A Lviv, sur un terrain en bon état, surtout si on se souvient de celui sur lequel le PSG a joué il y a 4 ans dans la même ville, le PSG a affronté une équipe du Chakhtior Donetsk qui compte toujours quelques bons joueurs, surtout des Brésiliens, mais qui a tout de même perdu ses meilleurs éléments. Depuis le début de la guerre qui a obligé ce club à l’exile, le niveau n’est plus du tout le même, il ne s’agit plus du poil à gratter que tout le monde voulait éviter. Sans pouvoir être qualifiée de faible, cette formation peut difficilement faire naître un quelconque sentiment de crainte chez ses adversaires. Du moins pas quand l’adversaire est un habitué des quarts de finale de la Ligue des Champions.

Le PSG est extrêmement supérieur au Chakhtior. Pourtant il a beaucoup souffert. Pourquoi ? Parce qu’il s’est laissé faire. Une fois de plus, les Parisiens n’ont pas daigné nous fournir la prestation escomptée. A leurs yeux, seul le résultat compte.

Concernant cette rencontre, la meilleure chose à faire serait peut-être de s’en tenir à ce petit résumé de 4 grosses minutes pondu par beIN Sports.

Je ne m’en suis pas contenté. J’ai même fait le condensé du match en 2 vidéos d’une vingtaine de minute chacune pour montrer au mieux le déroulement des événements. J’ai voulu mettre en valeur la façon dont ont joué et ce qu’on mal fait ces 2 formations.

En première période, les Parisiens n’ont quasiment rien fait. Collectivement, c’était proche du néant. Pourtant, à la mi-temps, un score de 0-2 était affiché sur le tableau lumineux du stade. Serge Aurier a ouvert le score de la tête dès la 7e minute sur la première offensive de visiteurs pourtant dominés. Pour la première fois, il y a eu une séquence de passes, un bon décalage côté gauche, Maxwell a pu centrer, Aurier était monté au second poteau, il a devancé Taison et mis la tête aux 6 mètres. Le latéral droit formé à Lens a longtemps été le seul de son équipe à s’être hissé au niveau de la compétition, il était partout, en permanence dans l’intensité, dans l’engagement (parfois légèrement excessif). Sur son côté, hormis les couvertures de Thiago Silva, il n’y avait vraiment que lui et… des joueurs de Donetsk (car Di Maria ne s’y aventurait quasiment jamais). On l’a malgré tout vu centrer plusieurs fois, dont une pour la tête d’Ibrahimovic, incapable de cadrer car surpris qu’Andreï Pyatov ait pu toucher le ballon avant lui (17e).

Le PSG s’est procuré sa 3e occasion à la 22e minute quand, lancé en profondeur sur le côté droit par Ibra, Cavani a cherché Maxwell au second poteau. La reprise sans angle du seul Parisien à avoir suivi l’action a été détournée en corner. Et sur le corner… But. Un gros coup de chance puisque la déviation de la tête d’Aurier – encore lâché par Taison – a envoyé le ballon sur la cuisse de David Luiz… La gonfle est montée puis est retombée dans la cage (23e). 2-0 sur 3 occasions ½, c’était super bien payé, car dans le jeu, la production parisienne était proche du néant. Les rares séquences collectives étaient de la possession pour la possession, hormis le premier but et un autre enchaînement ayant abouti sur un HJ, je n’ai souvenir d’aucune action construite. Le plus notable était l’amoncellement d’erreurs stupides, de mauvaises transmissions… et de gâchis.

