Le résultat principal est la blessure au genou du leader de la Coupe du monde, déjà vainqueur à cette reprises cette saison, encore grand favori du jour. Il aurait dû avoir 207 points d’avance au général, il se retrouve avec un genou dans la boîte à gants et une saison terminée. Pourquoi ? Parce que personne n’ayant ce pouvoir n’a eu les c*uilles de mettre fin plus tôt à la course. Une semaine après la descente de Wengen rendue inéquitable par la météo et l’incapacité des responsable de la FIS à prendre les bonnes décisions, ça commence à faire beaucoup !

Pendant ce temps, chez les femmes, la météo a aussi perturbé une descente, celle de Cortina d’Ampezzo, néanmoins la logique a été respectée, toutes les engagées ont pu rejoindre l’arrivée saines et sauves, Tina Weirather est la seule susceptible de se sentir réellement lésée.

  • Descente féminine de Cortina d’Ampezzo (23 janvier 2016).

La cote de Lindsey Vonn devait être ridiculement faible. Vainqueur à 7 reprises sur cette piste, en tête lors des 2 entraînements, elle semblait imbattable. Mettons fin immédiatement au suspense, la star américaine a décroché un 8e succès à Cortina, ça n’a pas fait un pli, même si Larissa Yurkiw a créé une petite surprise en s’en approchant. Peu attendue car très discrète aux entraînements, la Canadienne a terminé 2e à 28 centièmes.

Mais prenons les choses dans l’ordre.

Le beau temps était en rendez-vous malgré quelques nuages susceptibles de modifier la visibilité. La course a été lancée avec beaucoup de lumière, encore fallait-il pouvoir en profiter. Margot Bailet (1) a été catastrophique aux entraînements, elle s’élançait donc sans confiance. Visuellement, ce n’était pas trop mal avant une grosse erreur environ aux ¾ de la piste qui lui fait perdre beaucoup de vitesse et donc un temps fou. Elle n’avait rien à espérer. Quelques minutes plus tard, Johanna Schnarf (6) a régalé le public italien en prenant très largement la tête du classement au terme d’une manche plutôt propre. Les autres avaient toutes commis des fautes. Seulement, le vent a commencé à s’intensifier, il soufflait très fort de face quand Tina Weirather (8) a été contrainte de sortir de la cabane de départ pour dévaler la pente. Comment voulez-vous prendre de la vitesse quand cette force opposée s’acharne sur vous ? La Liechtensteinoise a logiquement emmagasiné beaucoup de retard en haut. Sa fin de course formidable lui a permis d’améliorer le meilleur temps pour 5 centièmes. Elle aurait fait au moins 10 ou 15 fois mieux en bénéficiant de conditions régulières. Retarder son départ s’imposait, elle ne pouvait en prendre l’initiative seule.

Juste après son passage, on a interrompu la course pour rigidifier les portes, histoire qu’elles plient moins sous l’effet du vent. Les filles suivantes ont eu plus de chance, Eole les gênait moins, elles allumaient quasiment toutes du vert à 2 ou aux 3 intermédiaires… mais jamais à l’arrivée, où Edit Miklos (13) a été la seule à menacer Weirather (2e à 0"07).

Lindsey Vonn (16) a alors tué presque tout suspense, prenant la tête pour 1"01. Elle avait déjà 8 dixièmes d’avance dès le premier intermédiaire et même 1"33 au dernier. Autrement dit, elle a grandement bénéficié des conditions bien moins difficiles en haut et a été dominée par Wierather en bas. Lara Gut (17), sa principale – pour ne pas dire seule – adversaire au classement général, n’a jamais été en mesure de la battre, elle a lâché environ 2 dixièmes sur chacun section hormis la dernière où Lindsey a été moins bonne. 2e à 0"67, elle pouvait se satisfaire de sa performance raisonnable sur une piste pas assez pentue à son goût, ce qui favorise trop les glisseuses.

Ensuite, Rebensburg (18), Hütter (20), Görgl (21) et F. Suter (22), partie après une interruption et ayant pour circonstance atténuante de revenir de blessure, ont successivement été reléguées loin derrière les meilleures. Au sein de ce quatuor, seule l’Allemande a intégré le top 10 (8e à 1"61). Il était possible de faire beaucoup mieux, Yurkiw (19) l’a prouvé. Passée aux 2 premiers intermédiaires dans les temps de Gut, elle a été reléguée à plus de 8 dixièmes de Vonn au dernier donc était seulement en lutte pour monter sur la boîte, pas mieux. C’est en terminant fabuleusement qu’elle est parvenue à terminer à seulement 28 centièmes de l'A. Nul besoin de préciser qu’elle a le meilleur chrono sur le bas (où elle a mis 0"55 à Vonn).

