Malgré les nombreuses absences, dont celles de Jérémy Stravius et de Yannick Agnel, les 2 qualifiés français pour les JO sur 200m NL, on pourrait difficilement parler de désertion lors des séries. On en avait 8 avec 3 Français inscrits : Lorys Bourelly dans la 6e, Jordan Pothain dans la 7e et Clément Mignon dans la 8e. La particularité des ChE est la possibilité offerte à chaque pays d’engager jusqu’à 4 concurrents, mais avec un maximum de 2 qualifiables pour le tour suivant. L’avantage de cette formule est d’obliger à nager vite le matin, il s’agit donc d’un bon entraînement en vue des JO.

Bourelly a terminé 5e de sa course en 1’48"16 en ayant accéléré un peu tard. Pothain est parti fort, il a eu du mal dans la 3e longueur puis s’est battu lors du dernier retour pour toucher 3e en 1’48"79. Il pouvait donc être sorti par Mignon… si le Marseillais s’était présenté. Venu en touriste sur 400m NL, James Guy a cette fois décidé d’envoyer du pâté d’entrée, il a ensuite contrôlé et touché 2e en relâchant. Les Français passent en demi-finale, respectivement 10e et 13e (même si auteurs des 11e et 15e temps).

Fanny Derbeghes a beaucoup à prouver. Elle a été retenue pour participer au relais 4 nages à Rio malgré un niveau insuffisant. Sa série du 100m brasse devait lui permettre de rassurer. 6e de sa course en 1’09"39, elle a failli accrocher de justesse une place en demi-finale avec le 18e temps, ce qui la place 17e en retirant la 3e Italienne. Elle a donc échoué en position – peu enviable – de première réserviste.

Ganesh Pedurand s’est élancé dès la première série rapide du 200m 4 nages, celle de Laszlo Cseh (qui vise un 6e titre européen dans cette épreuve). Il a complètement coincé. Il n’avait rien à espérer en 2’02"12 (8e de sa course, 20e temps à 15 centièmes de la qualification).

L’équipe de France a engagé 4 filles en séries du 100m NL, dont 4 participantes à la finale du relais de lundi (Cloé Hache a été envoyée sur le relais 4 nages mixte). Mathilde Cini a disputé la 7e des 9 courses, les 3 autres étaient toutes concurrentes dans la 8e, à savoir Charlotte Bonnet, Anna Santamans et Margaux Fabre. Du moins, c’était prévu ainsi. Favre n’a pu se rendre à Londres, semble-t-il pour raisons personnelles.

Ça allait déjà assez vite avant la série de Cini, dont les 55"62 semblaient insuffisants pour passer. Finalement auteur du 20e temps, elle est remontée au 16e rang grâce au quota de 2 par nation. On a ensuite vu une excellente performance de Bonnet, bord à bord avec Sarah Sjöström jusqu’aux 45m et réellement distancée – d’une demi-longueur – qu’après 70m. Elle a touché 2e en 54"50 sans donner l’impression de franchement s’employer. Santamans a fini dernière de la série.

Les Néerlandaises, la 3 Scandinaves (Sjöström et les 2 Danoises) sont des adversaires très coriaces, le podium semble hors de portée, néanmoins tant que les 3 premières n’ont pas appuyé sur les plaques à l’arrivée de la finale, tout reste envisageable.

De mon point de vue, le relais 4x100m 4 nages mixte est une épreuve grotesque, je l’ai déjà expliqué. En pratique il faut absolument mettre des hommes en dos et en brasse, sinon vous n’avez aucune chance. Je le voyais plus comme une bonne opportunité pour les jeunes de disputer un relais 4 nages en compétition, ce qui leur arrive rarement. Avec Benjamin Stasiulis (55"11, ça l’aurait qualifié pour les demi-finales hier), Théo Bussière qui a besoin de gagner énormément en expérience en relais (1’00"69), Marie Wattel en papillon (58"48) et Cloé Hache pour terminer (55"15), la France s’est qualifiée facilement, profitant d’une adversité très faible… avant d’être disqualifiée pour une raison difficile à déterminer car les temps de réactions étaient OK (même si seulement 5 centièmes pour Wattel). Avec une marge si importante, c’est incompréhensible.

La disqualification n’est pas restée mystérieuse bien longtemps. Elle est indiscutable : Stasiulis est sortie après les 15m, sa coulée a dépassé d’un bon mètre la distance autorisée. Il pourra regretter son erreur un moment. Une telle boulette du seul membre expérimenté du relais lors d’une épreuve que la France avait une – petite – chance de remporter serait totalement anecdotique si elle était venue d’un des jeunes, on aurait dit qui ou elle a «payé pour apprendre». Là, ça pique. Surtout s’il arrête sa carrière là-dessus.

Au bout du compte, c'est risible, 12 équipes étaient inscrites, 2 ont déclaré forfait, 2 ont été disqualifiées, les 8 classées disputeront la finale, y compris la Moldavie, 25 secondes plus lente que la Grande-Bretagne !

Les 2 jeunes Français engagés en séries du 1500m NL disputaient la dernière des 4 courses. Passer ça à la télé, c’est diffuser une grosse heure de repoussoir à audience. Pour se qualifier, Nicolas D’Oriano et Joris Bouchaut étaient contraints de nager en moins de 15’08, soit pas loin de leur meilleur niveau.

Il y a eu baston dans cette course survolée par Gregorio Paltrinieri. Si D’Oriano a vite disparu et longtemps galéré seul derrière tout le monde, Bouchaut s’est accroché à un groupe qui jouait la 5e place derrière un trio formé des 2 Ukrainiens et du Norvégien (15’02 et quelques pour le moins rapide). Seulement 7e au dernier virage, il a terminé à une vitesse folle (27"00) et en a doublé 2. Il n’a pas à rougir de ses 15’07"41, toutefois, en finissant avec le 9e temps des séries à moins d’une seconde de la qualification, la frustration prend le dessus. En le voyant finir si fort, comment ne pas penser qu’il avait les moyens d’accélérer plus tôt et de se qualifier ?

Lacourt, Bousquet et Henique disputeront chacun une finale ce soir. Combien de médaille à la clé ? 3 ? 2 ? 1 ? 0 ?



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