Lancé seul dans le dos d’une défense très mal alignée, Di Maria a manqué son duel en croisant trop son tir (28e). C’est d’autant plus dommage que David Luiz avait réussi une super ouverture en profondeur. Le "défenseur" brésilien a aussi fait des passes d’une toute autre nature, par exemple une PALC vers son gardien totalement manquée sans même regarder où se trouvait Kevin Trapp. Heureusement, cette PALC n’était pas cadrée, le ballon a fini en corner, on a évité – d’assez peu – un csc particulièrement grotesque (38e). Ce CPA a donné lieu à un tir juste au-dessus, évitant de fâcheuses conséquences à cette erreur. Une erreur parmi beaucoup d’autres. Car le Chakhtior a tiré pas mal de fois au but. La tentative de Fred a été détournée par un coéquipier (10e), Marlos a trop croisé la sienne (25e), Darijo Srna a cadré un CF direct (36e), d’autres frappes ont été contrés.

A vrai dire, les Ukrainiens étaient beaucoup trop brouillons, beaucoup trop imprécis dans leurs gestes pour mettre le PSG en grand danger. Du moins avant la 42e et une… sextuple occasion. Sextuple, est une estimation à la louche. Je ne sais pas comment le ballon a pu ne pas finir au fond, même si lors de cette séquence il y a eu une parade de Trapp, un très mauvais contrôle d’Olexandr Gladkiy qui n’avait réellement qu’à pousser le ballon au fond, un dégagement à l’arrache de David Luiz, des tirs contrés par Matuidi, Verratti et Aurier… et enfin une dernière frappe au-dessus d’Olexandr Kucher. Un miracle ! Au départ de l’action, Aurier a été éliminé par Alex Teixeira, auteur d’un grand numéro, mais surtout par un contre favorable au Brésilien. Qu’a fait l’Ivoirien ? Il est allé au charbon pour annihiler les conséquences de ce duel perdu en sauvant un but. Qu’a fait Thiago Motta, qui était avec Aurier au début sur ce qui aurait dû être une prise à 2 sur Alex Teixeira le long de la touche ? Il a regardé l’action. Dès le début. Il a attendu le 3 ou 4e temps de cette action pour aller se replacer dans la surface en marchant. Il y avait le feu, il était spectateur. Je trouve cette attitude scandaleuse. On parle là du spectateur le mieux payé du monde !

Bref, à la mi-temps le PSG menait 2-0 grâce à une efficacité très fluctuante, mais surtout en ayant bénéficié de beaucoup de chance des 2 côtés du terrain et profité de l’incapacité des Ukrainiens à concrétiser leurs temps forts.

La seconde période a débuté comme s’était terminée la première. Le Chakhtior dominait, les vagues se multipliaient… et finissaient toutes par se briser on ne sait trop comment. Que de dégagement à l’arrache ! J’en ai rarement autant vu de la part de la défense rouge et bleue depuis 3 ou 4 ans. Le PSG ne respirait vraiment pas la sérénité, d’où l’idée de chercher à remettre le pied sur le ballon pour calmer le jeu. Echec sur toute la ligne. Face à des joueurs plus adroits et inspirés, ces insuffisances auraient été payées cash. Battus dans énormément de duels, souvent inattentifs, régulièrement légers voire absents dans l’engagement, les Parisiens ont toutefois eu des opportunités pour se mettre définitivement à l’abri.

Que Verratti n’ait pas marqué à la 54e en reprenant un centre de Cavani mal dégagé, OK, la frappe était bonne, elle a juste été détournée in extremis (54e). En revanche, le lob raté par Di Maria (58e), encore lancé en profondeur pour un duel face à Pyatov, NON ! Il n’a pas le droit de rater 2 duels comme ça sans au moins obliger le gardien à réaliser un exploit ! L’Argentin a ensuite gâché une situation en foirant un improbable centre de l’extérieur du gauche suite à un déboulé côté droit. Absolument pas dans le coup, il aurait dû sortir, même s’il a ensuite réussi une très bonne passe au-dessus de la défense pour Cavani dont la remis de la tête a failli être convertie par Zlatan (63e).

