Ce grand classique de la saison a été annulé à cause de la pluie (depuis la veille), du brouillard et de la neige. On n’y voyait rien, la piste ne pouvait tenir, la course allait donc être inéquitable. A défaut d’annulation, ça aurait pu tourner à la mascarade et mettre en danger les concurrents. Cette situation terrible pour les organisateurs, ils ont fourni un travail dingue, faisant fabriquer de la neige artificielle dans une vallée bien à l’ombre, ils ont ensuite fait transporter cette neige par camions et ont préparé la piste alors qu’autour, rien n’était blanc. Il fait beaucoup trop chaud cet hiver (le froid arrive enfin !).

Il est peu probable que le slalom prévu dimanche ait lieu. A moins bien sûr que des personnes influentes ne poussent au c*l pour faire disputer la course coûte que coûte, même si elle devait se transformer en farce. A vrai dire, le plus terrible dans cette histoire est la décision de la FIS… d’avoir donné son feu vert à la station. Les conditions n’étaient pas réunies, mais c’est Adelboden, classique à très gros budget, donc les c*uilles ont manquées aux responsables de la FIS pour prendre la décision qui s’imposait, celle de chercher une solution de remplacement.

Pour les femmes, la FIS n’a pas hésité, les épreuves devaient se disputer à Sankt-Ancton, elles ont été déplacées à l’autre bout de l’Autriche, à Altenmarkt-Zauchensee.

Je veux bien que, faute de neige depuis le début de l’hiver, on manque de pistes en Europe pour disputer des épreuves de CdM. Mais quand même, nous sortir un format aussi naze que la descente sprint en 2 manches[1]pfff… Sur le principe, c’est comme un géant un peu long : première manche d’une grosse minute, on garde les 30 premières, elles s’élancent en 2nde manche dans le sens inverse du classement. La différence majeure est qu’au lieu de manches tracées par un entraîneur tiré au sort, manches qu’il faut reconnaître dans un temps limité, cette descente sprint consiste à dévaler 2 fois le même parcours pratiqué aux entraînements. On y perd beaucoup, l’incertitude relative à la reconnaissance et au piquetage manque cruellement.

La descente sprint devait nous offrir du suspense… Il est vite décédé. Du moins en ce qui concerne la victoire. Pour le podium, c’est resté très serré. Si Viktoria Rebensburg (16) a inexplicablement perdu gros sur le bas pour venir se placer dans le paquet – 5e à 27 centièmes de Kajsa Kling (8) – au lieu de prendre nettement la tête comme le laissaient penser les chronos intermédiaires (et les entraînements car elle y était très performante), Lindsey Vonn (17), grande favorite, a juste mis 1"23 à la Suédoise… malgré un début de course moyen (d’autres étaient plus rapides aux 2 premiers intermédiaires et en vitesse instantanée au seul radar placé sur le tracé). Restait à espérer que Lara Gut (18), leader du classement général, réussisse à limiter la casse pour sauver le suspense. La Suissesse est sortie en se faisant un peu mal… Ensuite, Cornelia Hütter (19), Tina Weirather (21) et Larisa Yurkiw (22) ont terminé respectivement à 0"98, 0"92 et 0"91… La Liechtensteinoise était l’autre favorite du jour suite aux entraînements.

Dans l’intérêt de tout le monde, il aurait fallu que la co-leader (avec Vonn) de la Coupe du monde de descente réussisse une bonne perf. Malheureusement Fabienne Suter s’est blessée au genou – ce serait musculaire – il y a quelques jours et n’a donc pas pris part à cette épreuve. Lotte Smiseth Sejersted (27) est tombée, elle s’est mise à pleurer, il a fallu un long moment pour l’évacuer. On aurait pu s’épargner l’hélico pour un genou, la barquette suffisait. Encore le genou… mais c’est ligamentaire cette fois. Compte tenu de la nécessité d’aller au bout de la liste de départ et, pour les qualifiées, de remonter jusqu’à la cabane, de préparer les skis et de s’échauffer de nouveau pour la 2nde manche, ça risquait d’être très compliquée pour une fille qualifiée en fin de top 30 avec un gros dossard.

En ce qui concerne l’équipe de France, Margot Bailet s’est débrouillée très correctement. La Niçoise a eu tout son temps pour se préparer entre les manches (dossard 1). Elle s’est qualifiée sans souci, se classant 15e de la première manche à 1"68 (donc à 77 centièmes de la 2e place). Jennifer Piot (30) a pris un gros éclat, 2"58, déjà 26e au passage de la ligne… Romane Miradoli (37), arrivée 30e à 2"64, et sortie du top 30 dans la foulée. Anouk Bessy (39) a formidablement fini pour se qualifier. En franchissant la ligne avec le 24e temps à 2"42, elle a repoussé Piot au 30e rang (ex-aequo). Bien sûr, pour cette dernière, il n’y a finalement pas eu de 2nde manche. Comme pour Laura Gauché (49), loin du compte.

Au classement, il ne se passait plus rien avant la grosse perf d’une Autrichienne, Sabina Maier (52), 14e à 1"65. Tessa Worley (53) est arrivée 34e à 2"59, soit à 5 centièmes de la qualification, le réalisateur – autrichien ? – n’en a rien montré, préférant s’attarder sur la surprenante locale dans l’aire d’arrivée… C*nnard !