Je résume :
-Vonn a obtenu un 74e succès en Coupe du monde, on s’y attendait ;
-Yurkiw est une dauphine assez peu attendue sur cette piste malgré ses 2 précédents podiums cette saison et son antécédent à Cortina (elle y a obtenu son podium l'an dernier) ;
-Gut s’en tire bien avec une 3e place, elle concède seulement 40 points à Vonn au général ;
-Weirather échoue au pied de la boîte sur laquelle elle avait clairement sa place, elle est en droit d’éprouver un certain ressentiment à l’encontre de ceux qui ont décidé de la lancer malgré le fort vent de face ;
-Schnarf, Miklos, Kling, Rebensburg et le duo Stuffer-Puchner (ex-aequo au 9e rang) complètent le top 10.

Pour l’équipe de France cette course est à oublier. Bailet est la meilleure Française, et est dans les choux (34e). C’est une des 3 seules parmi les 30 premiers dossards à avoir fini hors des points. Miradoli (34), Piot (36), Bessy (39), Gauche (45) et Gauthier (51) sont aussi très loin. Ça pique !

  • Descente masculine de Kitzbühel (23 janvier 2016).

Les chutes de neiges depuis la nuit n’ont pas posé de gros soucis, contrairement au vent, qui a poussé les organisateurs à retarder le départ 2 fois de 30 minutes, donc d’1 heure, et de lancer les coureurs d'un peu plus bas (pas de beaucoup, juste assez pour escamoter le premier saut en empêchant les skieurs d’y arriver avec assez de vitesse pour s’envoler). On pouvait déjà anticiper que les premiers dossards n’auraient pas droit au soleil qui a avantagé une partie des coureurs vendredi. L’Astre du jour était cette fois déjà passé derrière la montagne au départ de la course. Et pourtant, les conditions de visibilité ont beaucoup varié. A parti d’un certain moment, elles sont devenues désastreuses. La Streif est déjà hyper flippante quand on voit où on met les skis, alors dans le noir (ou le jour blanc) imaginez l’angoisse ! Soit vous y allez sans vous engager à fond, soit vous envoyez la sauce au risque de finir dans les filets.

On s’apprêtait à vivre un grand spectacle, la télé autrichienne avait des caméras de partout, on avait installé 7 chronométrages intermédiaires et 3 radars de vitesse… En début de course, ça allait, il était possible d’aller vite. Tout comme il était déjà possible de se gameller. Otmar Striedinger (1) a d’ailleurs tout de suite affiché la couleur en franchissant la ligne d’arrivée sur le dos. Son airbag s’est même déclenché quand il a commencé à partir en grand écart. Malgré cette péripétie, il est resté dans le top 10 jusqu’au bout ! Aleksander Aamodt Kilde (2) l’a battu de 24 centièmes en finissant avec une très grosse vitesse. Si Andreas Sander (3) n’a pas confirmé sa bonne prestation en super-G, David Poisson (4) s’est montré digne de l'opportunité qui lui était offerte. Il aime cette piste, il aime ce type de neige, il n’a pas peur de se faire secouer, quand les skis tapent il reste très solide. Il avait énormément d’avance au 3e inter (son temps de passage est d’ailleurs le 2e meilleur de tous les concurrents) mais "Caillou" n’a pu tenir le rythme, il a lâché puis repris un peu de temps avant que le dévers ne le plombe, il y est descendu trop bas, ce qui l’obligeait à remonter, d’où une perte de vitesse et une fin de course à regrets, il y a gaspillé facilement 5 ou 6 dixièmes. Son 9e rang final reste une bonne performance, néanmoins il était capable de mieux, un bon top 5. Comment s’en plaindre quand on a vu le sort subi par pas mal d’autres concurrents après lui ?

Une chose était certaine, il restait au moins 1"5, voire de 2" de marge d’amélioration si un gars arrivait à sortir la course parfaite. OK, cette hypothèse semblait ne pouvoir se réaliser. Surtout qu’a débuté la première période de troubles météorologiques.

