Oui, je l’écrivais déjà hier suite à la descente de Kitzbühel, la FIS part en sucette, elle sacrifie l’équité et même l’intérêt sportif des compétitions de ski alpin mais surtout la santé des skieurs sur l’autel du spectacle télévisuel et de l’argent. Faire disputer la course la plus prestigieuse de l’année sur une piste déjà originellement difficile rendue encore plus difficile en rajoutant des mouvements de terrain, en injectant à fond pour en transformer le revêtement en carrelage et en piquetant de façon à rajouter une 4e couche de difficulté, ça ne rime à rien. Sur les 83 concurrents ayant osé se lancer en première manche du slalom masculin, seuls 40 ont été classés, les autres sont tous sortis ou ont été disqualifiés ! Giuliano Razzoli, qui ouvrait la piste avec le dossard 1, s’est fait un genou d’entrée ! Il s’agit du 5e blessé grave cette semaine à Kitzbühel ! Arrêtons le massacre ! Est-ce du ski ou un film de Tarantino ? Les jeux du cirque ?

Quel est leur délire ? Veulent-ils nous faire regarder les courses de ski alpin comme le patinage artistique d’il y a quelques années, en attendant les chutes qui éliminent les concurrents les uns après les autres ? Ne serait-il pas mieux de récompenser les plus performants au lieu de récompenser les rescapés ? On va me répondre qu’au finale, Henrik Kristoffersen s’est imposé devant Marcel Hirscher, autrement dit que la hiérarchie est respectée. Oui, les 2 cadors ont fini devant, mais uniquement grâce à une super seconde manche, car au terme de la première ils étaient aussi victimes de cette vaste farce. Rendez-vous compte que seuls 19 concurrents ont engrangé des points Coupe du monde car sur les 30 qualifiés, on compte 7 abandons, une disqualification et 3 hors-délai ! Voir le gratin des slalomeurs mondiaux skier sur la retenue de peur de partir dans le décor ou de se faire un genou n’est pas un spectacle que j’apprécie. Je ne suis pas le seul. C’est franchement moche à regarder. Les mecs bossent comme des fous toute l’année pour disputer 10 courses lors de l’hiver (pour les purs slalomeurs) et on fait tout pour les planter, on les traite comme des pions à faire tomber. Je trouve ça assez abject. Quant à l’intérêt des courses quand les meilleurs sont sur le flanc, il en prend un coup. C’est comme tuer la moitié des personnages principaux de Game of Thrones en plein mieux d’une saison ![1] On s’en rend bien compte cette saison chez les femmes.

Quel suspense en vitesse féminine en l’absence notamment de Fenninger et Maze ! Dans les épreuves techniques ont en a un peu plus grâce à… la blessure de Shiffrin (pas survenue en course, comme celle de Fenninger). Sinon ce serait aussi triste qu’en descente et en super-G. On sait déjà pratiquement qui a gagné, elles sont ensuite 4 ou 5 à se disputer les 2 autres places sur le podium.

En l’occurrence, Lindsey Vonn (19) s’est élancée alors que Cornelia Hütter (17) puis Tina Weirather (18) venaient successivement de prendre la tête du classement. Elle ne fait pas un début de course folie… puis a envoyé en freinant toutes les 5 minutes. Comme la manche durait environ 1’30, elle n’a pas eu l’occasion de freiner. Elle préfère prendre des trajectoires plus larges, l’important étant de garder sa vitesse. Ça paie, même quand elle commet de petites erreurs elle garde beaucoup d’avance. Elle a gagné en ayant besoin de 69 centièmes de moins que Weirather pour franchir la ligne d’arrivée. Viktoria Rebensburg (21) a ensuite pris la 3e place pour rien du tout (4 centièmes devant Hütter). Lara Gut (20) n’a pu faire mieux que 5e à 1"31 de l’Américaine aux 75 succès en Coupe du monde.

