Une fois de plus, un énorme Pau Gasol a porté l’équipe espagnole. Au terme d’une première période de qualité très moyenne, l’Espagne menait 39-32 grâce à ses 4 seuls marqueurs : Pau Gasol (14 pts à 7/10), Nikola Mirotic (12pts), Sergio Llull (8pts dont 2 tirs primés dès la première minute) et Sergio Rodriguez (5pts). Malgré une très nette domination au rebond (déjà 7pts et 9 rebonds pour Giannis Antetokounmpo), la Grèce était menée, la faute à un manque d’adresse extérieure (2/9 contre 5/11) et trop de pertes de balles (7, dont 5 dans le 1er QT pourtant terminé sur le score de 14-14). Gasol et Mirotic ont creusé l’écart lors des 5 à 6 dernières minutes avant la mi-temps.

La seconde période a débuté par un très gros 3e QT de la Grèce, l’Espagne n’a pu marquer que 3 points en 5 minutes, elle a encaissé un 11-0 avant le réveil de Gasol… derrière l’arc. Il a enchaîné 10 points de suite pour limiter la casse et maintenir son équipe en vie. Les Hellènes ont remporté ce QT 25-16 sans perdre un ballon, c’était infiniment mieux offensivement et défensivement, si bien que même avec un avance maximale de 4 points et de seulement 2 à la fin du QT (57-55), on croyait la tendance totalement renversée. Pourtant, dès le début du dernier QT, les Grèce a fait le coup de la panne. Sans doute une fuite d’huile (^^). Un 7-0 (ou 11-3) encaissé d’entrée, un seul panier en plus de 6’30.

Nick Calathes et ses coéquipiers ne survivaient que grâce aux rebonds offensifs du "Greek Freak" – qui a aussi gâché des situations en faisant 3 à 5 pas (^^) – et à des pertes de balle grotesques en fin de match qui ont permis la réduction de l’écart quand l’affaire semblait pliée (il y avait encore -7 à 1’15 de la fin quand le meneur gréco-américain a piqué le ballon à Llull pour faire revivre l’espoir. Il a remis ça sur une perte de balle de Rodriguez puis a complété sa série de 7pts en moins d’une minute en tirant de loin. Le suspense subsistait aussi grâce à 2 LF manqués par Rodriguez puis Gasol. Le dernier panier de la Roja a été marqué avec 5’40 au chrono, ensuite, ils ont enchaîné LF, pertes de bals et tirs manqués.

Il restait 15 secondes quand Calathes a ramené son équipe à -2, tout restait possible. Seulement, la moindre des choses était d’être hyper concentré. La remise en jeu rapide façon quarterback pour lancer Rodriguez seul vers le panier a surpris les Grecs. Calathes a dû faire faute pour empêcher le layup, il s’agissait de sa 5e. Les arbitres auraient probablement dû signaler une antisportive. Ceci dit, 4 points d’écart à 13 secondes de la fin, en principe, c’était quasiment cuit. Seulement, le remplaçant de Calathes, le dénommé Kostas Sloukas, pratiquement pas utilisé du match, a planté un gros 3pts sur rebond offensif pour revenir à 72-71 à 4 secondes de la fin. Envoyé sur la ligne pour 2 LF, Gasol a manqué le second, la Grèce avait 2 grosses secondes pour marquer, Antetokounmpo a tiré à la sirène du milieu du terrain… sans réussite.

L’Espagne a eu chaud aux fesses. Ça devient une habitude lors de cet EuroBasket. 27 points et 9 rebonds pour Gasol avec un 9/16 à 2pts, c’est colossal quand on sait que le reste de son équipe a été limitée à 7/21 dans ce secteur. Si les 18pts de Mirotic et le 7/18 des Ibères ont aidé, la différence principale entre les 2 équipes est le nombre de fautes et de LF : 17 fautes commises et 24 LF obtenus contre 24 fautes et seulement 9 LF… 20 marqués à 4. L’Espagne a mis 16 points de plus sur la ligne.