Ensuite, R.A.S. du côté de l’attaque parisienne avant les 10 dernières minutes. On a failli voir la copie du but chanceux de David Luiz en version csc avec cette fois le genou de Gladkiy pour envoyer le ballon… en corner. Aurier avait encore coupé le ballon de la tête (83e). Il y a surtout eu ce dernier but chanceux à la 90e minute, un csc de Srna un temps attribué à Zlatan. C’est parti d’un dégagement de Matuidi à l’entrée de sa surface et d’une accélération de Lucas accroché par un adversaire – au passage, très bonne décision de M. Aytekin (un arbitre allemand d’origine turque), il a laissé l’avantage – au milieu du terrain. Pastore a alors pu magnifiquement lancer Ibra en profondeur. En voulant soit centrer pour Matuidi, soit passer un petit pont à Srna, Ibra a vu le Croate le contrer et propulser le ballon au fond (90e). Finalement attribué très logiquement à Srna contre son camp, ce but n’a pas permis au Suédois d’égaler le record de Pauleta. Attention aux Marseillais, ils risquent de prendre cher ce dimanche… Ibra aura en effet l’opportunité à la fois de battre le record de buts lors de la Grande Sardinade[1] et de buts marqués pour le PSG[2].

Ce match s’est terminé sur le score de 3-0, pourtant les Ukrainiens ont bouffé leurs visiteurs pendant presque toute la seconde période. On explique souvent les mauvais résultats de certains clubs de L1 par l’expression toute faite «il leur manque un tueur». Dans ce pays, des tueurs, il y en a plein, seulement ceux du Chakhtior tirent à blanc. Comment ont-ils pu manquer tant d’occasions franches ? Ils ont réellement dominé, que ce soit dans le contrôle du ballon ou dans sa récupération. Leur pressing faisait des merveilles, les Ukrainiens ont ainsi pu enchaîner les phases de jeu dans les 30m en remportant énormément de duels ou en provoquant un tas de mauvaises relances ou dégagements à la one again. En outre la qualité de leurs sorties de balle et de la relance au pied de leur gardien était excellente (Pyatov s’est loupé une seule fois). Le PSG s’est régulièrement retrouvé dans la situation de la petite équipe qui se fait balader. Avec des attaquants efficaces, on aurait presque dit le Barça contre le 15e de Liga. C’était le Chakhtior contre le PSG. Avec un score irrationnel de 2-0 en faveur du PSG.

Sincèrement, je ne sais pas comment les Ukrainiens ont pu ne pas marquer au moins une fois. Ils ont notamment eu 3 occasions hyper franches en fin de match pour Alex Teixeira (parade de Trapp à la 78e, tir sur la barre à la 79e, repris de près manquée à la 87e suite à un retourné raté de Viktor Kovalenko) en plus d’avoir souvent mis à contribution – voire fait paniquer – une défense au sein de laquelle Thiago Silva a plutôt bien fait le job. A l’origine, il y a souvent eu des boulettes, des pertes de balle évitables, des défauts d’attention. Si certains comme Thiago Motta et David Luiz ont multiplié les c*nneries, leurs partenaires ont tous fait la leur. Pas un pour rattraper l’autre. Même Matuidi et Aurier ont par moments galéré en seconde période ! Au milieu, pour le fameux trio qui – selon ceux qui ne voient pas au-delà du bout de leur nez – serait le meilleur du monde, c’était la Bérézina[3].

S’en sortir à si bon compte avec une victoire 3-0, le PSG ne le méritait pas tant il a souffert. Et à vrai dire, il ne s’en est pas si bien sorti que ça : Ibra (très injustement, un adversaire est venu le percuter alors qu’il écartait les bras pour effectuer un contrôle de la poitrine ; 65e), David Luiz (pour une fois il s’est fait piéger dans un combat de lutte gréco-romaine pour la position… une faute à la c*n avec en prime une contestation ; 86e) et Thiago Silva (carton très évitable, il l’a pris tard après avoir commis une faute qui le méritait beaucoup plus en première période ; 89e) ont chacun pris un jaune qui pourrait avoir des répercussions lors de la suite de la compétition, Verratti a bien failli prendre le sien (antijeu caractérisé, 30e).

