• France-Serbie, 81-68.

La FIBA nous a remis M. Chistodoulou et M. Rocha, 2 des 3 fossoyeurs de la demi-finale… Quel sketch ! Lors du premier QT, on a vu qu’ils avaient des choses à se faire pardonner. Ensuite, ils ont arbitré normalement. Ce qui ne signifie pas «bien».

L’ambiance à l’intérieur du Grand Stade Lille-Métropole était assez dingue. Le 3pts dans le corner de Nando De Colo – meneur de jeu en début de match – sur la première possession y a encore un peu plus contribué. Le local a marqué les 5 premiers points français. L’attitude des Bleus ne mentait pas, ils avaient très faim, ils ont eu 1 jour de plus pour récupérer moralement, ça risquait fort de peser. Tout était bon, sauf la finition. A vrai dire, presque rien ne voulait entrer.

Flo Piétrus est entré après moins de 4’ suite à la 2e faute rapide de Boris Diaw. Pour aller à la baston, un Flo Piétrus n’est jamais inutile. La France a mené 7-2 avant un 3pts de Marko Simonovic. L’intensité défensive était digne d’une véritable finale, en revanche l’exécution ne l’était pas, à l’image de la tentative ratée de alley-oop entre Tony Parker et Nicolas Batum. Vincent Collet a décidé de faire plus de rotations qu’en demi-finale, il a commencé beaucoup plus tôt que d’habitude. On a ainsi vu Michaël Gélabale entrer assez rapidement à l’aile.

Simonovic a pris sa 3e faute – une offensive assez sévère – après à peine 5’. Comprenant qu’il risquait de se faire fourrer en compensation du vol qualifié de jeudi, Sacha Djordjevic a alors décidé de mettre la pression aux arbitres… et a pris une technique. Etrangement, contre l’Espagne, les mêmes arbitres ont officié de façon très différente… Sergio Scariolo aurait pu leur cracher dessus, insulter leurs mères, il ne risquait rien. Malgré tout, la France ne prenait pas le large, elle n’a jamais mené de plus de 5 points. Il faut dire que le calvaire de TP continuait, il ne mettait rien dedans, sauf des LF. Il fallait espérer que Joffrey Lauvergne et Evan Fournier aient la main un peu plus chaude, ils sont entrés pour apporter du punch en attaque. Pourtant, c’est de Nando De Colo qu’est venu le panier suivant, un très loin 3pts.

Zoran Erceg a manqué une opportunité d’égaliser en ratant 2 LF, la France n’était pas beaucoup plus adroite, Gélabale a d’ailleurs ouvert son compteur… en profitant du rebond offensif d’un air-ball. Les Bleus auraient clairement dû prendre le large lors de ce premier QT, ils ont été trop maladroits (2/12 à 2pts, et ont commis trop d’erreurs idiotes à l’image de cette faute au rebond sur leur dernière possession. Ils étaient à +5, ils ont laissé revenir à 16-16. De Colo a mis la moitié des points français, TP a fait 0/4 aux tirs et 5/5 aux LF.

Les Bleus sont sortis de leur match, ils étaient de plus en plus dans l’approximation en attaque, multipliaient les mauvais choix, leur intensité défensive est tombée. Résultat, un 4-0 d’entrée, 9-0 série en cours. D’où un temps mort immédiat de Vincent Collet. Il fallait remobiliser les troupes… et faire entrer Charles Kahudi. Fournier a remis l’équipe dans le bon sens en marquant de loin juste après ce temps mort. On a tout de suite senti que l’intensité défensive était de retour. TP a enfin marqué son premier panier (accordé même si un Serbe a empêché le ballon de tomber dedans), puis Fournier a réussi une claquette suite à une interception+contre-attaque de… Rudy Gobert. Le monde à l’envers ! Ce 7-0 a refait passer l’équipe de France devant (23-20) tout en provoquant un temps mort serbe.

