Ce ne sont évidemment pas les seuls résultats du jour, beaucoup de choses parfois inattendues ont eu lieu, elles méritent qu’on s’y intéresse, d’autant que l’équipe de France présentait plusieurs de ses membres importants.

Le programme était très chargé, il débutait très fort avec la finale du 100m NL féminin dans laquelle les têtes d’affiche foisonnaient, à commencer par les sœurs Campbell, Sarah Sjöström, et bien sûr les Néerlandaises Ranomi Kromowidjojo et Femke Heemskerk, sans oublier les Américaines, Missy Franklin et Simone Manuel, plus Shen Duo, la seule avec la Suédoise à ne pas former un duo dans cette finale.

Les bonnets jaunes étaient au-dessus du lot, les sœurs sont parties toutes les 2, la Suédoise était entre elles. Le trio a fini quasiment sur la même ligne, et là, demi-surprise, la sœur présumée la moins forte – et assurément la plus jeune, 21 ans – a succédé à sa sœur au palmarès, celle-ci terminant 3e derrière Sjöström, partie un peu trop lentement par rapport aux sœurs pour parvenir à les dominer. J’attendais la victoire de Cate et Bronte 3e, l’inverse s’est produit, et il n’y a pas eu photo : 52"52 pour la victoire, 52"70 pour la médaille d’argent, 52"82 pour le bronze, puis Kromowidjojo assez loin (53"17), les autres ayant fini bien après. Heemskerk (53"58), Manuel (53"93), Franklin (54"00) – qui a dû en garder pour le 200m dos en sentant qu’elle se noyait – et Shen (54"76) ont pris très cher. Pour rappel, la première éliminée des demi-finales avait nagé (53"93).

L’image des sœurs qui s’embrassent sur le podium est belle, mais si la plus jeune se met à dominer l’ainée, ne risque-t-il pas d’y avoir du gaz dans l’eau (pour adapter l’expression juste au monde aquatique) ? A Barcelone, Bronte n’avait pas passé le cut en demies, Cate avait gagné en 52"34 devant Sjöström et Kromowidjojo, il y avait déjà d’énormes écarts. Les choses changent vite… mais l’état de forme est resté assez stable. On se souvient en effet de l’énorme relais de Bronte Campbell au 4x100m NL de dimanche (51"77 lancée), la finale individuelle a confirmé ces perfs, sauf pour Heemskerk, toujours dans la difficulté en solo dans les moments importants.

On enchaînait avec la finale du 200m dos masculin pour un probable nouveau triomphe australien. Mitchell Larkin, déjà champion sur 100m dos, semblait favori. La concurrence venait notamment des Etats-Unis et du Japon. Sans oublier le Russe, inoubliable, ne serait-ce qu’en raison du bruit fait par le public.

Radoslaw Kawecki est sorti de l’eau en tête mais Ryosuke Irie, Mitchell Larkin et Ryan Murphy étaient ensemble au 1er 50m. Larkin se baladait, il a accéléré à la mi-course et s’est bien détaché. Seul Irie tenait encore la comparaison, il était même en tête après 2 longueurs, encore à hauteur au dernier virage. La coulée a fait la différence pour Larkin, réellement impressionnant et de plus en plus en avance par rapport à ses adversaires à mesure qu’il approchait de l’arrivée. Sa victoire en 1’53"58 (record d’Océanie) ne souffre d’aucune contestation, il explose ses records course après course.

Les 4 suivants se valaient plus ou moins, ils étaient pratiquement sur la même ligne à 2 ou 3 coups de bras de la fin. Kawecki a touché 2e (1’54"55) et a décroché l’argent, il a eu l’intelligence d’apprendre de ses erreurs, évitant donc de reproduire sa demi-finale suicidaire. La gestion de son effort était primordiale, Irie a grillé trop d’énergie pour finir correctement, il a échoué à la 4e place (1’54"81). Au grand plaisir du public, Evgeny Rylov a décroché une médaille de bronze en doublant le Nippon in extremis (1’54"60). Les Américains (Ryan Murphy 5e et Tyler Clary 7e) ont loupé leur course. On pourrait dire de même des Chinois si Li Guangyuan n’avait fini 8e avec un record du monde juniors à la clé.

Aussies, si c’est des Aussies j’en veux aussi !

Après la finale masculine du 200m dos, les demi-finales féminines. Missy Franklin ne pouvait pas se permettre une erreur dans ce qui constituait sa dernière chance de titre individuelle, pas au niveau lors du 100m NL, elle a adopté une stratégie très agressive dans cette demi-finale, décidant de se détacher relativement loin devant les autres. Ça revenait un peu dans la dernière longueur, elle a donc contrôlé pour gagner en 2’07"79 devant la jeune Russe Daria Ustinova, qui a de nouveau battu le record du monde juniors (2’08"74).