Vonn compte désormais 3 victoires en autant de super-G disputés cette saison. En plus de s’envoler en tête du classement de la Coupe du monde de la spécialité (130pts devant Hütter) elle a repris la tête du général, devançant désormais Gut de 45 unités.

2 Françaises s’élançaient avec les 2 premiers dossards, Jennifer Piot (1) et Tessa Worley (2). Elles avaient du soleil et n’en ont pas vraiment profité, se classant respectivement 23e à 2"79 et 26e à 3"17. Margot Bailet (24), vraiment pas à l’aise sur cette piste, s’est complètement manquée (38e sur 40). Les jeunes qui s’élançaient après le dossard 30 ont connu des sorts divers. 3 ont fini, contrairement à 13 des 52 engagées, dont Laura Gauché (49). Anouk Bessy (38) est sortie des 30 quasiment à la dernière minute de l’épreuve (31e), Noémie Larrouy (42) s’est classée un peu plus loin (35e), alors que Romane Miradoli (31) a pris des points (25e à 2"99).

Je n’ai même pas regardé la course en entier. Elle était seulement partiellement diffusée en France et ça ne m’intéressait pas assez pour me farcir le replay. Mais si ça vous dit, le voici…

Tu parles d’un spectacle !

  • Slalom masculin de Kitzbühel

Les 2 grands favoris étaient bien entendu les 2 dominateurs du slalom, à savoir Kristoffersen dont la pire performance cette saison dans la spécialité est une 2e place à quelques centièmes d’Hirscher, 2e presque à chaque fois mais revanchard après être sorti en 2nde manche à Wengen puis avoir enfourché lors de la manche de slalom du combiné alpin vendredi (sur cette même piste). Désormais délivré du poids de la lutte avec Svindal pour le gros globe, il allait sans doute être très dangereux devant son public.

Ces dernières années, la Ganslern, piste déjà très difficile car très pentue, a été rendue encore plus casse-gueule par la volonté de la FIS. Il y a déjà plusieurs passages de route entre autres mouvements de terrain, ils ont été accentués, d’autres ont été ajoutés, le dévers pied gauche assez omniprésent complique la vie des skieurs. Qu’on feuille avoir un fond dur pour que la neige tienne et permette à tout de monde d’avoir une chance à peu près équivalente de se qualifier peu importe son numéro de dossard, c’est très bien. Néanmoins, il y a des limites. Sur ce carrelage, avec autant de pente, les skis n’accrochent pas. Contrôler sa trajectoire est particulièrement ardu. Si en plus le traceur le fait plaisir en ajoutant des pièges, on assiste à une horreur. Moins de 50% de concurrents capables de boucler une manche de 50"… A un moment, il faut se poser des questions. L’entraîneur suédois a fait des siennes, on a eu droit à un tas de pièges, de changements de rythme. Il s’en est tiré avec 2 de ses gars dans le top 6 pour un total de 3 qualifiés, il devait être content de lui… même si Byggmark et Baeck sont passés à la trappe rapidement. J’allais presque oublier d’évoquer le jour blanc. Bah oui, c’était encore trop facile, la météo ne voulait pas être en reste, elle y a ajouté son grain de sel…

La télé autrichienne a placé 29 caméras pour ne rien manquer de ce show de téléréalité. Razzoli s’est donc fait un genou d’entrée sur le premier mouvement de terrain, refroidissant encore un peu plus tous les concurrents déjà pas rassurés de devant se lancer sur ce tracé. Après une douzaine de minutes d’interruption pour une évacuation par hélicoptère, la course a pu reprendre. Stefano Gross (2) a fait une manche pleine d’erreurs. Fritz Dopfer (3) a alors décidé de la jouer tactique, il n’a pas tout donné, préférant faire une manche entièrement en contrôle. Très moyen sur le bas, il a néanmoins conservé le meilleur temps jusqu’à la fin. Remporter une première manche sans jamais s’engager à fond, ça ne choque que moi ? Si ça fait bander les responsables de la FIS, tant mieux pour eux, à leur âge ils ont probablement besoin d’artifices…