Fournier est resté sur le terrain après sa 2e faute pour réussir un improbable circus shot. TP a manqué de très peu le même, c’est un alley-oop de Gobert sur passe de Diaw qui a alors régalé le public. La Serbie répondait à coups de 3 points… exactement ce qui lui a manqué en demi-finale. Elle est repassée devant en contre-attaque (pas de repli défensif). On était dans une phase avec beaucoup de rythme, d’intensité, il fallait s’accrocher, Kahudi et Diaw ont eu raison de ne rien lâcher, ils ont chacun marqué sur rebond offensif pour repasser à +3 à moins de 3’ de la mi-temps. La 3e faute de Stefan Markovic a alors envoyé De Colo sur la ligne pour passer à +5 (33-28). N’avoir commis que 2 fautes d’équipes permettait de mettre beaucoup de pression. Kahudi a ainsi pu provoquer un TO de Milos Teodosic, dont l’influence a été annihilée par les défenseurs français. Les Bleus sont même passés à +7 puis +9 grâce à Batum et Gobert (encore une claquette). La Serbie s’est mangée un 10-0 avec un Teodosic à 0pt. Ça ne s’est pas arrangé avec une violation des 24s en voulant être trop collectifs. A 1’ de la mi-temps, elle était menée 37-28. La série a pris fin sur un 3pts de Njemanja Bjelica à distance NBA. Dans la foulée, TP a encore manqué un layup (en première période il a mis 7pts à 1/8… ça pique les yeux !), puis Nikola Kaninic a réduit l’écart d’une unité sur la ligne des LF pour rentrer aux vestiaires sur le score de 37-32. On pouvait espérer mieux.

Si le punch de De Colo et Fournier a fait du bien (respectivement 10 et 7pts), la France s’en est surtout sortie grâce à ses 10 rebonds offensifs. Ils ont aussi la conséquence de la maladresse française. Ceci dit, en face, c’était… très étrange : 6/8 à 2pts, 5/17 à 3pts. La Serbie a pris plus de 2/3 de ses tirs derrière l’arc ! Elle a aussi perdu 9 ballons (contre 5) en étant largement dominée au rebond (15 à 22) malgré le nombre de tirs manqués par les Bleus.

La clé était sans doute de continuer à isoler Teodosic, auteur de 4 tirs manqués, d’aucun point, d’une seule passe décisive pour 3 pertes de balle. Bogdanovic (9pts à 3/4) et Bjelica 7pts) étaient les seuls à vraiment poser des problèmes à leurs adversaires. Et encore, rien d’insoluble.

La 2nde période a débuté par des LF obtenus par Gobert. Il a mis le 2nd… puis a claqué un énorme contre de l’autre côté du terrain. Un nouveau manqué de Teodosic et une contre-attaque conclue par De Colo ont donné 8 unités d’avance aux Bleus. Le rythme est de nouveau monté, l’intensité des tricolores a fait la différence, le 0/2 de Gobert aux LF après un énième rebond défensif aurait pu permettre d’avoir 10pts d’écart. Ce n’était que partie remise. Toujours aussi maladroits, les Bleus survivaient encore et toujours grâce aux rebonds offensifs. C’est encore sur une possession prolongée de cette façon que Batum a claqué le alley-oop d’un nouveau +8.

Une énorme Marseillaise est descendue des tribunes quand Teodosic ouvrait son compteur en tirant 3 LF (tous mis, évidemment). Dans cette bataille de tirs manqués, les LF étaient encore la meilleure manière de marquer des points. La Serbie était déjà dans le rouge au bout de 4’41 dans ce QT, il fallait en profiter au maximum.

