Le 50m NL ouvrait la journée. Intéressons-nous directement aux 3 séries rapides.

Arianna Vanderpool-Wallace (24"43) a fait belle impression dans la première (la 10e sur 12), mais Sarah Sjöström (24"53) n’était pas à fond. Ranomi Kromowidjojo a remporté la suivante (24"62) devant Francesca Halsall (24"80), et on en arrivait à l’ultime course, celle d’Anna Santamans et surtout des sœurs Campbell ainsi que de Femke Heemskerk et de Jeanette Ottesen.

Isolée à la 7 avec un couloir vide entre elle et les meilleures, la seule Française qualifiée a accroché la 5e place (24"90) assez loin derrière Cate Campbell (24"40), mais largement suffisante pour se qualifier (10e temps). Jeanette Ottesen (24"66) et Bronte Campbell (24"74) ont aisément obtenu leur place en demi-finales.

On enchaînait avec les 7 séries du 50m dos masculin. Le Japonais Masaki Kaneko passait avant les séries rapides, il n’a pris que la 3e place de sa course, battu par un Estonien et un Roumain. L’Argentin Federico Grabich, médaillé surprise sur 100m NL, a pris la 4e place et s’est fait éliminer.

Les 3 médaillés sur 100m dos occupaient les couloirs 3 à 5 de la même série, la 5e, Camille Lacourt étant au 4. Plutôt relevée cette série ! Lacourt a été le meilleur, et nettement, 24"56, Matt Grevers a pris la 2e place (24"68), Mitchell Larkin la 3e (24"77). Seulement 6e, Guy Barnea a été éliminé.

Ben Treffers, David Plummer et Liam Tancock nageaient dans la pénultième série, ils sont arrivés dans cet ordre (24"74 pour l’Australien, 24"79 et 24"91 pour les autres).

Jérémy Stravius avait l’honneur de nager la dernière série à la 5, juste à côté de… Vladimir Morozov. La Français a pris un bon départ et a touché en tête en 24"95, une course avec des erreurs, donc améliorable. Il s’agit du 7e temps général.

Les Français 1er et 7e, pas de problème. Rappelons qu’il y a 2 ans, ils avaient réussi un doublé. Les Australiens ont réussi le 3e et le 4e temps, les Américains le 2e et le 5e. Morozov est passé 13e (ex-aequo avec l’autre Russe en 25"27, soit 2 centièmes de moins que la 16e place… pour laquelle il y a eu égalité, donc swim-off.

Au tour du 50m brasse féminin.

La Jamaïcaine Alia Atkinson a boltisé sa série en 30"27. Puis Jessica Hardy, championne du monde en 2007 sur cette distance, a été battue par la Suédoise Jennie Johansson (30"30) dans la 7e des 8 courses. La dernière a excité le public de Kazan car on y trouvait les 2 Russes opposées à Ruta Meilutyte. Yuliya Efimova s’est chiée dans le maillot – expression imagée particulièrement crue dont je ne suis pas particulièrement fier – lors des séries du 200m, elle a cette fois pris la 2e place de la course, mais très loin de la Lituanienne, au-dessus du lot (29"74). Une marge pareille (71 centièmes par rapport à Efimova, 53 par rapport au temps d’Atkinson) sur un 50m, c’est impressionnant ! Si elle ne craque pas mentalement en finale, personne ne pourra l’approcher.

Le 4x100m NL mixte est, de mon point de vue, la plus légitime des épreuves mixtes. Toutes les nations peuvent trouver 2 hommes et 2 femmes pour nager un 100m NL. C’est beaucoup plus compliqué pour le relais 4 nages, car on ne peut composer une équipe à la fois cohérente, complète et performante si on est obligé de mettre une fille en brasse par exemple. De nombreux pays ont 2 hommes et 2 femmes rapides dans l’épreuve reine de la natation, ça ouvre donc des perspectives à beaucoup de pays qui n’ont pas un réservoir suffisant pour être performant chez les hommes ou chez les femmes. D’ailleurs on peut le constater, les équipes engagées étaient nombreuses (28 plus 3 qui ont déclaré forfait), même si beaucoup d’équipes ont fait tourner. On constatait tout de même la présence de nageurs de renoms comme Ryan Lochte, Conor Dwyer, Filippo Magnini et Federica Pellegrini (le couple glamour de la natation italienne), Veronika Popova, Femke Heemskerk, Sebastiaan Verschuren, et j’en passe.

