bien derrière, elle a fini bien devant (7 dixièmes d’écart).

La Suède regrettera l’absence d’une 4e fille au niveau. La Grande-Bretagne, 5e avec une certaine homogénéité, peut espérer progresser en vue des JO (surtout grâce à Siobhan O’Connor, que perso je trouve charmante). L’Australie de Bronte Barratt, Jessica Ashwood (médaillée sur 400m) ou encore Emma McKeon a seulement fini 6e. Le Japon 7e, OSEF. Intéressons-nous tout de même à la France, 7e après un modeste 1’58"15 pour Bonnet, fatiguée par ses 3 autres courses de la journée, puis 5e après un bien meilleur relais de Balmy (1’57"59 lancée, moins bien que le matin toutefois). Hache n’est pas partie très vite, elle a perdu 2 place dès la 1ère longueur, a touché dernière en ayant nagé 1’59"76 loin des meilleures et dans les vagues. Fabre ne pouvait rien espérer, elle a logiquement été en galère du début à la fin (2’00"48), d’où cette dernière place en 7’55"98, 9 dixièmes de plus que le matin.

C’est surtout 7 secondes ½ de plus qu’il y a 2 ans avec un relais très différent dans lequel le maillon "faible" était Mylène Lazare, et dans lequel 3 Françaises avaient fait moins de 1’56… dont la patronne incontestée de l’équipe. Camille Muffat n’est plus parmi nous, il faut s’y faire.

C’était la journée de la Chine. Pour fêter ça, je paie ma tournée de soupe de tortue à carapace molle ! Il parait qu’une nouvelle recette fait fureur à l’ombre de la Grande Muraille… Info ou intox ?



Les vidéos sont aussi sur Vimeo : 100m libre F (demi-finales), 200m 4 nages H (finale), 200m brasse F (demi-finales), 100m libre H (finale), 200m papillon F (finale), 200m brasse H (demi-finales), 50m dos F (finale), 200m dos H (demi-finales), 4x200m libre F (finale).

Notes

[1] Ça arrive régulièrement en dos quand on nage en bourrin sans avoir la possibilité de prendre des repères avec le plafond, qui sert souvent aux dossistes à savoir où ils en sont.

[2] Pour mémoire, Ledecky a gagné en 1’55"16.