La Lituanie a rapidement pris les devants grâce à un gros Jonas Valanciunas (8pts, 2 rebonds, 3 contres dans le 1er QT). Les nouvelles n’étaient pas toutes bonnes, Jonas Maciulis et Renaldas Seibutis ont pris 2 fautes dans ce 1er QT (Seibutis assez rapidement, Maciulis à la fin) remporté 22-17 grâce à la domination des Baltes au rebond et aux LF (5/5 contre 1/4).

La Serbie était dans le dur, à la fois nerveuse et maladroite, elle s’est retrouvée menée largement : 28-17. C’était hyper physique, les arbitres laissaient encore allègrement faire. Le basket FIBA devient ridicule avec cet arbitrage incompréhensible, incohérent, fluctuant, régulièrement orienté… Les arbitres et les coachs ont déjà bien assez de données à gérer, on leur en ajoute une décisive mais totalement imprévisible et incontrôlable.

Nemanja Bjelica et Radoslav Raduljica ont à leur tour pris leur 2e faute dans le 2e QT, la situation des Serbes ne s’améliorait donc pas et la Lituanie conservait tout ou partie de son avance. Les favoris de la rencontre ont cru revenir à -7 grâce à Stefan Markovic parti seul après une interception, un chase-down block pourtant irrégulier l’en a empêché. Toutefois, la dernière équipe encore invaincue – ou non-sod*misée par l’arbitrage – du tournoi a profité d’un tir à 3pts plus 2 LF pour la faute simultanée sur la prise de position au rebond pour revenir à -5 à 2’ de la mi-temps. Des 3+2, on en voit peu !

Ceci dit, Raduljica a pris sa 3e faute peu après quand les arbitres ont sifflé une double faute sur 2 intérieurs à la lutte en train de se faire… une prise de lutte. On aurait aimé voir au pire la même chose quand Gasol s’amusait à bousculer Gobert et Lauvergne… Gasol n’était JAMAIS sanctionné, les Français toujours, même quand ils n’avaient rien commis de répréhensible et se faisaient balancer allègrement. Bref…

Les erreurs baltes – déjà beaucoup de turnovers – et la combativité serbe ont relancé le match. La Serbie est revenue à seulement 1 point (33-34) en finissant sur un 9-0 en 3’. Chaque équipe aura eu ses séries et ses pannes offensives au cours de cette première période. On a revu le même genre de choses après la mi-temps. Les Serbes ont un gros banc et sont capables de mettre énormément d’intensité défensive, je comptais sur eux pour taper l’Espagne en finale. La logique voulait qu’ils prennent le dessus grâce à la densité supérieure de leur effectif… à condition bien sûr de rester sérieux et concentrés.

La Lituanie en a remis une petite couche en début de 2nde période. C’est surtout que la Serbie ne mettait rien dedans, il lui a fallu 4’ pour marquer un panier, pendant ce temps les Baltes auraient dû creuser l’écart, ils sont passés à côté de cette opportunité en accumulant trop d’erreurs grossières. C’est (re-)devenu le festival de la brique et de la perte de balle, ces pauvres Lituaniens étaient complètement à la rue, ils ont multiplié les boulettes, la Serbie est alors passée devant grâce à un 9-0 (43-40). Le sens du vent s’est pourtant de nouveau inversé, la Serbie s’est mise à tout rater, la Lituanie a pu répondre par un 8-0 pour mener 48-43 à la fin du 3e QT.

Le 8-0 est devenu un 12-0. De nouveau 9pts d’écart en faveur de la Lituanie, mais à 9’ de la fin cette fois… Que pouvait-il encore se passer ? Absolument tout ! Y compris les choses les plus inimaginables. Les hommes de Sasha Djordjevic ont tenté de revenir, ils ont gratté quelques points tout en gâchant des occasions de se rapprocher plus nettement (notamment des LF). Un 3pts de Bjelica a relancé le suspense (50-54). La réussite extérieure était si rare que le moindre panier réussi derrière l’arc risquait de beaucoup compter.

Il faut l’admettre l’arbitrage était toujours aussi contestable, je ne sauvais dire s’il a plus profité à une équipe ou à l’autre, une seule chose est sûre, elle a eu une influence certaine sur le déroulement des événements. Cette put*in de mode arbitrale de laisser jouer quand on tape sur les bras est naze, espérons qu’elle ne dure pas après cet EuroBasket. Valanciunas a été sanctionné de sa 4e faute à 6’ de la fin, il a bien fait faute, toutefois je crois qu’il y en avait d’abord une sur lui. Comme la Lituanie était déjà dans la pénalité (5 fautes d’équipes à… aucune), il y a eu des LF, la Serbie a continué sa série pour revenir à -1. Ça faisait 10-2… Après un temps mort, Mantas Kalnietis a relancé les siens à 3pts (son équipe a fait 2/14 en tout !). Puis Bjelica a été sanctionné d’une faute offensive.

Décidemment, quel match étrange ! Les retournements de tendance n’ont cessé de se succéder. D’un côté comme de l’autre, on était prompt à faire n’importe quoi. Mindaugas Kuzminskas a marqué un panier de renard pour repasser à +4 en sauvant par magie une possession presque foutue. Ça n’a pas duré bien longtemps. Suspense total à 3’ de la fin. On se rendait maintenant coup pour coup. La défense de Kuzminskas s’est transformée en contre-attaque… puis en faute alors qu’on croyait au contre. Une fois les LF réussis, la Lituanie était à +6 (63-57, même si le panneau ne l’a pas tout de suite affiché), il restait 2’30. 2 LF serbes plus tard, retour à un écart de 4 points. Puis 3 tentatives plus ou moins pertinentes et manquées de tirs primés plus tard, Milos Teodosic est allé sur la ligne pour se rapprocher à 2 unités avec 1’19 au chrono. Il me semble y avoir eu une grosse faute non sifflée sur Bjelica, en revanche celle de Raduljica sur Seibutis a été sanctionnée à 4 secondes de la fin de la possession suivante. 2 LF pour passer à +4 à 23"6 de la fin…. Le premier est entré avec beaucoup de réussite, le 2nd a fait ficelle.