Djordjevic a dû appeler un nouveau temps mort suite à une séquence parfaitement représentative de ce qu’est l’équipe de France : contre de Gobert, contre-attaque et panier de Batum. L’écart avait de nouveau atteint un pic (+9, 48-39). Ce temps mort n’a servi à rien, les Serbes ne mettaient toujours rien dedans en continuant à multiplier les tirs lointains. Les Bleus ont enfin obtenu une marge à 2 chiffres grâce à De Colo, obligé ensuite de sortir pour 3 fautes, mais un nouveau contre jouissif de Gobert puis un layup de TP – alléluia !!! – ont permis aux Bleus de mener 52-39. Après une énième interception, Batum a subi la 4e faute de Bogdanovic, meilleur marqueur adverse. S’il n’a mais que le 2nd LF, l’écart était le plus important du match (+14).

Bogdanovic a inscrit le premier panier primé de son équipe en 2nde période pour garder espoir… ce à quoi Fournier a immédiatement répondu, histoire de tuer cet espoir dans l’œuf. La Serbie a pris un énorme bouillon, les immenses bras français fermaient toutes les lignes de passes, bouchaient tous les angles, d’où beaucoup d’interceptions et de mauvais tirs provoqués. Une de ces interceptions a permis à De Colo d’aller marquer seul pour passer à +16 (58-42). Si Miroslav Raduljica a réussi à enfoncer Gobert – de façon très limite – pour réduire l’écart on ne sait trop comment (58-44), il n’y avait déjà plus rien à craindre à condition de rester sérieux. L’avance était conséquente, restait juste à l’entretenir. Ce n’est plus grâce aux rebonds offensifs mais grâce aux pertes de balles provoquées que la France a pris le dessus. Sa défense a été énorme. Avoir Gobert et Batum, ça aide bien !

Profitant de la sortie de Gobert, le gros barbu serbe a ramené son équipe à -11 sur un and one. TP a redonné de l’air aux siens – et à lui-même – en marquant de nouveau, mais un gros air-ball de Lauvergne à 3pts puis un nouveau panier de Raduljica servi au poste a permis aux Serbes de rester dans le coup. Lauvergne avait beaucoup de mal à défendre sur le pivot, du coup on se faisait manger à l’intérieur. Déjà 4 fautes d’équipe à 0 en moins de 2’30… Il fallait se méfier, Gobert est bien sûr revenu sur le terrain alors que Nemanja Nedovic ramenait son équipe à -9 grâce à des LF.

Le public s’est remis à pousser très fort, ce qui a peut-être poussé Kahudi et Gobert à trop en mettre sur un tir et une tentative de follow-up dunk. Heureusement, Flo Piétrus était là pour sauver la maison sur la contre-attaque suivante en mettant une énorme bâche. Tout le public français a respiré un grand coup en voyant Gobert marquer ligne de fond malgré la 4e faute de Raduljica. Il a encore manqué le LF, néanmoins à +11, la situation restait assez confortable, même si la Serbie s’est encore rapprochée à -9.

Offensivement, il y a eu du déchet, mais comme défensivement le travail était fait par Gobert (contre sur un tir à 3pts) ou encore Gélabale et Bobo (contre sur Bjelica), tout allait bien. Surtout que Fournier a de nouveau montré de quoi il est capable en plantant un layup puis un nouveau tir lointain. 15pts pour lui (record en EdF) à 6/7.

L’écart a longtemps varié dans une fourchette allant de 9 à 13 unités, on sentait tous les Bleus particulièrement impliqués, il n’était pas question que la Serbie revienne. La paire Gobert-Fournier a été extraordinaire pendant ce dernier QT. Après une nouvelle claquette, le géant de Saint-Quentin a encore marqué, un and one avec le LF cette fois. Si Bjelica scorait, l’incapacité des Serbes à stopper les Français ne leur permettait pas de revenir. Avec un Teodosic complètement éteint (3pts à 0/9, 4 rbds, 3 passes, 3 TO), comment auraient-ils pu gagner ce match ?

Une dernière Marseillaise a raisonné dans le stade, seulement interrompue par un 3pts du capitaine au corner. Il n’y avait plus qu’à gérer tranquillement. Le match s’est conclu sur un dernier dunk de mutant de Gobert – malgré une grosse faute – sur une magnifique passe dans le dos de Nando De Colo. Exceptionnel !