Antetokounmpo a fait forte impression malgré ses erreurs (12pts, 17 rebonds, 2 contres), Calathes a fini fort mais 15 secondes trop tôt (14pts, 5 rbds, 7 passes, 2 contres), seulement ils n’ont pu compter sur un Georgios Printezis qu’en première période (9pts et 3 passes à la mi-temps, seulement 4 et 1 de plus ensuite). Surtout, Giannis Bourousis a mangé 5 fautes en 9’13. J’avoue ne pas y avoir prêté particulièrement attention, je ne saurais dire s’il s’est fait martyriser par Gasol, s’il a été mal arbitré ou s’il a juste fait n’importe quoi.

Il s’agit du 3e échec de la Grèce en quarts de l’Euro, de la 9e demi-finale consécutive pour l’Espagne.

Le début de match a été très très laid, avec beaucoup de pertes de balle et de jets de briques. Nerveux au point de prendre une faute technique très rapidement, les Serbes ont été fortement ennuyés par les Tchèques, qui ont mené 12-5 grâce à 8pts de Blake Schilb. Heureusement pour eux que Milos Teodosic a une put*in de classe, il a presque compensé à lui-seul l’étrange absence de domination de son équipe dans le secteur intérieur. En effet, Jan Vesely a encore fait un chantier dans la peinture, il est devenu très efficace depuis son départ de NBA… où il était nul.

A vrai dire, les Serbes comptaient avoir leurs adversaires à l’usure car la République Tchèque a très peu de rotations, contrairement à eux. La 2e faute de Tomas Satoransky, le seul véritable meneur de cette équipe inattendue à ce stade de la compétition, a fait très mal. La grosse pression immédiatement mise sur ceux qui prenaient en charge le rôle de meneur a payé, tout l’écart a été comblé avant la fin du QT : 21-21 (dont 11 de Schilb). Les Tchèques ont fait 8 passes décisives… pour 6 pertes de balle.

J’ai été très favorablement surpris par le collectif de cette équipe surprise, elle a fait preuve de beaucoup de solidarité en défense et a bien fait tourner le ballon (2e au nombre de passes décisives par match). Ils ont même planté de loin de temps en temps. Bien sûr, le physique de Miroslav Raduljica a fait la différence à plusieurs reprises, il a même marqué sur rebond offensif après avoir manqué un LF. On a parfois vu des prises à 3 pour le gêner ! Malgré tout, les Tchèques parvenaient toujours à répondre. Il y avait encore égalité à 2 grosses minutes de la mi-temps avant une accélération serbe à savoir un 3pts et 2+1 de Zoran Erceg… le 1 étant pour la 3e faute de Satoransky. Insuffisant pour creuser l’écart, les vice-champions du monde menaient de seulement 3 unités à la mi-temps (45-42).

Avec ses 6pts et 7 passes, Teodosic a parfaitement enfilé le costume du patron qu’il a l’habitude de porter. Erceg a apporté 11pts (à 100%), soit autant que Schilb et Vesely pour les Tchèques.

La Serbie avait connu les mêmes difficultés en 8e de finale face à la Finlande, puis elle avait pris le large dès le début de la seconde période. On semblait assister au même scénario, ou presque. L’écart est en effet rapidement remonté à 7 unités, puis il a varié entre +4 et +7 à coups de paniers primés, dont un cadeau, offert par une énorme boulette de Njemanja Bjelica qui a touché le filet sur un quasi air-ball (ce qui équivaut à un contre irrégulier, le panier est accordé). Il a toutefois réagi en marquant lui-même de loin quelques secondes plus tard. La Serbie a enfin pris le large au bout de 5 grosses minutes malgré beaucoup de maladresse aux tirs. Elle aurait dû prendre facilement 18 ou 20pts de marge, elle en a pris 10 au maximum… Du coup la République Tchèque est restée en vie. Satoransky a même claqué un énorme dunk au cours de la dernière minute avant de faire une super passe pour un dernier layup de Vesely (16pts chacun). 67-63 après 3 QT, soit 21pts marqué par la République Tchèque par tranche de 10 minutes, c’est beaucoup, on attendait beaucoup mieux de la défense serbe.