Maxence Muzaton (5), 4e du 1er entraînement, a fait du beau ski, seulement il a été pénalisé par un vent très violent dans une longue partie de glisse, d’où une vitesse médiocre et beaucoup de temps perdu. Il a vu s'envoler toutes ses chances d’entrer dans le top 15 final en décrochant dans la traverse en dévers. Même erreur que Poisson, conséquences autres. Il n’a pu remonter pour passer la porte de sortie. Eliminé.

Le premier accident grave du jour s'est produit après le passage d'Osborne-Paradis (6), incapable de se battre dans les temps des meilleurs. Georg Steitberger (7) est parti à la faute juste avant l’entrée de la traverse. Les filets ont stoppé sa chute, plus grave qu’impressionnante. Une longue interruption a été nécessaire pour l’évacuer par hélico et remettre tout en ordre. On voyait alors que le vent soufflait puissamment, les filets penchaient. Heureusement, on a pris le temps de bien les replacer car ils ont encore beaucoup servi par la suite...

Quand la course a repris, Romed Baumann (8) a gâché une bonne opportunité de prendre la tête, il a allumé vert au dernier inter mais a mal fini par manque de vitesse. 4e provisoire, pas de top 10 à la clé (12e). Christof Innerhofer (9) aurait pu se plaire sur une piste aussi difficile et glacée, l’engagement excessif lui a fait manquer de maîtrise, il s’est raté.

La période faste et fast a débuté. Entre le dossard 10 de Carlo Janka et le dossard 14 de Peter Fill, les 4 concurrents arrivés en bas ont tous terminé dans le top 4. Le 5e, Steven Nyman (11), avait une demi-seconde d’avance et jouait clairement la gagne. Puis l'Américain est parti en sucette au point de sortir après le 5e intermédiaire (où un seul homme est passé plus vite que lui pour 5 centièmes… le vainqueur du jour). Concernant les 4 autres, on a commencé par une grosse perf de Janka qui a eu jusqu’à 8 dixièmes d’avance sur Kilde au mais a fini moyennement, bien que largement en tête. Puis, dans la foulée du gâchis de Nyman, Beat Feuz (12) a signé son retour en rabotant encore le meilleur temps de 28 centièmes (ceci en ayant été très mauvais lors de la mise en action, quasiment 4 dixièmes derrière son compatriote au 2e inter, mais excellent jusqu’au 6e inter, perfectible sur le bas).

Johann Clarey a eu de la chance, il avait le… 13. A posteriori, on a envie de regretter son choix de ne pas s’engager à 100% dans la traverse, car il était revenu très fort. A l’entrée de cette partie piégeuse qui a coûté cher à ses 2 coéquipiers passés avant lui, il était à égalité avec Feuz, soit 2e ex-aequo parmi tous les concurrents. Il avait une super vitesse pour terminer mais le mal était fait. Lâcher près de 6 dixièmes dans cette traverse lui a coûté le podium. Il fallait passer devant Janka, il a terminé derrière les 2 Suisses, à 43 centièmes de Feuz – c’est beaucoup – et 15 seulement de Janka. En frustrant… Comme Poisson, sa performance est excellente, mais frustrante tant sa capacité à monter sur la boîte en profitant des circonstances favorables sautait aux yeux.

Et puis il y a eu Peter Fill (14). C’est bien simple, il a allumé vert tout du long, même s’il y a eu meilleur que lui en haut et si Nyman était plus rapide (de peu) au 4e inter. L’Italien de 33 ans a été flashé avec une des meilleures vitesses à chaque radar, il a fini très fort. Les meilleurs allaient avoir à s’employer pour le battre.