Hirscher s’est fait alléger sur le premier mouvement de terrain, il s’est repris néanmoins j’ai bien cru à la sortie de piste. Après plusieurs frayeurs qui ont dû bien le calmer, il a réduit son retard sur le bas pour se placer à 34 centièmes de Dopfer (finalement 4e ex-aequo). D’habitude il skie avec une intensité incroyable, sur ce terrain il était obligé d’en garder, sans quoi, bye bye. Kristoffersen (5) était le suivant. Bien meilleur que l’Autrichien en haut, il a ensuite commis 2 grosses fautes qui lui ont fait lâcher énormément de temps. De -0"37 au 1er inter il est passé à 1"13 de retard au 3e et dernier. Le retrouver classé 12e à 0"83 au classement définitif de la manche relevait presque du miracle. Un excellent slalomeur serait sorti à cause de telles fautes, il est plus qu’excellent.

Après la défaillance relative de ces 2 hommes, les dents de certains ont dû pousser jusqu’à en rayer le parquet carrelage. Il était peut-être possible de les battre… Et d’autres ont dû se dire que si même Hirscher et Kristoffersen n’arrivaient pas à dompter ce tracé, ils allaient à leur tour vivre l’enfer.

Alexander Khoroshilov (6) a aussi opté pour une course tactique, sans grande intensité, lui aussi a bien fini, il a réussi le même temps qu’Hirscher. Felix Neureuther (7), bien parti, n’a pas su prendre assez de vitesse. Il a limité la casse (11e à 0"74). Pour une fois Alexis Pinturault a eu de la réussite au tirage, il a obtenu le 8… De la chance au tirage le jour où ça ne sert à rien. Youpi ! Sa véritable chance était surtout d’avoir déjà pratiqué cette piste lors du combiné qu’il a remporté (sans être à fond, son intérêt étant de limiter la prise de risque). En confiance aussi grâce à ses récents résultats dans la discipline, il allait peut-être pouvoir se lâcher. On ne le saura jamais. Lors de la poussée, son bâton droit s’est planté dans la glace et a quitté sa main. Se faire au moins 49 secondes de slalom sur cette piste de fous avec seulement 1 bâton était impossible, il a dû abandonner dans la foulée. La "chance" est très volatile…

Après Foss-Solevaag (9) et Myther (10), placés dans le paquet car dans la retenue et/ou manquant d’accroche, c’était au tour de Jean-Baptiste Grange, double vainqueur de ce slalom en 2008 et 2011, 2e en 2009, souvent bon sur la glace. Ça semblait pas mal du tout sur le haut malgré un petit blocage, il donnait l’impression de bien travailler les mouvements de terrain. 33 centièmes de retard au 2e inter, ça pouvait jouer devant. Très propre avec de bons enchaînements, il a pourtant laissé 4 dixièmes de plus et n’a rien repris en bas, contrairement à beaucoup d’autres. Finalement 10e à 0"73, il était placé en vue de la 2nde manche, c’était le principal.

Le plus impressionnant de cette matinée s’est élancé juste après. Mattias Hargin (12), tenant du titre, venait tout juste de sortir du top 7 à la WCSL. C’est à lui que profitera la blessure de Razzoli car il va récupérer de fait un des 7 premiers dossards à Schladming mardi. Pour le coup, le Suédois y a mis énormément d’intensité. D’apparence un peu désordonné, voir heurté, il parvenait en réalité à faire jouer sa puissance pour accélérer à chaque appuis. Sur une neige plus molle, je doute de l’efficacité de ce style, là, même en ayant débuté très moyennement (0"15 au 1er inter) puis perdu 3 dixièmes supplémentaire dans la 2e section, il a pu se hisser en 2e position du classement à seulement 0"18 de Dopfer.