2 possessions d’écart, pas de temps mort… La Serbie avait besoin d’un numéro de magie pour se tirer de ce très mauvais pas. Or elle possède en ses rangs un magicien. Teodosic a mis un tir improbable à 3pts en remontant le ballon… qu’il a d’ailleurs failli perdre avant de dribbler dans son dos pour se mettre en position… N’importe quoi ! Mais diablement efficace et clutch ! Seulement 1 point d’écart (64-65) et 13 secondes à jouer. Le coach lituanien avait encore un temps mort, il l’a pris. La Serbie a commis la faute après avoir tenté de provoquer la perte de balle, Seibutis devait mettre ses LF, il a manqué le 2nd… Il n’y avait donc que 2 points d’écart, la Lituanie ne pouvait faire faute, la Serbie avait largement le temps de mettre en place un système pour égaliser d’un tir à assez gros pourcentage. Pourquoi Bogdan Bogdanovic – auteur d’un Euro extrêmement médiocre, voir raté – s’est-il lancé dans une improbable pénétration au lieu de laisser la balle à son meneur ? Il a sans doute cherché la faute, il n’a pas réussi à l’obtenir. La Lituanie a fini par s’en tirer grâce à ce énième mauvais choix (il y a encore eu des LF après le rebond).

La Lituanie a multiplié les turnovers (20, dont 8 de Kalnietis, qui a aussi fait 9 des seulement 13 passes décisives de son équipe), elle a laissé vivre son adversaire grâce aux points marqués sur perte de balle, a gâché énormément de tirs ouverts, a été très maladroites de loin (2/14). Pourtant elle a gagné contre des Serbes largement favoris qui ont perdu 8 ballons de moins, ce qui n’a pas suffi à compenser à la fois leur faiblesse au rebond (29 à 40) et leur incapacité à rentrer leurs tirs. Comment voulez-vous gagner en shootant à 13/30 à 2pts et 6/28 à 3pts sans vous gaver de rebonds offensifs ? Aucun Serbe n’a dépassé les 4 rebonds captés. Un seul de ceux qui ont tenté plus d’un tir a tiré à plus de 38% (2/4 pour Nedovic). La Serbie est complètement passée à côté. Je vois plus ça comme un suicide collectif que comme une grande victoire Lituanienne. Teodosic doit faire mieux que 16pts (4/11), 3 rebonds et 3 passes pour 2 TO, même si ses partenaires sont en grande partie responsables de ce manque d’assists. Parallèlement, on peut difficilement s’extasier devant la prestation d’un Lituanien. Kuzminskas peut-être (13 et 9 mais 0/4 à 3pts). Meilleur marqueur, Valanciunas (15pts à 5/6 à 2pts et aux LF, 4 contres) n’a pris que 3 rebonds, a perdu 3 ballons et a commis 4 fautes. Kalnietis, c’est 12 points et 9 passes mais 8 pertes de balle et 4 fautes.

Cette défaite surprise de la Serbie est une double catastrophe potentielle pour l’équipe de France, et une triple pour moi : elle va avoir la Serbie comme concurrente à la fois pour la médaille de bronze et pour la qualification olympique dans les TQO[1]… ça fait 2 très mauvaises nouvelles. La 3e cause de mon dépit est que je ne vois pas la Lituanie capable de battre l’Espagne en finale, sauf si tout le monde se réveille avec un Valanciunas au niveau du quart contre l’Italie et un Maciulis aussi impressionnant que contre la Géorgie en 8e. Ou si les arbitres décident de mettre fin à ce qu’ils ont créé : l’escroquerie espagnole.

La Lituanie et l’Espagne ont en commun de compter beaucoup d’absents et d’avoir connu un parcours assez chaotique lors de cette compétition avec respectivement 1 et 2 défaites et beaucoup de matchs très serrés qui auraient pu causer leur élimination anticipée. On ne sait pas trop comment elles ont pu en arriver là. Enfin… L’Espagne, on ne sait que trop bien. Arf. Les voir sortir les 2 favoris invaincus était totalement imprévu, voire imprévisible. Si la Lituanie a mérité sa victoire, on ne peut vraiment pas en dire autant de l’Espagne…

Désormais, il faut espérer que la Lituanie remporte la compétition devant l’Espagne et la France. Comme on dit de l’autre côté des Pyrénées : «rêver ne coûte rien. Pour le reste, il y a les maletas».

Note

[1] Il y aura 3 TQO avec 6 équipes dans chaque pour un seul pays qualifié par TQO, sachant que le Canada, l’Italie, la Serbie, la France et la Grèce seront tous candidats à la qualification. Qui plus est ce sera début juillet, une véritable galère compte tenu du calendrier de la NBA – non seulement des playoffs, mais aussi et surtout de la free agency, car les contrats même négociés ne pourront être signés avant le 10 ou 11 juillet, je ne sais pas exactement – et de la Pro A. En outre, la façon dont seront réparties les équipes est totalement mystérieuse pour le moment. Attention, douille en vue…