Il y avait vraiment de la place derrière pour les filles de la seconde demi-finale, certaines pouvaient se permettre de contrôler. Katinka Hosszu disputait cette course mais elle était là pour envoyer du pâté, pas pour se contenter d’accrocher une qualification à l’arrache. Emily Seebohm a été la première à se détacher, Hosszu n’a pas tardé à faire de même en prenant encore plus de marge sur le reste de la troupe. Au dernier virage, elle avait une longueur d’avance sur Seebohm qui est revenue dans la dernière longueur en donnant une belle impression de facilité. La Hongroise a nettement ralenti sur la fin, difficile de dire si c’était volontaire, toujours est-il qu’elle a nagé en 2’06"18, battant un record national mythique dans son pays. L’Australienne s’est qualifiée tranquillement en 2’06"56.

Les 2 Canadiennes et l’Islandaise sont passées, la dernière place est revenue à une des Allemandes (Mensing), 3e de ma première demie en 2’09"16.

Ces courses étaient intéressantes, mais les demi-finales du 50m NL l’étaient beaucoup plus d’un point de vu franco-français.

La premières allait surtout permettre de jauger les concurrents potentiels de Florent Manaudou, extrêmement impressionnant en séries et… toute la saison.

Vladimir Morozov et Nathan Adrian étaient au centre du bassin dans la première demi-finale, de même que Ning Zetao, nouveau champion du 100m NL.

Le public a fait énormément de bruit, mais, alors qu’on attendait de voir le Russe faire des vagues, Nathan Adrian a fait exploser pas mal de certitudes concernant la victoire programmée de Manaudou en réussissant un énorme chrono : 21"37… Grosse surprise ! La meilleure performance mondiale de l’année doublée d’un record national. Pourtant, on ne l’avait pas vu en grande forme depuis le début des Mondiaux. Morozov a pris un éclat, 3e en 22"02, dépassé aussi par Marco Orsi (21"86). Zetao a fini dernier.

Le champion olympique de la spécialité allait-il vouloir répondre au champion olympique du 100m NL ? A vrai dire, on se foutait pas mal de qui était à côté de lui, seule comptait sa propre performance. Elle a été relativement bonne. 21"41 en ne prenant pas un gros départ et ne réussissant pas une coulée formidable, c’est impressionnant. Pour un autre, ça aurait été impressionnant tout court. Pour Manaudou, c’est impressionnant car il y a encore une marge de progression. Il n’a pas non plus super bien fini. 2e en 21"60, Bruno Fratus sera aussi un client. Il y aura manifestement beaucoup plus de suspense que prévu !

A l’issue de cette course, la surprise du chef : le 6e, Anthony Ervin, champion olympique du 50m NL à Sydney il y a près de 15 ans… a fini dans le même temps que Morozov lors de la première demi-finale. Conséquent, un barrage a été programmé pour les départager, seul le vainqueur ayant le droit de disputer la finale de samedi.

La finale du 200m brasse devait permettre à la Russie de remporter une médaille, voire un titre, avec sa dopée, Yuliya Efimova. Ayant fait n’importe quoi lors des séries, elle a rapidement disparu du jeu. Néanmoins, l’autre Russe, Simonova, a brillé en demi-finale et semblait être une concurrente sérieuse pour le podium.

La recordwoman du monde, Rikke Møller Pedersen, a dominé la course presque depuis le début, mais la Japonaise Kanako Watanabe ne se laissait pas faire, elle s’est rapprochée puis a attaqué dans la dernière longueur, s’offrant le titre (2’21"15) avec une marge assez considérable (1"29). Pedersen a craqué, elle a été doublée par Micah Lawrence, confortable 2e (2’22"44) après avoir navigué toute la course au 4e rang… mais a décroché le bronze, partagé avec… 2 autres filles ! 3 ex-aequo pour le bronze (2’22"76), Shi Jinglin était 3e depuis un long moment, donc il n’y a rien de surprenant, en revanche retrouver Jessica Vall sur la boîte alors qu’elle occupait encore la dernière place à l’ultime virage, c’est assez fou. L’Espagnole a nagé les 50 derniers mètres en 35"57 pour toucher dans le même centième que Pedersen à qui il a fallu 39"09. Une finale à 5 médaillées, c’est très rare. A la limite, lors d’un 50m, c’est concevable, mais dans un 200m, qui plus est avec ce scénario fou, on pouvait difficilement l’imaginer. On frise le surnaturel !

