Le plus gros regret ? La malchance concernant la programmation. En lançant l’épreuve masculine à 10h30 et la féminine à midi, tout se serait bien passé. La FIS a prévu l’inverse, mais on ne pouvait courir dans la tempête à Soldeu, il a fallu retarder le départ de 3 heures. Pourquoi 3 heures ? Pour ne pas lancer la course en même temps que celle des hommes. Dommage car la fenêtre météo entre midi et 13h30 était la meilleure, ensuite c’est vite devenu n’importe quoi. A Hinterstoder il faisait trop chaud à midi, la piste s’est dégradée rapidement, les parties plates ne glissaient plus pour les spécialistes de la discipline.

  • Super-G masculin d’Hinterstoder.

Difficile de faire des pronostics ! Le super-G d’Hinterstoder est généralement assez favorable aux Autrichiens, habitués à y skier, et aux géantistes, car le parcours leur est souvent favorable, notamment sur le mur très pentu. Néanmoins, plusieurs facteurs redistribuaient les cartes :
-la piste est très rarement préparée comme pour la Coupe du monde (avec un fond très dur et même très glacé dans le mur), l’avantage des Autrichiens était donc à relativiser ;
-l’entraîneur canadien a tracé assez large, il a donc plus favorisé les spécialistes de la vitesse plutôt que les techniciens, même si ça restait trop tournant pour les purs descendeurs ;
-la chaleur (une dizaine de degrés) risquait de faire rapidement travailler la neige en surface, la ralentissant considérablement dans toutes les parties où la vitesse fait toute la différence.

Par conséquent, la liste des favoris était très longue, tout comme celle des candidats au petit globe de la discipline. Ce n’est pas nouveau, en l’absence de Svindal, les super-G sont très ouverts.

Compte tenu de la chaleur, les petits dossards pouvaient être favorisés, en revanche ils avaient le désavantage de partir avec peu de repères, en particulier ceux n’ayant pas disputé le géant car il ne leur a pas été possible de skier sur la piste (c’est une des particularités de ce super-G, il n’a pas été couplé avec une descente mais avec des géants, d’où l’absence d’entraînement, de surcroît pour éviter de dégrader le revêtement, le ski libre n’y a pas été autorisé). On en a rapidement eu l’illustration. En grande forme depuis quelques temps, Blaise Giezendanner (3) – pas pur descendeur mais qui découvrait le site – a vite été éliminé, piégé par une double porte en aveugle sur le haut de la piste. Sa méconnaissance de cette piste lui a été préjudiciable. Il restait 6 Français parmi les 30 dossards suivants, une cartouche était déjà grillée.

Concurrent après concurrent, le niveau s’élevait, le temps de référence se trouvait raboté par gros copeaux jusqu’à la perf de Bostjan Kline (5), impressionnant sur le haut, assez bon dans le mur glacé qui correspond moins à ses qualités, pas top en bas. Le terrain correspondait peu aux qualités de Johan Clarey (7), il en était sans doute trop conscient, l’engagement a manqué, il n’a pas osé lâcher les skis et a vite été relégué très loin du jeune Slovène (finalement 27e). A l’inverse de Clarey, Christof Innerhofer (8) était en principe dans son élément, c’est un spécialiste de la glace. Pourtant, mauvais sur le haut, il a aussi pris cher. En réalité, ce qu’on prenait pour de la glace n’en était déjà plus réellement, sauf dans le mur. La neige s’était déjà transformée. Marcel Hirscher (9) devait donc faire la différence dans le mur en carrelage, seule manière pour lui de claquer une perf. Il y est parvenu. Passé devant au 3e intermédiaire à la sortie de cette partie très compliquée abordée à la perfection, il a finalement échoué à la 2e place provisoire à 11 centièmes de Kline, s’assurant déjà le jackpot au général.

Alors 3e du classement de la discipline, Aleksander Aamodt Kilde (12) a impressionné sur le haut, il a allumé vert de haut en bas et pris la tête pour 24 centièmes, laissant tout de même derrière lui une petite marge aux suivants pour le battre (au moins 2 ou 3 dixièmes, voire plus. Il a en effet commis quelques petites fautes en skiant un peu en bourrin par endroits. Seulement, les 2 ou 3 derniers disposant à la fois des qualités pour le battre et d’une piste permettant encore de jouer les premiers rôles ont échoué.