81-68… 4e médaille internationale en 5 ans, très belle fin. France-Serbie__EuroBasket_2015__petite_finale.jpg

Mais vous ne m’enlèverez pas de l’idée que la France était la meilleure équipe du tournoi. La dernière Marseillaise chantée par le public quand les joueurs étaient sur le podium m’a filé l’épiderme de gallinacé ! Imaginez ce que ça aurait donné en cas de médaille d’or. Les Bleus la méritaient. On peut retourner le problème dans tous les sens, contre l’Espagne ils ont fait le nécessaire pour gagner au bout des 40 minutes du temps normal, ils ont certes gâché des LF en prolongation mais là encore Pau Gasol a été honteusement avantagé à l’image de son énorme faute offensive sur Lauvergne non sifflée qui a fait passer l’Espagne à +1 au lieu de donner à l’intérieur français des LF pour repasser à +3. A vrai dire, je n’ai que 2 regrets, l’absence d’Antoine Diot – blessé juste avant le début de la compétition – et surtout d’un 3e pivot expérimenté. Envoyer Mam Jaiteh au casse-pipe face à Gasol était difficilement concevable, en revanche j’aurais aimé que l’Espagnol ait à se farcir un Mahinmi, excellent défenseur, un Séraphin, capable de tenir la route face à un gars comme Gasol grâce à son morphotype (s’il n’est pas grand pour un pivot, c’est un vrai tronc d’arbre) et qui aurait pu l’obliger à tafer en défense, ou encore un Ajinça, dont la taille et les qualités offensives auraient aussi pu embêter la superstar de la Roja… mais qui a aussi déclaré forfait juste avant la compétition.

Lors de ce tournoi, les très grandes satisfactions ont été Nando De Colo, devenu un véritable patron sur le terrain, et bien sûr Rudy Gobert, fantastique en défense et de plus en plus présent en attaque. Nando a été retenu dans le meilleur 5 du tournoi, une belle récompense pour lui qui jouait plus à domicile que n’importe quel autre joueur. J’y aurais aussi mis Rudy…

Malgré les records battus (il est devenu meilleur marqueur et meilleur passeur de l’histoire de la compétition en égalant le record de matchs joués), la déception la plus évidente est Tony Parker, qui n’a jamais trouvé son rythme hormis lors de quelques séquences. 36% de réussite aux tirs, c’est extrêmement faible pour lui qui est généralement à plus de 50% en NBA. Peut-être que le niveau de l’équipe de France – trop supérieure à ses adversaires – et la peur de le voir se blesser faute de back-up fiable au poste de meneur suite à la blessure d’Antoine Diot ont conduit à trop le préserver. Peut-être s’est-il mis trop de pression, causant ainsi trop de frustration quand il ratait des tirs et pas assez de relâchement. Toujours est-il que cet EuroBasket a été son moins bon depuis très longtemps malgré un investissement total, y compris pour se préparer physiquement afin d’arriver au taquet.

L’autre déception, de mon point de vue, est Boris Diaw. Le capitaine a l’habitude de se contenter du nécessaire, ne pointant son nez que quand l’équipe en a réellement besoin. Cette fois, il s’est uniquement montré en quart contre la Lettonie. Hormis quelques passes décisives, il y a peu à retenir de son tournoi. Il aurait sans doute dû prendre plus souvent ses responsabilités.