Gangong, qui refermait le 2e groupe a été nul. Guillermo Fayed (16) s’est élancé après l’interruption traditionnelle pour les télés. Il était monté l’an dernier sur le podium d’une descente très raccourcie. Cette fois, il n’a jamais été dans le coup. 2"31 de retard, ça le place 21e sur 24 classés. On l’a constaté, il est moins bien depuis quelques semaines. Il a intérêt à se reprendre car les événements du jour lui ouvrent grand la porte qui mène au petit globe de la descente. La bataille pourrait être rude, les candidats sont nombreux. Hannes Reichelt (17) pourrait être un de ces candidats… s’il se remet de sa violente chute. Cité parmi les 3 favoris de la course, il a mal débuté mais était revenu dans le coup pour un top 5, éventuellement un podium. Il est parti au carton au même endroit que Streitberger, de façon beaucoup plus impressionnante car au lieu de simplement glisser, il a subi la compression et a sauté en retombant sur le dos. Gros choc au sol (merci l'airbag !), arrivée violente dans les filets… dont on l’a vu ressortir debout. Il a néanmoins été évacué à son tour en hélico. Plus par précaution qu’autre chose selon certaines sources, en raison d’une commotion cérébrale et d’une entorse du genou selon d’autres. Si la première version est la bonne il pourra se tester lors des entraînements de la descente de Garmisch-Partenkirchen, si la réalité se rapproche plus de la seconde version et je l’imagine mal se rendre en Allemagne puis partir en Corée du Sud, le revoir avant Chamonix serait surprenant. Wait and see.

La nouvelle longue interruption a encore influé sur la visibilité, de plus en plus mauvaise. Dominik Paris (18) en a probablement fait les frais. Près de 2 secondes de retard.

Aksel Lund Svindal (19) faisait figure de favori n°1. Bon en haut où il a allumé vert aux 2 premiers intermédiaires. Seulement la visibilité faisait défaut, tout comme la glisse (la piste s’est manifestement ralentie à cause de la neige fraîche qui commençait à tomber) et donc la vitesse. Il a pris d’un coup 3 dixièmes de retard par rapport à Fill (dans la 3e des 8 sections), ce qui le repoussait en 8 ou 9e position au classement. Ensuite, il a fait jeu égal ou est revenu jusqu’à passer à 24 centièmes du leader italien (4e à 6 centièmes de Feuz et Clarey) au 6e chrono intermédiaire, celui situé avant l’entrée de la traverse. Et BOUM ! Nouveau carton, toujours au même endroit, toujours plus violent. Piégé par le mouvement de terrain devenu invisible tant il faisait sombre, le Norvégien s’est écrasé sur son appui gauche (la jambe droite étant partie sur le côté), il y a eu un effet ressort qui l’a éjecté tout en lui faisant effectuer un 180°. Ceci l’a mis dos à la pente, il a alors enchaîné avec un second 180°, à l’horizontale cette fois. 180+180, le compte est bon, il a fait un tour complet, presque une vrille… Le Norvégien a volé très haut et très longtemps. Il s’est alors écrasé de tout son poids sur la piste (dans le sens de la pente), glissant ensuite jusqu’aux filets. Les fixations d’un seul ski – explosé – ont lâché, il a percuté les filets à pleine vitesse. Tout semblait aller, il s’est relevé pour sortir des filets et quitter la piste, a même traversé le public en marchant pour aller jusqu’à une motoneige grâce à laquelle on l’a emmené à l’arrivée. A part une entaille au niveau du nez et une paire de skis cassés, les séquelles de l'accident étaient indétectables. Ce gars, c’est Hulk ! Seulement, on l’a appris plus tard, son genou a lâché. Si comme je l’ai lu il s’agit du genou droit, je ne pige rien. Aux vues des multiples ralentis, le genou gauche avait 3 occasions de partir en lambeaux, je suis incapable de dire à quel moment le droit a pu craquer. Le résultat est le même : les petit globes de la descente et du super-G devaient inévitablement lui échapper cette saison – peut-être aussi la saison prochaine – alors qu’il semblait intouchable. Le gros globe VA lui échapper, Hirscher devient l’immense favori, néanmoins les 2 autres Norvégiens, Kristoffersen et Jansrud, restent à l’affut. Le technicien compte 138 points de retard sur Hirscher, Jansrud 188, c’est beaucoup et peu à la fois, il suffit d’une sortie de piste d’Hirscher en slalom et/ou en géant, et si Kristoffersen reste monstrueux en slalom, il reviendra au contact.