Les demi-finales du 100m papillon pouvaient permettre à la France de qualifier un nageur pour une 2nd – ou 2e – finale samedi. Mehdy Metella avait ses chances, néanmoins mieux valait espérer que ça n’aille pas trop vite dans la première course, celle de Chad Le Clos et Konrad Czerniak, encore parti comme une balle. Tom Shields a très bien fini, il a gagné en 51"03, quelques centièmes de mieux que Le Clos.

Cette demi-finale a confirmé qu’il y avait de la place pour Metella à condition bien sûr de ne pas partir trop lentement, ce qui est régulièrement son problème, et probablement d’améliorer un peu son record personnel. Il nageait complètement à l’extérieur, à la ligne 1, ce qui peut aider. Laszlo Cseh allait probablement gagner, mais ça ne concernait pas trop le Français, qui ne devait s’occuper que de sa propre performance.

Le Guyanais a réussi son départ, il est sorti de l’eau avec les meilleurs, est passé 3e au virage donc complètement dans le coup. A l’issue de la coulée il était presque en tête et envoyait du lourd. Restait à tenir, il a parfaitement réussi, terminant 3e en 51"39 (6e temps général), record de France battu ! Mission réussie ! C’est exactement ce qu’il devait faire. On ne peut pas dire qu’il s’y attendait, on l’a compris en le voyant lui-même estomaqué par sa propre performance. Pourtant, ça n’a rien de surprenant, il ne cesse de progresser, a été excellent lors du relais 4x100m NL avant de devoir patienter plusieurs jours pour replonger. Autrement dit, il est frais et en forme. Mine de rien, cette qualification a fait beaucoup de bien à l’équipe de France car avant lui seuls Florent Manaudou et Camille Lacourt ont réussi à passer le stade des demi-finales dans les épreuves individuelles.

Signalons tout de même que Cseh a remporté la seconde demi-finale en 51"03 (le même temps que Shields), Li Zhuhao a terminé 2e en battant de nouveau le record du monde juniors (51"33), soit juste devant Medhy. Les écarts sont très réduits, le 8e a nagé seulement 48 centièmes plus lentement que les 2 vainqueurs des courses. Seulement 2 gros dixièmes séparent le 4e du 8e (Joseph Schooling et Pawel Korzeniowski étant les 2 derniers qualifiés).

Dans l’euphorie, pourquoi ne pas rêver d’avoir une ou 2 filles qualifiée(s) en finale du 50m papillon ? Béryl Gastaldello prenait le départ de la première demi-finale, encore à la ligne 1 qui a réussi à Metella et à Lacourt avant lui.

Elle a tout donné, c’était plutôt bien… mais elle a craqué à la fin. 7e en 26"25, ça ne pouvait passer (14e). A sa décharge, elle a déjà beaucoup nagé lors de ces Mondiaux, c’est probablement ce qui lui a coûté ses chances de qualification, il lui a manqué de la fraîcheur. A l’avenir, il serait bon de mieux cibler ses priorités. Jeanette Ottensen a dominé cette demi-finale en 25"27, mettant un éclat à toutes les autres filles, reléguées à plus de 5 dixièmes.

Mélanie Henique aussi était à la 1. Il y avait plein de cadors à sa gauche. Il fallait qu’elle commence par réussir son départ, comme à l’époque où elle est parvenue à monter sur des podiums internationaux. Et en effet, elle est partie comme une balle, avant de tenir mieux que Gastaldello. Malheureusement, 5e en 26"03, ça n’a pas suffi, elle n’a réussi que le 10e temps général, la 8e a mis 12 centièmes de moins à traverser la piscine. Rappelons que l’ancienne nageuse d’Amiens a eu le nez cassé il y a quelques semaines lors d’une agression. Cet événement fâcheux a fortement perturbé sa préparation, elle n’a pas pu nager pendant un certain temps.

Le fait majeur de cette seconde demi-finale reste la démonstration de Sarah Sjöström : 25"06 (record des championnats). Francesca Halsall, 2e de la course et 3e temps des demies, a été repoussée à 0"65. Sur un 50m ! Outch.

La finale du 200m brasse masculin semblait très ouverte. Triple tenant du titre, Daniel Gyurta pouvait réaliser une performance historique en cas de victoire. Depuis 2009, il a enchaîné les titres en grand bassin : champion du monde, puis d’Europe, puis encore du monde, d’Europe et olympique, encore du monde… La série a pris fin l’an dernier car il n’a pas participé au 200m brasse des Championnats d’Europe de Berlin. Néanmoins, à l’échelon planétaire, il pouvait enchaîner. Conserver son titre 4 fois de suite n’est pas donné à tout le monde ! Malheureusement pour lui, ça ne s’est pas passé tout à fait comme il l’aurait voulu.