Attention. Maintenant, je sors la tronçonneuse, parce qu’après un tel spectacle, je suis ulcéré.

Commençons par les joueurs, car à vrai dire, c’est à eux que j’en veux le moins. Ils ne sont pas responsables… de leur présence sur le terrain.

La prestation d’Aurier en première période pour sa première en Ligue des Champions suffit à en faire l’homme du match. On l’a senti totalement à l’aise. Il a pris un petit pont et a concédé un CF potentiellement dangereux au bout de 2’, mais ensuite, outre son but et son implication sur le 2e, quelle présence ! Il a bouffé tout le monde par son envie, sa puissance, il jaillissait devant ses adversaires, hyper juste dans ses gestes techniques. Impressionnant ! En seconde période, il y a eu à boire et à manger, c’était moins propre, il a commis quelques erreurs, mais dans une équipe qui prend l’eau de partout, difficile de demander à un latéral absolument pas aidé sur son côté de tenir la baraque sur ses seules – et larges - épaules.

Les autres… Outch. Aucun ne mérite de félicitations.

Trapp a repoussé 2 tirs, Dugarry l’a encensé pour avoir fait… ce que tout gardien aurait fait. Et peut-être mieux, parce que sur la frappe d’Alex Teixeira qu’il détourne avant d’essayer d’empêcher le ballon de sortir, on peut difficilement s’extasier (il a percuté Matuidi, le ballon lui a échappé des mains en corner). Sans parler des mésententes avec ses défenseurs. Comment voulez-vous être serein avec un gardien qui vous inspire si peu de sérénité[4], qui dégage si peu de charisme ? Il ne s’impose pas. Et une des seules fois où il va chercher un ballon dans les airs, il se prend un gros taquet dans le bide.

David Luiz, je le veux au milieu à la place de Motta. En défense, il fait N’IMPORTE QUOI. Je crois qu’il agit avant de réfléchir et fait l’impasse sur la réflexion après avoir agi.

Thiago Silva a eu beaucoup trop de travail. Il aurait pu faire mieux, mais sa prestation peut difficilement être critiquée dans ce contexte, ses partenaires l’empêchaient de jouer très proprement.

Maxwell a fait une passe décisive, quelques gestes de grandes qualité, quelques dégagements à l’arrache bien utiles, néanmoins l’ensemble n’est pas grandiose, à l’image de son endormissement sur l’action de la 79e conclue par un tir sur la barre.

Thiago Motta pourrait installer un transat dans le rond central, il resterait sur le terrain jusqu’au coup de sifflet final. S’il était jugé sur ses prestations, ce n’est pas une prolongation avec forte revalorisation que les dirigeants auraient décidé de lui offrir cet été suite à ses caprices, mais un énorme coup de chausson dans le fi*n. Ce type est une honte. Le pire ? Après une prestation aussi nulle, aussi indécente, aussi affligeante… il sera titulaire dimanche contre les Sardines.

Verratti est un cas particulier, il montre parfois plus de bonne volonté cette saison en essayant plus de jouer vers l’avant, prendre des initiatives, et même de tirer au but, ce qui a failli payer… Seulement dans le même temps il s’applique beaucoup moins, ses efforts sont aléatoires, par moments on le voit courir partout au pressing, à d’autres moments il est hyper passif, se fait bouffer dans les duels, perds des ballons hyper bêtement en zone dangereuse. J’ai des doutes sur son niveau physique.

Matuidi a aussi perdu pas mal de duels en seconde période, seulement il n’a jamais cessé de courir partout. Il s’agit typiquement du genre de matchs où on lui en a trop demandé. Jouer pour 2, voire pour 3, ça va, il a l’habitude. Là, on lui a demandé de compenser les déficiences de trop de monde ! Son rendement s’en est ressenti.