On attendait notamment Alexis Pinturault (15), handicapé par les douleurs héritées de ses fautes lors du géant (quand il a pris une porte de plein fouet en 2nde manche). En confiance, en pleine forme, super à l’aise sur cette piste, on l’imaginait bien monter sur la boîte. A l’attaque sur le haut, il est descendu un peu trop bas sur la ligne. A 2 dixièmes au 1er inter, il restait parfaitement dans le coup au 2e (0"18, 4e de tous les engagés), malheureusement en négociant trop moyennement le mur, il a perdu trop de temps (5 dixièmes de plus) pour espérer un podium. En fin de course, après avoir stabilisé son retard (5e temps à 0"65), il a encore lâché 4 dixièmes, soit un temps moins bon que celui de Kilde pour 1"05 (5e provisoire mais 8e au final), on pouvait espérer mieux. Pouvait-il réellement aller plus vite ? Dans le mur, certainement. Ailleurs, j’en doute, en particulier à la fin où il manquait de vitesse, en partie à cause de la dégradation de la piste, en partie car ses qualités ne sont pas celles d’un descendeur. Une autre question reste en suspens : était-il totalement à fond ou avait-il déjà en tête le 2nd géant de dimanche ?

A domicile, Vincent Kriechmayr (16) n’a pas su enchaîner en remontant sur le podium après l’avoir escaladé en Corée du Sud, même s’il est bien revenu entre les intermédiaires 3 et 4 pour échouer au 4e rang à 0"49. En réalité, il aura seulement perdu 8 centièmes par rapport à Kilde après une première section trop moyen (16e à 0"41). Toutefois, en mettant bout à bout toutes les marges d’amélioration en observant les meilleurs sections réalisées après lui par d’autres concurrents, on se rend compte qu’il pouvait au moins reprendre 28 centièmes sur le haut[1] et 15 sur le bas[2], ce qui fait 43 centièmes, moins que son retard à l’arrivée. Conclusion : l’état de la piste était un réel handicap. Si ces calculs ne vous suffisent pas, regardez les résultats des spécialistes de la vitesse.

Dominik Paris (17) a eu beaucoup de mal dans le mur, il a donc été relégué très loin (16e). Andrew Weibrecht (18), 2e au classement du super-G mais meilleur valide, était aussi cité parmi les grands favoris du jour. Sur le papier, le profil lui correspondant parfaitement. Il s’est complètement raté dès le haut, terminant à plus de 2 secondes (22e). Adrien Théaux (19) espérait sans doute avoir de la glace du début à la fin, le réchauffement de la neige l’a clairement desservi. Passé à 3 dixièmes au 2e inter (8e), il a aussi perdu 0"57 dans le mur par rapport à Kilde. Ressorti à 87 centièmes du Norvégien, il a fini à 0"97. 5e provisoire, il allait sans doute conserver son rang, car terminer sous la seconde relevait désormais de l’exploit.

Hannes Reichelt (20) n’a pas fait mieux que les autres, concédant 1"49. Même Carlo Janka (21) et de Kjetil Jansrud (22) – qui ont disputé le géant – semblaient incapables de changer la donne. Le Suisse, vainqueur du super-G à Jeongseon dans des conditions très différentes, a concédé 43 centièmes avant le 1er inter, il a ensuite repris du temps puis limité la casse, mais a échoué à la 5e place à 0"96… 1 centième devant Théaux. Le Norvégien a quant à lui pris un bel éclat (1"46 à la sortie du mur). Il a en revanche très bien fini pour accrocher un top 10 (9e à 1"07). Il était déjà à 6 dixièmes au 1er inter.

Les coureurs censés faire la différence à la glisse ne la faisaient pas ou trop peu pour une raison très simple : ça ne glissait plus. Top 4 totalement hors de portée, top 10 inaccessible, la fin de l’épreuve devenait assez inintéressante. Néanmoins, Thomas Mermillod-Blondin (26) m’a fait kiffer. Excellent sur le haut (+0"13, 2e) puis encore dans le coup au 2e inter (0"29 de retard, 7e), il a beaucoup souffert dans le mur où il a lâché dès d’une seconde à Kilde (+1"21, 12e) avant de très bien limiter les dégâts en bas. Pour un garçon qui avait besoin de points à la WCSL, sa place dans les 30 ne tenant qu’aux – nombreuses – absences, cette 11e place à 1"40 est une excellente nouvelle. Ensuite, seul Beat Feuz (29) est venu chercher un top 15 (15e à 1"56).