Je vais mettre à part Léo Westermann et Mam Jaiteh, rappelés suite aux forfaits et qui ont eu peu de temps de jeu. Ça nous laisse un groupe de 6 joueurs : Batum, Fournier, Lauvergne, Kahudi, Gélabale et Piétrus. Quel est leur point commun ? En défense, ils ne lâchent rien.
-Batum est critiqué, on lui reproche de ne pas avoir assez marqué (surtout à cause d’une maladresse anormale de loin), on oublie trop de souligner son impact défensif monumental.
-Fournier est réputé très bon attaquant, pourtant c’est en défense qu’il a commencé par briller, compensant sa mise en route difficile de l’autre côté du terrain. Son agressivité lui a parfois coûté des fautes, il a aussi connu quelques passages très difficiles en enchaînant plusieurs mauvais choix consécutifs… et d’excellents passages lors desquels il mettait le feu, réveillait l’équipe, faisait beaucoup de bien dans un rôle typique de 6e hommes avec notamment une belle efficacité de loin (12/24, et même 10/18 lors des 6 derniers matchs). Il a fait preuve d’un super état d’esprit. D’ailleurs contre la Serbie il a réussi sa meilleure performance (15pts à 6/7, 5 rebonds, 2 passes, 1 interception) malgré une entorse de la cheville subie rapidement.
-Lauvergne se bat beaucoup, c’est une de ses marques de fabrique. Par contre, défensivement, il s’oublie de temps en temps, faute d’être concentré tout le temps. On l’a surtout vu jouer pivot même si son poste naturel est plus celui d’ailier fort, ce qui est un peu compliqué face à certains adversaires. Son association avec Gobert lors de plusieurs séquences a donné de très bons résultats. Hormis contre la Pologne (2pts en 15’) et la Serbie (1pt en moins de 10’), il a mis 10 à 14pts à chaque fois (60% à 2pts, 5/10 à 3pts, 81% aux LF) et a pris 7 à 9 rebonds lors de 6 de ces 7 rencontres. Il a très bien réussi son Euro dans un rôle de 6e homme à l’intérieur.
-Kahudi, 4 campagnes en équipe de France, 4 médailles, une défense étouffante, quelques tirs improbables au premier tour, des progrès évidents confirmant ceux déjà vus au MSB. Vincent Collet s’en veut encore de l’avoir coupé au dernier moment avant les JO de Londres, je vous annonce que sauf souci physique il sera retenu pour le TQO et, si ça se passe bien, pour Rio.
-Gélabale était incertains avant la demi-finale, il a joué, il a délivré. Beaucoup doutaient de lui et remettaient en cause sa présence après une saison très compliquée. Au bout de quelques matchs, tout le monde a compris que ça allait bien se passer car ce joueur apporte toujours énormément. Comme d’habitude en somme. Certes, plus en tant que titulaire, mais avec son jeu en post-up, son calme inébranlable, sa défense, il est d’une utilité redoutable. Gélabale est un cocktail de discrétion et d’efficacité.
-Flo Piétrus a encore joué son rôle de vétéran qui connaît parfaitement ses fonctions et sait s’y tenir. On lui demande d’apporter de la dureté, de l’expérience – voire du vice – en défense, ça ne se voit pas dans les stats.

L’inéluctable s’est produit. L’Espagne a remporté la coupe. On sait tous que les arbitres – ils ont retrouvé l’Ukrainien en finale – lui ont offert la place en finale et très rares étaient ceux qui imaginaient la Lituanie capable de la battre. La Serbie aurait peut-être pu à condition de ne pas se suicider en demi-finale.

Le record d’Europe du nombre de spectateurs dans une salle pour du basket a de nouveau été battu : 27372… parmi lesquels le roi d’Espagne, Nadal, ou encore certains membre de la Roja absents de cet EuroBasket. Sont-ils venus en raison de leur certitude de l’emporter ou pour mettre un peu plus de pression aux officiels ? J’opte pour la première hypothèse. Il n’y avait pas photo. N’oublions pas que la Lituanie aussi est très diminuée par rapport à l’équipe éclatée par la France lors de la finale 2013.

On a très vite compris qu’il n’y aurait pas de match. Sergio Llull a en effet pu aller tranquillement réussir 2 layups dès les 2 premières possessions espagnoles, ça ne défendait pas. Qui plus est Pau Gasol n’a ouvert son compteur personnel que relativement tard (11-4). L’écart a augmenté, il y avait déjà 19-6 au bout de 7’, les Baltes en étaient déjà à 6 pertes de balle (7 lors du 1er QT). Maladresse, manque de concentration (et accessoirement défense espagnole)… En jouant comme ça, ils ne pouvaient rien espérer, d’autant qu’ils ne faisaient absolument pas le nécessaire pour ralentir la marche en avant de leurs adversaires. Le gros dunk en drive de Mindaugas Kuzminskas avant la fin du QT aurait pu les relancer mentalement (19-8). Même pas.