On enchaînait avec les 2 derniers Français visibles à la télévision, à savoir Victor Muffat-Jeandet (13) et Julien Lizeroux (14). Le premier a réalisé le meilleur temps de la manche de slalom du combiné alpin dont il a pris la 2e place, l’autre est un ancien vainqueur de ce slalom (en 2009). Auteur à Wengen de son 1er top 10 dans la discipline, Victor a déconné. Il s’est fait sortir tout de suite en oubliant complètement de mettre les skis en direction au passage de la route où beaucoup se faisaient piéger. Faute d’avoir amorti ce mouvement de terrain, il a été éjecté, impossible de se reprendre. Erreur bête. Son aîné a vu ça juste avant de s’élancer, les images de la blessure de Razzoli lui restaient aussi en tête, ça lui a retourné le cerveau. Il s’est élancé dans un état d’esprit très défensif, il pensait seulement à arriver en bas sans se blesser. Il a bétonné au maximum, d’où 2"06 de retard. Il a eu beaucoup de chance, car en raison du nombre ridiculement élevé d’abandons, cette très mauvaise manche lui a permis de se qualifier 29e.

Pour l’équipe de France, c’était assez désastreux. Déjà 3 cartouches grillées sur 4. Les dernières étaient pour beaucoup plus tard. Comme par hasard, la 2nde manche était tracé par l’entraîneur tricolore. Bah oui, le jour où ça se passe mal en première manche, logique !

Par la suite, si énormément sont sortis, certains ont pu intégrer le top 10 ou à défaut de placer à moins d’une seconde de Dopfer, donc en embuscade. Signalons Patrick Thaler (16) à 0"95, David Chodounsky (18), mal parti en se faisait notamment compresser sur un mouvement de terrain avec un envol à la clé et donc une grosse frayeur mais très performant en bas (8e à 0"60), Manfred Moelgg (19) qui au contraire a été bon en haut et aurait pu faire encore mieux que 9e à 0"65 sans un petit freinage sur le bas… mais surtout Marco Schwarz (21), poussé par le public pour terminer comme un avion (3e à 0"33 après avoir eu 1 dixième d’avance au 1er inter mais déjà 5 de retard au 2e, puis 65 centièmes au dernier). On a encore eu de belles performances de Manuel Feller (24), l’Autrichien qui monte, 7e à 0"50, ainsi que d’Anton Lahdenperae (25), 6e à 0"46 en ayant perdu 1 centième sur le bas au lieu de reprendre du temps (il était encore 3e au dernier inter).

A partir du dossard 27 a débuté une série de DNF… Que 20 classés sur les 30 premiers, encore plus de déchet ensuite, ça ouvrait des portes. Robin Buffet (39) a confirmé sa grande forme, il est passé facilement (19e à 1"25). Les autres Français n’ont pas eu cette "chance", François Place (50) et Thomas Mermillod-Blondin (60), excellent vendredi puis privé de départ samedi, sont sortis. Le 3e du combiné alpin a été piégé très rapidement. Dans ces circonstances, on ne pouvait s’étonner de la qualification de garçons partis très rade. Je pense principalement à Stefan Luitz 20e à 1"31 avec le 69 et à Christian Hirschbühl 15e à 1"18 avec le 59.

Bilan : Dopfer en tête, Hargin 2e, Hirscher et Khoroshilov ex-aequo au 4e rang, JB 10e, Neureuther 11e, Kristoffersen 12e, Buffet 19e, Lizeroux 29e.

La seconde manche a été tracée par l’entraîneur de l’équipe de France. Il a placé une banane sur le mouvement de terrain qui a causé énormément de dégât tout en haut de la piste, ce qui devait permettre de limiter la casse. Il a aussi fait le choix d’espacer un peu plus certaines portes. S’il y avait encore pas mal de changements de rythme, l’ensemble semblait un peu plus facile, ou plutôt un peu moins difficile, car la glace étant assez lustrée, l’accroche allait forcément manquer.