6 hommes disposant d’un dossard supérieur au 30 ont pris des points, dont 3 au 29e rang à 2"50. Victor Muffat-Jeandet (31), fait partie de ces 6, il a enregistré son premier top 20 dans la discipline (20e à 2"00). En revanche Guillermo Fayed (27), Nicolas Raffort (41) et Valentin Giraud-Moine (57) repartent les mains vides, le premier a rapidement mis la flèche car il était à l’envers. On s’y attendait, ce n’était pas une course pour lui.

Un podium Kilde (12), Kline (5), Hirscher (9), c’est seulement à moitié étonnant. Les 2 premiers ont explosé cette saison, ce sont des jeunes très talentueux. Le Norvégien a profité de pouvoir bosser avec Svindal et Jansrud puis est progressivement sorti de leur ombre. Le Slovène aurait probablement éclos plus vite s’il avait eu la chance d’éviter les graves blessures qui ont jusqu’ici pourri sa carrière. Hirscher a essentiellement été bon dans le mur, là où il pouvait le faire, puis a bénéficié de la dégradation des conditions de piste sur les parties en principe favorables à ses adversaires. C’est l’opportuniste ultime, on ne le découvre pas aujourd’hui, souvenez-vous de Beaver Creek.

Au classement, derrière le trio de tête (2e à 0"24, 3e à 0"35), on trouve le meilleur des membres du top 7 de la WCSL… qui est aussi le premier du groupe à s’être élancé, à savoir Kriechmayr (16), 4e à 0"49. Janka (21) et Théaux (19) sont à quasiment une demi-seconde de la 4e place, le 7e est Patrick Schweiger qui avait le dossard 4, Pinturault est 8e, Jansrud 9e, un autre Slovène avec un dossard favorable complète le top 10, j’ai nommé Klemen Kosi (6). Même mauvais, Innerhofer (8) s’en sort avec une 12e place, preuve supplémentaire que le dossard aidait. Je reste persuadé qu’en filant aux cadors un des bons dossards (entre 4 et 12 grosso modo), la victoire se serait disputée entre Jansrud, Théaux, Janka et Kriechmayr. Pinturault, honorable 8e, une bonne opération dans la chasse à la 3e place au général, ou encore Mermillod-Blondin, beau 11e, auraient au moins pu accrocher le top 6 ou top 7.

Les 60 points pris par Hirscher le mettent à l’abri d’un retour de Kristoffersen au général, sauf blessure rapide ou un burn-out soudain, l’affaire est entendue. Le suspense concernant le petit globe en a aussi pris un coup, mais non létal. Kilde pouvait difficilement rêver plus belle journée, car en plus de gagner la course, il a pris seul la 2e place au classement de la discipline avec 285pts. Il lui reste 2 courses pour doubler Svindal, une formalité dans la mesure où son ainé blessé en a 310. Surtout, il a relégué son premier adversaire (Kriechmayr) à 67 unités. Janka, Hirscher, Weibrecht et Jansrud restent tout de même à moins de 100 points à 2 courses de la fin, ils sont en théorie en mesure de lui contester ce petit globe.

  • Super-G féminin de Soldeu.

Les conditions très compliquées ont conduit les organisateurs à raccourcir ce super-G. Le vent et la quantité importante de neige fraîche tombée lors des heures précédentes ne laissaient d’autre alternative. C’était ça ou l’annulation, mais à cette période de la saison, quand on annule, c’est foutu, il ne reste aucune possibilité de reprise. Ceci dit, quand on sait que les finales de la Coupe du monde auront lieu sur ce site en 2019, on se pose des questions. En mars, on risque de galérer pour y organiser les courses !

Raccourcir un super-G, en général, c’est le réduire à plus ou moins 1’15. Là, on n’a pas fait dans la demi-mesure : la manche est passée sous la minute, et pour les meilleures, on tapait même dans les 57 secondes, ça aurait même pu être moins de 57 sans le retour des gros flocons et l’interruption qui a ralenti la piste pour les meilleures skieuses du circuit. En gros il restait 2 parties de super-G normal (plutôt de glisse même si ça tournait un peu) et une partie technique au milieu. J’espérais voir des filles comme Romane Miradoli (6) et Tessa Worley (23) profiter de ce profil de course pour confirmer leur top 10 commun obtenu à La Thuile. Il fallait aussi espérer que Margot Bailet (7) puisse se refaire la cerise avant le combiné alpin prévu dimanche.