Les Lituaniens ont dominé au rebond (11 à 6), seulement avec ses 7 TO et son 4/14 aux tirs, il aurait fallu prendre les 17 rebonds pour avoir une chance de résister ! Notons aussi qu’encore une fois, les arbitres n’avaient pas envie de siffler. 2 fautes espagnoles à 3.

L’Espagne a continué à dérouler, la Lituanie a continué à tout rater. Tout semblait réussir à la Roja. Comme par hasard on a retrouvé le Rudy Fernandez efficace qu’on n’aime pas (23-8). Jonas Valanciunas et les siens ont eu besoin de 12’ pour atteindre les 10 points. Cette catin de Rudy Fernandez réussissait tout, son score personnel était presque égal à celui de toute l’équipe adverse. Un bien triste spectacle. Les services de Gasol n’étaient même pas nécessaires tant la Lituanie était mauvaise, sa gabegie sans fin piquait les yeux. Menée de 16 unités à 4’ de la mi-temps, elle a enfin marqué un panier primé, son premier du match. Alléluia ! Seulement, Nikola Mirotic enquillait aussi de loin pour endiguer la révolte des –is, -as et autres -us.

La fameuse théorie du ketchup s’est encore vérifiée. Après son 0/7 pour débuter, la Lituanie a fini ce 2e QT sur un 4/5 derrière l’arc en 3’34, dont 2 réussites consécutives de Renaldas Seibutis, auteur de 10pts en quelques minutes, et plusieurs au buzzer de surcroît ! Jonas Maciulis a mis le dernier juste avant la sirène pour se rapprocher à seulement -8 à la mi-temps (41-33). Il se passait des trucs assez dingue, par exemple Valanciunas qui prend un rebond offensif sur un LF manqué sans réussir à marquer, l’Espagne dans la pénalité (les arbitres ont sifflé 5 fautes contre eux en moins de 10’ ! Incroyable !), ou encore Victor Claver qui marque sur un air-ball de Gasol.

Les Lituaniens n’ont survécu que grâce aux rebonds offensifs cumulés avec l’arrêt des pertes de balle, et bien sûr à la série de tirs primés à la fin. Car Gasol, Mirotic et Fernandez leur ont vraiment fait la chanson.

Pour les Baltes, la seconde période a débuté comme dans un rêve… espagnol : perte de balle, panier facile concédé, tir à 3pts manqué, faute offensive de Valanciunas sur Gasol, nouvelle faute de Valanciunas sur Gasol 11 secondes plus tard (sa 3e, il est sorti), et bran-bran. En 5’, hormis un beau dunk d’Antanas Kavaliauskas, ils n’ont pas mis le moindre point. Ils ont concédé un 11-2 (52-35). C’était définitivement cuit.

Les Lituaniens jouaient petit bras. Que de tirs hyper courts ! Heureusement, ils ont pu profiter de 2 pertes de balles pour aller marquer de près en contre-attaque… triplant ainsi leur total de points en seconde période. La dynamique était enfin bonne quand les arbitres ont sifflé de façon assez scandaleuse une faute sur Fernandez parce que le joueur est allé s’empaler violemment dans un lituanien qui était parfaitement en place. C’était une faute de l’Espagnol, il s’est lui-même jeté sur l’écran. Se tordant de douleur, la petite sal*pe est sortie sous les sifflets. Dans la foulée, Gasol a encore marqué pour repasser à +15, mais à vrai dire, je vais être très honnête, cet épisode est mon préféré de cette finale. Méchant, moi ? Dans la mesure où ce sale type incarne tout ce qu’il peut y avoir de pire dans le basket, une sorte d’Antéchrist de la balle orange en quelque sorte, je n’ai aucune honte à dire que le voir s’éclater ainsi par sa seule faute m’a fait très plaisir. C’est le retour du boomerang.