Bien sûr, il y a eu une nouvelle interruption. Il était déjà plus de 14h, et comme on n’y voyait déjà plus rien, la neige a commencé à tomber histoire de pourrir encore plus la vie des skieurs en attente de départ ! De pire en pire. Tous les gars encore en haut observaient le déroulement des évènements sur écran géant, les images des chutes tournaient en boucle avec multiples ralentis et analyses de la télé autrichienne… Sympa ! Après ça, quand tu arrives dans la cabane de départ et que tu regardes vers le bas, tu dois te sentir bien, en pleine confiance ! On a d’ailleurs bien vu Erik Guay (20) un peu sur la retenue et manifestement victime d’une piste moins propice à la glisse. Ça aurait pu être pire, il a lâché 1"51, ça le place 11e. Kjetil Jansrud (21) était très bon sur le haut, puis une faute lui a coûté des km/h, il était le plus lent au 1er radar. Aux fraises, il a à peine sauvé les tabourets, pas les autres meubles. 14e à 1"89, c’est dur… En même temps, les conditions de visibilité dégueulasses n’aidaient vraiment pas. Et comme par hasard, Adrien Théaux (22) s’élançait à ce moment. Vainqueur du 1er entraînement, 4e du 2nd, déjà monté sur le podium à Kitz, vainqueur à Santa Caterina de la descente la plus difficile de la saison sur une piste qui tapait encore plus que la Streif, il était cité parmi les 3 grands favoris du jour. Les autres ont fini dans les filets, pas lui. Il a même été très bon. Seulement, en partant sans voir où il mettait les skis, sur une neige nettement moins glissante, gagner était mission impossible. Monter sur le podium relevait de l’exploit. Presque l’exploit du siècle. Il a envoyé du pâté, était dans le vert au 2e inter. Le manque de vitesse devenu inéluctable dans la partie suivante l’a fait dégringoler au classement. Il n’était que 17e à 1"50 de Fill avant la traverse, puis est revenu un peu en affichant la vitesse la plus élevée en bas. 6e provisoire à 1"40, il pouvait difficilement faire beaucoup mieux. En partant entre 10 et 14, il aurait pu gagner. Pas en partant 22.

Il y a eu une amélioration par la suite, elle a permis à Marc Gisin (27) de claquer une super performance, le meilleur résultat de sa carrière (5e à 1"06) en grattant des places tout du long. Puis Vincent Kriechmayr (30) a bien enchaîné après un super départ, il est classé 7e à 1"26.

L’interruption annoncée au moment où devait avoir lieu le 2nd TV break a fait office de tombée du rideau. Les 27 qui restaient sont restés en plan. Certains auraient peut-être renoncé, de peur de ne pas finir en un seul morceau. D’autres auraient pu tirer leur épingle du jeu, en particulier ceux qui ont un gros cœur. Il y avait encore 3 Français (Giraud-Moine, Giezendanner et Mermillod-Blondin). Sont-ils déçus ou soulagés ? Peut-être un peu des 2…

Pour l’équipe de France, le bilan est mitigé. Le positif est évident : Clarey est 4e, Théaux 8e, Poisson 9e, il s’agit d’un beau tir groupé – même si celui des Suisses (2e, 3e, 5e) est d'un autre niveau – qui… garde néanmoins un goût amer plus ou moins prononcé. Ils avaient tous les moyens de faire mieux. Seul favori et même seul membre du premier groupe[1] classé dans le top 10, Théaux a surtout été malchanceux et pénalisé par les atermoiements d’une direction de course pas à la hauteur, prête à tout pour livrer un programme aux télés et un spectacle au public venu nombreux. Tant pis pour l’équité sportive, pour les gars envoyés à l’abattoir. A vrai dire, le soulagement de n’avoir laissé personne sur le carreau l’emporte sur toutes les frustrations et la déception liée à la 21e place de Fayed.

Que les risques de blessure soient inhérents à la descente, comment le nier ? Qu’on fasse prendre aux skieurs des risques énormes auxquels on pouvait éviter de les exposer en faisant simplement preuve d’un peu de bon sens, c’est inacceptable. La descente était devenue beaucoup trop dangereuse, Reichelt, Svindal et la justice sportive ont été sacrifiés sur l’autel du ski-spectacle et de l’argent (le public a payé pour être là). La FIS part en sucette. En l’espace de quelques jours on a perdu Svindal, Reichelt et Streitberger en plus de Max Franz, victime du 1er entraînement (saison terminée), ceci après avoir déjà assisté à la terrible cabriole de Matthias Mayer à Val Gardena, à l’attaque du drone qui aurait pu scalper Marcel Hirscher, sans parler du scandaleux super-G de Beaver Creek suivi par le désastre de la 1ère manche du géant sur la même piste, et bien sûr du Wengen tout foireux de la semaine dernière organisé dans des conditions météo improbables particulièrement peu équitables et sans avoir pu utiliser la piste de slalom, ou encore du choix d’aller à Adelboden en raison de l’argent en jeu alors que jamais la FIS n’aurait dû donner son feu vert. Cette saison on déplore énormément de blessures chez les hommes comme chez les femmes, à l’image de Ferstl à Santa Caterina. Quel est l’idée ? En tuer un pour faire le buzz ? Livrer coûte que coûte la marchandise aux télés quitte à envoyer de la m*rde ?