Di Maria. Euh… Par charité chrétienne, je vais éviter de dire ce que j’ai pensé de sa prestation mi-fantomatique, mi-catastrophique. On aurait presque dit Lucas, en encore moins efficace. Il gâche 2 face à face, plusieurs situations qui aurait dû donner lieu à de grosses occasions, n’a pas aidé défensivement, son positionnement est resté un grand mystère du début à la fin.

Cavani est attaquant. Si quelqu’un ne le connaissant pas du tout l’a vu pour la première fois de sa vie, il ne l’aura certainement pas deviné. En attaque, il n’a pratiquement rien fait. J’exagère un peu, il a fait quelques bons appels. Trop sont restés sans réponse.

Ibrahimovic a participé au pressing, on ne peut lui reprocher d’avoir passé son temps à marcher. Seulement il s’est pris pour un n°10, ce que je déteste car dans ce rôle ses décrochages permanents sont contreproductifs. Au lieu de peser sur la défense adverse, il vient perdre des ballons au milieu, donnant encore plus de travail à ses milieux. Pendant ce match, il a raté à peu près tout ce qu’il a tenté (même le csc qu’il a provoqué est un ratage de sa part !), hormis une passe en profondeur pour Cavani… dont il a ensuite royalement ignoré bon nombre d’appels en profondeur.

Or justement, la solution la plus évidente pour marquer des buts au Chakhtior était d’insister dans la profondeur, leur alignement étant calamiteux. Le PSG a insuffisamment utilisé la profondeur, il l’a surtout très mal fait. Les rares fois où tout était réuni (bon appel, passe réussie et mauvais alignement) pour créer l’occasion, la finition a manqué.

Certains joueurs se foutent du monde, comment pourrait-on le nier ? Dès lors qu’ils débutent le match… et souvent le finissent, j’en veux au moins autant à Laurent Blanc, un entraîneur spectateur dépourvu de sens tactique et de c*uilles. Son choix principal en tant qu’entraîneur du PSG aura été de faire de Sirigu le bouc-émissaire des problèmes rencontrés contre le Barça en Ligue des Champions. Trapp a été acheté et parachuté en tant que titulaire, Douchez s’est retrouvé relégué au rang de gentil accompagnateur. Faire jouer Aurier au lieu de Van der Wiel est une évidence dont il a mis longtemps à se rendre compte. Pour le reste, c’est immuable : Thiago Silva et David Luiz dans l’axe, Maxwell – qui n’a même plus de concurrent valable – à gauche, le trio Verratti-Motta-Matuidi au milieu, Cavani sur un côté, Zlatan où il veut quand il le veut pour faire ce qu’il veut, et la recrue à 60 millions côté droit… ou pas. Mine de rien, depuis son arrivée au PSG, Di Maria a surtout fait des matchs dégueulasses même si ça a donné des buts.

Blanc se fout complètement de la forme des joueurs, de ce qu’ils ont démontré lors des rencontres précédentes, lors des semaines précédentes, lors des mois précédents, la compo est prédéfinie, elle est immuable. Qui a parlé de concurrence au PSG ? Ça fait plus de 3 ans que je le répète, la concurrence est un concept virtuel à Paris, on en parle seulement pour accuser les joueurs français de ne pas l’accepter, d’en avoir peur. Tu ne peux pas avoir peur de quelque chose d’inexistant. Non, les joueurs français n’acceptent pas indéfiniment d’être traité comme des faire-valoir privés de toute chance d’intégrer la fameuse "équipe type" faute d’avoir le statut adéquat.