Les Lituaniens vivaient un cauchemar. Exemples : Mantas Kalnietis marque à 3pts… mais Sergio Rodriguez répond au buzzer sur une pénétration. Le ballon a rebondi sur le cercle avant de tomber dedans. Gasol manque 1 LF… Paulius Jankunas en manque 2. Et quand Claver marque à 3pts, c’est que tu aurais mieux fait de rester au lit. +18…

Il y avait 60-43 à la fin de ce 3e QT remporté 19-10 par l’Espagne.

En panne offensive pendant 3’ en début de 4e QT, l’Espagne a vu ses adversaires revenir à… -13. Gasol a alors pris les choses le ballon, tantôt en main pour se muer en passeur ou rester dans son rôle habituel. Valanciunas a marqué quelques points, seulement c’était beaucoup trop tard, le fossé à combler était trop grand. Le pivot de Toronto est sorti pour 5 fautes à 3’27 de la fin. Lors de ce QT l’écart aura varié en général entre 12 et 17pts. Il n’y a jamais eu de suspense. Gasol a même marqué à 3pts à une grosse minute de la fin. Comme si ça ne suffisait pas, Llull en a ensuite mis un avec la planche, plus la faute et les lancers pour Felipe Reyes.

Gasol est sorti à quelques secondes de la fin, il a eu droit à une ovation parce que le public a beau détester l’Espagne, savoir qu’il a été favorisé par l’arbitrage, il mérite d’être applaudi. Le match s’est donc terminé sur le score de 80-63. Le 3e titre espagnol en 4 éditions. Un titre que cette équipe ne mérite pas. Rappelons que cette équipe a évité l’élimination dès les poules parce que Dennis Schröder a manqué le LF de l’égalisation à la dernière seconde de leur dernier match de la première phase, puis qu’elle a eu du mal à atteindre le dernier carré où elle n’a survécu que grâce à une perfusion de lancers francs offerts par les arbitres qui ont clairement choisi leur camp. La France aurait dû être sacrée. Je l’ai déjà signalé ? Ah bon…

La Lituanie a fait le même genre de match que lors de la finale d’il y a 2 ans. On aurait tellement aimé qu’elle le refasse… contre nous.

  • The end.

Une chose est certaine, cet EuroBasket demeurera éternellement inoubliable, à la fois pour de bonnes et de mauvaises raisons. J’ai hâte de savoir de quoi nous allons hériter pour le TQO, car pour le moment c’est extrêmement flou et flippant. Il faut se dire que la place des Bleus est sur le podium olympique de Rio, donc que remporter un TQO est totalement dans leurs cordes, seulement en raison de sa date, on ne peut absolument pas savoir qui sera présent et quelle préparation collective les joueurs auront. On ne peut donc que prier en espérant que tous les Français réussiront individuellement une belle saison, seront épargnés par les blessures, en forme en fin de saison mais éliminés au premier tour des playoffs.^^

Finalement, mon meilleur 5 : Teodosic, De Colo, Antetokoumnpo (malgré son élimination en quart en étant à son meilleur niveau, comme lors du match de classement), Gasol, Gobert. Parce que les Lituaniens ont été trop inconstants et soulants avec leurs petites victoires étriquées puis leur nouvelle défaite en finale.

La FIBA a fait des choix différents des miens, je ne suis pas certain que le cauchemar de Teodosic en petite finale soit entré en compte, je crois que c’était décidé avant. J’ai été surpris de voir Sergio Rodriguez dans le 5 avec De Colo, Maciulis, Gasol et Valanciunas (je m’attendais aux 4 derniers)

L’action du tournoi est le alley-oop de TP pour Rudy Gobert en quart de finale.




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