C’est tout de même frustrant, Piot, Worley et Miradoli se suivent au classement, respectivement 32e ex-aequo, 34 et 35e à 4, 5 et 10 centièmes de la 30e et dernière qualifiée. Néanmoins, avec Bailet 15e et Bessy 25e, la 2nde manche conservait de l’intérêt pour l’équipe de France.

Si le soleil était présent lors de la matinée avant de disparaître pour laisser place au jour blanc, la 2nde manche, repoussée – l’annulation du géant masculin est bien tombée – à 11h45, a été disputée sous les nuages. Le manque de visibilité et la dégradation de la piste expliquent la vitesse moindre lors de cette seconde partie de l’épreuve.

Pour les filles qualifiées avec gros dossards, le temps pour se préparer était vraiment très limité. Notamment pour Anouk Bessy, partie pour prendre ses premiers points en Coupe du monde. Partie avec 6 centièmes d’avance sur le leader provisoire, elle a pris des trajectoires très larges, a mieux limité la casse sur le bas, se classant 3e à 0"79. Ça lui garantissait au pire la 27e place. C’est sûr, ça rapporte peu, mais c’est petit à petit que Bessy fera son nid…

Pour gratter quelques places, il n’y avait que les sorties éventuelles. Il y en a eu une 2e assez violente – après celle de Stefanie Moser 2 dossards avant la Française – mais sans conséquence, celle de Ramona Siebenhofer.

Margot Bailet, partie avec 9 centièmes de marge sur Elisabeth Görgl, alors en tête, a réussi le meilleur temps de la manche, améliorant ainsi la marque de référence de 3 dixièmes malgré une frayeur dans la dernière partie. Elle était à -0"57 au dernier inter. On peut chiffrer cette faute entre un quart et une demi-seconde.

Il en restait 14 dont la moitié possédant une avance inférieure ou égale à 2 dixièmes par rapport à la Française à l’issue de la première manche. On pouvait donc raisonnablement espérer un top 10. Grâce à quelques contreperformances, cet espoir s’est concrétisé sans attendre. Aucune des 5 suivantes n’est entrée dans le top 6 provisoire. En principe Rebensburg devait prendre la tête, elle partait 18 centièmes devant, est passée derrière au chrono intermédiaire mais a allumé vert à l’arrivée pour 2 centièmes (grâce à la faute de Bailet dans la dernière partie).

La chute de Mirjam Puchner – 3e Autrichienne au tapis sur les 8 qualifiées – s’est accompagnée d’un dégommage de cellule de chronométrage, tapé avec le dos en glissant après sa chute. Heureusement, il s’agit d’un plot en plastique conçu pour être sans danger. Stacey Cook, qui avait 52 centièmes d’avance au 2e inter, a perdu beaucoup de temps suite à une erreur, elle est revenue sur le bas pour échouer à 0"12. Nicole Schmidhofer a fait le match jusqu’au bout, -0"24 au départ, -0"09 au dernier inter, -0.42 à l’arrivée… Elle a fini très fort. Pourtant Kajsa Kling a été encore bien plus forte dans la dernière section, ce qui lui a permis de passer devant pour 6 centièmes.

Cornelia Hütter bénéficiait d’une fenêtre – très courte – de bonne visibilité, ça a dû l’aider pour réaliser le meilleur temps de la manche et finir avec une grosse marge (39 centièmes) malgré des coups de chaud impressionnants. On a bien cru qu’elle allait tomber. Tina Weirather a aussi eu une grosse frayeur, seulement elle n’a pu s’en sortir. Prise dans un trou, elle a dû aller tout droit. Le public autrichien était content, une de ses protégées était sûre du monter sur la boîte. Restait Larissa Yurkiw, dont la marge de 0"07 ne pensait pas lourd. Elle a réussi une super manche avant de se faire très peur sur le bas où il lui a fallu mettre un coup de volant pour rester dans le tracé… Pas de souci, elle a éclaté le meilleur temps de la manche de 6 dixièmes pour s’assurer au pire la 2e place (-0"66).

Annemarie Moser-Pröll, venue pour la 2nde manche (elle habite tout près), a alors assisté au triomphe de Lindsey Vonn, qui a égalé son record de victoires en descente. Un succès d’une seconde pile en remportant les 2 manches. La 2e à 1"00, la 3e à 1"66, la 4e (Kling) à 2"05… Outch. Schmidhofer est 5e, Rebensburg 6e, Bailet termine à une belle 7e place avec le 6e temps de la manche (à 0"87 de Vonn), puis on trouve Cook, Görgl et Marsaglia pour compléter le top 10. 24e, Anouk Bessy a récolté ses 7 premiers points en CdM.

Par la même occasion, Vonn a pris seule la tête de la Coupe du monde de descente et a réussi un beau rapproché au général, elle est à 58 points de Gut.

Dimanche, sur la même piste, c’est super-G. Ce sera forcément court, Vonn va encore gagner, reste juste à savoir devant qui et avec quelle avance.



Les vidéos sont aussi sur Vimeo :
-première manche partie 1 et partie 2 ;
-seconde manche partie 1 et partie 2.

Note

[1] Plus utilisé en Coupe du monde depuis 2002.