Alors que tout semblait rentrer dans l’ordre avec de nouveau 7pts d’écart, Raduljica a pris sa 4e faute. Il a donc dû sortir à 9’ de la fin. Bonne nouvelle pour les Tchèques ? Non. C’est en effet à ce moment que les Serbes ont de nouveau creusé l’écart. Pourtant, Satoransky a continué à porter les siens. Un gros 3pts de Bjelica au buzzer a redonné 10pts d’avance à la Serbie à 5’ de la fin, on croyait l’affaire pliée, elle l’était, malgré quelques derniers coups de griffes donnés par ceux qu’on imaginait jouer le rôle de victimes. La fatigue a fini par se payer, la différence s’est sans doute faite en raison de ce paramètre.

Satoransky avait mis 2pts à la mi-temps, il en a joué 14 dans le 3e QT, a fini à 20pts, 4 rebonds et 4 passes. Vesely a fait 23 et 10. Les autres ont trop peu apporté, Schilb en est resté à 11 points, aucun autre n’a mis plus de 5 points. Les 3 leaders ont joué 31 à 35’. Par comparaison, aucun Serbe n’a atteint les 30’, ils sont 5 à avoir 2 chiffres dans la colonne des points. Les Tchèques manquent de banc. On le savait. Surtout, ils n’ont pas assez de répondant à l’intérieur où la Serbie s’est gavée (24/33 à 2pts).

La Serbie a presque toujours fait la course en tête, mais elle n’a jamais été souveraine, sauf lors des 4 ou 5 dernières minutes. Elle reste toutefois nettement favorite pour atteindre la finale car le talent est là et le réservoir très important. Teodosic a réussi un super match à la passe (14), en plus de 12pts mais 0/6 à longue distance. Erceg a mis 20 points, Raduljica 16, Bjelica 14, Markovic 11. Hormis la France, aucune équipe ne dispose d’un tel effectif.

Incertain, Andrea Bargnani a pris sur lui pour jouer malgré tout ce quart de finale. Sa présence semblait presque indispensable pour gêner la Lituanie de Jonas Valenciunas, un des intérieurs dominants de la compétition. La présence de son pivot très soft ne fait pas de l’Italie une équipe solide et efficace dans la peinture, elle reste une équipe de shooteurs, néanmoins elle peut contribuer à ouvrir l’accès au cercle.

Devant un public fervent venu en nombre, la Lituanie a été la première à creuser un écart (20-13). L’Italie a répondu par un 7-0 après un temps mort. Elle était essentiellement efficace de loin et en jeu rapide. Le QT s’est terminé sur un score de 21-20 en faveur des Baltes. De chaque côté la star principale – Marco Belinelli et Jonas Valenciunas – en était déjà à 8pts. L’Italie a shooté à 4/8 à 3pts.

Montrant plus d’envie et d’efficacité, l’Italie a débuté le 2e QT par un 8-1 (22-28). La série a été interrompue par le premier panier primé lituanien du match. On assistait à un duel très équilibré et très serré, il s’agissait d’une belle bataille avec, certes, pas mal de déchet, mais aussi quelques gros tirs et des actions d’éclat à l’image du poster dunk de Bargnani (ses premiers points du match à la 16e minute).

37-36 pour la Lituanie à la mi-temps, le suspense restait total ! L’Italie a beaucoup croqué de loin (5/14), elle n’a tiré que 2 LF, il faut dire qu’assez peu de fautes ont été commises. Lors de ce 2e QT, on a surtout assisté au réveil de Jonas Maciulis, fabuleux en 8e de finale.

Les Baltes ont débuté la 2nde période en prenant 6 puis 8pts d’avance (48-40) en profitant des largesses défensives adverses. Comme en première période, l’Italie a répondu après un temps mort, encore par un 7-0. Elle a ensuite repris la tête sur un 3pts de Danilo Gallinari (52-50), Belinelli l’a imité dans la foulée pour passer à +3, puis Bargnani y est allé de son panier (57-52), le vent était en train de tourner… ou plutôt de souffler dans le dos de tout le monde car ça marquait dans tous les sens ! Les joueurs ne se sentaient plus, ça devenait n’importe quoi, tant dans les réussites que les loupés. Résultat des courses, la Lituanie menait de nouveau d’1 point à la fin du QT (60-59). Remarquons que le nombre de fautes et de ballons perdus est resté ridiculement faible. Les 6 premiers matchs de la Lituanie dans le tournoi ont tous pris fin sur un écart de 1 à 4pts. On était bien parti pour que le même scénario se reproduise.