L’absence de Pastore du onze de départ mérite d’être qualifiée d’insulte au football. Il restait sur une passe décisive à Reims, un but contre Guingamp et une implication sur 3 des 4 buts à Nantes. Pourtant, Blanc a préféré se passer du meilleur joueur évoluant en France afin de ne pas contrarier ses sénateurs. Comme si ça ne suffisait pas, il a osé faire entrer Lucas avant lui et l’a seulement lancé à la… 82e minute (suffisant pour être décisif avec une passe lumineuse génératrice du 3e but). L’insulte au football ne suffisait pas, il en a rajouté ! A ce niveau, on peut parler de véritable crime contre le football ! Pour poursuive le sketch, il a décidé de faire entrer Lavezzi à la 92e minute. Laurent Blanc a peut-être envie de racheter une salle de spectacle pour se lancer dans l’humour. Passer du rectangle vert au Carré Blanc serait pertinent.

Mircea Lucescu a tenté des choses tactiquement, même si ça n’a pas trop fonctionné. Il a aussi été réactif en effectuant des changements pour améliorer le rendement de son équipe. L’entrée de Bernard a fait beaucoup de bien. Vous savez, Bernard, le jeune Brésilien qui a été préféré à Lucas pour disputer la Coupe du monde 2014.

Van der Wiel – logiquement – et Stambouli – t’as bien fait de venir garçon ! – ont assisté à la rencontre depuis les tribunes. Blanc disposait de Marquinhos, Pastore et Lavezzi (plus Rabiot et Lucas, qui n’ont pas le niveau) pour répondre aux problèmes posés par le Chakhtior et par les insuffisances individuelles de ses propres joueurs. Sachant en plus avoir à préparer la réception de l’OM dimanche, il… a dû oublier la raison de sa présence au bord du terrain dans la zone technique réservée au PSG. On aurait dit une statue de cire évadée au Musée Grévin. Et encore, je pense que cette statue aurait pu être plus réactive que lui. J’ai presque envie de le baptiser d’un nouveau surnom : "le passager clandestin". J’hésite un peu car ça irait aussi très bien à quelques membres de l’effectif.

Bien sûr, comme à chaque fois que le PSG gagne au terme d’une prestation dégueulasse, nombreux seront les avocats de Blanc et de ses joueurs les plus critiquables. Dès que ça gagne… La lucidité est malheureusement beaucoup moins bien partagée que l’encéphalite spongiforme ovine (ou ramollissement cérébral du mouton). Peut-être parce que la lucidité ne se transmet pas par propagande médiatique. Peut-être parce que les gens atteints de supporterisme primaire ou de supporterisme artificiel n’y sont pas réceptifs, leur maladie ayant pour effet de ramollir les connections neuronales indispensables pour être lucide.

Le PSG a été extrêmement fébrile, n’a eu aucun contrôle sur le match malgré un avantage rapide de 2 buts qui aurait dû le mettre dans le confort et lui permettre de gérer. Il n’en a jamais été capable. Le pire est que l’absence de plaisir généré est devenu la caractéristique principale des rencontres du PSG. Faute de concurrence – un problème amplifié par le dépeuplement récurrent des joueurs de qualité qui le composaient, ceci depuis plusieurs années – et d’entraîneur acteur des matchs, à moins de compter les figurants parmi les acteurs, ne vous attendez pas à voir les gars se donner à fond.

Si on t’a octroyé le statut de titulaire tu es nul lors des matchs précédents, tu joues. Tu es nul sur le terrain, tu y restes au moins 80 minutes.
Si on a décrété que tu es remplaçant, désolé pour toi, planter 5 buts le jour où on te propulse dans le onze de départ – pour reposer les titulaires – ne suffira pas à redistribuer les cartes.
Résultat, tout le monde est démotivé. Laurent Blanc est un démotivateur professionnel.

Notes

[1] Codétenu par Ibra et Pauleta.

[2] 109 contre 108.

[3] La Bérézina, c’était en Biélorussie, pas en Ukraine.

[4] OK, pas simple pour un gardien d’avoir David Luiz devant soi.^^