Lizeroux s’élançait 2e juste après Trevor Philip mais sans avance. Auteur de petites fautes, il s’est classé 2e à 0"27. Il lui fallait désormais compter sur les erreurs des autres pour remonter au classement. Ces erreurs ont été très nombreuses. Par exemple Dave Ryding faisait une très grosse manche… puis est sorti en prenant trop de risques. Stefano Gross a pris la tête quelques secondes avant la grosse manche de Jonathan Nordbotten, dont l’avance est passée de 7 à 72 centièmes. Grosse remontée en perspective (3e temps de la manche derrière les 2 cadors). Ensuite, c’est de nouveau parti en vrille. Vol plané, gars qui remontent pour passer le piquet après une grosse faute, frayeurs qui font perdre beaucoup de temps, enfourchements… Un carnage. Malheureusement, Robin Buffet s’est fait piéger plusieurs fois, notamment une en se faisant asseoir. Il est sorti. Strasser, Yule et Stehle ont enfourché tour à tour jusqu’à la première pause.

Déjà 8/15 sûrs de ne prendre aucun point à l’issue de ce slalom… qui tournait définitivement au ridicule.

Si Christian Hirschbühl s’est classé 2e à 0"08 (3e temps provisoire de la manche, 6e temps final). Il n’avait encore pris aucun point cette saison. Patrick Thaler a été excellent, il a fait parler l’expérience. Du ski très propre et très intelligent. Parti avec une grosse demi-seconde d’avance, il a augmenté sa marge lors de la première moitié de la course puis a conservé 23 centièmes en bas.

Un vieil Italien et un jeune Norvégien occupaient les 2 premières places du classement quand un autre jeune Norvégien s’est élancé. Foss-Solevaag. Comme souvent lors des secondes manches, il s’est raté (sorti, coincé par un mouvement de terrain). Jamais 2 jeunes Norvégiens sans un 3e. Kristoffersen a détruit la concurrence. 12 centièmes d’avance en sortant de la cabane de départ, 1"25 en franchissant la ligne d’arrivée. Evidemment, il s’agit du meilleur temps de la manche, c’est le seul concurrent qui a donné l’impression de skier sur une piste facile. Ses skis ne dérapaient pas, il ne subissait pas les mouvements de terrain, évitait tous les pièges sans jamais se faire peur, le tout en gardant un rythme très supérieur aux autres, il allait infiniment plus vite.

Personne ne pouvait aller le chercher, sauf peut-être Hirscher, voire Hargin. Neureuther est un grand slalomeur, il s’est fait prendre sur l’arrière et bloquer plusieurs fois. 1"56 de retard (7e ex-aequo avec Hirschbühl). J.B. Grange est double champion du monde, double vainqueur à Kitzbühel, pourtant il a terriblement souffert de la comparaison. C’était très correct jusqu’au 1er intermédiaire, ensuite… A sa décharge, il a cassé le bout de son bâton assez rapidement, ce qui gêne terriblement pour se rééquilibrer sur un revêtement pareil. Entre les fautes, le manque de relâchement, l’accroche insuffisante, il a lâché 2 grosses secondes pour finalement se classer 12e et meilleur – des 2 – Français à 2"05 de Kristoffersen. Les suivants ont à peu près autant galéré, même si Moelgg et Chodounski ont fini juste devant lui. Feller (sorti) et Lahdenperae (16e) n’ont pas confirmé leur grosse première manche

Il restait Hirscher, Khoroshilov, Schwarz, Hargin et Dopfer. Pour le leader norvégien le principal danger semblait être représenté par son dauphin au classement de la discipline. Ses 49 centièmes de marge d’abord gonflé (-0"67), puis ils ont fondu. Son ski semblait plus heurté, moins rythmé, il est passé derrière pour 3 centièmes à cause de petits décrochages. 2e, encore derrière Kristoffersen (avec le 2e temps de la manche en ayant pris une bran-bran)… Ça aurait pu être pire pour lui, il avait tout de même de la pression, en sortant ou en enfourchant il relançait Kristoffersen dans la course au classement général.