La partie est restée toujours aussi serrée avec une alternance de gros shoots et d’erreurs plus ou moins grossières. C’est ce qu’un spectateur neutre comme moi attend dans ces circonstances. Rien ne vaut un match à suspense ! A chaque tir ouvert manqué je ne pouvais m’empêcher de penser qu’il s’agissait peut-être du tournant de la rencontre. Idem à chaque fois qu’un de ces tirs faisait ficelle, à l’image d’un 3pts lituanien qui a porté l’écart à 5 unités pour la première fois depuis longtemps. Le problème est que cette avance, obtenue plusieurs fois de suite, ne tenait jamais bien longtemps, car après chaque panier marqué il y avait un relâchement défensif. La fois où la Lituanie a réussi à monter à +6, elle a encaissé un 6-0 grâce auquel l’Italie est encore revenue à égalité ! Il restait alors exactement 3’ à jouer. Bargnani, mauvais en première période, s’est énormément battu défensivement en seconde, où il a surtout brillé en attaque en enquillant les points.

Maciulis a encore joué son rôle de héros national avec un 3 points venu d’on ne sait où à 1’35 de la fin. Valanciunas a ensuite permis de maintenir cet écart, seulement l’Italie restait dans le coup grâce à des LF. La première opportunité de reprendre 2 possessions d’avance dans le money time s’est achevée par une… perte de balle. Un drive musclé de Gallinari lui a permis d’égaliser. La Lituanie puis l’Italie ont chacun manqué une balle de match.

79-79… prolongation. A vrai dire, ce match méritait une prolongation, toutefois la Lituanie peut s’en vouloir, elle a fait 9/15 à 3pts… mais n’a pas gagné au bout de 40’. Il y avait sensiblement égalité aux rebonds et à 2pts, heureusement pour l’Italie qu’elle a perdu seulement 4 ballons (à 9) pour 6 interceptions génératrices de jeu rapide, sinon elle n’en serait pas arrivée là. Signalons aussi que la Lituanie a fait 10 passes décisives de plus…

Pendant la prolongation, les arbitre ne sifflaient toujours que très difficilement les fautes, ça allait sans doute se jouer au sur des shoots héroïques, mais la fatigue prégnante a fait rater beaucoup de tirs et commettre des bêtises impardonnables dans d’autres circonstances. J’en venais à me demander si une équipe était réellement capable de gagner ce match, Mantas Kalnietis a planté le 3pts d’un nouveau +5 a priori enfin décisif. L’écart a été entretenu par des LF de Valanciunas. En perdant son 3e ballon de la prolongation, l’Italie s’est condamnée définitivement. Un alley-oop de Valenciunas, auteur d’un match titanesque, a définitivement tué le suspense. +7 à une grosse minute de la fin, c’était cuit. Si quelqu’un avait encore un doute, Jankunas a planté le dernier coup de poignard, encore à 3pts. Pour mémoire, il y a 2 ans, la Lituanie avait déjà sorti l’Italie en quart (81-77).

26pts (à 11/13) et 15 rebonds pour Valanciunas, 19pts, 10 rebonds et 3 passes pour Maciulis, 14pts et 11 passes pour Kalnietis, 13pts pour Kuzminskas, 9 pour Milkanis - à ne pas confondre avec Mila Kunis – et 11/18 à 3pts pour l’équipe avec 28 passes décisives. C’est quand même propre ! Seul souci, et non des moindres, les 3 stars ont joué 38 à 41 minutes. Ça risque de peser lors du duel face à la Serbie pour la place en finale et aux JO.

Les 3 joueurs NBA de l’Italie ont été présents (17 à 21 points chacun), seulement ils ont trop arrosé de loin. Du moins Bargnani (1/7) et Belinelli (3/11), pour un total de 8/28 de l’équipe. Jouer à 7 ou 8 avec 4 joueurs à plus de 36’, dans un match au couteau aussi physique, ça pèse.

Espagne-France et Serbie-Lituanie. Remplacez la Serbie par la Croatie et vous avez les mêmes affiches qu’il y a 2 ans, lorsque la France a décroché son premier titre européen. Où doit-on signer pour aboutir au même résultat ?