La 3e série était très relevée : USA, Italie, Australie, Allemagne, Pays-Bas et Suède. L’Australie – imbattable en mettant la meilleure composition possible – a déclaré forfait, ce qui ne faisait pas tant que ça baisser le niveau. Les Etats-Unis ont gagné très facilement (3’24"51) devant l’Italie (3’26"23), la Suède et les Pays-Bas.

L’équipe de France ne faisait clairement pas de ce relais un objectif, elle a allègrement fait tourner ses effectifs. On peut parler d’équipe B, et même B’ car pour les garçons, c’était plus C que B. Son quatuor disputait la dernière série avec Lorys Bourelly, Clément Mignon, Cloé Hache et Margaux Fabre. La Russie est partie en tête, la France 2e à l’issue du 2e relais, a conservé cette position très loin devant le 3e, et de plus en plus loin derrière la Russie, seule qualifiée de la série, qui lui a mis plusieurs longueurs (3’25"23 contre 3’28"29). Les temps des Français sont les suivants : 49"94, 48"20, 55"33 et 54"82. Mignon est allé plus vite qu’en séries du 4x100m NL masculin, Bourelly un peu moins (même en ajustant le temps de réaction au départ), Hache a été nettement plus lente que lors du relais féminin, lors duquel Fabre n’aurait pas dépareillé en séries.

Ayant galvaudé ce relais, la France a été éliminée à la 9e place… Arf. Pour 46 centièmes derrière le Brésil et le Canada, ex-aequo dans la 2e série derrière la Chine.

Les séries du 1500m… que c’est long !!!! Surtout quand il y a 3 séries avant les 2 courses avec les réels candidats à la finale.

Dans la 4e de ces 5 séries, Ryan Cochrane s’est imposé en 14’55"96 devant Michael McBroom (14’57"07), Mykhailo Romanchuk (14’57"82), Pal Joensen (14’58"52) et Mack Horton (15’00"51). Déjà 4 nageurs sous les 15 minutes avant la dernière série, ça ne laissait pas d’autre alternative à Danien Joly que de casser cette barrière pour la première fois de sa vie.

Gregorio Paltrinieri et Sun Yang n’étaient pas les seuls concurrents du Français, le niveau était très élevé et très dense.

Joly a tenté de prendre la vague du Britannique, qui tentait lui-même de prendre celle de Sun Yang. Il est passé près d’une seconde plus vite aux 800m que Sébastien Rouault lors de son record de France… ce qui ne faisait de lui que le 6e de la course. Les 3 premiers (Paltrinieri, Sun et Connor Jaeger) sont partis, le Français a fini 6e en 14’58"79, il a très bien nagé, a éclaté son record personnel… mais a fini avec le 10e temps, à moins d’une seconde du dernier qualifiés, Romanchuk. Après un 400m pas très bon le premier jour pour entrer dans la compétition, Joly a répondu présent sur 800 et 1500m même s'il n'y a pas eu de finale au bout. On peut le féliciter pour ces Mondiaux, même s'il y a encore des marches à franchir, ce dont il a pleinement conscience.

Les 5 meilleurs temps ont tous été réalisé dans cette ultime course de la matinée, une course remportée par Paltrinieri (14’51"04) devant Jaeger (14’53"34), Sun (14’55"11), le Britannique Stephen Milne (14’55"17) et l’Egyptien Akram Ahmed (14’55"42). Pas sûr que le Chinois de retour de suspension se balade en finale…

Si vous aimez l’aller sans retour, ne manquez pas la 2nde session du jour, il y en a 5 au programme, dont le 50m NL masculin avec un Florent Manaudou au taquet. Je mise sur une victoire en moins de 21"20.



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