En grandes difficultés, Khoroshilov a fini par enfourcher un des derniers piquets en partant en grand écart. Schwarz s’est montré incapable de capitaliser sur sa première manche, il n’était pas libéré, pensait peut-être trop aux gros points à prendre. Poussé par le public il a essayé d’en remettre une couché, ce qui lui a permis de décrocher un top 10 (9e à 1"61). L’Autrichien qui monte va continuer à gravir les échelons à la WCSL.

Il restait une place sur le podium, la 3e, car Kristoffersen était imbattable et l’écart entre les 2 premiers trop ridiculement faible pour qu’un 3e homme vienne s’intercaler. Hargin avait des références, en tant que tenant du titre il pouvait se sentir en confiance sur cette piste, ses 65 centièmes d’avance n’ont pas pesé lourd par rapport à la grosse seconde (1"13) lâchée dans les 2 sections du milieu. Il a mieux résisté en haut et en bas, ce qui l’a placé provisoirement 3e à 0"79. Pas si mal compte tenu du nombre de frayeurs que le Suédois a pu connaître lors de cette manche. Malheureusement pour lui, Dopfer avait encore plus de marge au départ (0"83), mais il savait ne pas pouvoir gagner. Je le déduis de sa façon de skier et parce que je le présume sain d’esprit. Manifestement, il a joué la prudence. Du ski propre, sans grande intensité, comme en première manche en somme. Ça a payé, il s’est classé 3e à 0"45.

La Norvège a perdu Svindal, elle a toujours Kristoffersen. Ajoutez-y Jansrud et Løseth, vous avez un nombre de victoires trop dingue pour les compter. Leur matériel y est aussi pour beaucoup, ils arrivent à trouver des réglages grâce auxquels leur supériorité est optimisée. En slalom, la comptabilité est facile : 5 victoires et une 2e place en 6 slaloms… Le mec est injouable ! 160pts d’avance au classement du slalom malgré la présence d’Hirscher… Dopfer complète donc le podium.

Suivent Hargin, Thaler, Nordbotten, Hirschbühl et Neureuther (7e ex-aequo), Schmarz, Moelgg et Chodounsky, puis Grange 12e. Lizeroux s’en tire finalement assez bien avec sa 17e place. Il y a 22 classés mais 3 hors-délais, donc 19 seulement ont marqué des points.

En résumé, cette année, Kitzbühel, c’était les X-Games en beaucoup plus dangereux ! La FIS doit sérieusement se remettre en question et arrêter les conneries, les mouvements de terrain, ça va un moment, point trop n’en faut, les sorties de pistes et les chutes ne sont pas un spectacle appréciable. Or cette saison, de nombreuses courses ont été marquées par des sorties de piste répétées sur des mouvements de terrain accentués, je pense notamment à Val d’Isère avec le passage de la route qui a éjecté beaucoup de concurrents. Pour remettre le ski et les skieurs au centre de les préoccupations de la FIS, une solution s’impose : Lizeroux président !

Heureusement il y a Schladming dès mardi pour vite oublier et relancer la machine

Tiens, puisqu’il est question de X-GamesPierre Vaultier devrait finalement les disputer. Déjà 2e samedi à Fledberg, le champion olympique de snowboardcross a remporté l’épreuve de dimanche devant le Russe qui l’avait battu 24h auparavant. Chez les femmes Chloé Trespeuch a décroché un nouveau podium, toutefois elle a dû s’incliner face à Nelly Moenne-Loccoz, déçue de sa 4e place de la veille.




Les vidéos sont aussi sur Vimeo :
-super G féminin partie 1, partie 2 et partie 3 ;
-1ère manche du slalom masculin partie 1, partie 2 etpartie 3 ;
-2nde manche du slalom masculin partie 1, partie 2 et partie 3 ;
-snowboardcross.

Note

[1] Pardon, mauvais exemple, c’est le principe de cette série, du sexe et des morts partout.