Le chrono de Sophia Goggia (2) semblait devoir être rapidement battu. Il a tenu plus longtemps que prévu. Fabienne Suter (4) figurait parmi les gros outsiders, elle est sortie rapidement. Manifestement, il s’agissait d’un souci de reconnaissance des Suissesses. Il s’est alors remis à neiger, la piste risquait de se ralentir lors des minutes suivantes. Romane Miradoli pouvait en profiter, elle a relativement bien débuté mais a ensuite manqué de vitesse dans la partie technique, son retour sur le bas ne lui a permis que de prendre la 3e place provisoire à 0"39. Dommage, en prenant la tête elle aurait pu sérieusement viser le podium. Margot Bailet (7) a beaucoup mieux débuté, elle a allumé vert assez largement (4e temps de la journée à ce point de chronométrage) puis a pris cher, 1"12, et a même rapidement été repoussée à 1"56. Vraiment pas rassurant en vue de dimanche et de cette fin de saison, même si la dégringolade s’est arrêtée au 17e rang pour des raisons bien particulières.

Au contraire des Françaises, la belle Federica Brignone (8) a pris sa chance en envoyant du lourd sur la partie intermédiaire, la plus technique. Décrochant la tête du classement provisoire pour 44 centièmes (3 Italiennes en tête), elle pouvait espérer bénéficier de la dégradation des conditions – y compris de visibilité – pour rester dans le top 10, voire mieux, j’aurais misé sur une place comprise entre 4e et 7e, pas mieux, surtout en voyant Laurenne Ross (10) échouer à quelques poignées de centièmes (13) puis Tamara Tippler (11) s’approcher à 0"37 et s’installer ainsi en 3e position sans espoir d’y rester bien longtemps. Les meilleures allaient aller plus vite, la neige fraiche posant finalement peu de problèmes car l’intervalle très réduit entre les concurrentes suffisait à empêcher son accumulation sur la trace.

Compte tenu des fortes chutes de neige, impossible de placer un TV break, ça tombait sous le sens. Sauf pour le gars qui a balancé la pub sur Eurosport juste eu moment du départ de Lindsey Vonn (16). La loose absolue. Pendant la pub elle a claqué une super manche… avant le combo faute-chute-blessure. On a vu infiniment plus violent, les images sont très facilement supportables, pourtant tout laisse à penser au pire : un de ses genoux semble encore dans la boîte à gants. Dans ce cas, saison terminée, fin du suspense, car Lara Gut avait seulement besoin de 23 points pour reprendre la tête au général. Quel dommage ! Chez les hommes comme chez les femmes, nous avons eu l’espoir d’assister jusqu’aux finales à un super suspense, à une quête légendaire du gros globe de cristal… une blessure en a décidé autrement. Svindal s’est fait avoir à Kitzbühel, son "remplaçant" en tant que concurrent principal d’Hirscher ne fait plus illusion (Kristoffersen est trop spécialisé). Côté féminin, on espérait une baston entre Vonn et Shiffrin, Lara Gut s’y est mêlée par la suite, mais dans la mesure où la jeune été mises sur la touche en raison d’une blessure au genou, si maintenant l’ancienne y a droit à son tour, la Suissesse a un boulevard. Ceci dit, elle n’a pas encore pu prendre la tête du général. Et pour cause…

Les pizzas tombées sur la piste pendant la longue interruption obligeaient à envoyer des ouvreurs avant de reprendre la course. Lara Gut (17) attendait au départ. La FIS en a envoyé un seul. Hallucinant ! Il aurait fallu en envoyer toute une série ! Avec probablement 5 cm de flocons sur la trace plus toute cette attente, on l’imaginait mal prendre la tête. Elle a terminé à plus d’une seconde, elle a été sacrifiée. Finalement 16e à 1"15, elle s’en sort avec seulement 15 points. Nadia Fanchini (18) a lâché encore plus gros, beaucoup plus, tout comme Cornelia Hütter (19). Elles ont fini derrière Bailet, respectivement 19e et 20e. Il fallait espérer que les quelques passages suivants lissent la piste pour Tessa Worley… Vainqueur à La Thuile, Tina Weirather (20) a mieux limité la casse sur une neige qui ne glissait plus : 13e à 1"03. Pendant ce temps, Brignone attendait, sans doute anxieuse, que suffisamment de filles soient parties pour que sa première victoire en super-G soit validée.

