Quelle put*in de blague de voir Anthony Joshua, champion olympique à domicile en ayant perdu 2 combats devant des juges qui ne voulaient pas voir (‪#‎corruption), puis devenir champion du monde pro, qui plus est chez les poids lourds, en ayant disputé 100% de ses combats à domicile, uniquement contre des tocards ou semi-tocards… Bien sûr, il s’agit seulement de la ceinture IBF, néanmoins il est bel et bien fêté comme s’il avait remporté un véritable championnat du monde poids lourds. Ce n’est pas avec de telles mascarades que cette catégorie pourra connaître le renouveau annoncé.

L’Anglais a remporté très facilement son combat – une décision un peu bidon, arrêt de l’arbitre dès le 2e round (sur 12) après un 2nd knock-down, le boxeur au sol attend la dernière seconde du compte de 10 pour se relever, l’arbitre décide que 9 ½ vaut 10 alors que ça aurait clairement pu reprendre quitte à avoir un KO quelques poignées de secondes plus tard – contre un Ricain sacré par accident. Oui, par accident, au sens propre du terme. Rappelez-vous comment ce Charles Martin a obtenu sa ceinture, son adversaire s’est tordu le genou très rapidement lors du combat pour le titre vacant retiré à Tyson Fury car il n’avait aucune intention d’affronter le challenger officiel, la revanche contre Klitschko étant déjà signée (elle aura lieu à Manchester le 9 juillet, veille de la finale de l’Euro de football). Brader à ce point la catégorie qui devrait être reine en organisant un championnat du monde entre un would be et un has never realy been est déplorable. Martin aurait dû affronter un champion d’une autre fédération – Wilder à défaut de pouvoir rencontrer Fury – pour une unification ou a minima un détenteur de ceinture par intérim. Seul l’argent est entré en compte, pas la crédibilité du sport.

J’en vois beaucoup s’extasier concernant Joshua. Mettez-lui un vrai boxeur en face, par exemple un Duhaupas, il ne se passera pas ce qu’on a vu samedi.

Plus tard, au MGM Grand de Las Vegas, Manny Pacquiao disputait ce qui restera en principe son dernier combat. Il s’agissait de la belle contre Timothy Bradley après une victoire totalement injuste de l’Américain par décision partagée en 2012. Tout le monde est d’accord pour dire que le Philippin avait remporté le combat, y compris le panel de 5 juges appelé à visionner le combat a posteriori, seulement le résultat ne pouvait être inversé selon les règles de la fédération en question. La revanche de 2014 a été remportée par Pacman à l’unanimité, il s’agissait jusqu’à cette nuit de la seule de sa carrière.

Comme les précédents, ce 3e affrontement était organisé en poids welters sous l’égide de la WBO. Plus question de titre mondial (la première fois, Pacquiao a perdu sa ceinture, puis il a repris ce titre lors de la revanche), mais on a trouvé une ceinture internationale à mettre en jeu pour que ce combat se déroule en 12 reprises.

Ecarté des rings depuis un an suite à la blessure à l’épaule handicapante subie avant le choc en toc contre Mayweather – dont il est officiellement sorti perdant même si je le dis et le répète, il a gagné ce combat[1] – mais décidé à faire son retour pour de beaux adieux, le Philippin a réussi sa sortie. Bien sûr, par rapport à ses plus belles années, cet authentique grand champion a perdu en vitesse d’exécution, en précision ou encore en débit de coups, néanmoins sa prestation conte Bradley vous le coup d’être vu. On a eu droit à un vrai beau combat de boxe, pas à une farce. Rien à voir avec l’escroquerie de mai 2015 car face à Pacman, au lieu d’un épicier, on avait un boxeur, un gars venu pour se battre. Certes, au final, Bradley a perdu sur décision unanime (116-110), vaincu par plus fort que lui, et a même été envoyé 2 fois au tapis (contre aucun knock down lors des 24 rounds des 2 premières rencontres). Désormais, il compte 2 défaites en plus d’un nul et d’un no-contest pour 33 victoires. Seul Pacquiao l’a battu.

Manny "Pacman" Pacquiao a été très critiqué dernièrement suite à des propos pour le moins critiquables tenus à l’occasion d’une campagne électorale. Ses convictions religieuses très affirmées et particulièrement affichées – on peut parler de prosélytisme – mêlées à ses aspirations politiques ont tendance à brouiller l’image du boxeur. En ce qui me concerne, je ne retiendrai que le sportif. Il m’a fait rêver. Il m’a fait ne pas dormir de la nuit pour ne pas manquer les chocs contre les meilleurs adversaires possibles. Il n’a jamais eu peur de monter sur le ring contre des mecs susceptibles de le battre. Surtout, sa boxe était fantastique, alliant vitesse, précision, puissance, coup d’œil, jeu de jambes, esquives, rien ne manquait à sa panoplie. Il enchaînait des séries folles, pouvait détruire n’importe qui dans sa frénésie de coups de poings ravageurs. Le tout avec une humilité d’un autre temps. Je me souviendrai toujours de ce qu’il a mis à Hatton (tombé KO en position cadavre dans son cercueil) ou encore de l’état de Cotto au moment où l’arbitre a pris la décision de même fin à la punition. Sa tête était détruite, les yeux quasiment fermés, du sang partout… Même les gars plus grands et plus puissants que lui prenaient une volée faute de pouvoir l’attraper et éviter ce mitraillage permanent. Margarito a tenu les 12 reprises puis est parti directement à l’hôpital pour subir une opération tant son visage a pris cher.

Surtout, avec lui, on avait la certitude d’assister à un grand spectacle. Un spectacle d’une sauvagerie aussi extrême que maîtrisée. D’une violence aussi inouïe que respectueuse. Le tournant de sa carrière est survenu entre fin 2011 et fin 2012 avec la victoire très discutable sur Marquez[2], la défaite injuste contre Bradley et le KO subi contre Marquez (qu’il affrontait pour la 4e fois). Depuis, il n’y a plus eu que 5 combats avec du bons, par moments du très bon, mais aussi du moyen, voire du médiocre. Il n’a pu revenir au sommet de son art.

S’il ne se laisse pas convaincre d’effectuer un nouveau dernier combat, sa carrière se sera achevée sur une 58e victoire (38 avant la limite) pour 2 nuls et 6 défaites, et des titres mondiaux dans 8 catégories de poids différentes, des poids mouches jusqu’aux super-welters.

Merci Manny !



Les vidéos sont aussi sur Vimeo avec le mot de passe habituel, à savoir boxe : Joshua-Martin, Pacquiao-Bradley partie 1, partie 2, partie 3 et partie 4.

Notes

[1] Au cours de sa carrière, il lui est arrivé plusieurs fois de subir mais aussi parfois de bénéficier de décisions injustes ou erronées, c’est arrivé contre Bradley, Mayweather et Marquez (plusieurs fois).

[2] Qui avait clairement gagné malgré les stats en faveurs de Pacquiao.