Le Japonais Yasuhiro Koseki est parti fort, mais il n’était pas seul. A la mi-course, il était 3 plus rapides que le temps de passage du record du monde, puis 4, voire 5. C’était du délire ! A la coulée, le Nippon était très fort, mais à la nage, Gyurta était le plus fort… jusqu’à la super fin de course de Marco Koch, parti très tranquillement (5e au premier virage), puis remonté progressivement pour passer d’un rien en tête aux 150m, où ils étaient encore 4 en 2 gros dixièmes. L’Allemand sacré champion d’Europe chez lui l’an dernier a remporté cette course qui restera probablement la plus incertaine et la plus belle de ces championnats tant les positions ont changé et le suspense a duré (même si personne n’a pu finir aussi vite que le recordman du monde le jour où il a fait exploser le chrono[1]).

Koch a gagné en 2’07"76, Kevin Cordes a pris l’argent en ayant touché 2e au bout de chaque longueur (2’08"05), Gyurta a tout de même décroché le bronze, il aurait pu espérer mieux à la touche (2’08"10, exactement le même retard qu’au dernier virage). Le 4e, le Britannique Andrew Willis, n’a pu doubler que le Japonais lors de l’ultime retour.

Il restait une finale, celle du relais 4x200m NL masculin. On aurait aimé y voir la France mais cette année, en l’absence de Yannick Agnel, on ne pouvait raisonnablement espérer que la qualification olympique, elle a été obtenue.

Le spectacle risquait d’être intéressant, et pour une fois, on pouvait l’apprécier sans stress.

Ryan Lochte est parti vite, il voulait tout de suite faire le trou, mais l’Australie et la Russie – qui nageait au couloir 1 – avaient eux aussi de grosses envies. Cameron McEvoy s’est accroché à Lochte, mais la dernière coulée a permis à l’Américain de partir. Danila Izotov est bien revenu sur lui à la fin le leader a eu beaucoup de mal à finir (c’est un coup à provoquer un faux départ !). 1’45"71, c’est un peu mieux que lors de la finale individuelle.

Après le premier quart de l’épreuve, les Etats-Unis devançaient le pays hôte, l’Australie, la Pologne (Jan Switkowski) et la Grande-Bretagne (Daniel Wallace, 1’47"04).

Conor Dwyer a nagé dans les standards du 200m NL américain : 1’45"33, soit le 3e meilleur temps de tous les finalistes, mais avec un très mauvais temps de réaction à l’image de toute son équipe (1"11 de temps de réaction cumulée pour les 3 relayeurs, c’est nullissime, et ça a coûté très cher). Aleksandr Krasnykh a fait mieux que limiter la casse. Poussé par le public, il a pu lancer son partenaire à une confortable 2e place à mi-course en nageant nettement sous la minute 46. Malheureusement pour lui, les 2 suivants n’ont pas du tout le même niveau, ils ont allègrement dépassé 1’47, du coup cette 2e place a tenu un temps, mais pas jusqu’au bout.

Lors du 2e relais, l’Australien David McKeon (frère d’Emma, championne du monde en relais et finaliste individuelle lors de ces Mondiaux) s’est mis dans la vague de l’Américain, ce qui ne lui a pas suffi pour nager très vite (1’47"05) et rester en 3e position car Robert Renwick s’est bien débrouillé (1’45"98) pour maintenir la menace britannique. Il avait pour mission de rester dans le coup car avec James Guy pour finir, son équipe avait un joli coup à jouer. Seulement 2 secondes de retard par rapport aux Etats-Unis après 2 relais sur 4, ça sentait la surprise. Les Américains n’étaient pas seuls au monde.

En l’absence d’un taulier comme Phelps, le 4e membre de l’équipe US était un jeune de 20 ans manquant cruellement d’expérience. Ce Reed Malone n’a pas été très bon : 1’46"92 en ayant laissé revenir le Gallois Calum Jarvis et Daniel Smith (un Australien qui a surtout fait parler de lui parce qu’il a touché le fond et sort de désintoxication), revenus à peu près sur la même ligne que la Russie après 500 et encore 550m de course. Certes, par rapport au nageur du pays hôte, la marge des Ricains s’est accru (1"38), mais par rapport au réel danger, la Grande-Bretagne, 3e à 1"63, il s’est suffisamment réduit pour que James Guy plonge en se sentant capable de gagner. Normalement, il aurait dû nager pour la 2e place. L’Australie ne pouvait espérer gagner, elle possédait un moins bon finisseur en la personne de Thomas Fraser-Holmes et déplorait 4 dixièmes de retard supplémentaires par rapport à la Grande-Bretagne.