L’ironie du sort veut que les 4 premiers de cette descente soient tous des revenants à leur manière. Fill a remporté son 2e succès en Coupe du monde (14 podiums) en établissant un nouveau record de temps entre 2 victoires. Il attendait d’en gagner une 2nde depuis novembre 2008 ! Feuz est de retour sur le circuit depuis Wengen après en avoir été écarté par des blessures (rupture du tendon d'Achille). Janka, 3e après sa 4e place au combiné, a aussi connu son lot de soucis physiques (dont un problème cardiaque), il a trimé pendant plusieurs saisons et souffre toujours beaucoup, ce qui l'oblige à se gaver de médicaments anti-douleur. 4e, Clarey n’est pas si malheureux compte tenu des galères traversées et de son début de saison déprimant, son dos reste un souci récurrent.

Gisin 5e, Kilde 6e, Kriechmayr 7e, pour être honnête, je m’en fous pas mal. Théaux 8e et Poisson 9e, ça me reste en travers de la gorge. Striedinger 10e malgré sa cabriole à l’arrivée, ça m’amuse plus.

Voyons le positif, 4 Français sont désormais solidement installés dans le top 10 de la Coupe du monde de descente, ils se qualifieront facilement pour les finales de la Coupe du monde, Fayed et Théaux peuvent même ambitionner de remporter le globe de la spécialité (Fill les devance désormais de respectivement 53 et 77 points).

  • Les bonus.

Le ski alpin n’est pas la seule discipline spectaculaire et dangereuse dans laquelle les Français brillent. On y a des champions et des médaillés olympiques presque à profusion.

Snowboardcross à Feldberg Pierre Vaultier n’était pas monté sur un podium en Coupe du monde depuis son titre olympique à Sotchi. Il faut dire que les épreuves sont rares à cause de la difficulté d’avoir des boardercross au niveau et des conditions pas trop dangereuses. Je crois que l’an dernier la Coupe du monde s’est résumée à 3 épreuves réparties sur 2 sites, 2 semaines de suite en… mars. Alors que les Mondiaux avaient eu lieu en janvier.

Lors de la première des 2 épreuves disputées en Allemagne, Pierre Vaultier a pris la 2e place, battu par un Russe, Nikolay Olyunn. Chez les femmes, Chloé Tespeuch (bronzée à Sotchi) a devancé Nelly Moenne-Loccoz pour la 3e place d’une course remportée par Eva Samkova.

J’ai la vidéo en Allemand…

Skicross à Nakiska
Jean-Frédéric Chapuis a encore gagné, ça lui fait 5 podiums dont 4 victoires en 8 courses (plus 2 fois 13e et 1 fois 4e). Au Canada, il s’est imposé à l’arrache devant un Suisse et le local qui a une longue histoire avec les Français, Brady Leman (le 4e de la fameuse finale de Sotchi avec le triplé de la patrouille de France), 2e de la Coupe du monde avec 100 points de moins que le champion olympique (470 contre 570). La photofinish vaut le coup d’œil ! D’ailleurs en skicross c’est beaucoup plus juste et clair qu’en biathlon, on retient la première partie du corps qui passe la ligne, pas le bout de la spatule ou la fixation comme dans d’autres discipline, ça fait de beaucoup plus belles photos et ça éviter les arnaque dont certains sont parfois victimes en biathlon (exemple : Anaïs Bescond pour la 3e place à Ruhpolding).




Les vidéos sont aussi sur Vimeo :
descente féminine de Cortina partie 1, partie 2 et partie 3 ;
-descente masculine de Kitzbühel partie 1, partie 2 et partie 3 ;
-le carnage sur la Streif ;
-snowboardcross à Feldberg ;
-skicross à Nakiska.

Note

[1] A la WCSL.