D’habitude, ils finissent avant la limite, leurs adversaires se font exploser en vol. Le petit Nicaraguayen a remporté ses 88 combats chez les amateurs, ses 44 premiers chez les professionnels dont 38 par KO (dont les 10 derniers). Le souriant Kazakh en était à 34 victoires dont 31 en abrégeant le combat, et restait sur 21 succès avant la limite. Chacun entendait poursuivre ses séries. On a eu droit à 2 affrontements très différents mais néanmoins super spectaculaires. De la très belle boxe,

Roman "El Chocolatito" Gonzalez était opposé à un valeureux Portoricain, McWilliams Arroyo (16 victoires dont 14 par KO, 2 défaites dont une lors de sa première chance mondiale). Bien que dominé pratiquement du début à la fin du combat, l’ancien champion du monde amateur de cette catégorie poids mouches a résisté et riposté autant que possible. Contre un authentique cador dont la capacité à vous saouler de coups puissants est la marque de fabrique, aller au bout des 12 reprises pour s’incliner à la décision unanime des 3 juges (120-108, 2 fois 119-109) est en soi une satisfaction, on peut presque parler de petit exploit dans la mesure où il est parvenu à éviter tout knock-out – c’est passé très près à plusieurs reprises, on l’a senti au bord du précipice – tout en parvenant à tester les capacités de résistances d’"El Chocolatito". Le test est flippant : non seulement il mitraille ses adversaires façon Pacquiao de la grande époque avec ce cocktail dévastateur vitesse/technique/précisions/puissance/coup d’œil, mais en plus il encaisse très bien ! On l’a vu s’exposer en attaquant comme un fou mais il gère, il sait ce dont il est capable, maîtrise parfaitement les choses techniquement, notamment au niveau des jambes (pour maximiser la puissance de ses coups), travaille hyper intelligemment en frappant au corps pour obliger son adversaire à exposer sa tête. C’est le gratin de la boxe mondiale. Cette performance impressionnante est en-dessous des standards de Gonzalez, c’est dire le niveau du bonhomme ! Il doit être un peu déçu car malgré toutes ses séries et 360 coups portés (dont 311 puissants) sur 1132 tentés (737 puissants), soit des moyennes de 30 (26), 94 (61) par reprises de 3’, sa série de victoires avant la limite a pris fin. Ça reste néanmoins une 45e victoire en 45 combats et une nouvelle défense de titre réussie.

Et puis il y a Golovkin, lui aussi très technique, hyper puissant, mais qui a en plus un put*in de sens du marketing ! Il a su se faire adopter en donnant au public ce qu’il demande, à savoir du spectacle, une attitude (sourire permanent), plus un travail d’intégration pour devenir Californien aux yeux des Californiens. Très intelligent, il a su éviter l’écueil consistant à trop en faire, à transformer la boxe en cirque (contrairement à un Fury ou un Haye chez les lourds). Il est respectueux de ses adversaires mais surtout du public, au point de parfois faire volontairement durer le plaisir afin que les spectateurs en aient pour leur argent. Surtout, il n’hésite pas à défier les cadors… qui refusent systématiquement, de peur de prendre une raclée. Le charisme du personnage est indéniable, ses 2 problèmes sont d’être trop fort et d’être kazakh. S’il était mexicain, américain ou peut-être même chinois, il génèrerait des sommes totalement folles en revenus divers (PPV, droits télé, publicités, marketing), le monde entier le connaîtrait.

Disons-le clairement, pour lui Dominic Wade est du menu fretin, en moins de 2 rounds il a réussi à l’envoyer 3 fois au tapis. Le 3e s’est conclu par un KO, un véritable avec compte de 10.

Saul "Canelo" Alvarez affronte bientôt Amir Khan. Aura-t-il ensuite les cojones d’accepter le défi de Golovkin ? Ce duel, tout le monde l’attend. Devra-t-on attendre que le Kazakh soit cramé pour enfin y avoir droit ?