Michael Weiss, relayeur quidam, terminait pour les Etats-Unis. Du pain béni pour James Guy ! Il s’est fait dévorer. Le Britannique avait l’opportunité de griller tout le monde, il est revenu très vite, l’Australien ayant pour idée de surfer sur sa vague.

Pendant un moment, Alexander Sukhorukov a fait jeu égal avec ces nations. Il a explosé en vol (dernière longueur en 28"83), d’où la 4e place au final. Les Russes sont quand même bien à la rue depuis le début de ces Mondiaux, le nombre de leurs places d’honneur est impressionnant.

L’Américain avait encore 1"11 d’avance à 100m de l’arrivée, et toujours la moitié au dernier virage, mais lors du dernier retour, la claque : Guy a nagé une seconde plus vite que Weiss (27"10 contre 28"07). Les Etats-Unis battus dans un relais 4x200m à ce niveau, ce n’était plus arrivé depuis les Mondiaux 2003. Ils ont remporté 8 titres consécutifs (2004, 2005, 2007, 2008, 2009, 2011, 2012, 2013).

La cause principale de cette surprise est évidemment James Guy : «James Guy is the guy !», 1’44"74 lancé, ça ne vaut pas les 1’43"24 d’Agnel à Londres lors du relais, néanmoins par rapport à ses adversaires direct, il n’y a pas eu photo, il a fait la différence, décrochant ainsi son 2nd titre des Mondiaux. L’Australien a fait 1’45"45 mais n’a pu accrocher que le bronze, l’Allemand Paul Biedermann partait de trop loin (1’44"80, 5e).

7’04"33 (record de Grande-Bretagne) est un bon temps sans être une perf extraordinaire par rapport aux précédentes éditions. En 2012 et 2013 cette perf aurait été synonyme de médaille de bronze (aussi en 2008 et 2009 pendant la période des combinaisons en polyuréthane), d’argent en 2011 et 2007… mais d’or en 2005 et auparavant.

Si on y regarde de près, on se rend compte qu’en réalité, le titre s’est joué dans les prises de relais : 1"11 au total pour les Etats-Unis, 68 centièmes pour les Britanniques, soit 43 centièmes d’écart… et 42 à l’arrivée ! 7’04"75 avec un relais A’, ce n’est pas si mal pour les Etats-Unis, l’absence de prise de risques leur a été très préjudiciable. Rien qu’avec Ricky Phelps, ils ont près de 2 secondes à gagner, si Ricky Berens revient ils auront aussi pas mal de dixièmes à gratter. En résumé, les Ricains devraient retrouver leur place l’an prochain. Peut-être pour la dernière fois du cycle Phelps-Lochte. Et si la France récupère ses hommes forts (Agnel et Stravius) à leur meilleur niveau avec un Bourelly en progression ainsi qu’un Pothain ou Mallet au taquet, on peut réellement espérer la voir batailler avec nos meilleurs ennemis pour la 2 ou 3e place. L’Australie, 3e en 7’05"34, me semble avoir une marge de progression assez limitée.

Et pour finir la journée, on avait le fameux swim-off du 50m NL entre Morozov et Ervin. Le duel a été très serré, le Russe a gagné de très peu (21"90 contre 21"98", à peine plus vite que lors des demi-finales).

Et c’est ainsi que s’est achevée cette 6e journée. Le week-end arrive, les 4 dernières chances de médailles françaises aussi. J’en annonce un minimum de 2 (50 NL et 50 dos), de Metella dépendront les 2 autres. Je le sens capable de réussir un joli coup en finale du 100 pap’ et de confirmer en menant le relais 4 nages sur la boîte. Espoirs à suivre. Vivement samedi, vivement dimanche !



Les vidéos sont aussi sur Vimeo : 100m libre F (finale), 200m dos H (finale), 200m dos F (demi-finales), 50 libre H (demi-finales), 200m brasse F (finale), 100m papillon H (demi-finales), 50m papillon F (demi-finales), 200m brasse H (finale), 4x200m libre H (finale).

Note

[1] Un Japonais de tout juste 18 ans avait raboté de plus d’un quart de seconde le record de Gyurta environ 1 mois ½ après les JO de Londres… au cours desquels le Hongrois avait réussi l’exploit de retrancher 3 centièmes à la marque de référence réalisée à l’époque des combinaisons. Depuis, Akihiro Yamaguchi a bien du mal à confirmer.