Elisabeth Görgl (21) a terminé au fond du classement, en revanche Viktoria Rebensburg (22) est parvenue à se hisser dans le top 10, 7e à 0"82, devant Miradoli. Ses qualités de géantiste ont parlé dans la section technique. Et là, je n’ai pas compris : une pub avant de lancer Tessa Worley. Mais pourquoi ? Sérieusement ? Après une si longue interruption et avec chutes de neige, il fallait enchaîner, les télés ont eu le temps de balancer des pubs, il était impératif d’enchaîner, d’envoyer les filles toutes les 45" à 1’ pour continuer à entretenir la trace nettoyée par les sacrifiées du jour. Quelle stupidité des décideurs de la FIS ! Au lieu de lancer Tessa, ils ont envoyé du monde pour tenter de chasser la neige fraîche et pour remettre du bleu… A quoi bon puisque la piste s’accélérait enfin de nouveau ? Tessa a fait du bon ski, 0.14, 0.72, 14e à 1"08 à l’arrivée. Je reste persuadé que sans ce TV break synonyme de nouvelle couche de neige fraîche déposée sur la piste, elle finissait dans le top 10. La section intermédiaire a été plutôt correct, elle y est entrée 20e, elle en est sortie 12e, en haut et en bas les skis collaient à la piste. C’est frustrant.

Bénéficiant d’une accalmie sur la première partie, certaines filles y ont presque fait jeu égal avec Brignone (pas très bonne sur le haut, on pouvait lui mettre jusqu’à 2 dixièmes en 10 secondes), sur la partie technique, seule Vonn lui a repris du temps. A vrai dire, malgré une météo dégueulasse, la course était régulière avant la chute de l’icône US, preuves en sont ses chronos intermédiaires (-0"19, -0"32). En revanche, après la longue interruption, ce n’était plus possible, il est tombé beaucoup trop de neige, la vitesse manquait trop. A l’image d’Hirscher à Hinterstoder, le jolie brune s’est montrée très opportuniste et efficace dans la partie favorable à ses qualités, ce qui lui a permis de tirer les marrons du feu une petite semaine après avoir pris la 6e place du super-G de La Thuile, près de chez elle. Dommage que Romane n’ait pas su faire de même, sa 8e place reste un bon résultat, elle avait l’opportunité d’en réussir un excellent.

Michaela Shiffrin (31) a fait l’impasse sur Stochkholm (le City Event) afin de se préparer pour Soldeu. Comme Tessa, elle s’élançait après une interruption. La différence est qu’il neigeait beaucoup moins. Compte tenu de l’amélioration – relative – des conditions, on ne pouvait exclure quelques bonnes performances de filles parties après les 30. La reine su slalom a fini à 2"31 (29e), mais après le dossard 30, seules 2 concurrentes ont terminé à moins de 2", dont Marie-Michèle Gagnon, 23e avec le dossard 52.

Le classement final ne trompe pas sur le caractère très particulier de cette épreuve : Brignone qui claque son premier podium en super-G, battant Laurenne Ross et Tamara Tippler (pas le moins top 10 en CdM depuis sa 2e place à Lake Louise en décembre), suivent Sofia Goggia et Elena Fanchini (dossards 2 et 1), Johanna Schnarf, Viktoria Rebensburg, Romane Miradoli, Kajsa Kling, Elena Curtoni, Ikla Stuhec et Stephanie Venier. Parmi les 12 premières, seule l’Allemande avait un dossard supérieur au 14, 2 des 3 qui manquent sont sorties (2 Suissesses), même en se ratant Margot Bailet a fini 17e.

L’équipe de France a envoyé 2 géantistes, une décision d’autant plus logique que les jeunes du groupe de vitesse sont à Sotchi pour les Championnats du monde juniors. Coralie Frasse-Sombet (35) a pris des points 27e, au contraire de Jennifer Piot (28), partie un peu plus tôt mais seulement 32e, Anne-Sophie Barthet (44) s’est classée 37e, et Tiffany Gauthier (55) 49e.

On retrouvera Tessa, Anne-So, Romane et Margot dimanche lors du combiné (super-G+slalom). Attention à Gagnon.



Update : concernant la blessure de Vonn, il s’agit d’un trait de fracture, un départ dimanche n’est pas exclu, il serait juste déraisonnable, mais avec la perspective de jouer le général, la raison n’est pas certaine de l’emporter. L’IRM est déjà prévue, elle aura lieu lundi. Bon, je mise sur un forfait dimanche, je ne la vois pas se lancer dans une manche de slalom avec un trait de fracture au genou, je mise sur une tentative de participation au super-G de Lenzerheide, histoire de défendre sa place au classement de la CdM de la discipline (en tête 64pts devant Gut, 134 devant Weirather).



Les vidéos sont aussi sur Vimeo :
-première manche partie 1, partie 2 et partie 3 ;
-seconde manche partie 1, partie 2 et partie 3.

Notes

[1] Mermillod-Blondin est passé à 0"13.

[2] Ce que Jansrud a repris.