• Sprint masculin.

Première bonne nouvelle, le site est enneigé malgré la pluie et la température positive (3°C) qui auraient pu compliquer la situation. Le soleil s’est même invité à la fête pour offrir des très belles conditions aux 102 concurrents présents au départ (Eder, Landertinger et Os ne se sont pas présentés). Les favoris ont plutôt choisi le premier groupe même si l’était de la piste n’inspirait aucune crainte particulière. Donnée importante, l’absence de vent. Avec un pas de tir facile et sans vent, toute faute s’annonçait éliminatoire, du moins pour jouer la gagne.

Et en effet, les 4 premiers ont tiré à 10/10, contrairement au 5e… Martin Fourcade (20). Manquer son premier tir au debout lui a peut-être coûté la victoire, c’est difficile à dire car Simon Schempp (52) s’est élancé bien après lui, du coup il savait ce qu’il avait à faire. Son très bon couché lui a permis de rester une menace très sérieuse pour le Français (2e à 5" à la sortie), il a certainement été renseigné sur sa situation en arrivant au debout, le plein lui assurait la gagne. Ça n’a pas manqué. Déjà en tête 8" devant ce bon vieil Ole Einar Bjørndalen (14), l’Allemand en a remis une couché pour s’imposer de 15", reléguant Evgeniy Garanichev (17) à 25"… et Martin hors du podium. Le patron a même reculé au 5e rang en fin d’épreuve, doublé d’un rien par Alexey Slepov (96), lequel a réussi l’exploit de s’intercaler entre Garanichev et le Français, pourtant séparés par un écart frustrant d’une demi-seconde… Si Slepov a fini très difficilement, la fatigue a fait son œuvre aussi pour Martin. Même renseigné, il a perdu du temps sur la piste et n’a pu résister jusqu’au bout du dernier tour, ce qui lui coûte le podium. Garanichev a assuré au couché, envoyé une rafale dingue au debout, puis a fini comme un patineur de vitesse. Bien lui en a pris, il est finalement 3e à précisément 25"1, Slepov 4e à 25"2 et Martin 5e à 25"6. En biathlon, chaque détail compte.

Un autre Russe est passé tout près de la boîte, il s’agit d’Anton Shipulin (28), lui aussi auteur d’une faute très coûteuse au debout et finalement 6e à 28. Vainqueur de cette épreuve l’an dernier, il peut s’en vouloir. Son erreur est le grand classique du biathlon : la précipitation au moment de lâcher la dernière balle. Il sera néanmoins redoutable lors de la poursuite au même titre que toute l’équipe russe. En plus de Garanichev 3e, Slepov 4e et Shipulin 5e, on retrouve Alexey Volkov (61) et Maxim Tsvetkov (35) respectivement 10e à 40" et 12e à 44" (sans-faute). 5 Russes dans le top 12 (Dmitry Malyshko s’est fait dessus au tir debout en se rendant compte très tard que le clapet de protection au bout du canon de sa carabine était fermé… il était très bien après le couché), c’est impressionnant ! La France a fait moins bien, néanmoins en plus de Martin elle a placé Quentin Fillon-Maillet (24) et Simon Desthieux (13) en embuscade. Toutefois, s’ils sont 7e et 13e à 32" et 46", leur retard indique une vitesse de déplacement très inférieure à celle des meilleurs (aucun des 2 n’a visité l’anneau de pénalité). Quentin était même totalement dans le coup pour accrocher le podium grâce à ses tirs propres et rapides, malheureusement ses jambes ont couiné lors de la dernière boucle. Simon a été repris par OEB qui partait 30" après lui, ils ont fait le chemin ensemble entre le debout et l’arrivée.

Les 3 autres Français ont réussi à se qualifier pour la poursuite. Jean-Guillaume Béatrix (51) et Simon Fourcade (43) auraient pu prendre plus de points en tirant mieux, ils se suivent au classement (32e et 33e). Avec un peu moins de la minute ½ de retard, ils auront du mal à jouer devant tant la meute est dense. Jean-Gui a encore gâché debout avec 2 fautes. Simon en a commis une seule, la 3e au couché. Cette semaine, Antonin Guigonnat a dû céder le 6e quota à Florent Claude (87). Sans une faute bête au couché (le coup de la dernière), il y aurait eu des points à la clé, a terminé 44e à 1’42. Entre la Coupe du monde et l’IBU Cup, le fossé est assez profond. Manifestement, pour une fois, les préparateurs des skis n’ont pas trouvé toutes les clés, la glisse semblait moyenne, surtout dans le dernier tour[1].

Au final, Schempp remporte le sprint devant l’inusable Bjørndalen, Garanichev, Slepov, Martin (qui n’aurait probablement pas gagné même à 10/10, la certitude est impossible car le scénario s’en serait forcément trouvé changé, on ne sait pas à quel point), Shipulin et Quentin, toujours aussi régulier… Benedikt Doll (60) et Tarjei Boe (8) intègrent le top 10 (8 et 9e) grâce à un bon temps de ski mais une faute chacun. Emil Hegle Svendsen (21) était aussi rapide que son compatriote sur la piste, moins au tir, ça le place 11e. En ajoutant Burke et Bailey, on en a 15 en moins d’1 minute (plus quelques-uns juste au-dessus). La poursuite s’annonce très ouverte. Elle est toutefois déjà gâchée pour des garçons très rapides, à commencer par Julian Eberhard (73), auteur du meilleur temps de ski juste devant Schempp et Martin, plombé par 3 fautes au tir debout, ainsi que Johannes Boe (34), même pas qualifié pour la poursuite ! 64e à 2’23 en tirant à 5/10, c’est assez honteux…

Demain, sprint féminin. Si les conditions restent les mêmes, j’annonce une victoire de Marie Dorin à 10/10 +meilleur temps de ski !



Les vidéos sont aussi sur Vimeo : partie 1, partie 2 et partie 3.

Note

[1] Ce qui pourrait s’expliquer par l’usure du fart.